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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 08:23

 

L'idée nous est venue avec Noctembule

Une petite lecture commune de ce recueil de nouvelles vous tenterait-il ? 

Si oui laissez un petit commentaire (ou un grand) ici ou chez Noctembule

fourmis.jpg

Billet prévu pour le 30 juin

Quatrième de couv :

" On est arrivés ce matin et on n'a pas été bien reçus, car il n'y avait personne sur la plage que des tas de types morts ou des tas de morceaux de types... " 
Cette première phrase des Fourmis donne le ton de ce livre. Si l'on y rencontre à chaque page l'humour en coup de poing, la fantaisie verbale, l'imagination drolatique, le goût du canular qui ont fait la célébrité de Boris Vian, on dirait qu'ils visent surtout à conjurer les menaces d'un monde hostile. Personne n'aimerait monter dans le train du " Voyage à Khonostrov ", surtout s'il n'a pas envie de faire la conversation. Personne n'aimerait résider trop près de l'école des " fliques ", où l'on voit comment la bêtise ordinaire conduit tout droit à un totalitarisme barbare.
Ces onze nouvelles de jeunesse ont été rassemblées et publiées par Boris Vian lui-même, en 1949. Elles disent déjà les obsessions et les révoltes qu'exprimeront les chefs-d'œuvre de l'écrivain, L'Ecume des jours ou J'irai cracher sur vos tombes.

 

Vous pouvez aussi aller voir le challenge Vian chez Oeil qui fume

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 00:14
REVE.jpgJ'ai noté ce livre suite à l'article d'Eeguab ici 
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Ce recueil de nouvelles regroupe 25 textes, et comme le K, certaines nouvelles sont "fantastiques", d'autres ancrées dans le réel. J'ai mis au fur et à mesure de la lecture des post-it sur les nouvelles qui m'ont enthousiasmée : et cela nous fait 5 post-it : une bonne pioche donc, et voici les 5 vainqueurs (selon mon échelle). Je tiens à préciser que toutes les nouvelles m'ont intéressée mais il faut parfois faire un choix, surtout sur un billet de blog.  
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Le rêve de l'escalier est la première nouvelle qui donne son titre aussi au recueil. C'est un être étrange qui est le narrateur ! je lui laisse la parole : "Je crois que je suis très habile à la production des rêves, en particulier de ceux qui engendent la peur. 
En fait je suis très demandé. Bien que je ne fasse aucune publicité, les esprits de la nuit me préfèrent à tant de mes collègues qui mettent des insertions coûteuses dans les journaux. 
Je dispose d'un répertoire de cauchemars très riches en imagination. Mais il y en a un qui est de très loin plus apprécié que les autres; un des moins originaux, je dois l'avouer, et la chose me mortifie un peu : c'est le rêve de l'escalier." Vous l'aurez compris, cet esprit va envoyer ce rêve à un pauvre bougre, Mr Minervini, orfèvre craignant les voleurs, celui ci va trembler, pour le plus grand plaisir du lecteur. 
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La deuxième nouvelle raconte de onze façons différentes une anecdote où on apprend petit à petit toute la vie d'une demoiselle, Annie Motleri. La première façon est purement factuelle (7 petites lignes), une demoiselle va ouvrir la porte à un vieil ami notaire. Le titre de la nouvelle "Crescendo" est extrèmement bien trouvé car dans la dizaine de paragraphes qui suivent, on va en apprendre plus sur cet ami, sur Annie mais aussi les peurs de cette femme, sa solitude.   Un luxe de détails qui fait hésiter le lecteur : quelle est la part de réalité et de fantasme dans ces descriptions de ce qui se passe après qu'Annie ait ouvert la porte à cet ami?  Existe il d'ailleurs ?
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La troisième nouvelle "Le papillon" est également "fantastique". Une nuit, à son bureau Mr Smith travaille. Il voit sur le sol un papillon mort puis décide de rentrer chez lui. Pour échapper à un attentat à son encontre perpétrés par deux mystérieux "chevaliers errants" (attentat imaginaire? ) , le sous secrétaire à l'Ordre public, Mr Aldo Smith, se transforme en chauve-souris puis en ......  pour connaître son sort, je vous recommande fortement la lecture de cette nouvelle sur l'ironie du sort. 
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La nouvelle "Vieille auto" laisse la parole à une mustang-Morrisson en bout de course. Son propriétaire veut l'envoyer à la casse.  "Anglaise de naissance, la Mustang- Morrisson est un être de peu de paroles. D'habitude, elle est très timide et réservée. Mais aujourd'hui elle me demande : "Comment se fait-il que tu n'aies pas voulu me dépoussiérer?" . Par petites touches, la voiture arrivera à convaincre son propriétaire de changer d'avis. Une nouvelle tendre sur le droit de vieillir .....
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La nouvelle "Récit à deux voix" est le dialogue entre deux amis. L'un commence une histoire, s'arrête et l'autre poursuit. Au début les deux histoires ne semblent pas pouvoir se rejoindre, les personnages en ce même lieu sont improbables, la discussion surréaliste..Un couple qui se rend au Pérou, un clergyman, un sismologue et deux jeunes sportifs.... . et puis la magie de Buzzati fait que tout s'enclenche à merveille, l'histoire devient réelle et se déroule sous nos yeux.... jusqu'à la catastrophe finale ........bon sang mais c'est bien sûr....  
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"Lettre d'amour" est la lettre qu'un homme envoie à sa fiancée. Ils ont vécu loin l'un de l'autre pendant de nombreuses années et il semble enfin possible qu'ils vivent ensemble. Tour à tour, il lui dit de venir le rejoindre , tout en disant que leur amour est impossible, qu'il est impossible à vivre,  qu'elle va finir par le détester....que tout est joué d'avance, qu'ils sont trop différents pour que cela dure, lui ignare et elle cultivée, lui amateur de vins et elle, un peu rigide, élevée par les bonnes soeurs.... Enfin, je me suis demandée s'il n'écrivait pas tout cela pour qu'elle le quitte et parte en courant jusqu'à la dernière phrase : "Allons, mon amour, prends l'avion, prends la fusée interplanétaire, le tapis volant. Viens vite, je n'en peux plus. Viens ma chérie, nous serons malheureux ensemble, je te le jure."
        
