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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 00:54

CITE-VERRE.jpgTome 1 - Cité de verre 

 

Quinn, un détective privé, dont la femme et le petit garçon sont morts, reçoit un coup de fil qui ne lui est pas destiné. Il accepte de rencontrer Peter Stillman, un jeune homme perturbé. Celui-ci lui confie avoir été tenu reclu par son père pendant des années. Le père, ayant été condamné à de la prison pour ces mauvais traitement envers son fils, sort de prison. Peter Stillman fils confie à Quinn la mission de suivre Peter Stillman Père (celui-ci aurait juré vouloir assassiner son fils). Dans cette mission de filature de Peter Stillman Père,  Quinn y perdra son appartement, sa vie, sa raison. 
Le début de ce livre est époustouflant, extraordinaire, le monologue de Peter Stilman est passionnant (poétique) : 
Peter Stillman (fils) parle en ces termes à Quinn, le détective privé. 
Je suis surtout poète, maintenant. Chaque jour je reste dans ma chambre à écrire un nouveau poème. J’invente tous les mots moi-même, comme lorsque je vivais dans le noir. C’est comme ça que je commence à me souvenir, en faisant semblant d’être revenu dans le noir. Je suis le seul à savoir ce que ces mots signifient. Ils ne peuvent pas être traduits. Ces poèmes me rendront célèbre. J’ai tapé dans le mille. Ya, ya, ya. De beaux poèmes. Si beaux que le monde entier pleurera.
Plus tard, peut être, je ferai autre chose. Lorsque j’en aurai fini d’être poète. Un jour ou l’autre je serai à court de mots, voyez vous. Chacun n’a qu’un certain nombre de mots en lui. Et où serai je alors ? Je crois que je voudrais être pompier, ensuite. Et après cela docteur. La dernière chose que je serai c’est funambule. Quand je serai très vieux et que j’aurais enfin appris à marcher comme tout le monde. C’est alors que je danserai sur le fil et les gens en seront abasourdis. Même les petits enfants. C’est ce que j’aimerais. Danser sur un fil jusqu’à ce que je meure. 
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REVENANT-copie-1.jpgTome 2 – Les revenants
Les personnages ne sont pas les mêmes que dans le premier tome, même si on retrouve un personnage de détective privé. On sait juste que Blanc a engagé Bleu pour surveiller Noir.
Ce roman interpelle sur une interrogation sur l’identité : les trois personnages n’ont pas de véritable nom : qui est qui ? qui surveille qui ? un jeu de miroir où on se perd ! Cette fois on suit plus particulièrement Bleu qui perd peu à peu pied : 
Le vrai problème revient à identifier la nature dudit problème. Et d’abord qui le menace le plus, Blanc ou Noir ? Blanc a tenu sa part du contrat : les chèques sont arrivés à l’heure toutes les semaines, et se retourner contre lui maintenant – Bleu le sait bien – serait mordre la main qui le nourrit. C’est bien pourtant Blanc qui a lancé ce cas, jetant Bleu dans une pièce vide, en quelque sorte, puis éteignant la lumière et verrouillant la porte. Depuis Bleu tâtonne dans l’obscurité, cherchant à l’aveuglette l’interrupteur et il se trouve prisonnier de l’affaire. Tout cela est bel et bon, mais pourquoi Blanc ferait il une chose pareille ? Lorsque Bleu se heurte à cette question il ne peut plus penser. Son cerveau s’arrête de fonctionner, il n’est pas capable d’aller plus loin. 
Prenons Noir, alors. Jusqu’à présent il constituait toute l’affaire, c’était la cause apparente de tous les ennuis de Bleu. Mais si Blanc cherche en réalité à atteindre Bleu – et pas Noir-, alors il se peut que Noir n’ait rien à voir dans tout ça, qu’il ne soit rien de plus qu’un figurant innocent. Dans ce cas, c’est Noir qui occupe la position que Bleu a toujours cru être la sienne propre et Bleu prend le rôle de Noir. C’est une éventualité qui se tient. Par ailleurs, il se peut aussi que Noir soit de mèche avec Blanc et qu’ensemble ils aient conspiré pour régler son compte à Bleu
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CHAMBRE-DEROBEE.jpgTome 3  – La chambre dérobée 
Le narrateur, un jeune homme, journaliste désargenté,  raconte son enfance avec Fanshawe. Il est contacté par Sophie, la femme de Fanshawe. Celui-ci a disparu quelques semaines avant la naissance de son fils, Ben,  et a chargé sa femme de contacter le narrteur pour faire paraître son œuvre. 
Le narrateur parviendra à faire éditer l’œuvre de son ami, se marie avec sa veuve, adopte l’enfant.  Il accepte de rédiger la biographie de Fanshawe. Et sa raison vacille : il n’a dit à personne qu’il avait eu des nouvelles de Fanshawe (et que donc celui-ci n’est pas mort) : il part à sa recherche en Europe et plus particulièrement à Paris 
Curieusement les choses m’ont paru plus grandes à Paris. Le ciel était plus présent qu’à New York et ses caprices plus fragiles. Il m’attirait, et le premier jour, ou les deux premiers jours, je suis resté dans ma chambre d’hôtel à examiner les nuages en attendant qu’il se produise quelque chose. C’étaient là des nuages du nord, les nuages de rêve toujours changeants qui s’amoncellent en immenses montagnes grises, qui déversent de courtes ondées, se dissipent, se regroupent à nouveau, roulent devant le soleil, réfractent la lumière selon des modes toujours différents. Le ciel à Paris a ses propres lois qui opèrent indépendamment de la ville en dessous. Autant les immeubles semblent solides, ancrés dans la terre, indestructibles, autant le ciel est vaste et amorphe, soumis à un bouleversement constant. Pendant la première semaine j’ai eu l’impression d’avoir été placé les pieds en l’air, la tête en bas. C’était une ville de l’ancien monde et elle n’avait rien à voir avec New York où les ciels sont lents et les rues chaotiques, où les nuages sont fades et les immeubles agressifs. J’étais déplacé, ce qui me rendait soudain peu sûr de moi. Je sentais ma maîtrise faiblir et au moins une fois par heure je devais me rappeler pourquoi je me trouvais là. 
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En conclusion, trois tomes sans réel lien entre eux si ce n’est  les trois détectives privés.  Peter Stillman et Quinn apparaissent également très rapidement dans le troisième tome. Le lecteur se perd dans l’histoire, voit il réellement la vérité, y a-t-il une vérité ? qui est qui ?  
Quand je dis le lecteur se perd, ce n’est pas du tout péjoratif, l’auteur  balade le lecteur dans le bon sens du terme, l’emmène d’hypothèse en hypothèse : pas de réelle réponse d’ailleurs à la fin. Une quête sur l'identité : qui sommes nous, jusqu'où sommes nous prêts à aller ?
Un livre difficile à raconter, mais qui mérite amplement sa place dans les romans cultes tellement les questions sont innombrables, bien posées et éveillent de nombreux échos et de réflexions chez le lecteur.  

