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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 06:36

Ma participation à l’atelier d’écriture de Gwenaelle (semaine du 23/05/2011)

 

Les autres participants sont ici

  

La consigne :

Cinq mots par jour pour écrire un paragraphe et cinq jours pour écrire toute une histoire avec ces cinq paragraphes.

 

 

Les mots du lundi : sportif – héros – bouquin – escapade – malaise 

Les mots du mardi : guirlande – absence – naval – thé vert – gomme

Les mots du mercredi : dragon – atelier – estomac – antique – fable

Les mots du jeudi : inachevé – étiquette – immédiat – odyssée – cœur

Les mots du vendredi : sphère – finances – filet – exercice – indien

 

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Marylou regardait son sac à dos d’un air circonspect, comme s’il allait se mettre à lui parler et lui dire comment le remplir.

Que met on d’ailleurs dans  un sac à dos pour une escapade de deux jours avec un tout nouvel amoureux que l’on connaît depuis quinze jours à peine?

Certes, ils avaient passé ensemble trois merveilleuses soirées à se balader dans les rues de Paris, quasiment désertes en ce mois d’août; trois soirées merveilleuses suivies de trois nuits torrides, mais ces trois rencontres ne suffisaient pas. Elle se rendit compte qu’elle ne savait presque rien de lui.

Elle aurait mieux fait de l’abreuver de questions pendant ces trois soirs au lieu de déclamer avec lui leurs poèmes préférés : Victor Hugo, mon père ce héros ; Rimbaud et sa bohème, Verlaine un tout petit peu, Eluard énormément, Baudelaire pas du tout. Maintenant, elle ne savait que mettre dans ce sac, qui la narguait du coin du salon.

Tout à l’heure, il l’avait appelé, enjoué, en disant : « Partons deux jours ce week-end, ne prend qu’un sac à dos car nous partons en moto, je t’emmène dans un coin formidable».

Moto  = pantalon, cela était simple mais prenait-elle quand même une jupe pour le soir ?

Et un bouquin ? Se vexerait-il si elle emportait un bouquin ? Normalement on n’a pas le temps de lire lors d’une escapade en amoureux de deux jours, mais Marylou préférait être prévoyante et puis elle ne pouvait pas vivre sans livre; tous les jours elle lisait quelques pages même juste 5 minutes le soir avant de s’endormir.

 

Où pouvait il bien l’emmener pendant deux jours ? déjà pas faire de l’escalade, elle se rappelait lui avoir dit le premier soir qu’elle n’était pas sportive pour un sou et que le moindre point en hauteur lui causait vertiges et malaises.

 

***

Voilà, on y est presque, se dit Marylou en fermant son sac à dos. Finalement j’ai été très raisonnable : Deux jours, donc deux tenues pour la journée; tenues pratiques et passe-partout pour la moto.

Un ensemble  plus léger pour le soir: c’est le mois d’août quand même, et un pull car si c’est une soirée en Normandie, il risque de faire un peu froid.

Absence de maquillage total : de toute façon quand on fait de la moto, le maquillage a tendance à couler.

Une tenue sexy pour la nuit, cela ne prend pas de place (tiens d’ailleurs pour une escapade de deux jours y a t il une ou deux nuits? Je en sais même pas si le  retour est prévu lundi matin tôt ou dimanche soir ?

Pas de collier, ni bague, trousse de toilette minimale.

Julien ne devrait pas tarder maintenant,  il me semble l’avoir entendu dire «un quart d’heure» tantôt au téléphone. Je suis fin prête mais où peut-on bien aller ?

Oh cela fait déjà une demi heure qu’il a appelé mine de rien. Mais bon, traverser la moitié de Paris, prend quand même un certain temps, même en moto.

Marylou se décide finalement à préparer son cinquième thé vert de la journée, en attendant fébrilement la sonnette. Elle regarde son dernier dessin fait dans l’après midi,  le rectifie d’un coup de gomme par ci,  surligne certains traits machinalement par là.

Elle se penche par la fenêtre  du troisième étage,  embrassant d’un seul coup d’oeil cette vue dont elle ne se lasse pas : la Seine entourant l’île Saint Denis. Les quais, les péniches sagement alignées les unes derrière les autres, certaines flambant neuf, sortant du chantier naval et les autres, plus nombreuses, patinées par les ans. Plus tard dans la soirée, quand le soleil sera couché, elles se balanceront nonchalamment, éclairées comme de somptueuses guirlandes, suivant le cours paisible de la Seine à cet endroit.

