Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 11:57

Le docteur entendit soudain toquer à la porte : un bruit minuscule mais insistant. Il se leva, ouvrit la porte, personne.

Il se rassit, caressant sa barbe bien taillée, rajusta ses lunettes, perplexe, et regarda son agenda. Son patient suivant avait un drôle de nom. Mais bon, personne ne  choisit son nom.

A nouveau le bruit se fit entendre et ce bon docteur rouvrit la porte :

Et là, il le vit, minuscule. Par terre un stylo  criait : « aidez moi cher Docteur Freud, je suis là, c’est moi, j’ai rendez vous »

Habitué à de drôles d’énergumènes, le docteur se pencha et installa le pauvre stylo sur le divan. Il devait se pencher pour mieux l’entendre.

-         Qu’est ce qui vous amène  cher Mr Bique, vous permettez que je vous appelle Bique ?

-         Oui tout à fait c’est mon nom, pas un pseudonyme, un quelconque écran de fumée pour écrire sous anonymat, c’es mon nom et j’en suis fier.

-         Venez en au fait !

-         Et bien, je suis en panne !

-         En panne et bien expliquez moi tout cela.

-         Oui tout a commencé par mon impuissance.

-         Oui l’impuissance, développez.

-         Et bien oui : l’impuissance de mettre en  mots toutes les idées qui me passent par la tête, je ne suis plus capable d’aligner trois mots cohérents, je bredouille, je bafouille, je fais des ratures, c’est la débandade.

-         C’est la débandade, poursuivez, votre cas m’intéresse.

-         Et bien figurez vous qu’avant, le lundi je frétillais à l’idée du début de la semaine : j’avais des désirs. J’allais sur le site des Impromptus Littéraires. Je voyais les mots voltiger devant mes yeux, en sarabande, Depuis quelques temps, c’est le calme plat, plus d’idées, plus de jeu de mots, de saillies pertinentes.

-         Je vois votre cas est grave mais pas désespéré. Voici mon ordonnance
Vous mettre à votre table, faire le vide dans votre tête  et écrire. Ecrire 500 mots tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente. Il faut soigner le mal par le mal.

 

 

 

Ce texte est une suite éventuelle de celui-ci

 

 

La consigne des Impromptus Littéraires

Vous avez dansé, et bien écrivez à présent !
Mais comment faire lorsque l'inspiration n'est pas au rendez-vous ? Racontez-nous vos pannes d'encre, vos doigts gourds sur le clavier, vos vertiges devant la page blanche.
Qu'ils soient écrits d'un trait ou laborieusement, vos textes doivent nous parvenir à l'adresse habituelle avant dimanche 27 mai minuit.

Par L'écho des Ecuries - Publié dans : Impromptus
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 00:30

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia

 

Cher Blog,

 

Non je ne suis pas folle, je t’écris pour ma thérapie. Le docteur a dit « il faut prendre Conscience de vos Addictions, chère Béatrice, tenez votre Journal. Notez toutes vos Actions, vos Pensées, vos Ressentis au moment où vous craquez : on en reparle avec le Groupe la Semaine prochaine » ; Je l’aime bien le docteur, il parle de façon bizarre comme s’il mettait des majuscules un mot sur deux, mais il nous écoute et je l’aime bien.

Ecrire un journal, c’est complètement Has-been. J’écris donc un blog. Pour me canaliser (c’est pas moi qui le dit, c’est le docteur)

Dans le Groupe, Stéphanie, elle doit faire pareil et note chaque bouchée qu’elle avale, Amadou, lui doit noter le nombre de fois dans la journée où il vérifie le contenu de son portefeuille, de ses poches, si ses clefs sont bien là, si son briquet est bien refermé : Il a un super briquet, Amadou, un z’hippo.

J’ai donc décidé de tout noter. I’m a desperate…

Ce matin tout s’est bien passé. Le déluge avait cessé, l’orage avait lavé le ciel et chassé les nuages, le soleil laissait comme une caresse sur ma peau.