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En conclusion : un livre et un auteur que je recommande fortement 
UN MOT DES TITRES
Ma participation au challenge de Calypso un mot des titres : Le mot était "rêve"
 
 
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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 18:53

e_joelmeyerowitz.jpgQuand j’ai vu la photo dans le journal, j’ai pris peur. Allait on me reconnaître et deviner la part que j’avais prise dans cette affaire?
Négligemment, j’ai acheté au marchand de journaux un Paris Match (le buraliste m’a fait un clin d’oeil en disant que Catherine Deneuve dans les Demoiselles de Rochefort avait la même coiffure que moi mais en moins bien). Pour faire bonne mesure, j’ai également acheté une revue féminine et le quotidien qui fait la une avec ce meurtre étrange. Entre les lignes, j’ai vu que les journalistes et la police n’avait aucune idée de ce qui s’était passé. Ils ne donnaient que le lieu et l’heure : Avenue de l’Opéra 8H30. Même pas l’arme du crime, c’est dire, en même temps je crois avoir trouvé l’arme parfaite, discrète et sans effusion inutile.
C’est le mois de juillet, on ne le voit pas sur la photo, une autre femme que moi est bras nus, les autres ont gardé chemise, complet et veston. C’est vrai qu’il fait froid pour un mois de juillet. 12 petits degrés le matin, 15 dans l’après midi.
Sur la photo, je suis de dos, c’est déjà cela. Le type qui est par terre, c’est Luke la main froide, un dangereux tueur à gages. Espion de surcroît. Je suis moi même espionne, même si Oscar ne me croit pas. L’autre jour, je lui ait dit que Luke était revenu. Au début il a paru intéressé par mon histoire et au bout d’un moment je me suis dit qu’il décrochait : (je l’ai vu dans son regard , c’était comme un reflet dans un œil d’or). Pile au moment où je lui racontais que la comtesse de Hong kong et la chinoise sont revenues!! « Encore les triades chinoises ! » a t il soupiré. Et il a ajouté un rien désabusé « Eh qu’est devenu le samouraï de la semaine dernière ? » . Je ne l’ai pas écouté Oscar , heureusement que j’ai l’oeil et que je surveille mon quartier de Paris. Le livreur qui pousse son diable avait l’air louche aussi : trop bien habillé pour être un honnête livreur, et le type qui enjambe Luke, un complice à n’en pas douter, le type en vélo s’est à peine retourné, j’ai vu sur son front les stigmates des plus grands voleurs.
Oscar a eu l’air sceptique quand je lui ait dit que Luke me suivait dans la chaleur de la nuit. Bon c’est pas faux qu’il fait frisquet en ce moment, mais cet homme me déshabillait du regard et me rendait brûlante, j’ai bien vu ses yeux pervers au moment où j’ai enfoncé mon aiguille à chapeau dans sa carotide. Il a basculé les bras en arrière. Oscar me dit que je m’imagine des choses, d’ailleurs il en sait trop pour un psy, je crois que je vais m’occuper de son cas : il me pardonnera, il sait que ce sont les risques du métier. Et lui seul connait mon pseudo, la collectionneuse.

