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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 20:38

Ma participation aux impromptus littéraire de cette semaine

 

 

Le thème : La semaine dernière nous avons pu voir danser le hibou et même parfois l'entendre chanter.
Cette fois nous vous proposons d'exercer tous vos sens sans exception en rédigeant un texte en prose ou en vers qui contiendra obligatoirement les cinq éléments suivants : une couleur (vision), un son (ouïe), une fragrance (odorat), une saveur (goût) et un contact physique (toucher).

 

 

Arènes de Nimes 1995

 

Les badauds et les passants se précipitent et s’agglutinent à l’entrée : Les hauts parleurs crachouillent : « le spectacle va commencer. Oyez Oyez Braves gens venez vous confronter aux lions, aux pirates et à leurs bateaux, aux géants des mers. Le spectacle Péplum de la compagnie Royal de Luxe va commencer »

 

Les retardataires se pressent pour ne pas manquer le début. Une menotte est glissée dans ma main, toute douce, mais fermement maintenue : « je veux pas te perdre dans cette foule », murmure t il et je dois tendre l’oreille, me pencher pour l’entendre au milieu des cris de vendeurs de hot dog, de ballons multicolores.  

 

- Je peux avoir du pop corn , dis ?

 

- Bon d’accord !

 

Enfin nous nous installons sur les bancs : « c’est plus dur qu’au cinéma », bafouille t il postillonnant des morceaux de pop corn enrobés de caramel trop sucré à mon goût. Encore un peu d’attente et le spectacle commence. Les yeux grands ouverts, écarquillés, il regarde du haut de ces 4 ans, il emmagasine les sensations, s’esclaffe.

 

Des bateaux surréalistes défilent sous nos yeux, sorte de ballet improvisé: Les bateaux sont fabriqués avec des morceaux de cartons découpés et peints sommairement en marron, les voiles flottent dans le vent, alors que justement cet après midi la chaleur écrase les arènes, et qu’il y a une minute encore, pas un souffle ne se faisait sentir ! Nous sommes au deuxième rang et le metteur en scène a eu l’idée d’installer des ventilateurs géants qui nous soufflent le vent du large dans les chevaux.

 

« Les bateaux ont des jambes bien sûr » me dit il sur un air de confidence « sinon ils ne marcheraient pas » : Et effectivement, je n’avais pas compris ce détail, les acteurs- bateaux virevoltent, font semblant de se cogner comme des autos tamponneuses, les faux corsaires sortent leur sabre et miment un combat héroïque. Ces objets de récupération semblent incongrus à mes yeux d’adulte mais les petits sont manifestement sous le charme : qu’un pirate se serve d’une louche comme sabre, pourquoi pas après tout !

 

- C’est quoi là bas ? demande il, se trémoussant sur le banc, en montrant du doigt l’objet de son attention.

 

- « c’est une bétonnière, un engin de chantier pour couler du béton  et fabriquer des maisons».

 

Je me demande à quoi elle va servir cette bétonnière anachronique dans cette arène millénaire au milieu de bateaux sortis tout droit d’une imagination débordante.

Deux personnes activent la bétonnière,  poussent celle-ci  sur un rail en arc de cercle qui suit la courbe de l’arène, une troisième actionnant une manivelle qui fait tourner la bétonnière: Cet étrange équipage ne tarde pas à passer devant nous : et là nous respirons à pleins poumons l’air de la mer : Une grande bouffée d’air marin envoyée par la bétonnière : les gens crient : certains amusés et ravis de la surprise, d’autres moins contents, ceux du premier rangs surtout : c’est vrai que cette odeur d’embrun est forte et nous emporte autant que les bateaux vers des rivages inconnus.

 

- Beurk ça sent la mer, dit il écoeuré, rejetant le reste de popcorn

 

Sur la scène, les bateaux ont disparu et ont fait place à des lions et aux gladiateurs. Le spectacle se poursuit alternant (faux)chevaux de (vrai) manège (ceux qui tournent en rond, et où les chevaux montent et descendent avec une barre), pyramides égyptiennes en plâtre, parodies de pharaons marchant de profil….

 

Plus tard la bétonnière repassera et nous soufflera tour à tour du jasmin (hum), l’odeur des lions (rebeurk), sur un rythme de musique endiablée par moment, relaxant à d’autres.

 

Les bancs plus durs qu’au cinéma sont oubliés, et la magie opère.

 

 

 

 

 

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Published by L'écho des Ecuries - dans Impromptus
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commentaires

Asphodèle 21/11/2011 11:29

Quelle spectacle insolite ! Je ne sais pas s'il sort tout droit de ton imagination ou si tu l'as vécu mais on s'y croirait ! :)

val 23/11/2011 15:21



c'est du vécu. Une sortie entre collègues avec plein d'enfants :-)



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