Après un petit déjeuner copieux (céréales et mousse au chocolat) avec Bertrand,  mon cher et tendre, je suis allée au bureau comme tous les jours. J’ai travaillé, vérifié les comptes, les marges, et j’ai pensé une seule fois à mon Problème, comme dit  Bertrand, en se moquant de moi et en tirant la langue.

Cela  c’est gâté quand mon chef m’a demandé si je sortais entre midi et deux. Je m’étais dit surtout pas, mais il a beaucoup insisté « Vous comprenez, Béatrice, il faut tenir le calendrier, rendre les bilans à l’heure, et la liasse fiscale et la déclaration de TVA…. S’il vous plait, sortez et rapportez moi un sandwich».

Je me suis un peu tortillée sur ma chaise, les fesses au bord de mon siège cherchant désespérément une excuse valable. Comme toujours, je n’ai pas pu résister à sa mine de chien battu, la main qu’il passe sur sa calvitie naissante, ses lunettes de guingois.

Je suis donc sortie en me répétant : I’m a desperate….

Je suis donc passée devant LA boutique. A l’aller, j’ai réussi à détourner les yeux. Par contre au retour, mes deux sandwiches au thon sous le bras, je n’ai pas réussi. Devant la vitrine, j’ai été foudroyée, je suis tombée à genoux. Il était là, soyeux, fleuri, multicolore, m’appelant, me susurrant des mots doux, des promesses de tendresse.

Je suis rentrée. La vendeuse me connaît, je suis sa meilleure cliente après les japonais. A cette addiction, pas d’antidote.

Le tissu est soyeux, le motif chatoyant et craquant.

Je le renifle, je suis les motifs d’un doigt amoureux. J’entends déjà Bertrand me dire : « Cela serait burlesque, si ce n’était pas si onéreux. Ce n’est pas une mouche qui t’a piqué, mais une armée de moustiques». Je fais les questions et les réponses dans ma tête. « Enfin, dira t il résigné, cela nous changera de l’affreux poster que tu as rapporté la dernière fois : une femme-haridelle de Dali. Quelle horreur ! par moment, on voit une femme à la croupe improbable et par moment un cheval. Complètement hallucinant ! » Mais je n’écoute pas la petite voix raisonnable.

En rentrant au bureau, les sandwichs un peu écrasés, l’objet du délit bien caché au fonds de mon sac, je souris, candide, à la question muette de mon chef : « trois quarts d heure pour acheter un sandwich !  Y’avait un monde fou ! »

Sa colère dure peu, il retourne à ses additions et ratios.

I’m a desperate….

C’est décidé demain j’arrête ! En même temps, j’ai noté mon seul achat de la journée sur mon blog. Je suis en progrès….

 

Je copierai cent fois sur le blog ce quatrain :

 

Je suis une acheteuse compulsive

Foulard Hermès, Cow-boys Playmobil et porte clef Ferrari

Chasse le naturel, il revient au galop

I’m a desperate Horse-Wife

  CHEVAL-FLEURI.jpg

 

 

  Salvador_Dali_-_Dormeuse_cheval_lion_invisibles_1930_-2-.jpg

 

Les mots collectés par Olivia

Haridelle- nuage - moustique - calendrier - burlesque - candide - orage - canaliser - déluge – caresse -antidote - craquante - quatrains - calvitie - briquet - soleil - amadou - foudroyer – genoux - hallucinant - langue - fesse - promesse - colère - mousse

Par L'écho des Ecuries - Publié dans : Désirs d'histoires
Ecrire un commentaire - Voir les 18 commentaires
Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 06:07

Sur une idée de Chiffonnette

 

 