 

 

La consigne de Gwenaelle : (clic pour voir les autres participants)

Lors de ma récente escapade à Paris, j’ai eu la chance de voir l’exposition consacrée au travail de Joel Meyerowitz, un photographe américain, à la Maison Européenne de la Photographie. Je vous propose aujourd’hui de produire un texte en partant d’un de ses clichés, pris à Paris en 1967. Une photo étrange, qui pose plus de questions qu’elle n’y répond…

Très simplement, choisissez une des personnes présentes sur ce cliché et racontez sa version des faits.


Texte rédigé avec les titres de films suivants (merci à Wikipédia pour cette liste des films sortis en France en 1967)
La Comtesse de Hong-Kong de Charles Chaplin.
Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy.
Dans la chaleur de la nuit de Norman Jewison.
La Chinoise de Jean-Luc Godard.
Oscar d’Édouard Molinaro.
Luke la main froide (Cool Hand Luke) de Stuart Rosenberg.
Reflets dans un œil d’or, de John Huston.
Les Risques du métier, d’André Cayatte.
Le Samouraï de Jean-Pierre Melville
La Collectionneuse, film d’Éric Rohmer.

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 00:00

 

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-com

 

Dans la brume de l'esprit d'un poète, 
Une rime cherche  à naître,
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L'homme sommeille, et dans le souffle léger du début de son repos, ne se rend pas compte des efforts de la rime pour apparaître. 
Notre rime, s'épanouit, pointe le bout de son nez,  s'ouvre ainsi  à l'innocence de l'inspiration. Dans sa naïveté de nouvelle-née, elle avait espéré naître dans l'esprit d'un poète, passer son enfance dans le bain d'une langue maternelle, devenir mûre en récitant ses conjugaisons, apprendre de beaux poèmes, visiter les siècles angéliques, pourquoi pas décrire des diablotins zélés et des cupidons ailés, parler d'Adam et Eve....... Mais en s'éveillant, elle se rend immédiatement compte qu'elle a élu domicile dans l'esprit d'un peintre et non d'un poète. Tout n'est que débauches de couleurs : La rose Toulouse, La rouge Collonges, la blanche colombe, la bleue et goûteuse orange, la verte prairie se mélangent. 
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Dans les dédales du cerveau de Giorgio, la rime déambule, elle doute de rencontrer des mots avec qui se marier, se mirer dans une strophe aérienne. Mais dans l'esprit du dormeur Chirico, nulle place pour les mots, seules les images ont le droit de cité. La rime tintinabule  de rue en rue, dans ce labyrinthe de maisons, qui ont l'air de se serrer le soir au coin du feu. Elle passe le petit pont, grimpe la colline pour avoir une vue d'ensemble du rêve du peintre.  Inconsciente, elle prend une multitude d'escaliers, trébuche, tourne une fois à droite, trois fois à gauche, emprunte maintes impasses, fait demi tour, ivre des couleurs de la ville qui s'éveille. Comment renouveler l'inspiration?  se marre la rime pompette,  elle doute, elle a tant erré dans les méandres de la ville endormie, retrouvera t elle le chemin ?
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Enfin, quand le sommeil du dormeur se fait plus lourd, et sa respiration plus lente, elle arrive à la tour de guet. Du haut de son toupet, elle se rend compte que la ville à ses pieds, dans un mensonge fastueux, s'est transformée en cheval de ruelle. La blancheur et la tristesse de son oeil la paralyse, la fascine, vieille cité divine. 
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Dans un dernier paradoxe, la rime se réveille, contente d'avoir visité un peintre plutôt qu'un poète. L'esprit des poètes est en grève. Ces êtres, infesté de vers, peinent à expliquer, à se renouveler sur les mots, le peintre, lui,  l'aidera il à s'exprimer?  
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Le dormeur se retourne, grogne ou fredonne un air oublié. Soudain, la vie de la rime tourne au cauchemar,  des nuages crèvent au dessus de la cité, des trombes d'eau noient notre pauvre amie.   
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Dans un ultime sursaut, elle se regarde dans une mare,  et dans la flaque devenue miroir, notre rime  se retrouve émir : Chameaux, déserts , caravanes et sirènes, de charade en syllabes, la rime pénètre l'esprit du peintre et la pureté de ses désirs. 
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La rime brimée se brise et vole en éclat. Elle accuse le temps d'être assassin.  Elle a vécu ce que vivent les rimes, l'espace d'un songe.
 
Le tableau de Giorgio di Chirico : 
Giorgio_de_Chirico--1-.jpg
Le lien vers Collonge la rouge : ICI   ou LA      (où on peut voir la maison des sirènes)
 

Les mots collectés par Asphodèle

  Blancheur – doute – débauche – enfance – pureté – accuser – angélique – temps – diablotin – naïveté – mensonge – fredonner – fastueux – flaque.

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La consigne des Impromptus littéraires 

Votre imagination a bien travaillé cette semaine, mais vous savez qu'elle travaille aussi la

nuit, sans rime ni raison... C'est pourquoi nous vous proposons maintenant d'écrire un texte

sur le sujet de votre choix, dans la forme qui vous convient ; seule contrainte : utiliser au

moins trois mots qui riment avec rêve, trois autres qui riment avec songe, trois qui riment

avec cauchemar.

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 00:00

 

Omar-Jo se leva, fit lentement le tour de la piste, posa la main sur le toit sculpté du carrosse. Au bout de quelques secondes, il s'adressa au forain qui s'évertuait à rafistoler l'étrier d'un des chevaux de bois :

- Ton manège est le beau. Mais moi, j'en ferai le plus beau de la ville. Le plus beau de tout le pays !

 Sans attendre de réponse, l'enfant se dirigea vers la cabine, y pénétra, fouilla dans un coffre rouillé, en tira des chiffons et des produits d'entretien. Derrière le tiroir-caisse, il découvrit un plumeau, un balai. Amassant le tout, il revint sur la plateforme et se mit tout de suite au travail.

Passant du cheval gris moucheté au noir, au fauve, à l'alezan, au bai-cerise, il frotta leurs jambes, leur poitrail, leurs flancs ; les bouchonnant comme s'ils étaient vivants. Il lustra leurs crinières et leurs queues, fit étinceler brides et rênes. A califourchon sur chaque monture il rinçait, puis curetait l'intérieur de leurs oreilles, de leurs naseaux.

- Des nids à poussière! s'exclama-t-il à quelques pas de Maxime qui le fixait bouche bée. Finalement, il entreprit le nettoyage du carrosse. 

.   

Andrée Chedid - L'enfant multiple

 

 

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 21:00

passante sans souciParis, milieu des années 1930. Le narrateur est journaliste, écrivain. Il passe ses soirées dans le quartier de Montmartre, principalement attablé à un bar, le Sans- Souci. Un matin, il aperçoit une femme qui semble fuir. Intrigué, il s'interroge, la suit. Il finit par apprendre son nom, Elsa Wiener, elle a fuit l'Allemagne nazie, avec Max un enfant infirme d'une douzaine d'années.

Ce passage est un extrait de la première rencontre entre le narrateur (Kessel?) et Elsa : 

Un effroi sans nom déformait ce tremblant murmure. Une terreur qui confinait à la panique écartelait le beau visage. 
- Mais quel crime inexpiable avez vous donc commis envers Hitler ? demandai-je, en plaisantant. 
- Moi aucun, mais ils ont arrêté mon mari, dès leur arrivée au pouvoir. Si je ne m'étais pas enfuie, ils me jetaient en prison comme complice.
- De quoi donc ?
- Est ce que je sais ! Est ce qu'ils savent eux mêmes! Michel, mon mari, était éditeur. Il paraît qu'il publiait surtout les écrivains de gauche. Des livres contre la guerre. Mon pauvre Michel ! Il ne s'est jamais occupé de politique.
- On le relâchera bientôt, dis-je avec assurance.
- Dieu vous entende. Il doit passer bientôt en jugement. Dans un autre pays, je serais sûre de sa libération. Mais avec ces brutes horribles...
Elsa promena sur la salle un regard traqué, et reprit : 
- Horrible, oh, oui. Ils aiment le sang, la souffrance. Pensez qu'ils ont estropié le petit Max. Simplement parce qu'il est juif. Son père, très bon musicien, venait me faire travailler. L'enfant l'accompagnait parfois. Un jour en route, ils furent lapidés par les miliciens. Le père y resta : le petit eut les jambes et le bassin brisés. On le rapporta chez nous. Il n'avait plus personne, car sa mère était morte depuis longtemps. Je l'ai gardé. Cela se passait avant même que Hitler ait tout pouvoir. Maintenant les bourreaux sont les maîtres. Je n'ai jamais pu haïr personne. Mais eux, je les hais autant que j'en ai peur. (p45)
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Dès lors, il  devient son ami, et essaie tant bien que mal de l'accompagner dans son désir de sauver son mari interné. Au début, il l'aide,  trouve à Elsa et Max un pied à terre près de la mer pour se ressourcer. Au retour d'Elsa et de Max à Paris, il assiste, impuissant à la lente descente aux enfers d'Elsa.  Le lecteur suit leur relation (platonique) avec un peu de distance car on voit essentiellement Elsa à travers le regard du narrateur. Comme il  est journaliste, il s'éloigne souvent de Paris et part à l'étranger. Lors de ses retours successifs en France, il prend conscience de la déchéance d'Elsa, qui devient peu à peu obnubilée par son mari prisonnier et qui cherche par tous les moyens à lui envoyer de l'argent, sacrifiant sa santé (physique et mentale) dans cette fixation. 

- Comme je l'aime, comme je l'aime, chuchotait-elle en joignant faiblement les mains qui commençaient elles aussi à se déformer. Comme je l'aime. 
C'était effroyablement, merveilleusement vrai. Ce que n'avaient pu faire l'attention la plus assidue, la plus constante sollicitude, cela - la misère, l'alcool, Dominique, la prostitution avaient réussi à l'obtenir. Elsa avait commencé à donner par devoir. Mais ce don l'avait entraînée si vite et si loin, il avait exigé d'elle un si profond et si ruineux tribut qu'il ne lui était rien resté pour elle même. Tout ce qui faisait sa force, son honneur et sa joie, Michel, sans le vouloir, l'avait pris.  (p 149)
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Le narrateur arrive à la convaincre d'arrêter de se droguer à l'héroïne mais pas à l'alcool. 
Quand un être se détruit pour une grande idée ou pour un grand amour, j'ai toujours pensé qu'il a choisi un domaine dont il n'appartient à personne de vouloir le ramener. (p151)     
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J'ai beaucoup aimé ce roman, tant pour la richesse des personnages, que pour le contexte historique.  Comme le dit la quatrième de couverture, ce livre paru en 1936, montre avant l'heure, la dangerosité d'Hitler et du nazisme. Elsa sera broyée par l'Histoire. Michel et Max , très touchés également, sont très émouvants, en particulier Max, qui malgré sa jeunesse comprend parfaitement les motivations d'Elsa dans sa quête éperdue et son sacrifice.  

 

Livre lu dans le cadre du mois Kessel chez Denis (challenge littérature francophone)

LittFrancophone

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 19:25

ORMESSON-AMOUR-DIEU.jpg

 

Lecture commune avec Eeguab le 31 Mai 

 

Présentation de l'éditeur : En hommage à la mémoire de son grand-père, symbole de la tradition, contraint de s'éloigner à jamais de la terre de ses ancêtres, le cadet d'une vieille famille française enfermée dans l'image du passé raconte ce qui a été et qui achève de s'effondrer. Le berceau de la tribu, le château de Plessis lez Vaudreuil, est au centre de cette longue chronique qui embrasse, depuis les croisades jusqu'à nos jours, l'histoire du monde, du pays, du clan de tout ce que la lignée a incarné et en quoi elle a cru, et qui s'est peu à peu effrité. Un mariage d'amour et d'argent, les idées contemporaines et subversives, les livres, les mœurs nouvelles ouvrent successivement des brèches dans la forteresse de la tradition. L'histoire du Xxe siècle, avec ses situations paradoxales, précipite la mutation et la décadence d'une famille qui avait su, à travers tous les cataclysmes, maintenir ses privilèges et conserver son charme.

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      Lecture commune avec Denis  le 15 juin

BRAISE.jpg

Présentation de l'éditeur : Dans un château de la campagne hongroise, Henri, un général de l'armée impériale à la retraite, attend la venue de Conrad, son ami de jeunesse et condisciple de l'école militaire. Cela fait 41 ans exactement qu'ils se sont perdus de vue, depuis cette partie de chasse au cours de laquelle Conrad a pointé son fusil vers Henri, avant de disparaître le lendemain, sans aucune explication. Pourquoi ce geste ? Pourquoi ce long silence ? Pourquoi la femme d'Henri, impliquée dans l'affaire, a-t-elle toujours refusé de parler ? Aujourd'hui, après toutes ces années, les deux hommes vont enfin pouvoir s'expliquer. De cette confrontation dramatique, Sandor Marai a fait un beau roman qui renoue par son style avec la célèbre Conversation de Bolzano. Roman flamboyant de l'amitié et de l'amour, où les sentiments les plus violents couvent sous les cendres du passé, Les Braises est également un tableau de la monarchie austro-hongroise agonisante - celle que Joseph Roth a décrite dans La Marche de Radetzky. 

 

