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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 17:10

Au pays du sucre (tome 1 et 2) - Auteur Emmanuel Pons, Illustrateur Aziz Thiam

 

Il existe en Normandie, une boulangerie dénommée "le pays du sucre". Bérangère la boulangère y règne entourée de Barnabé le boulanger et de leur fils de 12 ans, Quentin. 

Un jour, Edmond le calisson décide de se sauver de sa boîte où il vivait tranquillement avec ses frères. Dans chaque chapitre , un personnage est mis à l'honneur, c'est en général un bonbon ou une friandise qui souhaite découvrir la liberté et qui y parvient presque toujours en faisant preuve d'ingéniosité (le but de l'évasion est aussi ne pas être mangé par un enfant ou un gourmand)

J'ai lu ces deux premiers tomes de cette saga en compagnie de mon fils de 6 ans. Chaque livre est découpé en 5 histoires chacun ( ce qui m'a semblé être un très bon découpage pour la lecture du soir, ni trop long ni trop court)

Mon fils a beaucoup apprécié les histoires de ces petits héros (en particulier les noms qui riment comme Edith la frite, Cyrille le crocodile, Prosper l'éclair), il a aussi aimé les clins d'oeil faits aux super héros qu'il adore (il faut voir l'évasion de Hugo le Berlingot qui se prend pour Superman)

2013-05-22-16.57.40.jpg


Au niveau des clins d'oeil à d'autres histoires, j'ai aimé l'image d'Edith la frite en allusion à Blanche Neige. 

2013-05-22-17.06.02.jpg

Pour ma part, j'ai beaucoup apprécié les messages qui ressortent de ces petites histoires : Je citerai juste un message de tolérance pour l'histoire de Ferdinand le croissant et sa bienveillance envers les personnes âgées . L'histoire de Edith la Frite qui renonce à sa beauté pour la liberté est également intéressante, Tito le Tchatmallow ne se laisse pas abattre et persévère jusqu'à libérer ses amies les guimauves.  

Bérangère la boulangère est le personnage antipathique de l'histoire (il en faut bien un pour trembler un petit peu) et nos petits amis s'ingénient à la faire tourner en bourrique. Son mari est plutôt effacé et les petits lecteurs font  bien connaissance avec Quentin à la fin du deuxième tome (celui ci se révèle être un ami)

Un tome 3 est en préparation (mon fils m'a dit : dis? quand-est-ce que tu le commandes ;-))

 

En conclusion: un très bon moment de lecture en compagnie de  mon fiston avec ces deux tomes, et cerise sur le gâteau, le texte est écrit suffisamment gros pour qu'il se replonge dedans tout seul (il est au CP et commence à bien lire)

 PAYS DU SUCRE 1

pays sucre 2

Ces deux tomes m'ont été envoyé par Itak Edition dans le cadre de Masse Critique de Babelio . Merci à eux pour l'envoi des livres ainsi que des deux magnets ;-)

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 16:50

 

