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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 23:39

Atelier de Gwenaelle (lien vers les autres participants)

 

Voici la consigne rédigée par Gwenaëlle (atelier du 4 mars 2012)

 

Aujourd’hui, nous allons parler d’hallucinations… Que vous choisissiez d’entrer dans la peau d’une Bernadette candidate à la sainteté, d’un grand consommateur de drogues diverses et variées ou d’un fou très inspiré, votre texte devra traiter d’hallucinations et comporter les quatre phrases suivantes, extraites du roman de D. Foenkinos, La Délicatesse :

Mais non, rien ne pouvait reprendre comme avant.

Mais qui avait bien pu inventer la moquette?

On cherche souvent à se détendre avec des choses qui nous énervent.

Son visage était orange, mais plutôt lever de soleil que coucher.

 

img_2003.jpg

 

Voici ma participation

 

La dernière chose que j’ai entendue avant de sombrer, c’étaient les paroles du curé au mariage de ma cousine. Je n’écoutais, il faut dire, que d’une oreille ; je pensais plus au buffet qui allait suivre comme dans tout bon mariage, qu’au sermon de M’sieur le curé. Le curé parlait du pire et du meilleur et bla , bla , bla et bla bla bla.

 

L’instant d’après, je me suis réveillée au pied d’un palmier. Enfin d’un drôle d’arbre qui avait des feuilles en palmier. Mais vous voyez de quoi je veux parler ? Les gâteaux feuilletés en forme de cœur que l’on appelle des palmiers, qui croquent sous les dents, qui poissent sur les doigts. Je me suis levée d’un bond. Enfin c’est vite dit, j’avais un peu la tête qui tournait quand même.  Plus d’église, plus de mariés, plus de famille, plus de curé, une île déserte.

 

En regardant plus attentivement, j’ai vu toute de suite que ce n’était pas une île ordinaire. Le sable craquait sous mes pieds, pas très fin mais avec une odeur caramélisée, à croquer. Et là O miracle j’ai reconnu l’odeur : c’est l’odeur des miettes de noisettes que l’on trouve sur des glaces dénommées Sundae dans une chaîne de fastes-foude que je ne nommerais pas mais que vous avez reconnue.

Là, je me suis dis, ma pauvre Valentyne, y’a des fois où tu devrais ralentir sur les sucreries.

 

Mon étonnement est allé croissant à partir de ce moment là. J’étais passée au choix soit de l’autre côté du miroir, soit chez Hansel et Gretel : Je suis sûre que vous vous rappelez ce conte où les enfants arrivent chez une sorcière qui a jeté un sort à sa maison, La maison  a des volets en nougat, des murs en gâteau, un toit en pain d’épice …

 

Sauf que là pas de maison en vue, j’étais sur une île apparemment déserte mais une sorte d’île en sucrerie. Je n’avais pas mon appareil photo sur moi, ni mon téléphone et je ne pourrais donc jamais apporter de preuves de mon voyage dans ce monde fabuleux où les rochers sont des têtes de nègres, le sable sont des éclats de noisettes, l’écume de la  mer a le goût de  la chantilly.

 

Comme j’avais la tête qui tournait moins, je me suis mise à explorer les alentours et juste derrière une mare de crème de marron, soudain …..Je l’ai vue, son généreux popotin  assis  sur un banc.

 

Je l’ai reconnue, tout de suite, la religieuse qui m’avait fait de l’œil dans la vitrine de la boulangerie, pas plus tard que ce matin. Car vous l’avez compris, c’était une religieuse au café avec une jolie collerette blanche entre sa tête de chou à la crème et son ventre rebondi (et non pas une des bonnes sœurs du curé du mariage de ma cousine dont je parlais juste avant pour ceux qui ont suivi jusqu’ici)

Elle m’a vu et m’a adressé un grand sourire, elle connaissait même mon prénom.

 

 « Bonjour Valentyne. Bienvenue sur l’île Dessert »

 

- Et c’est où l’île dessert ? lui aie je demandé comme si j’avais parlé à des religieuses au café toute ma vie.