Ma troisième participation au challenge de  Métaphore sur les Romans Cultes ;-) 

tour-quebec-septembre-frissons-octobre-plein--L-J BS1L

 


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Published by Valentyne - dans Challenge
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commentaires

le Bison 24/01/2013 15:24

Voilà un livre qui a également parfaitement sa place dans une catégorie 'mes romans cultes'.
J'ai découvert Paul Auster avec cette trilogie. Je m'en souviens encore comme si c’était hier. Pourtant ce n'était pas hier, et l’expérience remonte à janvier 1996 (c'est encore tout frais dans ma
tête).
Depuis, je suis un accro à l'auteur. Je lis toutes ses nouvelles publications, même si je garde en mémoire ses premiers romans (mes préférences vont souvent à ceux-là), je ne me lasse jamais de ses
histoires. Il a le don de m'embarquer vers un imaginaire bien à part, bien à lui.

Valentyne 26/01/2013 18:20



C'est tout à fait cela : un monde a lui, séduisnat m^me si parfois je n'ai pas compris où il voulit en venir ;-)


Je compte poursuivre avec le titre " Tombouctou" ;-)



Fransoaz 24/01/2013 11:00

Je pensais avoir tout lu de Paul Auster (un auteur qui m'interpelle et ne me déçoit jamais) mais je n'ai pas de souvenir du tome 3. Le second a le même titre que le livre que je viens de lire de
Kasischke, j'aurai du relire Auster plutôt!

