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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 03:00

 

Toi, mon amour félin, ma p’tite fleur

Toi seule me comprends, ma fine mouche

Au garage l’hiver, tu dors telle une souche

Point d’embrouilles, de chauffeur querelleur

En mars, tu te réveilles peu farouche

Sous ton capot, rêvent deux cent vingt chevaux

J’enlève ta bâche plastifiée toute moussue

Je vérifie tes aplombs tous égaux

Je regarde toutes les coutures, tu n’es pas bossue

Peut être un peu endormie, un peu alourdie

Un tour de clef, tu démarres sans secousse

Décapotée, j’ai décidé de te sortir ce midi

Nous partirons toi, moi et ma rousse

Tous les trois, cheveux au vent, dos au soleil

Pour cette sortie, j’ai choisi une route plate

Normandie : Il faut bien se dérouiller les pattes

Ou plutôt les pneus, sortir  de ton long sommeil

Première, deuxième, troisième, vitesses inertes

Dans les tournants tu vires sur le flanc

Tu rugis de plaisir dans les prairies vertes

Quatrième, tu roules vers les quarantièmes ruisselants

Dans le bocage, les vaches te saluent en beuglant

 

La consigne des Impromptus littéraires

Cette semaine nous reprenons la proposition de Mamido lors de la "Foire aux thèmes" de fin d'année 2011.

Qu’elles soient plates, embrassées ou croisées, les rimes des poètes sonnent toujours juste et de belle façon.
Nous vous proposons d’aller puiser dans l’une des œuvres de votre auteur favori et de n’en conserver que le dernier mot de chaque vers en mettant devant, les vôtres, afin de composer à votre tour, votre poème.
Aucune autre contrainte. Il importe juste que les rimes des grands auteurs fassent chanter vos mots !

 

 

Le Poème initial  

 Le rêve du jaguar  (Leconte de Lisle)

 

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l'air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s'enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L'araignée au dos jaune et les singes farouches.
C'est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l'écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu'il bossue ;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d'une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l'herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
Il s'affaisse, allongé sur quelque roche plate ;
D'un large coup de langue il se lustre la patte ;
Il cligne ses yeux d'or hébétés de sommeil ;
Et, dans l'illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rêve qu'au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d'un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

 

 

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Published by L'écho des Ecuries - dans Impromptus
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commentaires

Mind The Gap 02/04/2012 09:01

C'est un bel exercice et très réussi car pas évident à faire.
Un peu dans le même style, hier j'ai assisté à une lecture goûtée où des comédiens interprétaient un texte de Pierre Dac parodiant Phèdre...très drôle.

L'écho des Ecuries 03/04/2012 12:15



Oui cela à l'air drôle le mélange Pierre Dac et Phèdre ;-)



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