Bientôt les autres animaux se présentèrent, et ils se mirent à l’aise, chacun suivant les lois de son espèce. Ce furent : d’abord le chien Filou et les deux chiennes qui se nommaient Fleur et Constance, et ensuite les cochons qui se vautrèrent sur la paille, face à l’estrade. Les poules allèrent se percher sur des appuis de fenêtres et les pigeons sur les chevrons du toit. Vaches et moutons se placèrent derrière les cochons, et là se prirent à ruminer. Puis deux chevaux de trait, Malabar et Douce, firent leur entrée. Ils avancèrent à petits pas précautionneux, posant avec délicatesse leurs nobles sabots sur la paille, de peur qu’une petite bête ou l’autre s’y fût tapie. Douce était une superbe matrone entre deux âges qui, depuis la naissance de son quatrième poulain, n’avait plus retrouvé la silhouette de son jeune temps. Quant à Malabar : une énorme bête, forte comme n’importe quels deux chevaux. Une longue raie blanche lui tombait jusqu’aux naseaux, ce qui lui donnait un air un peu bêta ; et, de fait, Malabar n’était pas génial. Néanmoins, chacun le respectait parce qu’on pouvait compter sur lui et qu’il abattait une besogne fantastique. Vinrent encore Edmée, la chèvre blanche, et Benjamin, l’âne. Benjamin était le plus vieil animal de la ferme et le plus acariâtre. Peu expansif, quand il s’exprimait c’était en général par boutades cyniques. Il déclarait, par exemple, que Dieu lui avait bien donné une queue pour chasser les mouches, mais qu’il aurait beaucoup préféré n’avoir ni queue ni mouches. De tous les animaux de la ferme, il était le seul à ne jamais rire. Quand on lui demandait pourquoi, il disait qu’il n’y a pas de quoi rire. Pourtant, sans vouloir en convenir, il était l’ami dévoué de Malabar. Ces deux-là passaient d’habitude le dimanche ensemble, dans le petit enclos derrière le verger, et sans un mot broutaient de compagnie.

 

A peine les deux chevaux s’étaient-ils étendus sur la paille qu’une couvée de canetons, ayant perdu leur mère, firent irruption dans la grange, et tous ils piaillaient de leur petite voix et s’égaillaient çà et là, en quête du bon endroit où personne ne leur marcherait dessus. Douce leur fit un rempart de sa grande jambe, ils s’y blottirent et s’endormirent bientôt. À la dernière minute, une autre jument, répondant au nom de Lubie (la jolie follette blanche que Mr. Jones attelle à son cabriolet) se glissa à l’intérieur de la grange en mâchonnant un sucre. Elle se plaça sur le devant et fit des mines avec sa crinière blanche, enrubannée de rouge. Enfin ce fut la chatte. À sa façon habituelle, elle jeta sur l’assemblée un regard circulaire, guignant la bonne place chaude. Pour finir, elle se coula entre Douce et Malabar. Sur quoi elle ronronna de contentement, et du discours de Sage l’Ancien n’entendit pas un traître mot.

 

 

La ferme des animaux Georges Orwell

 

  JEUDI CITATION

 

Par L'écho des Ecuries - Publié dans : Jeudi Citation
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 03:43

Sur une idée de Leiloona et une photo de kot   

 

JAMBES.jpg 

 

J’avais rendez vous avec Béatrice à 19H00 après le boulot. J’y étais allé en traînant les pieds, j’avais tout fait pour éviter ce rendez vous, ce piège.

Mais la très jolie frimousse m’avait enjôlé, cajolé,  menacé jusqu’à ce que je capitule, et je me retrouvais sur le trottoir bêtement à l’attendre.

Un quart d heure après l’heure dite, elle arriva, sautillant telle une petite mésange. J’observais ses jambes légères et souples sur une petite jupe noire recouverte d’une tunique noire également. « Cette tenue cache merveilleusement bien ton  embonpoint naissant » l’aie je taquiné.

Elle m’a donné un grand coup avec son sac de shopping justifiant son quart d’heure de retard !

Ah, ses jambes, sur lesquelles j’avais craqué, il y a maintenant deux ans : des petits escarpins de danseuse, des chaussures de marche, des bottines, des talons : tout la mettait en valeur. Face à de telles guibolles, le commun des mortels n’avait aucune chance de résister.

Un sourire, un bisou rapide et nous étions rentrés, elle ravie que je ne lui aie pas posé de lapin et moi un peu réticent, mais bon quand faut y aller…

La secrétaire était professionnelle mais souriante, elle nous fit rentrer sans passer par la salle d’attente, l’ homme en blanc, professionnel lui aussi, nous fit nous installer, pas bavard, « bonjour ça va bien depuis la dernière fois, installez vous Mme Duchemin ? »

Comment en étais je arrivé là, à 45 ans passés ? Ma mère se le demandait encore mais elle aussi était plus gaie ces temps ci et m’appelait toutes les semaines.