Valentyne 26/01/2013 18:06



La triologie New Yorkaise est la seule oeuvre de Paul Auster que j'ai lue mais je vais poursuivre  ;-) 


Visiblement Kasischke ne t'a pas plut ;-) je vais aller voir celà ;-)



DENIS 20/01/2013 20:48

j'ai à lire cette trilogie mais j'ai tant à lire que c'est encore reporté alors que j'aime beaucoup l'auteur

Valentyne 22/01/2013 21:37



C'est mon premier essai avec cet auteur ;-) je réitèrerai l'expérience ;-)


Bonne soirée Denis



MTG 20/01/2013 16:16

Oui un auteur culte mais je ne pense pas pouvoir le lire, rien que les extraits que tu présentes ici sont longs à lire et pourtant il est l'un des plus grands auteurs contemporains..

Valentyne 20/01/2013 17:35



oui tu as raison, MTG : il y a pas mal de passages difficiles (philosophique) 


Par exemple il y  a ce passage où il fait parler Humpty Dumpty ,un personnage du livre Alice au pays des merveilles"


Bon dimanche et si tu as le temps le passage est dessous : 





Voici l'extrait en question (pp. 109 et 110 de l'édition
Actes Sud) : extrait copié du forum Alice i Wonderland

- Les initiales H.D. du nom de Henry Dark se rapportent à
Humpty Dumpty.
- Qui ça ?
- Humpty Dumpty. Vous savez bien, l'oeuf.
- Comme dans Humpty Dumpty perché sur un mur ?
- Parfaitement.
- Je ne comprends pas.
- Humpty Dumpty : l'incarnation la plus pure de la
condition humaine. Ecoutez avec attention, monsieur. Qu'est-ce qu'un oeuf ? C'est ce qui n'est pas encore né. Un paradoxe, n'est-ce pas ? Car, comment Humpty Dumpty peut-il être en vie s'il n'est
pas encore né ? Et pourtant il est en vie - ne vous y trompez pas. Nous le savons parce qu'il est capable de parler. Qui plus est, c'est un philosophe du langage. "Lorsque j'utilise un mot, moi,
déclara Humpty Dumpty d'un ton méprisant, il signifie exactement ce que je veux lui faire dire - ni plus ni moins. La question, dit Alice, c'est de savoir si vous pouvez obliger les mots à
signifier tant de choses différentes. La question, répondit Humpty Dumpty, c'est de savoir qui sera le maître - c'est tout".
- Lewis Carroll.
- A travers le miroir. Chapitre six.
- Intéressant.
- C'est plus qu'intéressant, monsieur. C'est crucial.
Ecoutez attentivement et vous apprendrez peut-être quelque chose. Dans le petit discours qu'il tient à Alice, Humpty Dumpty esquisse l'avenir des espérances humaines et nous indique la clé de
notre salut : c'est de devenir les maîtres des mots que nous prononçons, de forcer le langage à répondre à nos besoins. Humpty Dumpty était un prophète, un homme qui proférait des vérités pour
lesquelles le monde n'était pas prêt.
- Un homme ?
- Excusez-moi. Un lapsus. Je voulais dire un oeuf. Mais le
lapsus est instructif et va dans mon sens. Car tous les hommes sont des oeufs, d'une certaine façon. Nous existons, mais nous n'avons pas encore réalisé la forme de notre destinée. Nous ne sommes
qu'un potentiel, un exemple de non-encore-arrivé. Car l'homme est une créature qui a chuté - la Genèse nous l'a appris. Humpty Dumpty est aussi un être qui a chuté. Il tombe de son mur et nul le
peut le reconstituer : ni le roi, ni ses chevaux, ni ses hommes. Mais c'est ce que nous devons tous nous efforcer de faire à présent. C'est notre devoir d'êtres humains : reconstituer l'oeuf. Car
chacun de nous, monsieur, est un Humpty Dumpty. Et l'aider, c'est nous aider nous-mêmes.



laure 20/01/2013 09:15

Moi ce genre de réflexions ça me parle :) alors je note :) mais il me semble que j'ai déjà eu envie de m'intéresser à cet auteur...
bon dimanche Valentyne :) bises

Valentyne 20/01/2013 17:27



Bon dimanche à toi aussi Laure 


Je vais poursuivre avec cet auteur avec Tombouctou , je pense ;-) C'est intéressant même si je n'ai pas saisi tout le temps où l'auteur voulait en venir : ce n'est pas une intrigue linéaire ou
facile;-)



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