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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 00:00

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia  

 

Ce jeudi matin, je me réveillai un peu tard, parce que j'avais bossé tard la veille sur mon prochain conte "Le mythe du serpent à plume". J'avais une pression énorme, car Pierrot Bâton m'avait dit appeler le SAMU si il n'y avait pas un personnage magique dans mon prochain texte chez Olivia.  Enfin, j'avais bouclé mon histoire tard dans la nuit. Je descendis tranquillement dans la cuisine. Les enfants, ces chers anges respectant mon sommeil,  avaient tout préparé : grille pain, flocons d'avoine, café et confiture. Mon mari finissait son deuxième thé avant de partir bosser. Ma fille faisait la tête, mais bon depuis qu'on essayait de lui faire prendre latin en cinquième l'an prochain, elle bougonnait toute la journée. Mon fils avait fait une jolie piscine de lait autour de son bol , comme tous les matins. Tout était donc parfaitement normal, la routine. 
Quand soudain, la voix de mon fils s'éleva : " M'man, j'ai plus faim alors que son bol était au trois quart plein" (le quart restant était la piscine autour du bol pour ceux qui n'ont pas suivi)
En moi même, je me suis dit aussitôt "il doit être malade, cela ne lui arrive jamais de caler sur le petit déj" mais les mots qui sortirent de ma bouche furent tout autres. Je m'entendis prononcer « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. " . A ce moment, trois paires d'yeux me regardèrent d'une façon étrange.
- Tu parles d'une drôle de façon, M'man ! m'a dit la grande, phrase sur laquelle j'étais entièrement d'accord.
Mais l'heure tournait et il fallait partir, qui au boulot, qui à l'école ou au collège. 
Les sacs furent rassemblés, les chaussures mises, les manteaux enfilés. Mon fils soudain éternua. En moi même, je pensai "vite un mouchoir" , mais les mots qui sortirent de ma bouche furent tout autres. Je m'entendis prononcer « Qui se sent morveux se mouche.  » 
Mon mari , me regarda d'un air furtif, inquiet, (le même air que celui qu'il avait eu lorsque  j'avais fini sa boîte de smarties, qui au passage était un remède pour je ne sais plus quelle maladie, car il faut que je vous dise, qu'en plus de souffrir d'hippotension il est aussi hippocondriaque)
Il a alors pris les choses en main. "Les enfants, je vous dépose et ensuite j'emmène votre mère chez le médecin, y'a un problème". Je faillis répondre "je me sens très bien" mais à la place je bafouillai  : "Si fait, mon frère. Les médecins savent la plupart de fort belles humanités, savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir et les diviser ; mais, pour ce qui est de les guérir, c'est ce qu'ils ne savent point du tout.". Effrayée, je me suis tue pour ne pas aggraver mon cas.      
Une fois les enfants déposés, nous allâmes ensemble chez un charmant praticien barbu, qui m'accueillit d'un air grave et implacable. Malgré son air intimidant, j'avais confiance en lui car il avait su soigner mon stylo (le même qui avait fait il y a quelques mois une grave dépression mais ceci est une autre histoire.)
Il m'accueillit gentiment, me fit m'allonger et me dit doucement :      
- Valentyne, je vous donne le bonjour. Quoi de neuf ?
En moi même , je pensai : "ouh la la , c'est sûr il va m'en recoller pour au moins trois séances, cela va encore me coûter un bras, que dis je une jambe" mais les mots qui sortirent de ma bouche furent tout autres. Je m'entendis prononcer, d'une voix aigre,   « ‘Donner est un mot pour qui il a tant d'aversion, qu'il ne dit jamais : ‘Je vous donne’ mais ‘Je vous prête le bon jour’.  » 
Il opina, d'un air connaisseur. Il m'interrogea alors en ces termes : qu'avez vous fait hier soir, Valentyne ? 
Je respirai profondément, essayant de lui cacher que j'avais passé une partie de la soirée sur le site des Impromptus Littéraires (il m'a formellement défendu d'y passer trop de temps). De guerre lasse, j'allais donc lui parler de mon conte "Le mythe du serpent à plume", mais les mots qui s'échappèrent de  ma bouche furent tout autres. 
« Les langues ont toujours du venin à répandre.  » 
 Il me regarda alors d'un air entendu et sourit à mon mari, qui était resté pour me soutenir. 
"Je vois tout à fait ce que c'est, j'en ai vu au moins une dizaine débarquer  cette semaine : des alexandrinites, des aquoibonites, une ralebolite aussi, des malades imaginaires tous plus malades les uns que les autres. C'est la faute aux Impromptus Littéraires. Valentyne, m'a t il dit, sérieux comme s'il allait prononcer mon oraison funèbre, vous êtes atteinte d'une maladie rare, Molière a pris possession de votre aire de Broca , enfin pour faire court, c'est une maladie mutante qui peut prendre l'aspect d'une Emilzolatite, d'un Flaubertase. Vous êtes atteinte d'une  Moliérose aigüe  
- Alors j'ai poussé un grand soupir de soulagement en réussissant au prix d'un effort considérable à lâcher un "ouf, si c'est aigu c'est pas grave"
        .
Les mots collectés par Olivia
piscine - implacable - serpent - réveiller - débarquer - jambe - aigre - échapper - guerre - furtif - oraison - s'élever - mythe
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J'espère que Molière me pardonnera les emprunts suivants 
« Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.  » L'avare
« ‘Donner est un mot pour qui il a tant d'aversion, qu'il ne dit jamais : ‘Je vous donne’ mais ‘Je vous prête le bon jour’.  » L'avare
« Qui se sent morveux se mouche.  » L'avare
« Les langues ont toujours du venin à répandre.  » Tartuffe
"Si fait, mon frère. Ils savent la plupart de fort belles humanités, savent parler en beau latin, savent nommer en grec toutes les maladies, les définir et les diviser ; mais, pour ce qui est de les guérir, c'est ce qu'ils ne savent point du tout."Le malade imaginaire
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La consigne des Impromptus littéraires 

