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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 00:00

plumedesmotsunehistoire3

 

 

Adam8885 se réveilla en sursaut. Une trompette sonnait le branle-bas de combat. 
Tout de suite, il entendit le haut parleur de sa chambrée cracher. "Attention , attention, tout le monde sur le pont", "Alerte maximum",  je répète "Alerte maximum",   "l'équipe des Rouges est demandée de tout urgence. L'équipe des Blancs n'est pas mobilisée , elle reste à l'atelier, en support au cas où il y aurait des blessés et où on aurait besoin de  renfort pour protéger l'avant garde." 
Comme toujours en pareil cas, Adam8885  se leva rapidement et suivit le flot de ses coéquipiers, tout de rouge vêtu comme lui. "Voilà, Voilà" bougonnait il, "c'est intolérable d'être réveillé ainsi en pleine nuit ". 
Il essaya dans le brouhaha général de savoir de quoi il en retournait. Son opinion était que c'était juste une fausse alerte , histoire de voir si la montée d'adrénaline se faisait bien, si tous les vaisseaux étaient en ordre de marche. 
Son chef harangua la foule qui était apparue en un clin d'oeil : "On est sur un gros coup , un coup de foudre. Notre patronne vient de tomber amoureuse. Il faut lui faciliter la tâche, que dis je, il nous faut assurer, montrer tout notre savoir-faire. Je souhaite que vous fassiez preuve de votre rigueur la plus professionnelle, notamment toi Adam8885. Il ne faut pas lâcher le morceau". 
Adam8885 soupira : "Encore amoureuse, la dernière fois, j'étais avec l'équipe de tête et franchement , son amoureux avait des yeux bovins et un teint de cachet d'aspirine . Il lui avait offert un affreux bouquet de roses rouges, certainement pour la séduire, cela avait été un fiasco total"
 Chef1254 lui coupa la parole. "Bon sang, Adam8885, cette fois vous êtes affecté à l'équipe du Col. Vous avez le droit de passer par les artères principales, vous pouvez griller tout les feux rouges. En avant , toute. De quoi vous plaigniez vous ?  un peu d'humilité vis à vis de vos camarades ne nuirait pas ! " 
Adam8885 sauta de joie. Pour une fois il avait de la veine : il allait appartenir à l'équipe du Col, celle qui assistait au tir du feu d'artifice, l'équipe la plus proche du tsunami, si tsunami il y avait bien sûr. 
Puis Chef1254  se désintéressa d'Adam8885 et entreprit de donner les consignes aux autres équipes : "Vous là bas, je vous nomme équipe du mollet gauche, ce n'est pas le moment d'avoir une crampe : ll vous faut irriguer, baigner, arroser." Et cette escouade, là, je vous charge du mollet droit, il a montré des signes de fatigue la semaine dernière.  Vous les bleus, je vous nomme "Equipe de la Force du Poignet. Enfin, vous les Rouges foncés, je vous nomme chef de coeur, il faut que ça pulse. Exécution"    
Alors Adam8885 redoubla d'efforts. La montée du col était difficile, mais sa tenacité allait être récompensée par une émotion qui serait peut être unique dans sa courte vie.  Lui et ses quatre millions  de collègues au mm3 allaient devenir célèbres, ils progressaient à vive allure pour remplir leur tâche. Ils nageaient au milieu des hormones et des plaquettes, comme ivres.
"On y est les copains" cria Adam8885 le globule rouge. "被财迷5的继 : On est arrivés  au col de l'utérus !!!". 
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Les mots collectés par Olivia  (clic pour lire les autres participants)
célèbre - attention - redoubler - bovin - apparaître - morceau - rigueur - opinion - force - mollet - notamment - intolérable - souhaiter
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Les 10 mots de la semaine de la francophonie, Miss Bouqinaix organise un petit concours ici 
Atelier, bouquet, cachet, coup de foudre, équipe, protéger, savoir-faire, unique, vis à vis, voilà