partir.jpgAzel, un jeune marocain de 25 ans, ne rêve que d'une chose : partir, quitter son Maroc natal pour vivre en Europe. Avec ce départ, il espère. Il espère une vie meilleure, un travail car malgré ses diplômes en droit, il est au chômage (comme un grand nombre de marocains de son âge). Il en a assez également du manque de liberté et de la corruption de la police (une scène très dure au début du livre). L'action se passe dans les années 1990, un peu avant la mort d'Hassan II. 
Pour partir du Maroc, il y a plusieurs solutions, payer (très cher un passeur, peut être un escroc), ou alors trouver quelqu'un qui propose un travail en Europe. 
Ce livre retrace le parcours d'Azel, mais aussi celui de Kenza , sa soeur, celui de Siham, l'amie d'Azel qui veut devenir infirmière ou garde-malade. 
Sur fond de chômage, de désenchantements, d'espoirs, de rencontres, le lecteur suit le difficile périple d'Azel qui parviendra à atteindre son but mais à quel prix!  sans dévoiler la fin ni les moyens il finit par y perdre sa dignité (et presque sa raison).
Ce livre est découpé en chapitres qui porte le prénom du narrateur : Azel mais aussi Kenza, Siham, Miguel qui aidera le frère et la soeur. J'ai beaucoup aimé l'alternance des points de vues (pour tout dire s'il n'y avait eu que le point de vue d'Azel, ce livre me semblerait bien déprimant) mais les personnages féminins m'ont semblé à la fois crédibles et ne se laissant pas abattre.  
Un livre triste sur une jeunesse qui perd l'espoir en son pays et qui ne veut qu'une seule chose : le quitter. La seule autre alternative semblant le refuge vers l'intégrisme. 
En conclusion : Un livre assez triste mais très intéressant.
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Deux extraits : 
J'ai déjà tenté de brûler les quatorze kilomètres qui nous sépare de l'Europe, mais j'ai été escroqué, et j'ai eu plus de chance que mon cousin Nourreddine qui s'est noyé à quelques mètres d'Almeria, vous vous rendez compte? p36 
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Une conversation entre Azel, Siham et Miguel 
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Ce fut Siham qui eut le courage de poser la question : 
- Pouvez vous nous aider à obtenir un visa ? 
 Azel fut contrarié par la sècheresse de la demande. Il s'excusa auprès de Miguel puis ajouta :
- Vous savez , aujourd'hui de plus en plus de jeunes ne rêvent que d'une chose : partir, quitter ce pays.
- C'est triste, répondit Miguel, je sais, vous n'êtes pas les premiers à me demander de l'aide. Quand un pays en arrive à ce que sa crème veuille le quitter, c'est bien triste. Je ne porte pas de jugement sur tout cela mais j'avoue que, d'un côté, je vous comprends, de l'autre, je suis embarrassé. A votre âge, moi aussi j'ai eu ce rêve. Même si les deux situations ne sont pas comparables. L'Espagne était invivable. Franco ne voulait pas mourir et son système religieux et militaire sévissait partout. Or, j'ai eu la chance fantastique de quitter Barcelone pour New-York, j'avais réussi un concours des Beaux-Arts. Cela m'a sauvé. J'avais l'impression de passer de l'obscurité à l'énergie et à la lumière. Je n'en pouvais plus de la vie étriquée, hypocrite, où tout sentait l'humidité et la mauvaise poussière, celle qu'on ne voit pas et qui colle aux choses, aux vêtements, aux cheveux et surtout à l'âme. p51
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Une participation au challenge Littérature Francophone de Denis

 LittFrancophone

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Une participation au Challenge de Philippe "lire sous la contrainte" où la contrainte était de lire un livre dont le titre comporte un verbe à l'infinitif 

 challenge contrainte

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Mon tour du monde pour le Maroc chez Helran

tour monde 8 ANS


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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 02:02
Léo, le lad, finissait toujours sa corvée du matin par le plus intéressant, le box de Salto. Une drôle d'idée que ce nom, Salto. Il y a trois ans c'était l'année des S et on avait vu une quantité de Solo, Soleil,  Sortilège et Solfège apparaître, et même un Soliflore avait fleurit dans les prés de la planète Mauve.  Des bêtes racées, grandes comme des veaux à la naissance, d'un beau poil luisant et d'une crinière si peu fournie, qu'on croyait ces petits complètement chauves. La crinière poussait à vue d'oeil ensuite quand l'animal grandissait. A trois ans, la bête était adulte, prête à rejoindre l'armée dans sa conquête des autres planètes du système extra-solaire. En même temps, Salto méritait bien son nom, il était souple, toujours prêt à bondir, à faire des pirouettes, à vouloir s'amuser comme un jeune chiot ! Un jeune chiot d'un mètre soixante au garrot maintenant, soit dix centimètres de plus que Léo, qui grandissait encore mais moins vite que son protégé. 
Léo, l'ado, se força à se reconcentrer sur sa tâche, d'abord apporter de l'eau. Salto en buvait vingt litres, matin et soir (ses gênes équins sans doute),  puis remettre de la paille fraîche, retirer les crottins de la nuit. Ensuite Léo dosait la ration de protéines de Salto. Là, il fallait faire vite pour ne pas se laisser happer par la machoire du fauve qui allait se jeter sur la viande sanglante (ses gènes félins sans doute). Alors, Léo regardait d'un air fasciné le chevalion, corps de cheval et tête de Lion,  déchiqueter sa ration.Puis Léo repartait vers la cantine , à la fois écoeuré et l'estomac dans les talons. 
..
Texte écrit dans le cadre de cet atelier (cours d'écriture créative à distance) que m'a fait connaître Cécile d'Ecrimagine
..
Son texte sur la même consigne "soldat et mauve"  est    ici 
..
Et vous? Que vous évoquent ces mots ? il fallait mélanger les lettres des deux mots pour trouver des nouveaux mots et construire un texte, il était possible de rajouter des lettres !

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 01:29

plumedesmotsunehistoire3

 

 

Grimpeur dans la tempête, tu marches seul, Olivier 
Une place avec une scène
Sur des tréteaux de bois
Des milliers de gens sont là
Mais j'ai dû trop longtemps sourire
Je ne t'ai pas vu partir
Plus que mes pas qui résonnent
Il ne reste plus personne
.
Tu  étais là dans ce fauteuil
Premier témoin de mes faux pas
Le coeur tremblant comme une feuille
Croyant que je ne savais pas
"Où es-tu ?"
Dans  un hameau perdu sous les étoiles ? 
On t´a vu dans le Vercors ?
Sauter à l´élastique ? 
Voleur de décors ? 
Au fond d'un cirque ?
A chercher  le secret des banquises ?
A étudier la course des nuages ? 
Et y trouver de nouveaux personnages ?
A crier vers l'infini et au delà ? 
.
Je pense encore à toi.
On m'avait dit que tout s'efface
Heureusement que le temps passe
J'aurai appris qu'il faut longtemps
Mais le temps passe, éternellement , heureusement.
.
Plus certainement, tu es dans ce cimetière
A exercer tes talents de conteur
Voire à militer au parti zombi 
Une chose est sûre, là où tu es  
On trouvera 
Un peu plus d'amour que d'ordinaire
Ce n'est pas un conte mais un poème mi-phénomène paranormal 
Juste une façon de dire 
Que je ne t'oublierai pas 
Et que je garderai cette surprenante image 
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Les mots collectés par Olivia

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talent - surprenant - conteur - phénomène - tempête - personnage - scène - décor - cimetière - éternellement - infini

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Cette semaine j'emprunte les mots de Cabrel - Grand Corps Malade - Jean Jacques Goldman - Sardou - Bashung

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La consigne des Impomptus 

Olivier Puigségur, qui était un fidèle des Impromptus depuis 5 ans, s'en est allé en début d'année.

Malgré son handicap physique et ses problèmes de santé multiples, il développait une énergie incroyable et communiquait beaucoup de tendresse autour de lui. Il aimait beaucoup la chanson et chérissait particulièrement quelques chanteurs. Un de ses préférés était Jean-Jacques Goldman !
Alors, pour Olivier, nous vous proposons d'écrire en reprenant l'expression "Envole-moi".
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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 07:02

 

Une fois par semaine, une mère prend le train pour aller en ville. Une enfant a le droit d'y aller deux fois par an. Une fois au début de l'été, et une fois au début de l'hiver. En ville, l'enfant se trouve laide, parce qu'elle est bien trop emmitouflée. La mère l'emmène à la gare à quatre heures du matin. Il fait froid, même au début de l'été, à cette heure là. La mère veut être sur place à huit heures, pour l'ouverture des magasins. 
D'une boutique à l'autre, l'enfant enlève quelques vêtements, les porte à la main et en perd certains en ville.  Voilà pourquoi sa mère n'aime pas l'y emmener. Mais il y a une chose plus grave : la petite voit les chevaux trotter sur le macadam. Elle s'arrête et voudrait que sa mère attende, elle aussi, que d'autre chevaux arrivent. Sa mère n'a pas le temps d'attendre, et ne peut pas repartir toute seule. Elle ne veut pas perdre l'enfant en ville. Elle est obligée de tirer l'enfant par la main. La petite se fait traîner en disant : t'as entendu, les sabots font un autre bruit que chez nous. 
D'une boutique à l'autre, puis pendant le trajet de retour en train, et des jours plus tard, l'enfant demande : pourquoi les chevaux ont des talons hauts, en ville.
 
Animal du coeur - Herta Müller

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 05:11

kyoko.jpgKyoko est une jeune femme d'une vingtaine d'année. Orpheline à 4 ans, elle a grandi au Japon, élevée par son oncle et sa tante. A huit ans elle rencontre José Cortès, un GI américain qui lui apprend à danser en particulier le Mambo. Cet épisode de sa vie, à huit ans, ne dure que 6 mois mais la marque profondément. Jeune adulte, elle se rend compte que ce GI d'origine cubaine lui a sauvé la vie en lui insufflant sa passion, la danse. Elle décide donc de partir aux Etats Unis pour retrouver Cortès et le remercier. Aux Etats Unis elle va aller de rdécouverte en découverte. Ralph Biggs est la première personne qu'elle rencontre à New York. Ce noir américain est conducteur de limousine et accepte de l'accompagner dans ses recherches de Cortès. 

Chaque chapitre alterne les narrateurs, d'abord Kyoko puis Ralph Briggs, le conducteur de la limousine, puis l'oncle de Cortès, à nouveau Ralph Briggs, Kyoko, José Cortès lui même, Jessica Silberman, puis à nouveau Kyoko et José. Celui ci est malade, en phase terminale du Sida et Kyoko accède à sa demande de l'emmener en Floride pour mourir parmi les siens. Commence alors pour Kyoko et José un périple dangereux et passionnant. 
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J'ai adoré ce livre : très poétique , très dansant, pas mièvre du tout, et même franchement drôle dans certaines situations. La jeune fille Kyoko a une volonté inébranlable, José Cortès est émouvant, digne dans sa douleur, même s'il perd toute notion avec la réalité.
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Ralph Briggs rapporte les paroles de Kyoko qui parle ainsi de son enfance et de José : 
P36    "C'était un accident de la route, j'ai été élevée par mon oncle et ma tante., ils n'avaient pas d'enfants, ils étaient très gentils avec moi, je n'ai jamais manqué de rien, je pensais que j'étais seule, José il n'a dansé que cinq mois avec moi, alors il m'a peut être oubliée, mais il m'a aidée, il m'a sauvée , ça peut paraître exagéré parce qu'il ne m'a appris qu'à danser, mais c'est vrai, non, puisqu'il m'a appris ce qu'il y a de plus important dans la vie. Il m'a sauvée parce qu'il m'a appris quelque chose d'essentiel qui permet de continuer à vivre quoi qu'il arrive, c'est pour ça que j'ai toujours pensé  à le revoir, quand j'y pense je ne lui ai pas encore dit merci. Elle parlait dans un anglais maladroit, se trompant dans les formes du passé, mais elle était facile à comprendre parce qu'elle s'exprimait fermement, avec une étrange absence de timidité."
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Pablo Cortès, l'oncle de José, commence par refuser de dire où est José et essaie de gagner du temps :
"Le commerce avec Cuba est interdit dans ce pays. Ce qui est déterminant dans la préparation d'un bon cocktail, c'est l'espace entre l'alcool et la glace. Du point de vue de la physique, c'est impossible de laisser un espace. Ce qu'il faut pour agiter le mélange et faire que l'alcool et la glace se séparent, c'est une sorte de méchanceté. Si on a l'esprit mou et aqueux, on ne peut faire que des cocktails aqueux. Le truc pour fabriquer un daiquiri sharp, c'est de concentrer toute sa cruauté, une cruauté née du désespoir. C'est pour cela que les meilleurs barmen sont essentiellement des gangsters et des réfugiés. " p52
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Enfin un dernier extrait, un dialogue entre Kyoko et José (rapporté par José)
- Même si je te touche, ça ne te donnera pas le sida, tu sais. 
- Je sais ça.
- Hm, tout le monde le sait, mais personne n'a envie de me toucher.
- Tu souffres beaucoup ? 
- J'ai connu pire. Avec Sergio, on donne des noms de boxeurs aux différents degrés de douleur, le pire c'est Mike Tyson. 
- Et le plus faible ? 
- Mickey Rourke.
Elle a rit quand j'ai dit cela. La gaieté de son rire m'a semblé faire fondre en partie la douleur métallique agrippée  mon dos. (p133)
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En conclusion : un livre magnifique sur la vie, la mort, l'amitié, la danse ....et bien plus encore
 
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Un film a été adapté de ce livre : un extrait qui dure à peine deux minutes mais qui donne envie de voir ce film (mais j'étais déjà conquise avant)

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L'avis de Catherine ici 

 

 

  
Ma cinquième participation au challenge d'Adalana logo-c3a9crivains-japonais_1.jpg

 

 

 

 

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:02
Tout cela à cause d'une stupide panne de moteur. Quelques ratés, une chute vertigineuse vers la mer, le bleu des vagues qui se rapprochent à tout allure, le splash dans l'écume. Et enfin, le siège éjectable qui finalement fonctionne, la lente nage vers l'île au loin, et pour finir la solitude. Il est à l'écart de toutes les routes maritimes connues. Aucun moyen de se situer.
Par chance, le climat est tempéré, mieux même, tropical. Il ne va pas mourrir de faim,  fruits et petits coquillages sont présents en abondance sur l'île. Enfin une île, un confetti plutôt. Un confetti au milieu de l'océan.   Il peut en faire le tour en deux heures et des poussières. Du moins du temps où sa montre fonctionnait encore, il s'est chronométré. Maintenant plus de piles. 
Le pire, c'est l'inactivité. Les premiers jours, il a allumé un feu, il était enchanté de regarder sur la plage les flammes bleutées qui dansaient en s'élançant vers la lune. Ensuite il a réfléchit, sur cette petite île , il ne pourrait faire, au mieux, que deux mois de feux quotidiens. Fallait-il brûler tout ce bois dans un hypothétique espoir de sauveteurs, où fallait-il épargner les arbres fruitiers qui le nourrissaient ?  Alors il a choisi : plutôt vivre seul que mourrir de faim. L'océan le nourrit lui aussi : des poissons moches comme des mérous, avec un rictus démoniaque. Il donnerait tout ce qu'il a pour que le régime varie un peu. Le mérou lui sort par les yeux. Une bonne morue à l'ail, du pain de mie au  blé complet grillé voilà ce qui le fait rêver maintenant. Mais dans ces eaux chaudes et limpides, pas de morues. 
Avec les moyens du bord, il s'est constuit une cabane, une yourte lui auraient dit, goguenards, ses amis bobos parisiens. Dans la moiteur de la nuit, il regrette son ancienne vie, ses faux  problèmes, il se rappelle les poèmes de son enfance. Car maintenant que sa liseuse est tombée en panne de batterie, il ne lui reste que cela : "La terre est bleue comme une orange". 
Il jette un coup d'oeil à son meilleur ami, son téléphone portable. C'est devenu son seul confident car dans le miroir de son écran, il se voit encore et ne se reconnait plus : velu et pas rasé. Maintenant plus de batterie...... 
..
Texte écrit dans le cadre de cet atelier (cours d'écriture créative à distance) que m'a fait connaître Cécile d'Ecrimagine
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Son texte sur la même consigne "bleu et tourisme" est ici
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Et vous? Que vous évoquent bleu et tourisme  ? 
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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 05:11

ANIMAL-DU-COEUR.jpgCe livre est absolument magnifique. Je ne rappelle  pas ici la quatrième de  couv qui en dit trop à mon goût. L'action se passe sous le régime de  Ceausescu, en Roumanie. La narratrice , une jeune femme, étudiante, habite un foyer de jeunes filles avec cinq autres étudiantes. Elle nous parle de Lola, une jeune fille pauvre, étudiante elle aussi. Lola est retrouvée un jour pendue avec la ceinture de la narratrice (dont on ne connait pas le nom). Pour avoir lu sur Wikipédia, la biographie de Herta Müller, j'aurais tendance à dire que cette jeune fille c'est elle même et que ce récit est fortement autobiographique. Herta Müller nous raconte sa vie dans le foyer après la mort de Lola. La narratrice et trois amis de Lola sont régulièrement interrogés par la police. Avec une écriture fluide et percutante , toute en sous-entendus, Herta Müller , nous dévoile sa peur de la dictature, de la mort, le douteux et douloureux passé de son père, ancien soldat SS, de la peur de la vieilles à travers les yeux de sa grand mère qui perd la mémoire. 

La narratrice écrit à ses amis, avec plein de codes pour détourner l'attention de la police : Ils ont défini entre eux des mots clefs, des ponctuations pour dire la réalité dans des lettres qu'ils savent lues par la police, espérant échapper ainsi à la censure. De mémoire, car j'ai lu ce livre il y a deux mois, sans rédiger de billet tout de suite, "chaussures" signifie "interrogatoire", et la narratrice sursaute chaque fois que ce mot est employé dans son sens réel par des personnes de son entourage.
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Ce roman à la fois très poétique et très réaliste, décrit la vie sous une dictature, l'inquiétude des habitants, la lutte quotidienne pour la survie, l'impossibilité de l'amitié. 
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Pour finir deux extraits, le premier est un extrait de lettre de la narratrice à deux de ses amis, persécutés eux aussi par la police : 
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Cher Edgar,
Cher Georg, 
La virgule était censée se taire quand le capitaine ouvrirait les lettres, pour qu'il les recolle et les envoie. Mais elle était censée crier quand Edgar et Georg les décachetteraient.. 
Une virgule qui parle et qui crie, ça n'existe pas. La virgule en question était devenue bien trop grosse. P102 
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Petit à petit, la jeune femme met des mots sur ce qu'elle vit, l'oppression de chaque instant, le harcèlement dont elle est victime, tout cela parce que son amie s'est pendue.
.      
J'ai raconté à Tereza ce qu'est un interrogatoire. J'ai commencé sans raison, comme en parlant toute seule. Tereza s'agrippait à sa fine chaîne en or, de deux doigts. Elle ne bougeait pas pour ne pas troubler ces sombres précisions.
1 veste, 1 chemisier, 1 pantalon, 1 collant, 1 culotte,  1 paire de chaussure,  1 paire de boucle d'oreille,  1 montre bracelet. J'étais toute nue,ai-je dit.
 1 carnet d'adresse,  1 fleur de tilleul séchée,  1 trèfle séché,  1 stylo bille,  1 mouchoir, 1 mascara,  1 rouge à lèvre,  1 poudre,  1 peigne, 4 clefs, 2 timbres, 5 tickets de tramway.  
1 sac à main.
Tout était noté dans les rubriques d'une feuille. Moi le capitaine Piele ne m'a pas notée. Il va me mettre en prison. On ne pourra lire sur aucune liste qu'à mon arrivée j'avais  1 front, 2 yeux, 2 oreilles, 1 nez, 2 lèvres, 1 cou. Je le tiens d'Edgar, de Kurt et de Georg : au sous sol, il y a des geôles. 

 

Une participation au challenge à tous prix de Laure puisque Herta Müller a eu le prix Nobel de littérature en 2009

logo-challenge-c3a0-tous-prix (1)

 

Mon tour du monde pour la Roumanie (Herta MÜLLER habite maintenant en Allemagne)

