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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 13:05

Ma participation à l’atelier d’écriture de Skriban (Gwen)

 

Les textes des autres participants sont ici :

 

 

La consigne : M’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi…

 

Aujourd’hui, une proposition de Jul pour dégourdir votre plume :

On a tous été à un moment donné assis sur un banc quelque part. L’exercice du jour consiste à raconter une histoire, vécue ou non, qui se déroule sur un banc.

Pour corser l’affaire, il faudra inclure dans votre texte les mots suivants : 

  • guibole
  • chevalière
  • vaillant
  • tortue
  • martingale

 

 ******************************************************************************************************

 

  

Tout d’abord, laissez moi me présenter : Je suis un banc !

Je vous entends déjà : un banc qui parle cela n’existe pas.

Mais laissez moi plutôt vous raconter mon histoire :

Je suis né des mains d’un sculpteur d’acier à Dinan.

Je vous vois faire la moue, sceptiques : pourtant quand vous étiez tout petits, je suis sûr que vous avez écouté l’histoire de Pinocchio et de son sculpteur Gepetto  et que vous n’aviez alors aucune objection à ce qu’un barreau de chaise devienne un pantin !

Je me répète, mais  laissez moi donc vous raconter mon histoire :

Mon géniteur (est ce le bon mot d’ailleurs pour un sculpteur ?) m’a façonné dans de l’acier : je suis donc très solide et inspire immédiatement confiance.

Un brin austère malgré mes quatre pieds très élégants, j’étais tout gris à la naissance. Personne ne s’arrêtant devant son atelier,  il a eu l’idée de me peindre : je suis donc maintenant un banc en acier avec des nuages blancs sur fond bleu. Mon père adoptif, pour le citer, me trouve « un petit air de Magritte avec une touche de Monet » en bref je suis impressionniste sur la forme avec un soupçon de surréalisme sur le fond, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

Ne me cherchez pas sur Internet je suis une pièce unique et mon Créateur (n’ayons pas peur des mots) n’a pas envie de créer son site. Sa petite fille lui a proposé de le faire mais il reste ancienne école : « pas besoin d’internet, j’ai une martingale :  les habitants et les touristes de Dinan voient l’atelier, entrent, discutent et repartent avec une babiole sur laquelle ils ont flashé ou juste après avoir échangé quelques mots. Avec Internet on ne voit pas ce que l’on achète, ni si la statue n’est pas trop grande ou trop petite ».

Ainsi j’étais à peine installé devant l’atelier de la grand rue à Dinan que déjà un couple avec deux enfants  s’arrêta devant moi subjugué, soit par mes formes soit par ma couleur ou par les deux.  Ils m’ont adopté, je les ai adoptés et je veille maintenant sur eux.

Depuis, je trône dans leur salon. Un très grand salon d’ailleurs au vu de mes dimensions : 1.80 de long, soit de trois à 5 belles places, selon la taille du popotin à installer.

Dans cette pièce, je suis quasiment le seul meuble en dehors de la chaîne hifi et d’une grande table où se réunit la famille pour les anniversaires.

Je suis donc devenu le confident de la famille tout naturellement.

J’ai entendu plein de secrets mais chut je ne répète pas.

Parfois la petite fille s’installe sur moi avec un livre, ses guiboles ne touchant pas terre, se balançant, se balançant jusqu’à ce que j’ai le tournis.

D’autres fois, c’est la maman et la petite qui s’installent pour se raconter leur journée. Elles mettent alors un peu de musique. Parmi mes préférées, il y a Renaud et ses mistrals gagnants : je fredonne tout doucement avec elles :  « à m’asseoir sur un banc cinq minutes avec moi, et regardez les gens tant qu’il y en a. »

 

Souvent le mercredi, les enfants organisent une ribambelle de jeux et de danses : je connais par cœur la chanson : « tortue pourquoi te tais tu, tortue tu es têtue ».

La première semaine, bien sûr, j’ai été « un n’avion » pour le petit garçon, les suivantes son imagination débordante m’a fait découvrir qu’avec mes nuages sur le corps rien ne m’empêchait d’être tour à tour un bus scolaire à doudous,  un château fort attaqué par un méchant sorcier et libéré par une gentille chevalière et même un sous marin. Mes pieds sont pratiques, on peut y attacher les doudous fait prisonniers par les indiens.

Quand l’imagination des petits débordent trop alors la maman dit : « attention à ne pas vous cogner sur le banc les enfants, il est très dur. »

Un autre bon moment est l’heure du conte : je vous ai parler de Pinocchio tout à l’heure mais il n’y a pas que lui que j’aime, j’adore aussi le Vaillant petit tailleur qui tue sept mouches d’un coup et qui dit avoir tué 7 géants d’un coup. Quel vantard celui là ! et aussi le capitaine Crochet et Peter Pan parce qu’après ce conte , c’est moi le bateau de pirates, le parquet devient la mer et je navigue vers des pays lointains.  

 

Parfois ce sont les parents qui viennent se lover contre moi après que les petits soient couchés : Nathalie dit alors qu’elle est sur un petit nuage et cela me fait plaisir qu’elle parle de moi ainsi. Ensuite Thierry lui propose de monter plutôt au septième ciel et ils montent dans leur chambre. Du coup cela me donne envie de chanter : J’aime  beaucoup Brassens, figurez vous,  avec ses amoureux et   ses bancs publics (même si je n’en suis pas un de banc public, plutôt banc familial), mais un peu de solidarité bancale ne fait de mal à personne.

 

Je n’ai qu’un seul regret : avec mon matériau de base, l’acier tout de même, mes occupants ne restent jamais longtemps et la chanson a raison sur ce point : cinq minute sur mon assise et les gens repartent mais ce n’est pas grave, c’est court mais intense.

Les petits coussins installés là pour l’occasion ne retiennent pas mes visiteurs : je suis vraiment séduisant mais très inconfortable  mais moi je m’en fous, ainsi je rencontre plus de gens qui me racontent tous leur histoire. Si vous voulez me racontez la vôtre d’histoire n’hésitez pas, je garde très bien les secrets. Passez me voir un de ces jours (pas trop le mercredi, c’est infesté de crocodiles dans le coin) !

 

 

 

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Published by L écho des Ecuries - dans Atelier Skriban
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commentaires

ANoneem 07/09/2011 15:13


Je viendrais bien mais je suis allergique aux chats et aux crocodiles


L'écho des Ecuries 19/09/2011 20:20



Viens quand même , j'enfermerai les crocodiles avec les chats



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