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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 03:30

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia

 

   

 

Jean Michel, Jean Miche les belles Miches pour la presse, virevoltait devant son plan de travail, concentré. Ses gestes d’une grande amplitude valaient à eux seuls le détour : on aurait dit une chorégraphie à mi chemin entre Béjart et Tom Cruise dans « Cocktail »: Sélectionner les ingrédients, râper les légumes, écosser les petits pois à la vitesse d’une mitrailleuse, secouer la poêle où les oignons rissolaient, remuer les marmites. Presque une randonnée entre les plaques, le four, le plan de travail, tout cela en donnant une impression de méthode et d’improvisation mélangée.

Arriver en finale : Jean Michel en rêvait depuis des mois, c’était plus qu’un espoir, , une revanche sur son enfance dramatique. Orphelin à 5 ans, élevé par une tante vieillissante qui n’avait que peu de temps à lui consacrer. Cette tante, stricte, sévère, toujours droite comme un I, comme engoncée dans une armature, le punissait sévèrement à la moindre incartade mais surtout ne lui adressait jamais ni encouragements ni compliments.

Ce concours était l’occasion de sa vie, c’était la conquête de la reconnaissance de sa créativité.

 

Sa romance avec la cuisine datait de ces 10 ans lorsqu’il avait découvert à la bibliothèque un livre illustré d’entrées et de desserts aussi fantastiques les uns que les autres, pièces montées, charlotte aux fruits rouges, soufflé au roquefort et aux noix. Emerveillé par ces images, il l’avait lu de la première à la dernière page, émerveillé comme un aveugle qui découvre les couleurs pour la première fois. « La gourmandise est un vilain péché, il ne faut pas succomber à la tentation » répétait, en boucle, sa tante acariâtre.

 

Jean Michel était toujours surpris par l’opinion que les autres avaient de lui. Soit il recevait des éloges enthousiastes soit les gens étaient agacés par sa facilité à dépasser les bornes et à sortir des sentiers battus. Pas de doute, son concurrent, en face de lui, était à ranger dans la deuxième catégorie. Les deux adversaires s’étaient laissés aller dans les coulisses le jour de la demi finale « pas facile de réfléchir avec ton cerveau de la taille d’un pois chiche » l’avait attaqué Olivier, au sujet de sa bourde sur la faute d’orthographe. « Cornichon diplômé, je vais te mettre un pain  » avait il répondu, hors de lui  : Cette dispute avait fait les choux gras des journaux le lendemain, faisant passer un bref échange musclé due à la pression d’une émission  pour une haine farouche, abyssale (et bien sûr exagérée). Depuis, il était devenu Jean Miche les belles miches autant pour sa menace de « mettre un pain » que pour son dernier plat : « Jambonneau en pain surprise et  pissendive ».  Il les avait bluffés tous avec cette recette, alliant la douceur du pissenlit avec l’amertume de l’endive cuite.

 

Mais c’était le jeu : cette rivalité supposée avait fait grimper l’audimat. La veille il avait vu quelques titres : « Olivier et Jean Miche, le retour », « Jean Miche – Olivier : le combat des chefs »

 

De temps en temps les deux concurrents regardaient l’horloge bien en évidence sur le plateau : pas question d’être en retard, il leur restait 20 minutes pour dresser la table, servir, et écrire cette fameuse pancarte avec le nom du plat. « Pourvu que mon orthographe défaillante ne me fasse pas perdre des points comme la dernière fois » soupira t il

Jean Michel sortit son plat du four : un canard farci de tomates fraîches, de courgettes, d’aubergines et d’oignons accompagné bien sûr de petits pois, son légume fétiche. Mot qu’il avait appris à orthographier depuis sa dernière déconvenue. Le jury pourrait goûter à tout, il espérait que les juges ne resteraient pas sur leur faim.

 

L’horloge sonna la fin de l’épreuve. Aussitôt les deux adversaires arrêtèrent leur travail et reculèrent de deux pas pour laisser place aux trois juges, qui avancèrent dans un silence plein de respect.

 

Soudain effaré, Jean Michel vit l’esquisse de sourire d’Olivier à la lecture de sa pancarte :

« Canard laquais et ses petit pois écossais ». Il se demanda alors, s’il avait à nouveau fait une faute, en tout cas si c’était vrai, pour lui c’était la fin des haricots.

 

Les mots récupérés chez Olivia

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 06:07

Sur une idée de Chiffonnette

 

Le déjeuner terminé, Mr Pitchot ferma lui-même les persiennes, donnant l’ordre d’en faire autant dans toute la maison. Un orage s’annonçait, prétendait il. Je regardai le ciel aussi bleu et lisse qu’une nappe d’eau calme. Mais Mr Pitchot, me conduisant jusqu’au balcon, me signala à l’horizon de petit cumulus qui s’élevaient dans le ciel.

  

- Tu vois ces « tours » ? Avant le goûter, nous aurons des éclairs et peut être même de la grêle.

Je restai agrippé à la balustrade du balcon, émerveillé par ces nuages qui soudainement venaient de me rappeler les taches d’humidité au plafond de la classe de M. Trayter. Il me semblait revoir en eux toutes les fantaisies désordonnées de mon enfance, ensevelies dans mon oubli et miraculeusement ressuscitées dans la gloire de la chair et de l’écume des cumulus fulgurants de lumière. Des chevaux ailés gonflaient leurs poitrines d’où florissaient tous les seins, les melons et les diabolos de mon désir. Un des nuages, en forme d’éléphants à tête d’homme, se partagea en deux nuages plus petits qui se métamorphosèrent en deux lutteurs géants et barbus aux corps boursouflés de muscles.Un instant éloignés, ils se rapprochèrent à une vitesse effrayante; le choc fut terrible. Je vis les deux corps s’interpénétrer, se mêler l’un à l’autre et ne plus former qu’une masse confuse et tumultueuse qui ne tarda pas à se transformer en une autre image : le buste de Beethoven.

 

Salvador Dali - La vie secrète de Salvador Dali

   JEUDI CITATION

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 20:38

Ma participation aux impromptus littéraire de cette semaine

 

 

Le thème : La semaine dernière nous avons pu voir danser le hibou et même parfois l'entendre chanter.
Cette fois nous vous proposons d'exercer tous vos sens sans exception en rédigeant un texte en prose ou en vers qui contiendra obligatoirement les cinq éléments suivants : une couleur (vision), un son (ouïe), une fragrance (odorat), une saveur (goût) et un contact physique (toucher).

 

 

Arènes de Nimes 1995

 

Les badauds et les passants se précipitent et s’agglutinent à l’entrée : Les hauts parleurs crachouillent : « le spectacle va commencer. Oyez Oyez Braves gens venez vous confronter aux lions, aux pirates et à leurs bateaux, aux géants des mers. Le spectacle Péplum de la compagnie Royal de Luxe va commencer »

 

Les retardataires se pressent pour ne pas manquer le début. Une menotte est glissée dans ma main, toute douce, mais fermement maintenue : « je veux pas te perdre dans cette foule », murmure t il et je dois tendre l’oreille, me pencher pour l’entendre au milieu des cris de vendeurs de hot dog, de ballons multicolores.  

 

- Je peux avoir du pop corn , dis ?

 

- Bon d’accord !

 

Enfin nous nous installons sur les bancs : « c’est plus dur qu’au cinéma », bafouille t il postillonnant des morceaux de pop corn enrobés de caramel trop sucré à mon goût. Encore un peu d’attente et le spectacle commence. Les yeux grands ouverts, écarquillés, il regarde du haut de ces 4 ans, il emmagasine les sensations, s’esclaffe.

 

Des bateaux surréalistes défilent sous nos yeux, sorte de ballet improvisé: Les bateaux sont fabriqués avec des morceaux de cartons découpés et peints sommairement en marron, les voiles flottent dans le vent, alors que justement cet après midi la chaleur écrase les arènes, et qu’il y a une minute encore, pas un souffle ne se faisait sentir ! Nous sommes au deuxième rang et le metteur en scène a eu l’idée d’installer des ventilateurs géants qui nous soufflent le vent du large dans les chevaux.

 

« Les bateaux ont des jambes bien sûr » me dit il sur un air de confidence « sinon ils ne marcheraient pas » : Et effectivement, je n’avais pas compris ce détail, les acteurs- bateaux virevoltent, font semblant de se cogner comme des autos tamponneuses, les faux corsaires sortent leur sabre et miment un combat héroïque. Ces objets de récupération semblent incongrus à mes yeux d’adulte mais les petits sont manifestement sous le charme : qu’un pirate se serve d’une louche comme sabre, pourquoi pas après tout !

 

- C’est quoi là bas ? demande il, se trémoussant sur le banc, en montrant du doigt l’objet de son attention.

 

- « c’est une bétonnière, un engin de chantier pour couler du béton  et fabriquer des maisons».

 

Je me demande à quoi elle va servir cette bétonnière anachronique dans cette arène millénaire au milieu de bateaux sortis tout droit d’une imagination débordante.

Deux personnes activent la bétonnière,  poussent celle-ci  sur un rail en arc de cercle qui suit la courbe de l’arène, une troisième actionnant une manivelle qui fait tourner la bétonnière: Cet étrange équipage ne tarde pas à passer devant nous : et là nous respirons à pleins poumons l’air de la mer : Une grande bouffée d’air marin envoyée par la bétonnière : les gens crient : certains amusés et ravis de la surprise, d’autres moins contents, ceux du premier rangs surtout : c’est vrai que cette odeur d’embrun est forte et nous emporte autant que les bateaux vers des rivages inconnus.

 

- Beurk ça sent la mer, dit il écoeuré, rejetant le reste de popcorn

 

Sur la scène, les bateaux ont disparu et ont fait place à des lions et aux gladiateurs. Le spectacle se poursuit alternant (faux)chevaux de (vrai) manège (ceux qui tournent en rond, et où les chevaux montent et descendent avec une barre), pyramides égyptiennes en plâtre, parodies de pharaons marchant de profil….

 

Plus tard la bétonnière repassera et nous soufflera tour à tour du jasmin (hum), l’odeur des lions (rebeurk), sur un rythme de musique endiablée par moment, relaxant à d’autres.

 

Les bancs plus durs qu’au cinéma sont oubliés, et la magie opère.

 

 

 

 

 

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 09:30

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia

 

 

 

Olivier n’en pouvait plus du salariat. Son chef était tout le temps sur son dos, personne ne comprenait que ces créations étaient absolument géniales, que son savoir faire n’avait pas de frontières : il n’avait qu’une envie se mettre à son compte pour enfin avoir la paix. C’est pour cela qu’il avait décidé de s’inscrire à ce concours : s’il gagnait, le montant de la prime au vainqueur lui permettrait de s’installer dans sa ville natale , de faire le tour du monde, de …..

Retenant un soupir, il regarda les spectateurs : Il était fier de son œuvre mais qu’allait dire le Jury ?

La décoration avec les feuilles d’automne choisies avec soin dans son jardin étaient innovante mais de bon goût. Pas comme cet excentrique de Jean Michel qui avait enroulé de grandes asperges la semaine dernière dans un rideau étrange en macramé. Elles avaient l’air pathétiques ses grandes bringues dans leur filets transparents. Des asperges, franchement ! et la déco en macramé ! d’un autre age !  atroce ! c’était complètement dépassé, hors mode, la tendance était aux rondeurs, à bas les anorexiques.

« Susciter la surprise pour ensuite laisser place au plaisir des yeux »  Jean Michel n’avait que cette phrase la à la bouche, vraiment que de l’esbrouffre !

 

Enfin ne jamais sous estimer un concurrent ! Il avait parfois de bonnes idées ce Jean Michel comme la fois où sa création s’appelait « petits poix en robe des champs  » . Cette fois là Jean Michel avait perdu des points car il avait fait une faute à poix, sur la pancarte devant sa création  : le stress du concours certainement ! écrire poix au lieu de pois cela peut arriver à tout le monde ! Franchement il s’était peut être cru dans un concours d’horticulture !

 

Opiniâtre, Olivier décida de laisser là sa rêverie pour se consacrer à sa tache : la touche finale de sa création qui éblouirait tout le monde. Rompre avec ce qui était connu telle était sa devise :! Mélanger la patine de l’ancien avec des idées saugrenues, surprendre toujours ….

 

Tout à l’heure, le jury se rassemblera autour de sa création : Chacun l’observera sous toutes les coutures, touchera la texture, reniflera, appréciera le mélange des couleurs:  les regards se feront fixes, les cinq sens seront en éveils . Et là ce sera le verdict : apothéose de la reconnaissance de son art ou exécution en flèche par ce jury si exigeant ? Ici c’était quitte ou double : pas de second tour, de possibilité de repassage (non repassage n’était pas le bon mot se dit il plutôt rattrapage des épreuves), la finale Olivier-Jean Michel régardé par des milliers de spectateurs. 

 

D’un coup sec, il fit tomber le couperet et fendit les légumes dans le sens de la longueur puis en tout petits morceaux  d’un centimètre cube. Il ensevelit ensuite sa péparation sur la pâte mise de côté.

« Chausson à la compotée de panais et au magret de Canard » telle était le nom de sa création pour le concours de cuisine. Pourvu qu’il gagne pour enfin pouvoir quitter Dédé et sa baraque à frites, installée dans une vielle remorque de chantier.

 

 

 

 

Les mots glanés par Olivia

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 04:59

 

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Sur une idée d'Asphodèle et d'Aymeline

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La réponse du renart à Ysengrin. Il s'agit d'une réponse à la lettre de Pierre Baton qui est ici  

 

 

Goupil Renart

Rue du corbeau et du Camenbert

45 220 Château Renard

 

  

 

                                                           A l’attention de Mr Ysengrin Loup

                                                           Chemin des loupiottes

                                                           78 Chanteloup les vignes

 

 

Cher Ysengrin

 

C’est avec plaisir que j’ai reçu de tes nouvelles. Je croyais que tu me faisais la gueule, depuis que mes derniers conseils s’étaient révélés peu efficaces

Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, je n’y suis pas pour grand-chose dans ta dernière déconvenue. Je t’avais conseillé de mettre de la farine sur ta patte pour faire une entourloupe aux 7 petits chevreaux qui attendaient leur maman ; Ce n’est pas de ma faute si tu avais tant couru que toute la farine était tombée ; Ainsi tu n’as pas montré patte blanche, les chevreaux ne t’ont pas ouvert et la maman chèvre t’a encorné. Mais tout cela c’est du passé

En tout cas je suis ravi de voir que tu as repris du poil de la bête et que tu as plein de nouveau projets : Cette petite fille avec son capuchon rouge m’a l’air adorable et je veux bien te donner quelques conseils pour faciliter votre rencontre. Comme tu le sais, être romancier ne fait plus vivre son renard et j’ai du me reconvertir : maintenant je suis coach en Personal Branding  et te donnerai volontiers quelques conseils et ruses (à titre gracieux bien sûr): Tu sais, de nos jours, les petites filles ne se laissent plus raconter des histoires comme cela : il faudrait te déguiser ou au moins il faudrait que tu changes ta voix, qui est si grave.

Pour charmer les filles, le plus efficace reste les sérénades, Tu pourrais lui chanter une chanson : Je connais un chanteur, Garou pour le nommer, qui chante des choses formidables, Son répertoire t’irait très bien. Note que tu ne peux pas utiliser son nom car accolé avec le tien, cela ferait désordre et pourrait mettre la puce à l’oreille à cette jeune fille.

Il y a un autre chanteur dont tu pourrais t’inspirer c’est Philippe Lafontaine : il n’a fait qu’un tube mais quel tube : « cœur de loup » les paroles s’adaptent bien à tes louables intentions auprès de cette petite :  

 

« Pas le temps de tout lui dire ,

pas le temps de tout lui taire …..

 Je n’ai qu’une seule envie

me laisser tenter

la victime est si belle

et le crime est si gai

 

Si ces chansons ne marchent pas, tu peux essayer de la séduire par un numéro de cirque : loopings divers devraient faire l’affaire, Je te conseille le chorégraphie d’un certain Tex Avery : certaines sont un peu loupbriques (euh lubrique voulais je dire) mais si drôles

En tout cas , cher Ysengrin, il faut avoir CONFIANCE en toi : Je te connais,  tu essaies de louvoyer et au moment de donner le coup de grâce il n’y a plus personne. Regarde moi, il faut parfois essayer aussi la flatterie, le corbeau s’en souvient encore  

 

Vraiment, si avec tous ces conseils, tu n’arrives pas à conclure avec cette petite , cela voudra dire qu’il faut que je me recycle : le coaching n’est plus fait pour moi : je pense ouvrir un loupanar, tu pourrais être mon premier client, ou alors imprésario, ou concepteur de comédies musicales. Bref comme tu le vois je suis en pleine reconversion professionnelle !

 

Au fait, avec d’autres compères nous montons un groupe pour la défense de Jean de la Fontaine qui n’est presque plus enseigné dans nos écoles. Loup, en es tu ?

 

 

Je t’embrasse, cher Ysengrin, ainsi que tes louveteaux

 

Ton renart préféré

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 03:59

 

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Sur une idée d'Asphodèle et d'Aymeline

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est une réponse à la lettre de trèfle qui est ici    

 

 

Cher trèfle

 

J’ai bien reçu votre missive du 32 Octobre dernier et vous répond sur le champ en 32 points :

1- Votre lettre est précise sur les dates et je vous en remercie : vous êtes effectivement locataire en ces lieux depuis un peu plus d’un an, ce qui est un des plus long bail que j’ai donné.

2- Vous avez tout à fait raison je n’ai pas appris le langage coq à l’école, j’étais bien trop coquette pour cela : je ne suis que douceur et compassion et j’ai horreur de voler dans les plumes de quelqu’un, fut il un coq.

3- Cher trèfle, je ne manque pas de cœur, et vous présente mes condoléances pour Jabote, votre cocotte

4- Petite précision Gala n’est pas n’importe quel chien mais un coquin de cocker et son pedigree remonte à l’époque d’Henri 4 (vous savez celui de la poule au pot tous les dimanches)

5- Je ne suis pas responsable de la disparition de vos poulettes . Pour toutes réclamations l’envoyer s’il vous plait à ce cher Jules qui s’y connais un poil en renards (et en carotte mais ceci est un autre sujet).

6- Concernant Nénette, Gala n’est absolument pas responsable : elle se tient à carreau depuis que je lui aie dit qu’à la prochaine incartade, c’était direction la SPA

7- je n’ai pas bien compris d’ailleurs dans votre lettre si c’est Pépette ou Nénette qui avait disparu. Pourriez vous éclairer ma lanterne ? car je m’y perd avec ces noms d’oiseaux

8- Je passe du coq à l’âne mais je tiens à vous faire part de mon mécontentement actuel, vous cocoricotez beaucoup trop tôt le matin, je sais que c’est la faute à ce changement d’heure du 32 octobre mais franchement là je ne dors plus et sans monter sur mes ergots cela ne peux plus durer

9- Pour remédier à mes insomnies, j’ai tout essayé : faire des cocottes en papier, regarder la télé mais il ne passait que la coquête de l’espace cette nuit et je n’ai donc pas pu fermer l’œil d’où ma fatigue actuelle.

10- j’ai fait beaucoup d’effort pour aménager votre petit nid d’amour : un véritable cocon :  je ne peux rien faire de plus

11- Cet ultimatum, que vous me posez me parait bien cocasse : où iriez vous avec vos poules ? votre ultimatum n’est qu’un chantage de la plus vile espèces :

je ne connais aucun pays de cocagne prêt à vous accueillir ?

12 - Cependant, au vu de votre désespoir flagrant, je veux bien continuer à faire des efforts et me suis mis en recherche de deux nouvelles compagnes pour votre harem : Il n’y avait plus de poule blanche disponible chez votre magasin préféré (vous savez celui du coin de la rue avec la belle enseigne verte « coq en stock »), je vous aie donc trouvé une petite poule rousse et une poule d’eau, qui malgré son nom n’est pas mouillée et devrait ramener la sérénité dans votre poulailler.  

 

Finalement j’ai fait plus concis qu’annoncé et me contenterai de ces douze points

 

Sur ce mon cher trèfle, je vous salue bien bas, arrêtez de m’encoquiner et les poules seront bien gardées  

 

Signé : Gala le cocker (qui a dérobé son stylo à 32 Octobre qui bien sûr ne répondrait pas ainsi à son cher Trèfle)

 

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 05:18

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Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia

 

 

 

Jessica appuie timidement sur la sonnette. Son premier boulot ! Il faut qu’elle fasse ses preuves, elle a besoin de cet argent pour poursuivre ses études. Surtout faire bonne impression, ne pas sortir de bourdes, maîtriser son accent québécois par sa mère, canadien par son père.

 

- B’jour M’dame

 

- Bonjour, Jessica c’est cela ? l’agence Baby Sitter For Ever m’a prévenu de votre arrivée. Parfait, vous êtes ponctuelle. Je vous présente les enfants, quelques consignes et je vous laisse. Mon absence devrait durer trois-quatre heures

 

Une cavalcade se fait alors entendre dans l’escalier : un indien, chef sioux pour le moins, sur un manche à balai –tête de cheval en papier maché se rue à ses pieds, un autre indien légèrement déplumé, mais non moins motivé, suit avec une hachette et enfin un petite brunette bouclée ferme la marche, imitant le cri de la chouette hulotte.

 

- Voici Tony, 8 ans, Clément 6 ans et enfin Emma 4 ans

 

- Non non moi je m’appelle P’tit bison. Hugh Visage Pâle !

 

- Et moi Poney fougueux

 

- Et moi j’ai pas de nom indien : tu m’aides à trouver un nom indien, maman !

 

- Non les enfants, j’explique quelques bricoles à Jessica qui va vous garder ce soir et je file : Jessica, voici le repas, le livreur de pizza est passé il y a un quart d’heure : le micro onde est ici, l’heure du coucher est 8 H30 pour Emma, au plus tard, une demie heure de plus pour les grands. Vous pouvez regarder la télé. Bon y’a pas grand-chose en dehors de l’île de la tentation mais pourquoi pas ?

 

- Non merci M’dame : il faut qu’j’bosse un exposé : « Ornithologie kantiste : vision d’un esthète sur les passereaux et les rouge-gorges »

 

- Intéressant !

 

- Dis maman pourquoi les baby sitter, elles, changent toutes les semaines et pourquoi elles ne reviennent pas ?

 

- Je sais pas mon chéri, bon je file, mon numéro de portable est écrit ici au cas où ! Bonne soirée Jessica ; Des questions ?

 

- Non pas de question, tout est under contrôle. V’nez les enfants j’vais vous raconter l’histoire de la danse du Hibou de la tribu des Blackfoot au Canada, enfin j’vous la raconte tout de suite après l’ repas. Bonne soirée, M’dame

 

- OUAI crient les enfants…elle a l’air bien l’histoire de la danse du hibou ………..

 

- Oui mais moi j’ai toujours pas de nom indien !

 

- On pourrait t’appeler Bécasse Pleurnicheuse, propose Tony

 

- Non je suis pas pleurnicheuse et d’abord c’est quoi une bécasse ?

 

- Une bécasse c’est un petit oiseau tout mignon, la rassure Jessica et tu sais j’en sais plein de chose sur les oiseaux, c’est mon futur métier : je vais devenir ornithologue.

 

- Ornitoquoi demande Emma

 

- Mais oui tu sais bien, la coupe Tony, c’est comme le médecin qu’on est allé voir l’autre jour otorino quelque chose, maintenant tais toi Emma, mange si tu veux que l’histoire de la danse du hibou arrive.

 

Un peu plus tard dans le salon, Jessica commence l’histoire : « Il n’y a pas très longtemps vivait dans le comté d’Alberta, au Canada, où je suis née, un tribu de Black Foot, des indiens chasseurs de bisons : Depuis des semaines, la pluie tombait sans s’arrêter, les teepee commençaient à prendre l’eau, le chef indien décida alors d’organiser une danse du soleil pour faire revenir le soleil, les bisons, le renouveau du printemps »

 

- Oui mais tout à l’heure tu as parlé de la danse du hibou, c’est quoi la danse du hibou, tout le monde sait ce qu’est la danse du soleil mais la danse du hibou, c’est quoi ? insiste Clément-poney fougueux

 

- Attends, on ne peut pas comprendre la danse du hibou si on n’a pas d’abord écouté l’histoire de la danse du soleil. Je reprends : « les indiens se mirent en rond autour d’un totem, ils ne pouvaient pas allumer de feu , vous comprenez bien, il pleuvait trop. L’indien, qui s’occupait de fabriquer les couteaux, et qui était un peu forgeron et sculpteur aussi, avait préparé un totem autour duquel tous les indiens se réunirent pour danser. Le totem était une tête d’aigle royal, tout en mosaïque de poteries multicolores. Les indiens chantaient une drôle de chanson en rythme sur des pas de danse étonnants : un pas en avant, deux pas en arrière en touchant le sol d’une main puis de l’autre , puis en virevoltant, sans marquer aucune pose pendant des heures et des heures, quelque chose comme « saperlipopette, c’est la danse du soleil , le miroir aux alouettes, saperlipopette …»

 

- Attendez les enfants, je vais coucher votre sœur, petite caille rôtie, qui s’est endormie, je continue l’histoire de la danse du hibou juste après !

 

- Reprenons, on en était où Poney Fougeux . ?

 

- On en était au moment où les indiens font la danse du soleil !

 

- Oui tout à fait, la danse du soleil n’ayant pas donné de résultat ; il pleuvait toujours autant, alors les indiens se décidèrent à entamer une autre danse, celle du perdreau de l’année.

 

- Oui mais tout à l’heure tu as parlé de la danse du hibou, c’est quoi la danse du hibou ? je veux la danse du hibou, pas celle du perdreau de l’année insiste Tony-Ptit Bison

 

- Attends on ne peut pas comprendre la danse du hibou si on n’a pas d’abord écouté l’histoire de la danse du perdreau de l’année. Je reprends : « les indiens se remirent en rond autour du totem, mais leur danse avait changé : ils sautillaient comme des perdreaux maintenant, en secouant leur bras comme des ailes et en dandinant du croupion comme ceci », fait alors Jessica pour illustrer son propos.

 

- Attends Ptit Bison, je vais coucher Poney Fougueux qui s’est endormi, je recommence la danse du hibou juste après.

 

- Reprenons, on en était où Ptit bison. ?

 

- On en était au moment où les indiens font la danse du perdreau de l’année en se dandinant du croupion !

 

- Oui tout à fait, la danse du perdreau de l’année n’ayant pas donné de résultat il pleuvait toujours des cordes alors les indiens se décidèrent à entamer une autre danse, celle du merle moqueur.

 

- Oui mais tout à l’heure tu as parlé de la danse du hibou, c’est quoi la danse du hibou ? je veux la danse du hibou pas celle du merle moqueur insiste Tony-Ptit Bison

 

- Attends on ne peut pas comprendre la danse du hibou si on n’a pas d’abord écouté l’histoire de la danse du merle moqueur. Je reprends : « les indiens se remirent en rond autour du totem, mais leur danse avait changé …………. »

 

Un peu plus tard, la maman rentre, contemple ses enfants endormis, et trouve Jessica en train de travailler sur son exposé dans le salon

 

- Alors tout s’est bien passé ? pas trop fatiguants les enfants ? et c’est quoi la danse la danse du hibou ??

 

- Tout s’est très bien passé : La danse du Hibou, c’est pas compliqué c’est celle qui endort les enfants, c’est celle qui vient après la danse du soleil, celle du perdreau de l’année, celle du merle moqueur, celle de la tête de linotte, celle de la poule mouillée, celle de l’autruche, de la vieille chouette, celle où on voit enfin l’hibou du tunnel

 

 

 

 

Les mots glanés par Olivia

 

Forgeron - kantiste – pluie - danse - ornithologue - miroir - livreur – esthète - renouveau -mosaïque - marquer - absence - contrôle - saperlipopette - tentation 

 

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 06:07

Sur une idée de Chiffonnette

 

" Destin étrange, que celui de l'écrivain. Il doit se mener les rènes courtes, à un pas bien accordé, l'échine droite, alors qu'idéalement il devrait faire le cheval fou, crinière au vent, gambadant par dessus des fossés ridicules, tels la grammaire, la syntaxe, ou la paresse, cette dernière étant une haie gigantesque."

 

Françoise SAGAN, Des bleus à l'âme

 

JEUDI CITATION

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 12:28

 

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Allez, ce week-end, on va faire quelque chose de connu, quelque chose de simple, avec juste une légère variation pour changer un peu.

Il s’agit d’écrire une lettre (ou un mail) qui commencera par ces mots :

Il est minuit. Cette journée m’a épuisé(e).

Et se terminera ainsi :

Je vous embrasse de la façon indécente qui, je m’en souviens, vous plait*. 

Vous pouvez vous mettre dans la peau de qui vous voulez et écrire à qui vous le souhaitez.

 

 

Ma participation ci dessous et celle des autres ici  

 

 

Ma chère Clito,

 

Il est minuit, cette journée m’a épuisé. J’ai du résoudre toute la journée différents conflits. Sans vouloir me reposer sur mes lauriers, j’ai été absolument génial aujourd’hui. J’ai déjoué un complot : mes ennemis sont nombreux, vous le savez comme moi. Ensuite j’ai assisté aux jeux du cirque et me suis montré juste et magnanime. Et j’ai gracié une bonne dizaine de personnes. Après le cirque et leurs lions, les gladiateurs m’ont montré leur savoir faire puis nous avons enchaîné avec un banquet, excellent ma fois mais qui n’avait pas la saveur de vos mets si raffinés : cailles au miel, aromates, figues, raisins, pains divers, rôtis , servie par vos suivantes aux magnifiques tuniques transparentes.

 

A peine quelques semaines sans vous et vous me manquez déjà. Votre peau si douce, vos cheveux de jais me hantent.

Surtout ne montrez cette lettre à personne : vous êtes à la fois ma force et mon talon d’Achille. Ne laissez lire cette lettre à personne, même pas à un de vos nombreux scribes : il y a des espions parmi eux ! Répondez moi vous-même : j’adore déchiffre vos hiéroglyphes !

 

Pendant que mes alliés discutaient aujourd’hui et que je cherchais intérieurement lequel allait me trahir en premier, je vous ai imaginée dans votre palais le long du Nil. Cette lettre ne vous parviendra que dans quelques semaines, d’abord porteur à cheval, puis bateau et ensuite dromadaire. Autant de temps pour récupérer la réponse sur votre papyrus !

Je suis tellement amoureux de vous que j’en deviens lyrique. Ecoutez ce petit poème composé à votre intention

 

Ma chère Cléo,

Laissez moi être votre pâtre.

Pas un grec, bien sûr, pas un métèque.

Je suis romain et je le reste

Ma reine, ma pharaonne

Séductrice et ambitieuse

Votre voix ensorcelante

A fait de moi, pauvre vieillard,

L’homme le plus heureux de l’empire

Ma tendre maîtresse du Tibre

Mon tigre, ma féline ………

 

Qu’il est donc difficile d’être empereur quand je voudrais juste vous serrer dans mes bras : mais le devoir avant tout ! Gloire à mon empire, je n’aurai pas franchi le Rubicon pour rien .

Mon égyptienne, votre visage me manque ; votre petit nez retroussé et insolent, vos bijoux captant la lumière de l’Afrique. Je ne peux revenir vers vous, en Egypte, en ces temps troublés :  Dans une lointaine région de la Gaule, l’Armorique, une tribu me résiste encore mais je les vaincrai, croyez moi.

Toujours en Gaule, j’ai entendu que mon fils spirituel B avait lancé un contrat contre mon auguste personne. Ce mercenaire s’appellerait W , mais ne vous inquiétez pas, chère Amour, je surveille mes arrières. Ce félon habiterait, semble t il près de la jolie ville de Massilia : je le reconnaîtrai à son accent !

Parfois j’en perds mon latin avec tous ces dialectes, dans tous les pays que j’ai su conquérir. 

 

Je joins à cette lettre un petit coffre rempli de sesterces : viens me rejoindre à Rome, tu me manques trop. Ciel, dans mon égarement, je viens de te tutoyer, mon aimée . J’espère que tu me pardonneras : je n’ai pas le courage de recommencer cette longue missive et ne veux pas rayer ces quelques phrases

 

Cependant je reprends mon vouvoiement comme au temps de notre rencontre, c’est tellement plus énigmatique et sensuel que le tutoiement

Je vous embrasse de la façon indécente, qui je m’en souviens vous plait.

 

Votre Dévoué

Julius C.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 12:24

Ma participation de la semaine dernière aux Impromptus

 

Nous vous proposons de parodier une chanson de votre choix en réécrivant ses paroles.
Ne nous dites pas laquelle, ce sont les lecteurs qui tenteront de la découvrir au fil de leurs commentaires.
Vous n'en dévoilerez le titre et l'auteur qu'à la fin de la semaine.

 

 

 

Ma Zombie

 

J’fais un p’tit roupillon dans mon plumard bien au chaud

Quand d’nulle part, surgie du seigneur des anneaux

Tu débarques … visqueuse comme une grenouille

C’est comme une épidémie,  passer de vie à trépas

J’ai peur des revenants, et de leur teint blafard

J’ai du abuser sur l’guacamole

 

Zombie, Ma Zombie tu dois sortir après minuit

J’t’aime,tu m’fais frémir  ma belle momie

Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière

T’es jolie comme un ver

Sortie d’l’enfer

 

J’aime  ton maquillage sauce ketchup

Ton visage est symétrique comme un cyclope

Ça me plait tu es vraiment au top

J’ai mon guide de survie dans la poigne

Tu m’as tout pris, même mon âme

Pour la rajouter à ton potage à la citrouille

J’aime pas la soupe, donne moi de l’arachide

 

Zombie, Ma Zombie tu dois sortir après minuit

J’t’aime,tu m’fais frémir  ma belle momie

Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière

T’es jolie comme un vers

Saison en enfer

 

Zombie, j’aime ton teint bleuâtre, tes plaies, tes cicatrices

Tout’ décomposée, tu ricanes et craches tes maléfices

Ca fait flipper, y compris les sorciers

J’aime ta morphologie, ton ossature et ton squelette

Et ton squelette

 

Zombie, Ma Zombie tu dois sortir après minuit

J’t’aime,tu m’fais frémir  ma belle momie

Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière

T’es jolie comme un verre

Sylvaner

 

J’ai pas encore parlé de  sang et de ton odeur

Ton parfum morbide, c’est le 13 de chez Fossoyeur

 

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