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 19:29

      

- Comment ces deux là se sont ils retrouvés ensemble ? 
Elle saisit son verre d’un geste réticent. 
- Nous le détestions tous, alors, bien sûr elle l’a épousé. (Elle but une gorgée.) La réaction a toujours été la marque de fabrique de Victoria. 
Elle fit tourner le vin dans son verre, le contempla, et j’espérai qu’elle se remettrait à chanter. 
- Je n’ai jamais pensé que ça allait durer. Il était si conforme, si normal. 
Je hochai la tête.
- Nous appelons ça le débourrage forcé. Là, d’où je viens, quand on a un cheval qui a trop de caractère, on l’attache tout simplement  à une mule pour la nuit. Quand on revient le lendemain matin, on a un cheval différent. 
Elle m’observa. 
- J’imagine que c’est toujours la mule qui gagne ?
- Oui presque toujours. 

 

 

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 09:21

 BALLADE LILA K

 

 

    Dans un futur proche, à Paris (même si je crois que le nom de la ville n’est pas citée). Une nuit, une petite fille est réveillée par des hommes mystérieux qui arrêtent (violemment) sa mère. La petite fille Lila est emmenée dans un centre. Commence alors pour elle un difficile réapprentissage de la vie, elle ne marche plus, ne parle plus est totalement repliée sur elle-même. Lila, en grandissant a un seul objectif : retrouver sa mère et comprendre…. Comprendre ce qui lui est arrivé, qui elle est…. Grâce à de nombreuses rencontres de personnes qui l’aident, Mr Kaufmann, Fernand et sa femme Lucienne, petit à petit elle arrive à donner à son entourage l’illusion qu’elle rentre dans le rang…. mais au fond d’elle-même elle ne perd jamais de vue son but qui est de retrouver sa mère. Blandine Le Callet sait nous faire partager, les pensées de cette enfant puis de cette jeune femme, en distillant au fil des pages des indices et des révélations sur ce monde où manipulations génétiques et caméras sont omniprésentes. Le monde décrit se situe dans une ville intra-muros (là où vit Lila K) et l’extérieur est la Zone (où Lila se rend pour retrouver trace de sa mère). Les habitants intra-muros sont « privilégiés », bien nourris, reçoivent des injections pour ne pas vieillir. On apprend petit à petit qu’il y a eu des évènements qui ont instauré une barrière entre intérieur et extérieur, et le début de la vie difficile de Lila et de sa mère.

 

J’ai eu beaucoup de plaisir à suivre Lila K dans son enquête : quel courage et quelle ténacité ….

 

Ce livre m’a tentée pour sa quatrième de couverture qui fait mention de «références Orwelliennes ». Effectivement si cet univers fait parfois penser à 1984 (le rôle des livres, les hélicoptères qui tournoient en permanence au-dessus de la ville), ce roman n’est pas aussi sombre que 1984. Tout d’abord du fait de la personnalité attachante de Lila K et puis à la différence de 1984 la fin est pleine d’espoir, pour Lila K ….et ses contemporains

 

 

 

Trois extraits : La relation de l’enfant avec son médecin du centre Mr Kaufmann

M. Kauffmann s'intéressait beaucoup à ce que je ressentais, à ce que je pensais. Il me demandait toujours : Comment vas-tu, aujourd'hui? Comment trouves-tu ce morceau ? Est-ce que tu aimes cette couleur ? Personne ne m'avait jamais posé ce genre de questions, et j'étais la première surprise. J'essayais de répondre, tant bien que mal, mais ce n'était pas évident de raconter ses pensées, et d'exposer ses sentiments. C'est comme tout mettre à l'envers, l'intérieur vers l'extérieur, ça n'est pas naturel. En tout cas, ça ne l'était pas pour moi. Pour ne rien arranger, je ne trouvais pas les mots ; ils me manquaient, parce que j'avais appris à parler bien tard, et que mon vocabulaire demeurait limité. Ca ne pardonne pas. Très souvent, je n'avais plus rien sur le bout de la langue, et je restais sans voix, contrainte de tout garder à l'intérieur, enfermé, prisonnier sans aucun moyen d'en sortir. Ca me mettait en rage, et parfois même en larmes. (p42)

 

Mr Kaufmann lui offre des livres (pour ces 10 ans)

- Comment dites-vous que ça s'appelle ?

- Un livre. C'est ce qu'on avait, avant les grammabooks.

- Et... Qu'est-ce qu'il est écrit dedans?

- Cela dépend du livre.

J'ai ouvert des yeux ronds. Je n'y comprenais rien.

- Laisse-moi t'expliquer : tu vois, avec un grammabook, on n'a qu'un écran vierge sur lequel vient s'inscrire le texte de ton choix. Un livre lui, est composé de pages imprimées. Une fois que le texte est là, on ne peut plus rien changer. Les mots sont incrustés à la surface. Tiens, touche.

J'ai posé la main sur la feuille. J'ai palpé, puis j'ai gratté les lettres légèrement, de l'index. M Kaufmann disait vrai : elles étaient comme prises dans la matière. Ca ne peut pas s'effacer?

- Non c'est inamovible. Indélébile. Là réside tout l'intérêt : avec le livre, tu possèdes le texte. Tu le possède vraiment. IL reste avec toi, qans que personne ne puisse le modifier à ton insu. Par les temps qui courent, ce n'est pas un mince avantage, crois-moi, a- t-il ajouté à voix basse. Ex libris veritas, fillette. LA vérité sort des livres. Souviens toi de ça : Ex libris veritas. (p59)

 

Et enfin la première incursion de Lila K vers la Zone

Le premier samedi de septembre, j'ai pris le tube jusqu'à la frontière sud. C'était le plus loin que je pouvais aller sans risquer d'éveiller les soupçons. Le voyage qu'il me faudrait accomplir pour rejoindre ma mère me mènerait très au-delà, mais je me disais que c'était déjà bien de rejoindre la frontière pour repérer les lieux, les respirer. Je pensais que cela m'aiderait à me sentir plus confiante, quand viendrait le grand jour. Je suis arrivée en fin d'après-midi. J'avais pris mes précautions - lunettes noires sur le nez et dans ma poche, le flacon d'anxiolytiques, au cas où. Mais je n'ai pas eu besoin de m'en servir. Tout était comme sur les images des actualités, exactement, propre et joli, en ordre : le mur interminable avec ses fresques abstraites et bariolées, les buissons d'hortensias roses et bleus, tous les vingt mètres un mirador surplombant un check-point. De longues files de zonards s'étiraient sur la place en un ordre parfait, quasiment géométrique. Les portiques de sécurité les happaient en un flot continu. Au-dessus,clignotait le message : "toute atteinte à la fluidité du contrôle donnera lieu à des sanctions". Tout se passait très vite, calmement, sans bavures : les hommes présentaient leur visage, leur carte de séjour: les automates vérifiaient les cartes et scannaient les iris en deux secondes à peine.. Pas le moindre grain de sable dans le grand engrenage. Je comprenais mieux que la ville parvienne, en quelques heures à peine à se vider chaque soir de millions d'immigrés, qu'elle ravalait au matin, avant de les recracher à nouveau, le soir suivant. p 270- 271

 

Ce livre a eu de nombreux prix parmi lesquels : Prix des lecteurs du Livre de Poche 12 / Prix Culture et Bibliothèques pour tous 2011 / Prix des lecteurs des Ecrivains du Sud 2011 / Prix des lecteurs de la Ville de Brive 2011

ce qui l'inscrit bien dans le challenge de Laure

c'était une lecture commune proposée par  Enna  (ici); avec Laure ,  Etoilla ,  Métaphore et  Géraldine

 

logo-challenge-c3a0-tous-prix--1-.jpg

 

 

et une participationau Challenge Monde Imaginaires d'Aymelinelogo-challenge-lieux-imaginaires

     

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 12:12
plage.jpgSur la plage déserte, on voit une silhouette qui s'approche (elle est trop loin pour savoir si c'est un homme ou une femme). 
La voix off raconte :
"Il faut que je me dépêche. Il arrive , il arrive ! Après je n'aurais plus moyen de faire la cour à ma belle. Adieu tranquillité, il me faudra me terrer." (Dans cette voix émue on sent tout le désespoir et l'urgence de la situation, le spectateur ne voit lui qu'une plage au soleil levant et la minuscule silhouette qui s'approche )
La voix off reprend : 
"Oh hé , Dalila, sort de là ma belle, j'en pince pour toi. Viens profiter de la douceur du sable. Je veux voir tes yeux langousteux me faire du charme. Ta peau si douce transcende la couleur du sable."
Sur la plage déserte, on voit la silhouette  qui s'approche (on devine un enfant à la taille et aux seaux et pelles qu'il balance en chantant). Plus loin deux silhouettes adultes marchent en se tenant la main, suivant l'enfant.  
La voix off reprend :
"Ma Dalila , j'aime tant caresser ta chair ferme. Allez viens me voir, sors de ta coquille. Les rayons du soleil nous réchaufferont , toi et moi dans notre danse chaloupée. 
Je te serai fidèle, cette fois pas la peine que tu m'étrilles comme la dernière fois : veux tu que je te chante notre chanson : "Viens me faire une bisque" ?"
(pause , silence, pas de réponse de la belle, l'enfant s'approche on l'entend chantonner la chanson de Bob L'éponge)
La voix off reprend :
"Ma Dalila , mon pamplemousse rose, sors, je t'en prie, la vie est trop courte pour en perdre une miette, les vacanciers ne vont pas tarder à nous envahir. Je te ferai  un masque d'algues,comme tu les aimes, allons rouler tous les deux dans les vagues "
Deuxième voix off (féminine celle là) : D'accord, je sors !
Gros plan sur les jambes et le short de l'enfant puis la caméra remonte et zoome sur les grands cils de celui ci : "Voix de l'enfant qui crie à ses parents qui s'approchent : "Papa, maman : regardez les deux crabes qui jouent à saute-mouton : on les attrape ? "
.
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La consigne de Gwenaelle : 

Trois ingrédients pour cet atelier.

Un homme.
Une femme.

Et…une photo : chabadabada .....

 Avec ces trois ingrédients, à vous de nous concocter une plat sucré-salé, doux-amer, une cerise sur la pièce montée ou bien un truc complètement cramé… Amusez-vous bien, ne dépassez pas 1000 calories mots. A ce soir pour déguster vos créations. Et surtout, n’oubliez pas de vous amuser, même si c’est pour nous faire pleurer…

Il s’agit de la plage des Dames, à Noirmoutier. J’aurais pu prendre la plage des Dames de Douarnenez mais elle est un peu petite pour les longs travellings… ;-)

Les autres participant sont ici 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 10:14
poney-rouge.jpgJ’avais envie ce mois-ci de lectures plus légères que le mois de février et le challenge de Phil sur le thème de couleur m’a fait tout de suite penser à ce livre qui dormait sur mes étagères depuis deux ans. Une couverture jeunesse, une histoire d’amitié entre un poney et un garçon de 10 ans me paraissait léger. Et bien pas du tout (et d’ailleurs  si vous avez l’intention de lire ce livre arrêtez tout de suite la lecture de ce billet car je raconte le fait principal)
Ce livre est en trois parties indépendantes : la première raconte effectivement l’amitié entre Jody et Gabilan, le poney rouge, du point de vue du garçon de dix ans. Et c’est un dur passage pour lui puisqu’il prend conscience que les promesses que font les adultes ne peuvent pas toujours être tenues. Le cow boy Billy Buck promet de sauver le poney malade mais celui-ci meurt (premier tiers du livre)
La deuxième partie raconte avec les mêmes personnages de Jody, son père et sa mère et leur employé Billy Buck. Un jour arrive dans leur ranch un vieil homme qui revient sur son lieu de naissance pour y mourir. De très belles pages sur la vie, la mort, le droit de finir sa vie dignement là où on est né et les conditions de vie très difficile dans un pays et une époque  où on ne peut pas nourrir de bouches inutiles.
La dernière partie remet en scène plus Jody et Billy Buck : Pour se « faire pardonner » la mort du poney celui-ci promet à Jody que le poulain qui va naître de la meilleure poulinière du ranch sera le sien. Jody a grandi et ne croit plus aveuglément toutes les paroles des adultes, on suit ses pensées de petit garçon qui murit, espère, doute …..
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L’écriture est très belle, très fluide, même si je trouve que ce livre est classé en littérature jeunesse un peu rapidement : il reste très triste et assez éprouvant mais c’est une vie dure que celle dans l’ouest américain avec une nature difficile, la mort fait partie du quotidien.
Si vous avez envie de lire cet auteur, pour ma part j’ai préféré (et de loin) « Les raisins de la colère » et « Des souris et des hommes »
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Un extrait :
Six gamins arrivèrent par la colline l'après midi, en avance d'une demi-heure, courant fort, la tête baissée , besognant des avant-bras, la respiration sifflante. Ils passèrent en coup de vent près de la maison et coupèrent à travers le champ de chaume vers la grange. Et là, ils restèrent plantés gauchement devant le poney, puis regardèrent Jody avec des yeux où perçaient une nouvelle admiration et un nouveau respect. Jusqu'à ce jour, Jody avait été un petit garçon habillé d'une salopette et d'un chemise bleue...., plus calme que la plupart des autres, soupçonné même d'être un peu couard. Et maintenant, il n'était plus le même. Du fonds d'un millier de siècles, ils tiraient l'antique admiration du piéton pour le cavalier. Ils savaient par instinct qu'un homme à cheval est, spirituellement aussi bien que physiquement, plus grand qu'un homme  à pied. Ils savaient que Jody  avait été miraculeusement soulevé  hors de toute égalité avec eux  et avait été placé au dessus d'eux. Gabilan sortit la tête de son box et les flaira. 
-Pourquoi tu ne montes pas dessus ? criaient les enfants. Pourquoi tu n'as pas tressé des rubans dans sa queue comme à la foire? Quand qu' c'est que tu monteras dessus?
Jody ne se sentait plus d'orgueil. Il éprouvait lui aussi la supériorité du cavalier.
- Il n'est pas assez vieux. Personne ne pourra le monter avant longtemps. Je vais l'entraîner à la longe. Billy Buck me montrera comment il faut faire.  (P24 -25)
.
 
Livre  lu dans le cadre du Challenge de Philippe « lire sous la contrainte » où le thème était
«couleur »
challenge contrainte
 
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challenge-totem 
et ma sixième lecture dans le cadre du challenge Totem de  Liligalipette  
images
.
et une participation également au challenge des animaux de Sharon 
 
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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 19:29

 

J’ôtai la serviette et me frottai les yeux. Henry avait laissé une bouteille d’eau entamée sur l’autre chaise. Je la pris, la débouchai et avalai ce qui restait. Dessous, un mince dossier sur lequel s’était dessiné un rond à l’endroit où était posée la bouteille. Je le ramassai et regardai la galerie principale magnifiquement éclairée de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts. C’était la brochure de l’exposition de photos mennonites. 
La photographie à l’intérieur de la couverture représentait un cheval dont le licou était attaché à un vieux pick-up Studebaker. L’animal regardait droit vers l’appareil, et la bouteille d’eau que Henry avait laissée sur la brochure avait dessiné un rond parfait autour de son œil. Je ris en me rappelant la vision d’Henry, et je lis le texte. C’était un des poèmes que Dena Many Camps avait eu la générosité d’offrir au projet ; il était plein d’élégance et de force.
…..Parcourt les joncs silencieux de Mni Shoshe, puis avance vers le nord, vers le plateau. Il avance vers les chevaux tandis qu’ils relèvent la tête et laissent couler leurs larmes, de grosses gouttes de la taille de pommes mûres. 
Puis ils dansent, tandis que mère et père s’agitent dans leur sommeil, rêvant au doux sons des sabots des chevaux

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 00:00

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia  

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Il est temps de trouver un géniteur pour mon futur enfant, dit la quarantenaire rayonnante, écoutant le tic-tac de son horloge biologique en  imaginant cet  heureux évènement.

Il est encore temps de bâtir mon château en Espagne soupire le peintre, en entendant le glas, de ses montres sans ressort.

Il n’est plus temps pour moi de regagner mon refuge, pépie la fauvette éloignée du nid, quand le vent du nord rafraîchit et annonce l’orage. .

Il est toujours temps de redevenir plus mince pour les vacances qui s’annoncent, éviter le déplaisir des bourrelets en maillot, se persuade Tifanny, en découvrant que le 21 mars approche.

Il est bientôt venu le temps d’accorder les violons de l’automne, chante le poète en comptant ses pieds comme des minutes interminables.

Il y a un temps pour tout : un temps pour le travail, le rire ou le partage, un temps pour la fiction, les pleurs et le courage me susurrent les jours qui passent.

 « Il est temps de prendre son temps » dit l’enfant à sa maman,  muette d’admiration devant tant de sagesse juvénile.

 

 

refuge - travail - plus (+) - mince - prendre - château - muette - événement - fiction - déplaisir - rafraîchir - poète - rayonner – courage

 

PS : Je pars quelques jours en vacances : je viendrai vous lire  la semaine prochaine ;-)


montres-molles.jpg

La consigne des Impromptus

Vous avez déambulé toute cette semaine dans les musées, et à un moment donné il vous est peut-être venu cette pensée : "Il est temps !"
Mais il est temps de quoi au fait ?
Ecrivez sur cette pensée qui nous vient tous plus ou moins, un jour ou l'autre.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 19:29

      C’était un tipi de taille familiale avec des rangées de peintures indiennes qui couraient sur la grosse toile. Il était planté là, un îlot domestique posé au centre d’un désert industriel. Quand nous approchâmes, je vis que les cordes étaient reliées à des bandes velcro qui avaient été attachées au plancher et qu’il y avait des peaux de bisons et des couvertures qui dépassaient sous l’entrée alors même que le rabat était fermé et attaché. Un totem était dressé, avec un crâne de cerf peint et enroulé dans un tissu brodé de perle dans le style crow. IL y avait des plumes et une bande de cuir frangée accrochées à la perche plantée dans un trou découpé dans le sol. L’endroit était propre, le plancher balayé et les centaines de vitres avaient été nettoyées et réfléchissaient la structure posée au milieu. 

Gowder était en tête et il se retourna vers nous. Les orbites vides du crâne, sous les bois du cerf, me regardaient pas dessus son épaule. Il désigna le crâne. 
- Qu’est ce que c’est que ce truc ?
- Un indicateur de tipi. (Ils me regardèrent tous, abasourdis). C’est une sorte d’identifiant, à la fois panneau de bienvenue et boîtes aux lettres. 
Tous les autres se figèrent, mais j’avançai sur la droite en lisant l’histoire racontée par les pictogrammes peints sur le tipi. La bande centrale avait attiré mon attention ; on y voyait des chevaux avec leurs cavaliers, qui échangeaient des tirs, ce qui n’était pas quelque chose de complètement inhabituel dans cette forme artistique, mais les détails étaient différents de ceux qui m’étaient familiers. Les hommes à cheval n’étaient pas rouges, mais blancs et noirs. Ils ne tiraient pas avec des flèches ou des Sharps, mais ils avaient des armes modernes ; l’un d’entre eux portait même un polo à l’effigie des 76ers. Les uniformes des cavaliers blancs et leurs chapeaux indiquaient qu’ils étaient policiers et le grand homme qui tombait dans une chute plutôt comique en arrière avait une étoile sur la poitrine. La bande centrale était inachevée.
 

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 00:54

 

cvt_Serie-noire-a-labattoir_9164.jpegQuatrième de couv : 
Nicolas Talberg est détective privé à Strasbourg. Il aime le whisky et les jolies femmes, partage le lit de sa secrétaire et semble tout droit sorti d’un roman de Chandler.
Un vendredi soir, il est engagé par une cliente particulière : une vieille dame qui sait tout de lui, et se présente comme… une sorcière ! Pour 1000 euros par jour (plus les frais), elle le lance à la poursuite des assassins d’un certain Thaddée Misowski.
Sa cliente l’a-t-elle envoûté ? Cette enquête de plus en plus risquée va le mener d’une secte d’illuminés jusqu’aux abattoirs chevalins du nord de Strasbourg. Autour de lui, les meurtres s’accumulent, les mystères s’épaississent, les menaces de mort deviennent pressantes et de curieuses douleurs le prennent dès qu’il s’éloigne de son devoir.
.
Mes impressions : 
Lors de la dernière opération Masse Critique de Babelio, j'ai été intriguée par la couverture de ce livre  qui m'a fait penser (forcément) à une partie d'échec. Le cheval devant avec son chapeau de détective, à la Humphrey Bogart, semble narguer l'autre cavalier avec le chapeau de sorcière. Et c'est bien là l'idée de départ de ce roman policier. Mme Erna Federlé, une septuagénaire "habillée comme un épouvantail" engage notre sympathique, quoique volage, détective, pour enquêter sur le meurtre d'un certain Misowski.  Ce qui  m'a semblé intéressant n'est pas tant l'intrigue mais plutôt le rapport entre les deux personnages principaux. Erna l'embauche pour enquêter mais elle semble déjà tout savoir alors pourquoi ? Le début est très drôle quand Nicolas est aux prises avec les pouvoirs surnaturels de la sorcière (faut dire que je n'aime pas le foot et voir un footeux tourné en ridicule me fait rire).  Les personnages sont un peu caricaturaux mais c'est un peu le principe de ce pastiche-hommage à Chandler (je précise que je n'ai lu que "le grand sommeil" de cet auteur)   
Pas de course poursuite mais un peu de suspens. Et surtout, des clins d'oeils appuyés aux maîtres du genre, notamment le détective qui passe son temps à enquêter, s'arrêter pour boire un whisky (ici une bière d'Alsace), manger sur le pouce (ici deux douzaines d'escargot et un jarret de porc braisé, entre autres...). Les méchants sont des méchants et ont des noms pas possibles (j'étais une des rares à rigoler toute seule cette semaine dans le métro : mais bon Balthazar Brugnon est un nom qui me fait rire ...)
En conclusion : une lecture sympathique pour ne pas se prendre le bourricot (enfin je voulais dire le bourrichon)
.
Deux extraits : 
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Thaddée Misowski avait loué en ville une minuscule chambre qui lui servait de bureau et qui était en même temps son domicile légal. Il n'avait pas de comptabilité ou de trésorerie, car il n'acceptait pas de paris, mais se contentait de vendre cash des tuyaux à des gens qui généralement n'y comprenait pas grand chose aux courses de chevaux.Il encaissait cent euros par tuyaux. Si le cheval gagnait,il gardait l'argent, sinon il le rendait au client. Ce n'était qu'en apparence une mauvaise affaire.Car pour une course dans laquelle étaient engagés, par exemple, huit chevaux, ils vendaient huit tuyaux différents, un par cheval.Il gardait les cent euros du client dont le cheval avait gagné, et remboursait les sept autres. A raison de six ou sept courses par jour, ça lui faisait un bénéfice de six cents ou sept cent euros. L'astuce était bête à pleurer , mais il y a toujours des gogos qui aiment se faire plumer.  (p27)
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.
L'endroit se trouvait près de la zone commerciale de Vendenheim. J'ai laissé ma voiture près de la rue des Artisans et fait le reste à pieds jusqu'à l'adresse que m'avait donnée Angelo. L'abattoir n'était pas difficile à trouver - il suffisait de suivre une odeur de sang douceâtre et écoeurante.   
Un mur gris entourait un grand espace dans lequel étaient disséminées plusieurs bâtisses. La plus important était à l'évidence l'abattoir proprement dit, puisque plusieurs canassons faméliques attendaient devant l'entrée qu'on veuille bien les trucider. Je me trouvais devant un  portail, seule ouverture dans ce mur sinistre qui évoquait irrésistiblement l'enceinte d'une prison. Le gardien se trouvait dans une guérite chauffée. En m'approchant, j'ai vu qu'il était en train de tricoter. Je lui ai demandé où je pouvais trouver Balthazar Brugnon.
- Sur votre gauche, tout droit, jusqu'au bâtiment marqué "Bureaux"
Pendant qu'il parlait, j'étais fasciné par sa dentition chevaline qui déformait son visage et gênait son élocution. 
- Est-ce-que c'est à cause d'une trop forte consommation de viande chevaline ou êtes vous réellement un cheval? Ai-je demandé. 
Il me regardait tristement avec ses yeux de vieille rosse et secoua la tête d'un air résigné. Sans doute était-il obligé d'entendre ce genre de plaisanteries à longueur de journée. Je hennis pour prendre congé et allai dans la direction qu'il m'avait indiquée. Sur mon chemin, je suis passé devant une boucherie chevaline, ce qui montrait que Brugnon vendait aussi au détail le production de son abattoir.(P 58)