 

- Et bien tu vois Paris, tu vois Brest et bien l’île Dessert est un peu à l’ouest de Brest. Enfin c’est à l’ouest de Brest pour le moment, car comme toute bonne île flottante, à cette époque de l’année, elle est en train de dériver vers l’île de Pâques : on devrait y être pour la mi avril comme tous les ans. Les vents sont avec nous cette année, on s’est chopé un mistral gagnant qui nous pusse vers notre destination à toute allure.  Mais viens donc Valentyne, une fête est organisée en ton honneur par notre grand patron.

 

- Le grand patron mais je ne le connais pas  aie réussi à bafouiller, car j’avais la langue pâteuse comme si j’avais la bouche pleine de Marshmallows.

 

- Mais si, c’est le Saint Honoré, il t’attend pour ton intronisation, m’a-t-elle dit en me regardant comme si je descendais de Mars (la planète pas les barres chocolatées)

 

- Mon intronisation ? me suis-je contentée de répéter bêtement car j’avais à nouveau la tête qui tournait et les jambes en guimauve.

 

- Oui oui ! Tu vas atteindre un poste honorifique très demandé bientôt au mois d’avril : tu seras la cloche des œufs de Pâques. C’est pas donné à tout le monde !

C’est à ce moment que le Saint Honoré est arrivé, encadré par trois grands malabars. L’a pas l’air commode l’Honoré !  

 

Il m’a posé quelques questions sur mon CV,  pour quelles boîtes j’avais travaillé et patati et patata ! Il était surtout intéressé par les saints (Alors forcément je lui est parlé de mon expérience très réussie de chez Saint Maclou où j’étais chef étalagiste il n’y a pas si longtemps. Et aussi inventrice de slogan à se prendre les pieds dans le tapis.  Mais qui avait bien pu inventer la moquette ? Sacré Saint Maclou. Comme cela sur le papier cela ne le fait pas mais imaginez France Gall chanter cela sur un air qui va entre « sacré Charlemagne » et les « sucettes à l’anis » et là vous avez tout compris de mon génie marketing. Je lui aie expliqué à l’Honoré que j’aimais bien inventer des slogans sous la douche : On cherche souvent à se détendre avec des choses qui nous énervent,  moi ce qui me branche c’est d’inventer des slogans, pas de jouer au scrabble ou aux mots croisés ou aux devinettes. 

 

J’allais enchaîner sur mon célèbre slogan créé exprès pour Saint Marc (celui de la lessive pas celui de Venise) quand il m’a coupé la parole et m’a dit que je n’avais pas les compétences requises. J’en suis restée comme deux ronds de flans, et je lui ai rétorqué que je n’en voulais pas de son poste à la noix.

Alors Saint Honoré s’est fâché tout rouge enfin non plutôt orange. C’est cela orange.  Son visage était orange, mais plutôt lever de soleil que coucher. Ses yeux lançaient des éclairs (au café et au chocolat of course)

 

J’en suis restée baba et à ce moment là, il a sorti de derrière son dos une arme fatale : une Chupa Chups géante pour me suriner. J’en tremble encore comme un mille feuille c’est dire !! C’est là que j’ai entendu une voix masculine me dire : « direction les urgences : cas d’hypoglycémie sévère, on l’emmène à l’hôpital, préparez la perfusion »

 

Je me suis dis que j’avais loupé le mariage de ma cousine et aussi le buffet. IL y en aurai d’autres des buffets mais non, rien ne pouvait reprendre comme avant.

 

 

Cette hallucination m'est venue suite à la consigne des impromptus littéraire du 27 février :

"Vous avez festoyé jusqu'aux petites heures et avez un peu perdu toute notion du temps et des lieux. Vous vous réveillez le lendemain sur une île qui vous semble déserte. Racontez-nous vos premiers instants en cette terre d'accueil imprévue."

 

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Published by L'écho des Ecuries - dans Atelier Skriban
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