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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 20:36

 Ma première participation au Challenge Ray Bradbury d'Aymeline 

 

   foire-des-tenebres.jpg

L’histoire en quelques mots :

Will et Jim, 13 ans tous les deux, sont amis depuis toujours. Ils aiment courir, faire des farces, lire Jules Verne, discuter sans fin, s’imaginer et rêver leur vie quand ils auront 20 ans. Un soir d’octobre, une fête foraine étrange s’installe dans leur ville. Le propriétaire, Mr Dark, est plus qu’inquiétant et les pourchasse, à travers la ville, avec son armada de « monstres » en tout genre. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire pour ne pas raconter tous les rebondissements et dénaturer le plaisir de la découverte de cette lecture.

Ce livre est  « fantastique », différents des quelques livres précédents que j’ai lu de cet auteur (Chroniques martiennes, à l’ouest d’octobre et Fahrenheit 451). Il est par moment terrifiant (j’suis une petite nature faut dire…)

J’ai beaucoup aimé les réflexions et l’évocation des différents âges de la vie : Adolescent, l’âge où on est impatient d’être enfin adulte, l’âge mûr où on regrette ses vingt ans. Que feriez vous si vous aviez la possibilité d’ajouter ou de retrancher quelques années à votre âge actuel ?

Les rapports humains sont également très intéressants entre les deux amis (Jim Halloway et Will Nightshade), entre Will et son père, bibliothécaire, qui au début se sent vieux (54 ans), dépassé et qui au fil du temps se révèle être un père exceptionnel avec un amour paternel indestructible.

Comme dans Fahrenheit 451, les livres ont toute leur place et aideront les héros à se sortir du mauvais pas.

 

 

J’ai mis des post it dans ce livre pour repérer les passages que j’ai aimé, et en les relisant, je me suis rendue compte que les moments que j’ai préféré sont les dialogues et les réflexions de ce père, et pas les moments de pure fantaisie avec les descriptions de monstres (qui valent cependant le détour)

 

Le premier des trois extraits : P59

Trois heures du matin, se disait Charles Halloway, assis au bord de son lit, pourquoi le train est-il arrivé à une heure pareille ?

Ce n’est pas une heure normale, se disait-il. Les femmes ne sont jamais réveillées à une heure pareille. Elles dorment comme les enfants. Mais les hommes entre deux âges ? Eux, c’est une heure qu’ils connaissent bien. Minuit, ce n’est pas bien grave, on gigote mais on se rendort. A cinq ou six heures, il y a l’espoir, l’aube est juste en dessous de l’horizon. Mais trois heures … Mon Dieu, trois heures du matin…. Les médecins disent que c’est l’heure de la marée basse pour le corps humain. L’âme se promène dehors. Le sang circule au ralenti. On est plus près de la mort qu’on ne le sera jamais, sauf le jour de sa mort. Le sommeil est un morceau de mort, mais à trois heures du matin, se retrouver les yeux fermés, c’est vivre sa mort ! On rêve les yeux ouverts. Bon Dieu, si on avait la force de s’éveiller entièrement, on assassinerait ses demi-rêves à coup de chevrotine ! mais non, on reste là, retenu dans le fond d’un puits insondable et desséché. La lune passe et vous jette un coup d’œil de sa face idiote. Le chemin parcouru depuis le crépuscule est long, l’aube est loin encore, alors on bat le rappel de toutes les choses idiotes que l’on a faites au cours de sa vie, de toutes les adorables bêtises faites avec des amis si chers qui sont maintenant morts … et peut être est ce vrai, ce qu’il avait lu, il ne savait plus où, qu’il meurt plus de malades hospitalisés à trois heures du matin qu’à aucune autre heure de la journée.

 

Et plus loin quand le père parle à son fils (p129)

 

« Regarde moi : marié à trente-neuf ans, Will. Mais j’étais tellement occupé à lutter contre moi-même, à me retenir de chuter deux fois sur trois, que je m’étais dit que je ne pourrais pas me marier avant de m’être vaincu pour de bon. C’est trop tard que j’ai découvert qu’il n’est pas possible d’attendre d’être parfait, qu’il faut sortir dans la vie et tomber, et se relever, comme tout le monde. Et ainsi, un soir, j’ai levé les yeux de ma grande lutte contre moi-même, un soir où ta mère était venue à la bibliothèque chercher un livre et m’y a trouvé moi. Et j’ai constaté alors que si on prend  un homme à moitié mauvais et une femme à moitié mauvais, et si on réunit leurs deux bonnes moitiés, on obtient un humain tout bon à se partager à deux. C’est toi, Will que j’ai obtenu. Et la chose étrange, fils, et triste aussi, bien que tu sois tout le temps à courir sur le bord de la pelouse, et que je sois, moi tout le temps à m’arc-bouter sur des livres, à comparer la vie aux livres, j’ai eu vite fait de voir que tu étais plus malin, plus rapide et meilleur que je ne serais jamais… »

 

et enfin P132 :

 

Le père et le fils, d’un dernier effort, se retrouvèrent assis sur le rebord de la fenêtre ; ils avaient la même taille, pesaient le même poids, avaient le visage éclairé par les mêmes étoiles, et restaient l’un contre l’autre, savourant une merveilleuse fatigue, réprimant des rires fous qui leur secouaient les os sur le même rythme, et par crainte de réveiller Dieu, le pays entier, l’épouse, Maman et les enfers, chacun mit une main sur la bouche de l’autre, sentit la chaude hilarité jaillissante, et ils prolongèrent cet instant, les yeux brillants d’une joie commune, et humides de véritable amour.

 

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Published by L'écho des Ecuries - dans Challenge
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commentaires

Aymeline 03/07/2012 20:38

Voilà un bel hommage à Bradbury ! Je n'ai pas lu ce livre mais j'en ai très envie :)

L'écho des Ecuries 06/07/2012 12:31



Je te le conseille : la couverture et le résumé ne me disait trop rien mais c'est une très bonne surprise cette lecture ;-)



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