 

****

DRING!!!!

Marylou ouvrit la porte tout intimidée.

Julien, de même, se balançait d’un pied sur l’autre, son casque sous le bras,  identique à leurs trois précédents rendez vous : yeux rieurs, rasage de trois jours et cheveux en bataille.

Elle se rendait compte que leur relation débutante était à un tournant : quelques moments ensemble volés à la vie trépidante de Paris étaient bien peu de chose.  Comment allaient ils passer ce week end ? ce n’était que deux jours mais elle avait eu son lot de déceptions et elle n’osait encore pas trop y croire. Elle avait passé l’âge de croire aux contes de fées et autres fables.

Julien serait il son compagnon pour des années où ses 48 heures ensemble lui ferait découvrir des incompatibilités d’humeur ?

Elle lui proposa une tasse de thé ou de café, dans le salon qui lui servait aussi d’atelier pour son travail d’illustratrice..

- Non merci, mettons nous en route tout de suite pour ne pas dîner trop tard et martyriser nos estomacs.

- S’il te plait un indice, où va t on ? 

- 2h18 d’ici selon Mappy : nous pouvons être arrivés pour 20H00 et voilà l’indice : « Le ciel est par dessus le toit, si bleu si calme ; Un arbre par dessus le toit berce sa palme »
- Verlaine, mais cela ne m’avance pas beaucoup, sourit elle
Je ne dirais rien de plus sinon cela ne serait plus une surprise.  

En bas, la moto les attendait, une Honda, noire avec des dragons crachant du feu sur le côté.

Ils s’installèrent et rejoignirent rapidement le flux des parisiens étant restés sur août mais qui se mettaient au vert pour le weekend.

Quelques rues de l’Ile Saint Denis, quelques antiques batiments attendant une démolition prochaine et puis tout de suite l’autoroute A1, puis l’A3 et enfin l’A4. Ce ne serait donc pas la Normandie, déduisit-t-elle. Mais bon sang pourquoi ne se rappelait-elle rien de la vie de ce Verlaine : ni où il avait vécu ni où il était né. Seuls ces poèmes l’intéressaient, pas sa vie !

Marylou se concentrait sur la route autant que si c’était elle qui conduisait, penchant la tête pour ne pas prendre le vent de plein fouet.

J’espère que Mappy ne se trompe pas : ces 138 minutes vont être les plus longues de ma vie sinon.

 

***

 

Près de Reims -  aire d’autoroute : Petite pause pour le plein d’essence et se dégourdir les jambes.

Marylou entre dans la station se rafraîchir pendant que Julien fait le plein de la moto.

Un peu moins d’une heure avant l’arrivée, se dit elle en regardant machinalement les quelques souvenirs exposés dans la boutique.

Tout est ok, la prévient Julien, nous pouvons reprendre notre odyssée. Je ne t’ai pas dit mais ce n’est pas une surprise que je t’ai préparée mais deux ; j’ai l’intention de te présenter à  ma famille. Prête ? on se remet en route !

En s’installant à nouveau derrière lui, Marylou se rappelle alors  la conversation lors de leur dernière sortie. Il lui a dit que son père était mort récemment lorsqu’ils discutaient  du poème Mon père ce héros.

 

Il avait l’air si ému à ce moment là que leur conversation était restée inachevée.

Dans l’immédiat, elle ne savait donc rien sur sa mère, ni sur une éventuelle fratrie.

Whaou, elle allait rencontrer sa famille !! : dans quel guêpier s’était elle engagée ?  y aurait il une reine mère, comme chez elle ? une reine des abeilles qui régnait sur ces sujets, ultra sensible à l’étiquette et à la place que doivent avoir les « pièces rapportées » en l’occurrence les maris ou compagnons de ses sœurs ?

 Comme ils reprenaient l’autoroute, elle ne put pas poser toutes les questions qui se précipitaient dans sa tête : pas faciles les voyages en moto pour avoir une conversation suivie !

Son cœur battait la chamade : le week end en amoureux allait-t-il se transformer en présentation à une nombreuse tribu ?

 

Plongée dans ses pensées, elle se rendit soudain compte qu’ils étaient sortis de l’autoroute : Un panneau Signy l’Abbaye, joli nom.

Julien arrêta la moto devant un vieux porche. Un vieux monsieur,  tout voûté, en sortit étonnamment agile.

- Juju! s’exclama-t-il, toujours à l’heure. Je vous ai préparé votre petit nid. Bonjour mademoiselle.