Il faut dire que je lui avais causé des soucis à ma chère maman : son fils unique,  45 ans, journaliste dans un magazine qui traitait des meilleures sorties Hard Rock, des meilleurs groupes … bref sans jeu de mot du Heavy !! Mais bon pour les beaux yeux (et belles jambes) de Béatrice, j’avais remisé ACDC Gun’s and Roses, Metallica, j’écoutais de plus en plus Higelin et Bashung.  

Et c’est là que ma vie a basculé.

Là devant l’écran, j’ai eu un choc, les images de cette sarabande, je m’y attendais, j’en avais vu plein à la télé, mais ce qui m’a mis par terre cela a été le « boum, boum », une musique forte et régulière.

Les ombres en noir et blanc se sont mises à danser sur l’écran : Cabrioles, Boum- boum, coup de pied, Boum- boum, pouce dans la bouche Boum- boum, une pirouette, Boum Boum. La sirène, qui nageait sur l’écran, faisait un bruit pas possible. Un boucan d’enfer !

Les ultra sons rythmaient sa chorégraphie en 3D, l’amplificateur mêlait des boum, boum des bruits de tuyauteries, la respiration de Béatrice.

Blouse Blanche, imperturbable, marmonnait comme pour lui seul : « un, deux, trois, quatre, cinq, cinq doigts à la main gauche : pousse toi un peu, mon trésor, que je regarde la droite. »

Béatrice me regardait, regardait l’écran, regardait le médecin.

« Le futur petit rat de l’opéra bat des jambes en mesure, mais du coup pas moyen de voir s’il s’agit d’une souris ou d’un souriceau : il va falloir attendre la prochaine échographie  » nous a averti Blouse Blanche au bout d’un moment d’attention soutenue.
 « C’est pas grave » a souri Béatrice : « on l’appelle Einstein, c’est mixte ».

 

Cette danse fut une révélation, c’est là que je me suis senti devenir père pour la première fois, le jour où j’ai vu Mon Einstein pour la première fois à la télé.  

Finalement entre échographie et chorégraphie, il n’y a pas beaucoup d’écart.

 

Les autres participants sont  ici  

 

 

 

  une photo qqes mots

 

 

La consigne des Impromptus littéraires de la semaine

Et si nous dansions maintenant? Mais attention, pas n'importe quelle danse! Vous devrez nous transmettre toute la magie d'une danse qui a fait basculer une vie, la vôtre, celle de votre grand-mère, celle d'un personnage inventé. Jitterbug endiablé, slow langoureux, valse nostalgique, tango passionné, peu importe; nous voulons saisir pourquoi, après cet instant précis, plus rien n'a été pareil.

  

 

  

Par Val - Publié dans : Une Photo, quelques mots
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 00:30

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia

 

Aujourd’hui nous retrouvons une chronique de Zoé qui après Rosalie, Leloup et le Hongre-oie d’Aymeline nous présente une de ces dernières découvertes : Albert l’Albinos.

 

- Bonjour Cher Albert, racontez nous comment vous en êtes arrivé devenir une tête d’affiche d’envergure internationale ?

 

- Bonjour Zoé, et merci de me laisser la parole. Et bien, j’ai débuté tout jeune dans une série de photographies qui ont fait le tour du monde : « Les stations de métro au pied de la lettre » d’un photographe que j’aime beaucoup : Janol Apin à ne pas confondre avec Jeannot Lapin, un homonyme.