Et vous cela vous tente ?? 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 12:02
J'ai voulu jouer à la roulette russe. J'ai joué , je me suis fait prendre, j'ai perdu.
Maintenant il est trop tard pour les remords, quand le vin est tiré il faut le boire!!! Je n'aurais jamais dû ....jamais dû céder à ses désirs. Derrière la porte, les hommes sombres me surveillent, ils m'ont tout enlevé, lacets, ceinture, foulard. Comme si j'avais envie d'en finir. Je me rappelle de tout et du reste. De la rencontre dans un bar enfumé, de l'avoir séduit en utilisant mon porte cigarette comme Marlène Dietrich, de notre mariage en blanc, somptueux, de la famille qui nous regardait en ricanant, la différence d'âge sans doute.....  Je me rappelle  notre lune de miel si courte, puis sans presque de transition je revois ses yeux sombres, respire son haleine d'agonisant, entend son ton suppliant qui me criait : "je n'en peux plus, ma chérie, aide moi". Je me rappelle aussi en vrac  son odeur de malade,  ses doigts jaunis, ce cancer galopant dans ses poumons, tout ce goudron absorbé pendant des années. Un goudron qui tapissait les alvéoles qui n'arrivaient plus à s'ouvrir, qui le plongeait dans la nuit et la terreur.     
Je me rappelle aussi de ma décision, la seringue et la morphine. J'aurais dû me méfier de sa famille. Les regards qu'ils me lançaient aurait dû me prévenir qu'ils feraient tout pour récupérer l'héritage.
J'ai voulu jouer à la roulette russe. J'ai joué,  j'ai perdu. Serai je pendue? 
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Texte écrit dans le cadre de cet atelier (cours d'écriture créative à distance) que m'a fait connaître Cécile d'Ecrimagine
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Son texte sur la même consigne "cigarette et noir" est ici
..
Et vous? Que vous évoquent cigarette et noir  ? 
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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 17:35
piano.jpgAu début tout allait bien entre nous. On faisait une fine équipe avec le Jeannot. On avait une martingale. Lui il était jardinier dans les grandes propriétés de la côte et moi, Pierrot,  j’étais livreur de légumes. Il avait les sources, j’avais la camionnette. Il savait quand les grandes familles partaient de leur résidence secondaire, pour retourner à la fin des vacances, reprendre leur train-train en ville. Moi j’ai un goût très sûr en art, les tableaux, les antiquités ça me connait. J’ai pas fait l’école du Louvre mais je sais reconnaître un hors d’œuvre d’une copie.  
Tout s’est gâché quand il a fait la connaissance de la donzelle, la Mélodie. Quelle pimbêche celle-là avec  ces grands airs ! Mélodie, en plus je suis sûr que c’est même pas son vrai nom, elle travaille (si on peut appeler ça travailler), dans un troquet sur le port où elle pousse une chansonnette avec le peu de voix qu’elle s’imagine avoir. Et justement, le pauvre Jeannot qu’a jamais eu beaucoup de jugeote, il s’est laissé avoir par ses belles paroles, la pauvre pianiste obligée de chanter pour envoyer des sous à sa famille et patati et patata. Il la regarde comme si elle est la huitième merveille du monde. Je suis sûr que quand elle dit "les 4 saisons de Vivaldi", il pense à une pizza. Au début, leurs dialogues me faisaient sourire :   "Beethoven est  mon compositeur préféré" disait elle, "moi aussi j'adore ce chien" répondait il, les yeux perdus dans le vague pour ne pas avoir l'air de scruter son corsage! et il approuvait quand elle parlait de Berlioz des trémolos dans la voix. "J'ai vu vingt fois les Aristochats" répondait il . "Berlioz n'est pas mon préféré je préfère, Toulouse le chat peintre". Je les trouve pathétiques, les tourtereaux. Le mariage de la carpe et du lapin comme disait ma grand mère. Dommage qu'elle soit pas muette la Mélodie, parce que Jeannot.....  
C’est Jeannot qui m’a convaincu de l’emmener la Mélodie sur notre dernier gros coup, la résidence secondaire du sous-préfet. Il avait dit  « Pendant qu’on vide la maison, Mélodie fera le guet » 
Mon œil, elle a jamais dû faire le guet la Mélodie parce qu’au bout de cinq minutes dans le jardin, elle est venue nous rejoindre dans le salon. Elle a flashé sur le piano, alors qu’on était en train d’emballer un tableau : un maudit Gliani MAGNIFIQUE ! Alors elle a fait des pieds et des mains pour qu’on emmène le piano. Il a pas su dire non le Jeannot et lui mettre la baffe qui me démangeait mais je m’occupe pas des histoires de couple des copains, moi ! On s’est donc retrouvé tous les trois dans la camionnette, le piano à l’arrière, Mélodie entre nous deux (en laissant tous les tableaux dans la maison du sous-préfet). Ma camionnette, elle a pas l’habitude de tout ce poids et dans le virage de la corniche qui mène à la pointe du Raz, les portes se sont ouvertes en plein et le foutu piano a glissé. Je vous passe les cris de la Mélodie (quand je pense que le Jeannot dit qu’elle mérite son nom). On s’est donc  arrêtés et là on s’est rendu compte que la corde qui retenait le piano était inutilisable. Il commençait à faire jour, et là j’ai paniqué en regardant les deux autres loustics. On était quand même très repérables, la Mélodie qui piaillait, le Jeannot qui essayait de lui faire entendre raison. Alors moi, j’ai pris mes jambes et ma camionnette à mon cou et j’ai mis les bouts. Dans le rétro, j’ai vu la Mélodie et le Jeannot penchés l’un contre l’autre, elle jouait du piano. Y a pas à dire ces tourtereaux dans le soleil levant des falaises, la mer en arrière plan, ça avait de la gueule. Je me demande bien si le Jeannot est récupérable pour la cambriole après cette aventure.
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La consigne de Gwenaelle
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Il y a quelques semaines, un piano a été trouvé au bout de la pointe du Raz. Pesant une centaine de kilos, ce n’est pas le genre d’objet que l’on peut déposer discrètement et pourtant, personne ne sait comment il est arrivé là.
Si ce mystère vous inspire, je vous propose de nous expliquer, en mille mots maximum, comment cet instrument a abouti là… 
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Les autres participants sont ici
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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 00:00

plumedesmotsunehistoire3

 

 


