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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 03:43

 

Un amant silencieux était pour elle une bénédiction. Celui qui se tait n’attend rien de vous. Les peaux suffisent amplement au dialogue. Quelques baisers, la cigarette qu’on échange, un sourire après l’amour, et la présence du jardin, si proche…

Sa bouche reste fermée. La lèvre supérieure, rose pâle, délicatement ourlée, frémit de temps en temps. Il se demande si elle va se mettre à parler, et si la magie de la nuit va disparaître. Mais non, elle ne dit  rien et le regarde de ses yeux clairs. Une couleur un peu grise, indéfinie, comme lavée de tous désirs suite aux caresses et baisers de la nuit. Dans ses yeux, une lueur : est ce le reflet du jardin ? du soleil dont les rayons entrent, timidement, par la porte-fenêtre grande ouverte? Oui, ce doit être cela, les rayons du soleil ont eu vent de ce qu'il c'est passé cette nuit entre Aurore et Rémi et ils viennent chatouiller cet amour qui naît. Ils jouent sur la joue dorée d'Aurore, la bien nommée. Un prénom de princesse, disaient ses copines en primaire. 

Rémi effleure ses cils de la main, doucement. Lui, non plus depuis leur rencontre n'a pas émis une parole. Il faut dire que parler, à la réception où ils se sont rencontrés tenait d'une mission impossible. Dans le fracas de l'orchestre et les danses des festivaliers, il aurait fallu hurler pour s'entendre. Comment se sont-ils vus et reconnus dans cette foule bigarrée du Carnaval de Venise ? Rémi pense que c'est la lumière dorée de son masque qui l'a séduit, le contraste entre ce masque et une ombrelle noire finement dentelée,  et son geste aérien, aussi  : l'index sur la bouche, l'intimant au silence,  elle lui avait pris la main et l'avait emmené dans les rues surpeuplées de Venise. Tout le monde chantait et dansait et personne ne faisait attention à eux, ombres fugitives voguant vers des amours secrètes. 

Arrivés à l'hôtel, ils avaient fait l'amour passionnément, sans un mot. Elle avait ouvert la porte-fenêtre, nul bruit dans ce jardin, une cour avec quelque arbustes plutôt. Epuisé de tant de volupté, il s'était endormi. Il ne l'avait pas entendu  se relever au milieu de la nuit pour enlever tout ce lourd mascara qui assombrissait son regard, nuages sombres d'orage zébrés  de quelques éclairs de paillette. Elle avait également enlevé ce rouge à lèvre tirant sur le violet, qui  rendait son teint si pâle.  Et maintenant, il la voyait en plein jour, totalement démaquillée, pure jeune fille à la peau saine, pores resserrés, à peine marquée par la nuit qu'ils venaient de passer. A moins qu'il n'ait rêvé et que cette jeune fille aux yeux de perle ne soit pas la peine qu'hier soir. Il revenait sans cesse à ses yeux, ils les découvrait dans la lueur du matin. Il lui semblait que les oiseaux dans le jardin s'étaient tus eux aussi pour admirer l'aube, ou Aurore. 

Se décidant enfin, il sourit, heureux de sa vie qui commençait ce jour,  et prononça : "Comment t'appelles tu,  belle inconnue ?" 

Il n'eut pas le temps d'éviter la lourde lame gris acier du couteau de sa belle.

 

venise1.jpg

C'était ma participation à l'atelier de Leiloona sur deux photos de © Romaric Cazaux

 

en mixant avec la consigne de Gwenaelle , (suivre le lien pour lire les autres participants)

Ce dimanche, Saint Valentin oblige, nous allons parler d’Amour (d’amûûûr…. même) mais pas en niveaux de gris, plutôt en CMJN, si vous voyez ce que je veux dire (cyan, magenta, jaune, noir pour ceux qui n’auraient pas fait PAO pour les Nuls, comme moi).

Je vous cite un extrait du dernier roman de Hubert Haddad, Le peintre d’éventail, et vous propose de continuer l’histoire à votre guise.

Un amant silencieux était pour elle une bénédiction. Celui qui se tait n’attend rien de vous. Les peaux suffisent amplement au dialogue. Quelques baisers, la cigarette qu’on échange, un sourire après l’amour, et la présence du jardin, si proche…

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 00:14
       
maudit-soit.jpgRassoul tue la vieille Nana Alia. Et au moment, où il la tue, il se rappelle sa lecture de "Crime et châtiment" de Dostoeïvski. Pourquoi juste à ce moment ? S'il s'en était rappelé avant, il n'aurait sûrement pas commis ce meurtre. Car il sait , il l'a lu, qu'après un crime le remord consume le criminel. Alors pourquoi ? Par amour pour Souphia? Pour se venger de Nana Alia qui pousse Souphia à la prostitution ? pour l'argent ? pour oublier que son père est mort? pour oublier la guerre civile qui fait rage dans Kaboul ? 
Rassoul entend alors du bruit et se sauve. Une femme, vêtue d'un tchadari  bleu ciel, vient de rentrer. Il entend son hurlement en s'enfuyant. Plus tard, il échappe à un tir de roquette, revient sur les lieux du crime, revoit la femme au tchadari bleu. Pendant des jours, il erre dans Kaboul. Le lecteur entend les pensées, de Rassoul, le parallèle qu'il fait entre son geste et le livre "Crime et châtiment". Son cousin essaie de l'aider (intéressé ou altruiste?).  Souphia, sa fiancée,  essaie de l'aider mais aphone, Rassoul ne peut avouer son crime. Il semble qu'il perd un peu la raison, d'autant plus que le corps de sa victime n'est pas découvert : Quelqu'un a t il fait disparaître le corps ou bien a t il rêvé tout cela ? Comme il ne peut plus parler, il couche sur le papier son crime, sa rencontre avec Souphia ......
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"C'était un jour de printemps. L'Armée rouge avait déjà quitté l'Afghanistan, et les moudjahidin ne s'étaient pas encore emparés du pouvoir. Je venais de rentrer de Leningrad. Pourquoi j'y étais parti, c'est une autre histoire que je ne peux pas raconter ici, dans ce cahier. Revenons à ce jour où je te rencontrai pour la première fois. Il y a presque un an et demi. C'était à la bibliothèque de l'université de Kaboul, où je travaillais. Tu vins demander un livre, mais tu emportas mon coeur. Lorsque je te vis, ton regard, fuyant et pudique, m'intima de ne plus respirer, ton nom imprégna mon souffle : Souphia". (p 37)  
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Ce livre, même s'il se passe en temps de guerre, n'est pas un livre sur la guerre, plutôt une réflexion personnelle sur la vie et la mort, et aussi sur la fameuse loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent.
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"Au dehors, tout le monde tire sans savoir pourquoi ni contre qui.
On tire.
On tire...
La balle trouvera sa cible."(p185)
Si on pense souvent à Raskolnikov, le héros de Dostoeïvski, on pense aussi souvent à Kafka, dans ce monde absurde. Par exemple, ce dialogue entre le greffier et Rassoul quand celui ci, ayant retrouvé sa voix, se rend au palais de justice. Il souhaite être jugé lors d'un procès (à nouveau Kafka)
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"- Qu'est ce que vous lui voulez à ce monsieur le procureur ? 
- Je suis venu me livrer à la justice.
- Ah désolé, il n'y a personne pour vous accueillir.
Etonné mais aussi énervé, Rassoul s'approche de lui et tente de parler sereinement, avec sa voix cassée : "Je ne suis pas venu pour être accueilli. Je suis venu.... " hausse la voix en articulant chaque mot " ....POUR ME RENDRE A LA JUSTICE !
- J'ai bien compris. Moi aussi je me rends tous les matins à la justice. Et ce jeune homme aussi. 
- Mais moi, je viens pour être arrêté. Je suis un criminel. 
- Alors revenez demain. Il n'y a personne aujourd'hui. " p198

En conclusion : un livre très riche qui m'a passionné (et pourtant j'hésitais à le prendre à la bibli, ayant des appréhensions sur ce sujet de la guerre mais ce n'est pas du tout un livre pesant et pour moi, la fin (très ouverte, c'est  au lecteur d'imaginer le sort de Rassoul) est porteuse d'espoir.

 

 

 

LittFrancophone
Ma deuxième participation au challenge Lecture francophone d'ailleurs de Denis du blog "Au bonheur de lire" 
lecture rentrant dans la dernière catégorie 4/ Ecrivains qui ont choisi de s'exprimer en français (et qui ne viennent pas de ces pays)
CF biographie sur wikipedia : Atiq Rahimi, né le en 1962 à KaboulAfghanistan, est un romancier et réalisateur de double nationalité française et afghane.
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et ma première participation au Challenge Tour du monde en 8 ans d'Helran avec L'Afghanistan.
tour monde 8 ANS