 

-         Tout à fait, cher Albert, pour ceux qui ne connaîtrait pas,  j’ai apporté la photo qui vous a rendu mondialement célèbre : celle de la station de métro « Porte de Vincennes ».

 janol-apin-metro-paris-4.jpg

 

-  Oui, chère Zoé, ce fut un grand moment de complicité, que dis je de communion, entre Janol Apin et moi-même. Cela a l’air simple comme cela mais cela a été beaucoup de boulot de réussir ces saynètes. D’abord, il faut obtenir l’autorisation de la mairie, de la RATP, de l’inspection du travail, car voyez vous tous ces clichés ont été pris de nuit. Impossible de prendre des photos de cette qualité le jour, vous comprenez, avec le flot de voyageurs ininterrompu, les multiples changements qui existent dans le métro parisien. En ce qui concerne la photo dont vous parlez, il s’agit bien entendu d’une photo qui a demandé beaucoup de préparation, pour être concentré, j’avais emmené ma provision de chocolat aux aiguilles de pin pour le tonus et d’encens pour être zen. Comme il fallait beaucoup de lumière, de grands projecteurs avaient été installés, comme j’ai des yeux bleus fragiles, je n’arrêtais pas de cligner des yeux, comme ébloui par des phares mal réglés. Y’a pas à dire : être modèle c’est un métier.

 

- Et comment s’est passé votre collaboration avec le photographe ?

 

- Bien, bien. C’est une chouette gars, pas du tout du genre à râler pour un rien. Je pouvais lui murmurer mes idées à l’oreille.

 

- Excellent, parlez nous de vos idées ?

 

- Et bien pour la station Cadet, j’ai eu l’idée d’un marin avec son pompon, pour tout vous dire et pour que cela fasse plus vrai, j’avais proposé que l’on apporte du goémon et du sable du Mont Saint Michel. Mais Janol  m’a dit que ce n’était pas la peine : on n’entends pas le cri des mouettes sur les photos et l’odeur des embruns est très dure à rendre sur papier glacé. Pour la station La Défense, j’avais proposé de déguiser un éléphant en Mammouth. Vous voyez, j’ai des idées ; Janol ne les a pas toutes acceptées, bien sûr, alors je profite de l’audience que vous avez sur ce blog pour lancer quelques idées que j’ai eues. Parce que vous voyez, moi, j’adore les z’animos : Un ours à la station Pyrénées de la ligne 11, un lion à la gare du même nom etc…

 

- Excusez moi, chez Albert, mais nos lecteurs ne doivent pas comprendre. Si vous vous entendiez si bien, avec le photographe, pourquoi n’êtes vous pas présent sur la photo ?

 

- Et oui, c’est là tout le génie du photographe : suggérer, insinuer, faire sourire de l’incongru. Eh bien, je vous explique. Au moment fatidique de la prise de vue, je me suis souvenu que j’avais rendez vous avec mon amour, une belle jument baie ténébreuse, à la robe douce comme du velours. Elle s’appelle Réale, ma douce, elle est espagnole, de Madrid exactement. Je me suis donc mis au petit trot pour honorer mon rendez vous au stade de Saint Denis, car ma Réale est la mascotte officielle d’une partie de ballon rond, d’ailleurs au passage, la pelouse là bas y est excellente. J’ai donc pris la poudre d’escampette. Mon Jockey est donc resté sur le carreau et il a fait la photo tout seul, et franchement je trouve que sa prestation ne manque pas de sel. Et puis une rambarde de métro, il est moins ridicule que si sa monture était un balai, non ?

 

- En tout cas, le lendemain, les médias ont relayé l’information de ce cheval dans les couloirs du métro et c’est comme cela qu’Olga Cafiero m’a contacté pour être la star de sa future exposition. Elle m’a laissé carte blanche en me disant : « Prends le mors aux dents, éclate toi, fais nous tes coquineries habituelles »

 

- Vous êtes tout simplement extra, cher Albert. Au revoir, et à bientôt. Et la photo faite par Olga montre bien votre joie de vivre. 

  olga-cafiero-horse-02.jpg

 

 

Les mots collectés par Olivia

Encens – amour – marin – coquinerie – embruns – albinos – baie – ténébreuse – naufrage - pin – affiche – balai – ballon -  phare -  râler – froc - flot - communion - mouette – sel – velours -  changement -Mammouth - réale - au revoir - chocolat

 

Je n’ai pas réussi à mettre  naufrage

Par L'écho des Ecuries - Publié dans : Désirs d'histoires
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires

Présentation

Derniers Commentaires

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés