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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 00:00

 

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comCette semaine, petite forme ;-) J'ai donc légèrement remanié un texte écrit pour un concours de nouvelles de la mairie de Gimont  dont voici le thème

Le mythe confronté à la réalité.

En tentant de s’échapper du labyrinthe, Dédale et son fils Icare tombent dans une faille spatio-temporelle et se retrouve dans une salle d’embarquement d’un grand aéroport."

 


 

Dédale ouvre les paupières avec difficulté. Il tâte le sol autour de lui, le sol est froid, dur, inhospitalier. Tout lui revient par bribes : Le labyrinthe, la colère du roi de Crète,  Minos, furieux que Dédale ait aidé Ariane à sauver Thésée. Il se rappelle également son désespoir à la perspective de mourir dans ce labyrinthe, puis son idée  de fabriquer des ailes pour s’échapper du labyrinthe avec son fils Icare ; et l’accident ! Il revoit l’accident. Dédale regarde Icare voler dans le ciel, toujours plus haut. Soudain son fils, la chair de sa chair,  plonge, plonge à toute allure. Il s’est trop approché du soleil et ses ailes se sont décollées. Icare essaie de se rattraper, ses bras moulinent mais, ce ne sont point des ailes et ses efforts pathétiques ne font qu’accélérer sa chute infinie.

Alors Dédale, vire sur le côté, et il rattrape in extrémis Icare par sa toge. Il crie « Tiens toi à moi, je peux voler pour deux, mon fils. Je te prend sous mon aile »

Dédale a présumé de ses forces et il est épuisé. Ils vont plonger vers l’océan, une étendue d’eau sans la moindre île alentour ! Puis le trou noir !

Et le réveil, maintenant : glacial sur ces drôles de carreaux blancs !

Mais où est Icare ?  Dédale se lève précautionneusement. Miracle, il a mal partout mais tous ses membres bougent. Pour lui prouver qu’il n’est pas mort, une douleur aiguë à la cheville le fait grimacer, il boitille vers un mur où s’appuyer. Et là, il trouve Icare allongé sur le sol, indemne.

Dédale et Icare s’embrassent fous de joie et crient leur euphorie : « on a réussi, vive la liberté !! »

- Oui mais on est où ? S’interroge Dédale. Plus dans le labyrinthe en tout cas : Je le connais, c’est moi qui l’ai fait : j’ai utilisé de la pierre chaude, pas cette espèce de glaçon.

- Oui c’est étrange, confirme Icare en caressant les murs, je ne connais pas ce matériau.

- Allons voir où nous sommes. Cette pièce est déserte, propose son père.

 

Dédale boitillant et Icare se massant un poignet douloureux partent longeant le mur vers des portes battantes. Au passage, Dédale aperçoit une drôle de cuvette, blanche également, avec de l’eau au fond.

« Au moins nous ne mourrons pas de soif », soupire-t- il et il prend un peu d’eau de la cuvette pour se laver le visage.

- « Prudence » murmure Dédale. « Nous ne savons pas ce que nous allons découvrir de l’autre côté : un monstre comme le Minotaure ? Les ennemis de Minos ? Minos lui-même ? 

Dédale ouvre doucement la porte, passe la tête et referme la porte aussi vide, le visage livide

Retenant sa respiration, Icare questionne : « Père ?  Qu’as-tu vu de si horrible ? Tu es tout pâle ! »

- J’ai vu un homme bizarre, totalement contre-nature,  enfin un homme-coq, je ne vois pas d’autre explication : nous avons dû arriver chez des dieux-oiseaux

Curieux, Icare passe à son tour la tête discrètement par la porte. Et la retire tout à fait aussi rapidement.

- Oui tu as raison, père ! Evidemment nous sommes arrivés chez les hommes-coq! J’ai vu leur chef.

Les deux hommes passent la tête et Icare montre un énergumène du doigt.

- Lui là bas, regarde ! Celui qui est au milieu des autres, il caquette une langue inconnue.  

Effectivement, l’objet de leur attention parade. L’homme, car c’est bien un bipède, pantalon bleu sale, chemise flottant au vent, n’a pas de cheveux mais une crête, majestueuse, rouge sang.

De chaque côté de sa crête, sa peau est lisse, chauve. Une espèce de boucle en forme d’étoile lui sort de l’oreille. Un tatouage sur l’épaule représente un aigle.