- Bonjour Serge. Voici Marylou. Marylou, Serge qui m’a tout appris sur ce domaine.

Marylou rendit le bonjour, cherchant partout une maison. Devant elle, il n’y avait rien qu’un ensemble d’arbres de toutes tailles, principalement chênes et hêtres.

Julien tira une corde du dernier arbre de l’allée et en fit descendre une souple échelle.

-          Notre maison du week end est dans les arbres. Je te fais visiter ??

 

***

Plus tard, dans la nuit…….

Marylou est allongée, la tête sur l’épaule de Julien : le hamac où ils se sont installés se balance comme une gondole, douce et lascive à la fois.Quelqu’un (Serge?) a installé sur la table basse un bouquet de tulipes odorantes qui apparaissent comme tressées en une sphère multicolore.

Elle savoure cet instant de bonheur sans nuages et réussit à articuler :

- Extra la surprise de ce week end improvisé ! et encore c’est un euphémisme, je ne trouve pas les mots, tellement cette escapade est surnaturelle.

- Merci, heureux que ce petit nid te plaise !

- Cela fait un sacré changement par rapport à Paris, n’est ce pas? Toute cette verdure et ce calme

- Si tu veux, tu peux prendre un abonnement dans ce cocon : Abonnement au mois, au week end, à vie : tous les forfaits sont possibles

- Abonnement à vie ? je ne sais pas si mes finances pourront se le pemettre, lâche Marylou flattée par cette proposition. Tout de suite elle se sent bête : Julien lui fait une déclaration et elle ne trouve rien de mieux qu’une plaisanterie et s’en sort par cette pirouette pitoyable. Mais Julien ne semble pas s’en être formalisé, elle poursuit donc :

- Et ta famille, on les voit demain? Qui va venir? 

- Oh pas de problème je peux les appeler tout de suite, ils en ont pour trente secondes à apparaître

- ??????????????? 30 secondes ???????????

- Oui ils sont là tout près. Allez les Whoopies, peuple du parc, montrez vous, ne soyez pas timides!

Marylou écarquille les yeux, ahurie.

Juste derrière le pot de l’olivier nain, viennent d’apparaître de minuscules bonhommes-chocolat : ce sont de charmants petits gâteaux fait de deux ronds de pâte tendre accolés par une crème : Un peu soucoupe volante, un peu macaron, avec des menbres en sucre d’orge et avec des yeux rieurs en grains de café. Un petit panache de fumée leur sort de la fraise tagada qui leur sert de bouche.

Julien reprend la parole : allez avancez les whoopies, que je vous présent Marylou

- Marylou, je te présente Friponne, la maman Whoopy : c’est elle qui souffle aux enfants du quartier des idées de bêtises ; à côté d’elle, tu as Paribrest son mari, qui aide ces mêmes enfants à commettre les bêtises et juste derrière leurs sept enfants, qui eux participent aux bêtises. Tu as dans l’ordre  Nougat, Clafoutis, Crumble, Patachou, Millefeuille, Croissant et Meringue

 

-          Approchez vous, ne soyez pas timides, grimpez sur le filet du hamac.

 

Marylou, sous le choc, se laisse embrasser par tout ce petit monde de sucrerie.

« Oh, on dirait les cousins des Oompas loompas de Roald Dahl et ils ont des têtes encore plus sympathiques que les Zertes de Claude Ponti ».

 

A ces mots Les whoopies se mettent à chanter autour d’elle : Marylou est notre amie : elle connaît nos amis les OompaLoumpa et les Zertes. »

Ils essaient alors de l’entraîner dans une ronde folle, telle la danse de la pluie des indiens dans les dessins animés, mais Marylou, fatiguée de sa folle escapade, refuse cet exercice périlleux : « oh là là attention, vous me faites tourner la tête , je vais attraper une migraine » et elle repose sa tête sur l’épaule de Julien, comme assommée de tant d’aventures.

 TUT, TUT, TUT, TUT

 

 Marylou, à moitié endormie, tend la main vers son portable.

Un oeil entrouvert, elle voit l’heure incongrue qui s’affiche mais décroche quand même :

« Aujourd hui à 6H15, vous avez un message « Salut Marylou, c’est Julien : Nous sommes vendredi, je prends mon service à la caserne des pompiers; j’ai une proposition à te faire : partons deux jours ce week-end, ne prend qu’un sac à dos car nous partons en moto , je t’emmène dans un coin formidable. Rappelle moi si tu es ok. Bisous » »

 

 

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Published by Valentyne - dans Atelier Skriban
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