Que d'excès en ce début d'année ! À force de flirter avec les extrêmes, de carence en abus, voilà que vous êtes tombés malades. Mais quelle est cette maladie, inconnue jusqu'ici de la faculté de médecine ? Bénigne, redoutable ? En tout cas, non répertoriée ! Dignes adeptes de la langue de Molière, nous comptons sur les spécialistes que vous êtes pour nous décrire par le menu les symptômes, causes, conséquences, remèdes de cette maladie imaginaire...

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Published by Valentyne - dans Désirs d'histoires
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commentaires

Les Sens Ciel 30/01/2013 22:22

J'ai bien ri, j'aime beaucoup ton style vivant et ton originalité :) hâte de découvrir les prochaines participations!

Valentyne 02/02/2013 12:08



Merci Les Sens Ciel (très joli pseudo) ... 



Asphodèle 29/01/2013 12:18

Ce texte est tout simplement génial ! J'ai ri du début à la fin avec une attention qui allait croissant, tu touches ta bille comme aurait dit mon père ! ;) Ton mari aussi est hippoquelquechose ?
C'est contagieux ! Voilà des maladies qu'il ne me gênerait point d'attraper, lol !!! :D

Valentyne 29/01/2013 21:27



Je suis contente qi cela t'a fait rire (fait attention à rire sans plisser les yeux hein ? ) 


Mon mari ne s'intéresse qu'aux chevaux sous le capot ;-) et c'est pascontagieux


Bonne soirée ;-) 



Oncle Dan 27/01/2013 19:45

Pas d'inquiétude : la moliérose est moins grave que la moliérite :-)
Excellent !

Le lien de ma participation (tardive) est chez Olivia...

Valentyne 29/01/2013 21:18



Toi aussi t'étais malade cette semaine ? 


La moliérose c'est pas morose (cela me fait penser à un sketch des Inconnus ;-))



Solange 27/01/2013 11:22

Alors là franchement un grand bravo, c'est excellent !!! Respect !

Valentyne 29/01/2013 21:15



Merci Solange ;-)



patchcath 26/01/2013 08:34

si ça n'est pas une maladie, c'est que tu seras toujours comme ça... alors à bientôt

Valentyne 26/01/2013 18:28



Merci Patchcath : A bientôt ;-)



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