Autour de lui, deux individus, un mâle et une femelle l’écoutent attentivement, hochant leur crête émeraude  pour le deuxième homme, rousse pour la femme. Icare et Dédale arrivent à entendre quelques bribes de la conversation.

- Tu comprends ce qu’ils disent ? demande Icare.

- Pas tout, mais chut je me concentre ! Lui répond sèchement Dédale.

La poule rousse s’exclame : « on va pas rester bloqués ici quand même! »

- On peut rien y faire, lui répond le coq, acerbe : l’aéroport est bouclé pour raison de sécurité!

- Alors ? demande Icare.

- Attend, restons cachés, on est dans un aéroport !

- C’est quoi un aéroport ?

- Je ne sais pas ! Attends, si, j’ai une idée. Etymologiquement, « Port » c’est pour les bateaux. Aéro me fait penser à aérien. Au vu des ces drôles de volatiles, et du fait que nous soyons arrivés ici par les airs, je dirais que nous sommes dans un port pour les dieux volatiles : je ne vois pas d’autre explication !

Son père le tire en arrière rapidement.

- En voilà deux qui se dirigent vers nous. Cachons nous, afin de savoir si ces dieux sont nos ennemis ou nos amis !

- Bonne idée,  père, regarde cette porte : une petite cellule où on ne nous verra pas !

Et les deux hommes s’engouffrent prestement dans une cabine où trône un siège blanc avec de l’eau au fond.

- Oh regarde !  Une autre cuvette comme celle où tu t’es lavé tout à l'heure !

- Chut, Icare, le tance son père. Ce n’est pas le moment de parler, ni le moment d’avoir une crise de claustrophobie, c’est tout petit ici .

Par un trou de la porte, Dédale et Icare ne perdent pas une miette de ce qui se passe dans l’autre pièce.  Dans le miroir, ils voient la tête de l’homme-coq et de son acolyte.

Crète Rouge rentre dans la cabine à côté de la leur et on entend un long jet puissant frapper  la cuvette.

Dédale comprend et devient pâle. Icare sourit en se rappelant que son père s’est lavé la figure juste avant dans la cuvette où se soulage le coq.

Mais déjà l’homme-coq ressort  en baragouinant à toute allure.

Dédale et Icare ont beau tendre l’oreille, ils n’entendent pas tout mais quelques mots.

Après s’être aspergé d’eau, les deux volatiles sortent en chantonnant : « I’m a punk, a VIP, a very Important Punk, steppe by steppe I’m a very Important Punk  »

- Tu as  compris ? demande Dédale.

- Non, j’ai juste compris deux ou trois mois parmi lesquels Ariane et courroux.

- Ouh la là ! C’est pas bon pour nous cela, Courroux cela doit être l’état d’esprit de Minos, vis-à-vis de nous car nous avons aidé Ariane à sauver Thésée. J’ai aussi compris qu’ils devaient patienter jusqu’au départ d’Ariane, c’est à cause de ce départ que l’aéroport est bouclé.

- En tout cas cela me donne une idée, jubile Dédale. Nous allons aller trouver  Ariane

et lui demander de nous sortir de ce mauvais pas.

Sur ces mots, les deux hommes se décident à sortir de leur refuge pour rejoindre Ariane.

Ils sortent précautionneusement dans le couloir et s’arrêtent subjugués : La salle est immense et fourmille de gens qui s’affairent dans tous les sens. Des personnes avec des bagages, habillés avec de drôles de pantalons qui s’arrêtent à mi cuisses, des femmes portant des enfants dans le dos.  Chaque personne de cette faune bariolée et colorée semble parfaitement savoir où elle va.

-       Mais où sommes nous arrivés » se lamente –t-il ?

Par la baie vitrée, ils aperçoivent un drôle d’engin blanc qui semble comme flotter dans les airs. L’objet géant, qui ressemble vaguement à un oiseau,  se rapproche lentement de la piste. Quelques secondes avant de toucher le  sol, deux petites roues sortent de sous son ventre rebondi, touche terre dans un boucan effroyable, freine très fort et s’immobilise.

- Alors là c’est sûr que ce n’est pas un oiseau ce truc ! s’exclame Icare abasourdi. Tu as vu cet engin dans les airs, et qui ensuite s’est mis à rouler.

- Oui j’ai vu, on doit effectivement être chez des Dieux-oiseaux, approuve Dédale. Viens revenons à notre cachette, ne nous faisons pas découvrir trop tôt et préparons un plan pour rejoindre Ariane.

Le père et le fils battent donc en retraite et retournent dans leur cellule.

Soudain, la porte s’ouvre à nouveau et une dizaine d’hommes, tout habillés de  kaki, entrent bruyamment.  A tour de rôle, ils vont se  vider la vessie en s’apostrophant.

- Que l’atmosphère est lourde, il fait une chaleur atroce dans ce pays, ,  j’en peux plus de tout mon barda. Tiens, je le pose ici cinq minutes, tu le surveilles, Fred.

- T’as vu, Icare, chuchote Dédale : Certains homme sont blancs et d’autre noirs.

- et ce ne sont pas des oiseaux, ceux la assurément !  Renchérit Icare

Le chef fait accélérer la cadence à ces troupes. « Allez, une, deux, on n’est pas ici en vacances. On nous attend dans la salle Jupiter, pour participer au départ d’Ariane »

- Catastrophe, s’exclame Icare, la voix assourdie : on est chez les romains !

- Les romains ? Interroge Dédale.

- Oui, les romains, Jupiter est leur Dieu, c’est comme chez nous avec Zeus ! Je l’ai appris en classe d’histoire cette année. Il est terrible ce Jupiter, cruel et sans pitié, nous sommes perdus !

Dédale et Icare se regardent silencieux et désespérés.

- Ils sont fous ces romains ! Et pourquoi doivent ils garder Ariane. Est elle prisonnière elle aussi ? Se lamente Icare.

- En voiture les  gars, on ne traîne pas : on est attendu pour le départ d’Ariane. On fait partie du cordon de sécurité, crie le chef des Kakis.

Dédale réagit aussitôt : « Vite, fiston, dépêchons nous : ces hommes ont l’air au courant pour le départ d’Ariane. Minos va sûrement l’exiler. Partons avec elle, c’est vital pour nous ; mieux vaut affronter l’exil que la colère de Minos, ou de Jupiter, ou des deux réunis.

Discrètement, Dédale s’empare du sac de l’homme kaki, l’ouvre, en sort deux pantalons et deux chemises et replace le sac à sa place d’origine.

- Suivons les, Ils sont dix : deux de plus ou de moins, ils ne verront pas la différence. Au moins ils savent où ils vont. Vers Ariane, il sera toujours temps de s’éclypser ensuite !

Imitant le pas saccadé des hommes, ils se faufilent en derrière position. La petite troupe fait quelques pas sous une écrasante chaleur et monte dans un drôle de véhicule qui se met en route aussitôt, dans un bruit terrible. Les deux crétois, après avoir entendu l’objet volant de tout à l’heure se poser par terre ne s’étonnent plus de rien.

Assis à l’arrière sur des bancs peu confortables, sursautant à chaque cahot, Dédale et Icare, sont tendus, assis l’un en face de l’autre, muets pour ne pas se trahir.

Après un long moment de voyage, l’étrange véhicule kaki s’arrête devant un grand bâtiment. Tous les hommes  en descendent, Dédale et Icare, bons derniers.

- Vous êtes prêts, crie l’homme qui commandait tout à l’heure.

- Oui, chef, répondent les dix soldats comme un seul homme.

Les autres hommes claquent des talons et Dédale et Icare les imitent avec un temps de retard.

- Il me faut deux volontaires pour faire la garde rapprochée d’Ariane.

Dédale aussitôt s’avance, en donnant un coup de coude à Icare afin qu’il en fasse autant.

- Parfait, soldats. Je vous emmène !

Les trois hommes se dirigent alors vers un drôle d’engin, tout en acier, rutilant, haut comme une maison de quatre 2tages.

- Installez vous ici. Vous garderez cette entrée d’Ariane jusqu’à ce que je vous fasse signe. A mon signe, vous partez et vous avez cinq minutes pour vous mettre à l’abri dans la salle de contrôle, qui est ici juste derrière vous. Compris ?

- Compris chef, crient Dédale et Icare.