tour monde 8 ANS


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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 08:17
Quand j'étais petite, chaque neige était une fête. 
Quand  la neige tombait la nuit et que le réveil se faisait sous une blancheur immaculée, c'était une fête. Presque mieux que la venue du Père Noël, ce vieillard aux cheveux couleur d'écume, que l'on n'apercevait jamais quand il venait déposer ses colis magiques. La cour était silencieuse, rien n'est plus silencieux que la neige qui tombe, ces minuscules flocons, brillants comme des étoiles, des flocons légers qui semblent hésiter à se poser, portés par le vent, virevoltants. L'unique arbre de la cour prenait une silhouette toute différente, les branches légèrement plus basses que d'habitude. C'est à la fois léger et lourd la neige.
 Quand la neige tombait le samedi ou le dimanche, c'était une fête : notre clan de copains partaient  en haut de la colline, et nous dévalions la pente sur une luge de fortune, le plan était, une fois en bas, de ne pas remonter la luge, de la laisser au dernier arrivé  et de remonter en courant. Nous essayions d'attraper ces plumes d'oie qui fondaient aussitôt dans les moufles, sur la langue. Recevoir un flocon forcément plus froid et plus gros que le voisin dans le cou déclenchait rires et hurlements , nous criions : " j'en ai eu un dans le col, ça brûle!!!!" le bonhomme de neige permettait d'unir nos efforts, colle compacte, la neige devenait pâte à modeler, souple et solide à la fois.  
 Quand Madame Neige se décidait à voltiger, quand nous étions en classe , c'était une fête. Nous nous regardions, nous les enfants, émerveillés, comptant les minutes qui nous séparaient de la récréation, mais aussi de la bataille de boules de neige, du bonhomme. Parfois l'instituteur, qui nous voyait nous tortiller sur nos bancs, nous faisait sortir cinq minutes plus tôt. Intenables, par ce temps, pas moyen de se concentrer sur nos livres ou nos leçons. Il pouvait bien nous faire des blagues, nous poser des questions sur Henri IV , son panache blanc, sa poule au pot, les mathématiques. Rien ne nous atteignait . La neige étendait son manteau, comme une étole  et nous appelait dans un silence admirable.
Maintenant j'ai grandi et neige est synonyme de ville, de trottoirs verglacés, d'escaliers à déblayer, les premiers jours, de gadoue noirâtre, les suivants, et des inévitables problèmes de trains de banlieue....Heureusement qu'il y a un écolier et une collégienne à la maison pour se souvenir de la magie de la neige....
Texte écrit dans le cadre de cet atelier (cours d'écriture créative à distance) que m'a fait connaître Cécile d'Ecrimagine
Il fallait écrire un texte en partant des mots "école " et "blanc" !
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Son texte sur la même consigne mais avec les mots  "Bonheur  et Orange"  est    ici 
..
      Consigne couplée à la proposition de Lili galipette que vous pouvez retrouver ici 
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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 01:29

plumedesmotsunehistoire3

 

Soudain,  la voix caverneuse du gourou, surnommé Pops,  se fit entendre, grinçante comme une alarme mal réglée. Ses ouailles se serraient les unes contre les autres, religieusement, buvant ses paroles comme celles d'un professeur de morale centenaire. Dans l'ombre grise de la nuit,  on devinait juste que l'individu était absolument rond et minuscule, le teint légèrement jaune. Son collège de codétenus le regardait avec admiration : un survivant, un héros sans faiblesses et sans doutes. Le gourou poursuivit :  "Moi Damiel, je vous aie rassemblé pour que nous unissions nos efforts et organisions notre évasion. Messieurs et vous aussi mesdames,  il vous faut redoubler d'attention  : le danger se rapproche. Tout à l'heure vous entendrez le son du réveil. Ce sera pour nous le début de la fin. Notre ennemi à tous a l'air angélique : Cheveux ébouriffés, sourire édenté, pyjama rouge coquelicot. Ne vous fiez pas à son image de gentil. Ce petit d'homme est redoutable, sans pitié et sans âme, il nous assassinera tous. De sa voix mielleuse, il nous parlera, caressera nos fragiles pétales avant de nous achever avec sa cuillère à café. Tout est dans l'esquive, il faut se cacher au fond de notre terrier. Son but est de nous capturer, de nous noyer et de nous MANGER ". A la fin de la tirade de Damiel, une vague d'effroi parcourut les petis visages ronds et jaunes. C'est alors que tout s'accéléra : ils n'eurent pas le temps de reprendre leur souffle que déjà leur paquet était ouvert, ils étaient versés en vrac dans un bol, ébouillantés sous un litre de lait. Damiel Pops eut juste le temps de murmurer : "Mourrir ainsi, broyé sous les dents d'un "Céréales killer", la vie n'est pas juste"   

 

Les mots collectés par Olivia

capturer - image - son - évasion - alarme - danger - rouge - coquelicot - mesdames - messieurs - homme - faiblesse - âme - gris(e) - ombre - doute - métaphysique - collège - professeur

.article non sponsorisé par Kellogs :-)
La consigne des Impomptus 

Un jour on m’expliqua qu’un meurtre avait été commis à cet endroit ... J’éclatais de rire... ! ...
Quel endroit : une bibliothèque, un salon de thé ? ...
Comment : égorgé, pendu, assassiné ? ...

Vous voilà invités à monter votre scénario autour de ces questions en finissant votre texte par un éclat de rire !

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