Ce livre est absolument magnifique. Je ne rappelle pas ici la quatrième de couv qui en dit trop à mon goût. L'action se passe sous le régime de
Ceausescu, en Roumanie. La narratrice , une jeune femme, étudiante, habite un foyer de jeunes filles avec cinq autres étudiantes. Elle nous parle de Lola, une jeune fille pauvre,
étudiante elle aussi. Lola est retrouvée un jour pendue avec la ceinture de la narratrice (dont on ne connait pas le nom). Pour avoir lu sur Wikipédia, la biographie de Herta Müller, j'aurais
tendance à dire que cette jeune fille c'est elle même et que ce récit est fortement autobiographique. Herta Müller nous raconte sa vie dans le foyer après la mort de Lola. La narratrice et
trois amis de Lola sont régulièrement interrogés par la police. Avec une écriture fluide et percutante , toute en sous-entendus, Herta Müller , nous dévoile sa peur de la dictature, de la mort,
le douteux et douloureux passé de son père, ancien soldat SS, de la peur de la vieilles à travers les yeux de sa grand mère qui perd la mémoire.
Une participation au challenge à tous prix de Laure puisque Herta Müller a eu le prix Nobel de littérature en 2009
Mon tour du monde pour la Roumanie (Herta MÜLLER habite maintenant en Allemagne)
Soudain, la voix caverneuse du gourou, surnommé Pops, se fit entendre, grinçante comme une alarme mal réglée. Ses ouailles se serraient les unes contre les autres, religieusement, buvant ses paroles comme celles d'un professeur de morale centenaire. Dans l'ombre grise de la nuit, on devinait juste que l'individu était absolument rond et minuscule, le teint légèrement jaune. Son collège de codétenus le regardait avec admiration : un survivant, un héros sans faiblesses et sans doutes. Le gourou poursuivit : "Moi Damiel, je vous aie rassemblé pour que nous unissions nos efforts et organisions notre évasion. Messieurs et vous aussi mesdames, il vous faut redoubler d'attention : le danger se rapproche. Tout à l'heure vous entendrez le son du réveil. Ce sera pour nous le début de la fin. Notre ennemi à tous a l'air angélique : Cheveux ébouriffés, sourire édenté, pyjama rouge coquelicot. Ne vous fiez pas à son image de gentil. Ce petit d'homme est redoutable, sans pitié et sans âme, il nous assassinera tous. De sa voix mielleuse, il nous parlera, caressera nos fragiles pétales avant de nous achever avec sa cuillère à café. Tout est dans l'esquive, il faut se cacher au fond de notre terrier. Son but est de nous capturer, de nous noyer et de nous MANGER ". A la fin de la tirade de Damiel, une vague d'effroi parcourut les petis visages ronds et jaunes. C'est alors que tout s'accéléra : ils n'eurent pas le temps de reprendre leur souffle que déjà leur paquet était ouvert, ils étaient versés en vrac dans un bol, ébouillantés sous un litre de lait. Damiel Pops eut juste le temps de murmurer : "Mourrir ainsi, broyé sous les dents d'un "Céréales killer", la vie n'est pas juste"
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Un jour on m’expliqua qu’un meurtre avait été commis à cet endroit ... J’éclatais de rire... ! ...
Quel endroit : une bibliothèque, un salon de thé ? ...
Comment : égorgé, pendu, assassiné ? ...
Vous voilà invités à monter votre scénario autour de ces questions en finissant votre texte par un éclat de rire !
Zingaro, autrement dit bohémien, était un gros bébé poilu de deux ans, pataud et bancal, lorsque Bartabas l'acheta en 1984, à Alex Wilms, un marchand bruxellois. Sans doute pensait- il à cette rencontre cardinale lorsqu'il griffonna, quinze ans plus tard, ce poème amoureux sur un bout de papier : " Après s'être longtemps observés à distance / ils se retrouvèrent un matin face à face / ce fut le cheval qui fit le premier pas". Bartabas le paterna, l'éleva, le dressa, le balada, le muscla, plus jamais ne le quitta. Il grandit sous les vicinales, nez et crinière jais au vent, suivit sans changer d'allure la roulotte du cirque Aligre de pays en pays et son maître, de spectacle en spectacle. Mieux qu'un animal, un partenaire d'une fidélité absolue, un allié substantiel, et un symbole assez fort pour que son "hypponyme", gravé au fronton du théâtre équestre, devienne le nom de la compagnie. D'un cheval noir et luisant, on dit qu'il est moreau. Zingaro était aussi moral.
Jérôme Garcin - Bartabas, Roman
Sur une idée de Chiffonnette
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