Dédale et Icare restent bien droit devant l’échelle, sans bouger. Ils ne quittent pas l’homme des yeux pour ne pas rater le signe convenu. Un quart d’heure plus tard, le chef fait le signe. Dédale  et Icare, sans réfléchir plus, grimpent rapidement à l’échelle. D’après ce qu’ils ont compris, le chef leur a dit qu’Ariane était à l’intérieur de ce mastodonte, il n’y a pas une minute à perdre. Elle seule peut les sauver !

Le chef s’agite alors : « non, non pas là, dans la salle de contrôle, arrêtez les moteurs, stoppez le lancement ! »

Pendant ce temps, Icare et son père pénètrent dans l’engin d’acier.  « Ou Minos vas t-il bien pouvoir l’envoyer Ariane, se demandent il silencieusement, Chez le peuple des oiseaux ?

Ils entendent  alors : « Dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre trois, deux un zéro : décollage »

Et sous le choc de la propulsion des moteurs d’Ariane, suivi par un tonitruant «  ANNULATION DU LANCEMENT DE LA FUSEE », le père et le fils  s’évanouissent.

 

Un peu plus tard, une jeune femme, micro en main devant les télévisions du monde entier, s’exprime, émue, devant des dizaines de caméras

«En direct de Kourou, on apprend aujourd hui que deux hommes ont été arrêtés, par la police militaire. Ils tentaient de passer clandestinement pour monter dans la fusée Ariane. Celle-ci devait décoller ce matin, à la découverte de la galaxie et du cosmos.

Secoués pour avoir été trop près des réacteurs de la fusée, les deux hommes n’ont pas parus en possession de tous leurs moyens, « Le courroux de  Minos, Ariane,  Thésée, le minotaure » répétaient-ils en boucle, ils ont été transférés ce jour à l’hôpital psychiatrique de Cayenne. Le lancement d’Ariane  a été annulé au dernier moment et un deuxième essai devrait avoir lieu d’ici un mois ! Kourou, 24 Novembre 1979 à vous les studios»

 

 

Les mots collectés par Asphodèle

  

Liberté, fusée, nature, étoile, respiration, steppe, vital, étendue, océan, voiture, majestueux, claustrophobie, galaxie, infini, atmosphère, cosmos, euphorie, évidemment, éclipser.

 

et si vous avez envie de lire une nouvelle sur ce thème 

cliquer ici  (une nouvelle écrite par 6 collégiens)

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Published by Valentyne - dans Désirs d'histoires
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commentaires

Adrienne 03/03/2013 18:26

dis donc Valentyne, quelle imagination! et l'humour en plus :-)

Valentyne 05/03/2013 13:00



Je suis contente si cela t'a fait sourire ;-)



laure 03/03/2013 15:03

C'est un bon texte que j'ai lu avec plaisir encore une fois, plein d'originalité et d'humour :) Bonne journée Valentyne :D Bises

Valentyne 05/03/2013 13:00



Merci Laure:-)


Bonne journée à toi aussi ;-)



patchcath 03/03/2013 07:39

quelle histoire et quelle imagination!
c'est très marrant!
d'où te viennent toutes ces idées?

Valentyne 03/03/2013 14:34



Merci Patchcath : j'ai beaucoup lu Tintin quand j'étais petite ;-)


Bon dimanche 



Soène 03/03/2013 07:22

Une nouvelle remaniée pour la bonne cause des Plumes 5 ! Ca me rassure ! Je me disais, mais comment fait-elle pour écrire autant et lire autant et travailler autant et s'occuper de ses enfants
!
Quelle imagination fertile, Valentyne !
Bon dimanche et bisous d'O.

Valentyne 03/03/2013 14:33



euh je travaille pas beaucoup (juste quatre jours) 


Je te fais une  bise (je pars avec les enfants voir Boule et Bill ;-))



Asphodèle 02/03/2013 20:01

Moi j'adore ta folie douce depuis que j'ai commencé à te lire et ce n'est pas près de s'arrêter !!!
Sais-tu qu'il y a un concours WLW-Belfond sur les CHEVAUX ???? Pile-poil pour toi, si tu ne reçois pas je te ferais suivre la newsletter par mail !!!
Bises♥

Valentyne 03/03/2013 14:32



euh non je l'ai pas vu le concours WLW-Belfond sur les CHEVAUX  ;-) 


Si tu as le temps je veux bien la newsletter par mail (sinon je vais chercher comme une grande)


Bon dimanche Miss Aspho ;-)



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