et Challenge Babelio Lettre NcritiquesABC2013

 

téléchargement

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 00:00
800px-Walter_Crane_001.jpg
Ils galopent de front les chevaux de Neptune, 
D'un geste large Neptune  montre la dune.
Comme la colère du tonnerre, claquez sabots, 
Hennissant  et crachant, ils  partent à l'assaut,
Dans un roulement de tambour, sur la lagune.
.
L'écume se voit  à peine sur  leurs blancs manteaux
Un rythme effréné pour  ces joyeux jumeaux
A leur vénéré maître ils offrent une tribune
Ils galopent de front les chevaux de Neptune, 
.
Ils avancent, leurs jambes fines en rouleaux
Le vieil homme de la mer dirige son vaisseau
Garrot contre garrot, dans une  joie commune
D'un geste large Neptune  leur montre la dune
.
Ce soir, par une extraordinaire  fortune
Nous avons rendez vous avec les Poissons-lune
Chuchotent deux complices, naseaux contre naseaux
Comme la colère du tonnerre, claquez sabots,
.
Indomptables, les juments s'encouragent  chacune
D' un même élan profitent de la vague opportune
Dans leur danse chavire le divin troupeau
Hennissant  et crachant ils  partent à l'assaut
.
Criant leur liberté au milieu des rouleaux
Les vagues éclatent en mille et un  joyaux
Le sel s'évapore et cristallise sans rancune
Dans un roulement de tambour,  sur la lagune
C'étaient les chevaux de Neptune
.
Source de l' image : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Walter_Crane_001.jpg
La consigne des Impormptus :
Vous aimez plus que tout les activités culturelles. Après avoir passé la semaine au théâtre, vous avez décidé cette semaine de faire le tour des musées. Une toile (réelle ou imaginaire) a particulièrement capté votre attention. Décrivez-la, dites-nous pourquoi elle vous bouleverse ou vous fait rigoler, si vous seriez prêt à la voler pour l'apporter chez vous.
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Published by Valentyne - dans Impromptus
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