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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:35

Participation à l’atelier d’écriture de Gwenaelle du 22/05/2011

 

Les textes des autres participants sont ici http://skribanworkshop.wordpress.com/2011/05/22/marchandises/

 

La consigne : parler de votre magasin préféré. Il peut-être réel ou imaginaire, actuel ou passé, vendre tout et n’importe quoi, être ici ou ailleurs. Laissez parler votre fantaisie, votre imagination, votre nostalgie, vos rêves les plus fous…

Pour corser un peu les choses, vous devrez inclure dans votre description les mots suivants : 

  • lunatique
  • anémone
  • étoile de mer
  • iconoclaste
  • bayadère
  • primesautier

 **************************************************************************************

  

MARCHANDISES

 

Virginie errait dans les allées de l'entrepôt, véritable caverne d'Ali Baba, à la recherche d'un trésor enfoui.

C'était la pause entre midi et deux : les rares clients ne la gênaient pas.

Un seul vendeur aussi dans les 1 000 mètres carrés : il la connaissait, de toute façon, et ne viendrait pas lui proposer de conseils, comme le voulait la tradition: elle venait au moins une fois par semaine, prenant parfois un article, repartant parfois les mains vides, juste heureuse d'avoir passé là un moment. Une fois, il lui avait proposé son aide, elle lui avait alors souri et indiqué qu'elle ne cherchait rien de particulier ; elle se laissait porter par les étalages, comme une petite embarcation dans le mer méditerranée très proche..

 

C'était un hangar qui ne payait pas de mine à l'extérieur : une petite entrée discrète, un endroit sombre et juste éclairé par des néons : nulle lumière extérieure, le propriétaire n'avait pas eu l'autorisation de la mairie d'installer de grandes baies vitrées et des vélux; juste une lumière artificielle mais qui donnait une intimité particulière à ces lieux. Entre midi et deux la musique, se faisait aussi plus discrète et la radio locale était remplacée par les CD choisis par les salariés en pause : un haut parleur diffusait  JAMIROQUAI : the return of the space Cowboy.

 

C'était un magasin unique sur la ville  : rares maintenant étaient les magasins de tissus ayant un choix aussi varié : les femmes travaillaient et n'avaient plus le temps de coudre ; les magasins de tissus avaient donc peu à peu disparu depuis une dizaine d'année. Seul celui ci était resté, telle un dinosaure qui refuse de voir que son temps est dépassé. Acheter un morceau de tissu, puis du fil, des boutons lui revenait plus cher que d'aller dans un magasin de prêt à porter mais le plaisir était incomparable : que d'heures passées devant sa machine à coudre à essayer de tirer parti d'un coupon minuscule qu'elle avait déniché dans un amas de chutes en tout genre.

 

Dans la ville où Virginie habitait il restait bien quelques magasins en centre ville mais ceux étaient exigus et manquaient de l'intimité nécessaire pour faire son choix : ils s'étaient spécialisés aussi : certains ne faisaient que du tissu d'ameublement, d'autres que de l'habillement. Ici, même si l'agencement n'était pas toujours d'équerre, le choix était fantastique.

 

A l'entrée, les produits en solde : des coupons de soies multicolores, des bayadères, du tulle, 

Virginie en prenait un, attiré par la couleur. Elle regardait l'étiquette de la composition d'un coupon,  la dimension ? en aurait elle assez pour faire un ensemble à sa petite nièce, pour l'anniversaire de grand mamy ? Non tout au plus assez pour une jupe, mais l'aspect chatoyant lui plaisait : elle le prit sous son bras : 7 euros à peine : elle en ferait bien quelques chose.

 

Sur la gauche, le quart du magasin était réservé aux tissus d'ameublement : Virginie en achetait peu finalement mais elle aimait se promener dans ces larges allées: quelques tréteaux, des planches et de lourds rouleaux, qu'elle aurait bien été incapable de porter seule.

Les imprimés la faisaient voyager : tissus des Indes avec des éléphants, voilages transparents, avec des motifs martitimes : anémones et étoiles des mers enlacées en une ronde ininterrompue, Jacquards, Toile de Jouy.

Virginie passait ensuite très rapidement dans le rayon des tissus techniques : ici pas de fantaisie : des tissus solides pour des bâches, des tissus ignifugés pour les théatres, rien d'intéressant.

 

Plus loin, les petits rouleaux de tissus pour les fans de patchwork en provenance des Etats Unis. Des cours étaient organisés parfois pour expliquer ses différentes techniques : patchwork assemblé ou appliqués selon que les tissus étaient cousus entre eux ou superposés.

  

Enfin dans le dernier coin celui qu'elle préfèrait : l'habillement : en venant une fois par semaine, elle arrivait  chaque fois à découvrir quelque chose qu'elle n'avait pas vu la semaine précédente, du coton rayé, de la viscose fleurie, des imprimés primesautiers .

Cette semaine, les employés avaient tout réorganisé par couleur :  Rouge du plus clair au plus foncé en passant par le magenta, le vermillon et le garance , les bleus  turquoise, marines, les verts, les jaunes......

La semaine dernière la thématique était différente remarqua t elle : rayures d'un côté, unis de l'autre, pois sur une autre table, deux tables entières de fleurs.

 Virginie lisait les étiquettes de noms qu'elle connaissait maintenant par coeur mais dont elle ne se lassait pas   : Oh de la javanaise : Chaque fois qu'elle venait, elle repartait en chantant : que ce tissu soyeux et infroissable  puisse porter le même nom qu'une danse la ravissait

Gainsbourg s'invitait alors dans ces pensées :

 

 

J'avoue, j'en ai Bavé pas vous mon amour


avant d'avoir eu vent de vous mon amour

ne vous déplaise

en dansant la Javanaise

nous nous aimions

le temps d'une chanson

 

 

Sa pause de déjeuner arrivait à sa fin, il fallait repartir travailler, laissant là cet univers iconoclaste de douceurs et de couleurs.

Un dernier petit tour à la mercerie  : peut être trouverait elle des boutons pour aller avec le tissu qu'elle avait déniché tout à l'heure?

Et puis la jeune fille de ce rayon avait toujours de bonnes idées et lui proposait des alliances de couleurs et de matières auxquelles elle n'aurait pas pensé : toujours souriante, jamais pressée ou lunatique, une perle.

Tiens c'était une bonne idée cela les perles, pour faire un collier qui se marierait avec la future robe de sa nièce.

- Bonjour, avez vous reçu de nouvelles perles ?  .

 

 

 

 

 

 

 

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Published by L écho des Ecuries - dans Atelier Skriban
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