Au petit matin, Jeannot fut réveillé par un rayon du soleil. Il ouvrit un oeil,remua sa moustache, ouvrit l'autre oeil, regarda dans sa couche près de lui si sa chère et tendre Colombe dormait encore. Personne !!!
Inquiet, il se leva d'un bond. Il avait trop dormi. Et Colombe qui était si fragile en ce moment ! sa future maternité l'empêchait de dormir sereinement. La naissance était elle proche ? Etait elle allée prendre l'air ? Jeannot détala comme une flèche, appelant son amoureuse. Il sortit de leur chambre comme d 'un chapeau et dans le labyrinthe, prit un fois à droite, une fois à gauche, dans la direction de la nursery, criant qu'il allait être en retard. Et puis cette maison était trop grande ! Il n'était pas d'accord pour l'emplacement de cette nursery. Trop loin de la chambre des parents ! ! Pas moyen de couver et d'élever une progéniture convenablement sur ce toit en pente, mais Colombe avait été inflexible. Leur rejeton devait naître à l'extérieur et en hauteur comme ses ancêtres. "On ne déroge pas à des habitudes millénaires", avait elle déclamé. C'était elle la mère, elle savait ce qu'elle faisait ! Jeannot s'était senti minuscule face à sa bien aimée qu'il ne reconnaissait plus. L'être qu'il aimait plus que tout au monde était devenu une étrangère, qui montait sur ces ergots alors qu'il ne faisait que l'effleurer.  Elle n'avait rien voulu entendre : peu importaient les arguments de Jeannot sur le principe de précaution, sur le fait que dans sa famille à lui , les enfants dormait ensemble, serrés comme des peluches,  dans des berceaux douillets, un mètre sous terre.  
Jeannot senti la moutarde lui monter au nez , elle exagérait Colombe. Elle autrefois si douce, elle ressemblait maintenant à une grenade dégoupillée, un pétard fraîchement allumé. Le choix de futur prénom avait été un  détonateur de disputes, un révélateur de leurs différences.  Des noms d'oiseaux avaient volé ! Surmonteraient-ils cette épreuve ?     
Colombe ne parlait plus, ne mangeait presque plus , elle qui avant était un vrai bec sucré. 
Précautionnement, et pris  vertige, Jeannot grimpa sur le toit et s'approcha de Colombe qui couvait des yeux leur futur bébé, roucoulant d'un amour contenu : "Je me demande bien quelle tête va avoir notre enfant, car même si je sais que je l'aimerai toujours, comment trouvera t il sa place dans la société ?  la population environnante est elle prête à lui laisser une place ?" 
Ensemble Jeannot Lapin et Colombe, regardèrent l'oeuf se fendiller, et leur enfant sortir. Une tête hibouriffée et agile indiquait un tempéremment curieux et avide de découvertes.   Soulagé, Jeannot remarqua tout d'abord les grandes oreilles puis les fines ailes duveteuses Colombe murmura de sa voix redevenue douce et aimante.  " Il va falloir que tu ailles faire ta déposition à la mairie : et si on appelait Mélodie Lapinlombe, notre bébé ?  c'est une fille " 

 
Les mots collectéspar Olivia
habitude - principe - face - même - population - détonateur - parler - flèche - aimer - déposition - oeil - allumer - indiquer - effleurer
Photo prise lors de vacances en Espagne  en 2011(port LLigat- Maison Dali)
TRAIN-ET-DALI-2011-184.jpg
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La consigne d'avril d' Azacamopol
Si je vous dis "Avril"... à quoi pensez-vous ?
 
Avril, c'est le mois du Lapin de Pâques, le mois des œufs en chocolat, des poules, des poissons aussi...
Un mois festif pour les enfants.
Alors, en ce mois d'avril 2013, nous allons raconter, leur raconter, une histoire.
 
Pour cela, Azalaïs nous prête une photo prise par son mari.
Il s'agit de la maison-musée de Dali à Portlligat à côté de Cadaquès.
Cette histoire, ce conte, cette légende que nous composerons aura pour titre :
"L'œuf géant du lapin blanc"
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Je ne suis pas parvenue à mettre dans cet article la photo en question . Pur aller la voir c'est ici. On voit l'oeuf avant la naissance (et la mer par dessus le toit à moins que ce ne soit le ciel par dessus le toit)
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Published by Valentyne - dans Désirs d'histoires
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