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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 14:42

Ma participation à l’atelier d’écriture de Skriban (Gwen) du 5 Juin

 

Les textes des autres participants sont ici :

 

La consigne :

Tous les jours, vous passez devant cette palissade de planches brutes, recouverte de graffitis et d’affiches déchirées. D’habitude, vous ne faites que la longer mais aujourd’hui – qui sait pourquoi? – votre curiosité est titillée par un détail et vous avez envie de savoir ce qui se passe derrière. De toute façon, vous avez raté votre bus et personne ne vous attend à la maison. Alors vous cherchez un trou, une fente et vous regardez…

Que voyez vous ?

 

 

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Soudain, je vois l’arrière du bus qui tourne à l’angle de la rue de la Source. Zut, il a une minute d’avance, ou alors c’est moi qui aie une minute de retard ! Quoiqu’il en soit, cette petite minute de décalage va m’en faire perdre au minimum vingt, le temps d’attendre le prochain bus. En plus, je suis partie en catastrophe et pas de bouquin dans mon sac : Rien à se mettre sous la dent ou plutôt sous les yeux pendant ces 20 minutes : autant dire une éternité.

Je regarde aux alentours, sait-on jamais quelqu’un peut avoir oublié un magazine ? je suis prête à tout  pour un peu de lecture avant d’aller au boulot : même un prospectus d’agence immobilière ferait l’affaire, c’est dire,   mais non rien à faire pas la moindre feuille de papier à l’horizon .

De dépit, je m’approche de la palissade et trouve à lire le permis de construire accroché depuis quelque mois : La pluie n’a pas eu le temps de le délaver : il faut dire qu’il n’a pas plu depuis quatre mois : tout est sec et rabougri aux alentours. La palissade s’élève plus haut que mon mètre soixante dix. Etranges, ces personnes qui veulent planquer leur future construction. Surtout que cette maison, je la connais : dix ans que je passe devant tous les matins : des fois pour prendre mon bus, des fois pour emmener un enfant à la crèche puis à l’école : Il s’agit d’une modeste maison des années 30, moitié meulière, moitié briques que les nouveaux propriétaires veulent surélever. Bientôt il y aura 3 niveaux de 50 mètres carrés chacun.

Les enfants ont appelé cette maison, la maison de la dame aux chats, puis la maison de la sorcière aux chats. Pauvre femme, effectivement, nous l’avons vu se délabrer au cours de ses dernières années, un peu au même rythme que les lézardes sur sa maison : on sentait qu’elle partait vers un autre monde, perdant la mémoire, et répétant en boucle : « venez les petits, les petits » à son régiment de chats. Elle avait oublié qu’elle les avait nourris le quart d’heure d’avant et revenait leur remplir leurs gamelles à peine vides : l’adresse avait vite été connue de tous les chats du quartier et il y avait affluence. Cela nous a bien occupé avec les enfants de trouver un nom pour chacun. « Tu sais j’ai vu Duchesse ce matin, elle était avec Berlioz et Toulouse comme d’habitude ». Heureusement que Disney n’est pas avare en chats en tout genre : il était comme même venu un temps ou l’inspiration s’était tarie et les deux derniers de la bande avaient été baptisés Rox et Rouky, faute d’idées plus originales.

Oh, mais il a une planche légèrement décalée juste derrière le permis de construire ; il faut se pencher. Cet interstice se situe à un peu plus d’un mètre du sol : je me mets dans le peau de mon petit explorateur de trois ans et demi qui serait à la bonne taille pour regarder par ce trou de souris.

N’écoutant que ma curiosité, je m’approche : à peine cinq centimètre de vide, je ne peux donc pas voir les travaux de l’étage en train de se construire. Par contre, j’ai une vue imprenable sur le petit bassin en plastique bleu que j’ai toujours connu ici : pour ma part je l’ai toujours trouvé un peu pathétique, mal entretenu, plein de mousse mais pour les enfants, c’est un point d’eau magnifique avec des grenouilles, des coccinelles. Un jour on a même vu une libellule, atterrir comme un hydravion.

Là c’est l’émerveillement : comment par cette sècheresse ce petit coin de paradis a-t-il pu rester aussi vert : les fougères sont robustes, presque vert fluorescent, les coquelicots touffus : pas possible il y a un  mystère, un micro-climat , un oasis dans un rue desséchée.

Heureusement que j’ai la tête sur les épaules et une bonne mémoire, je me rappelle les paroles de mon mari «  rappelle moi bien, Val, de ne jamais acheter une maison dans une rue qui s’appelle rue de la source, c’est inondations, infiltrations et compagnie prévisibles une fois par an »

Ce coin de verdure inattendu  me fait oublier la déception du bus parti sans moi.

A cet instant une tache fauve attire mon regard. Fauve est le terme approprié, aussi bien en terme de couleur que d’animal.

Je ne sais si c’est le fait de regarder cette scène à un mètre du sol ou de regarder par un trou de 5 cm de rayon mais, à l’instant, j’ai trois ans et demi et la même vision que mon fiston : Je vois  Tigrou, le bien nommé, qui a l’air à l’affût. Tigrou,  c’est ainsi que les enfants l’ont appelé, ce chat de gouttière roux avec quelques traînées noires. Il a maigri, Tigrou,  maintenant qu’il n’y a plus table ouverte à la maison des chats à toute heure du jour et de la nuit. Mais cela lui va bien ; il a gagné en dynamisme et en agilité. Soudain il se ramasse près à bondir : Dans ce trou de 5 centimètres, avec vu sur une jungle de 30 centimètres de haut, je vois un tigre guettant sa proie. Je ne vois pas si celle ci est une souris, une grenouille ou une sauterelle mais en tout cas, cela doit être une  proie intéressante vu sa concentration. Il bondit et ……

Je ne saurais pas qui était la victime de ce grand chasseur car mon bus arrive : déjà vingt minutes de passées. Pas question de prendre le suivant !   

 

 

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Published by L'écho des Ecuries - dans Atelier Skriban
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