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 00:00

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia  

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Cette semaine, je "triche" un peu : je recycle une histoire que j'avais commencée (et pas finie) pour un concours de nouvelles. Il fallait inventer la suite d'un texte. Ci dessous, le texte de départ est en italique (ce début est de Jean-claude Bologne)
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Ceci est une fiction. Toute ressemblance avec un président existant ou ayant existé ne saurait relever que d’une pure coïncidence.
La rumeur se répandit au galop dans toute l’entreprise : le président Rouvière se prenait pour un cheval. Une demi-heure tous les matins, de 11h 15 à 11h 45, avec une régularité de métronome, il s’enfermait dans un réduit reculé, au premier sous-sol, et cavalait bruyamment en hennissant et en ruant dans les meubles. Puis il ressortait, impeccablement cravaté, le cheveu à peine en désordre, et retrouvait toute son autorité sur un conseil d’administration perplexe et des secrétaires tétanisées.
Personne n’osait rien dire. Personne n’aurait rien su, peut-être, si un archiviste maniaque n’avait eu besoin d’un dossier confié à la poussière des caves depuis on ne savait plus combien de générations. Attiré par les cavalcades fougueuses qui s’échappaient du fond du couloir, il avait reconnu dans les cris gutturaux le timbre de son patron et avait tenté d’observer la scène par le trou de la serrure. Peine perdue ; la clé était restée dans l’orifice et l’empêchait de distinguer quoi que ce fût. Il avait confié le terrible secret au gardien, qui l’avait vu sortir bouleversé du sous-sol, en lui faisant jurer sur les clés de saint Pierre de garder le silence. Le gardien promit tout ce qu’on voulut : un tel serment, n’engage le plus souvent qu’à ne transmettre l’information qu’à un ami sûr en exigeant de lui le même secret. Aussi le gardien ne s’en ouvrit-il qu’au portier, un homme de confiance, qui ne le révéla qu’à la standardiste en soulignant combien il comptait sur sa discrétion. La standardiste avait beaucoup d’amis sûrs qui prêtèrent le même serment, et le soir même, seuls des confidents fiables étaient au courant. En fait, pas un salarié, pas un administrateur n’ignorait la découverte du vieil archiviste.
Sauf le président, c’était le principal.
Un conseil d’administration se réunit en urgence. Le président était encore jeune; il avait succédé à son père l’année précédente, et avait fait preuve d’un dynamisme et d’une inventivité qui manquaient depuis longtemps à l’entreprise. Toute l’équipe en avait été revigorée et le cours de l’action avait bondi. Le succès lui était-il monté à la tête ? C’était l’avis du directeur général, qui avait servi sous Rouvière Senior et qui peinait à suivre le nouveau rythme. La secrétaire en chef soutenait qu’il avait été envoûté et qu’elle avait retrouvé une poupée de crin dans un tiroir de son bureau. Le comptable lui demanda si elle n’y avait pas plutôt vu des champignons hallucinogènes ou des dosettes de sucre glace. Les dactylos optaient pour un chagrin d’amour : le président n’avait-il pas dû, en succédant à son père, rompre une liaison qui lui était chère pour épouser dare-dare une héritière mieux dotée ?
Cela vous casse un homme. Le vieil archiviste rappelait que Richelieu lui aussi se prenait pour un cheval, et qu’on n’avait jamais su si c’était par dépit amoureux pour la reine ou à cause de l’ivresse du pouvoir. Cela fit bondir la responsable de la communication, qui souligna l’effet désastreux d’un président hennissant à l’époque du TGV et du supersonique. Un cheval ! Plus personne ne savait ce que c’était dans l’entreprise !
Le lendemain, à la même heure, le président se prenait pour une moto de grosse cylindrée. Cela ne rassura pas la responsable de la communication.
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Melle Désirée, y vit plutôt une aggravation de la situation. Prévenue par l’archiviste, elle se rendit au sous sol discrètement et par la porte entrebaillée, elle prit conscience de l’ampleur du problème. A première vue, il n’avait pas changé, Mr Rouvière, il avait toujours son costume anthracite, sa cravate à fine rayures blanches, non la différence résidait dans le fait qu’il  avait mis sur sa tête un casque de moto, intégral, totalement noir. Avec le poignet droit, il donnait des coups d’accélérateur à grand renfort de vroum-vroum, il virevoltait dans la petite pièce, faisant des dérapages contrôlés avec des crissements stridents  de pneus. Soupirant en boucle "mais qu'allons nous devenir?", mademoiselle Désirée, photographia discrètement le président avec son smartphone dernier cri et remonta illico à son bureau prévenir le comité de direction occulte, qui s’était formé lors de la première crise de folie de Mr Rouvière. Après avoir déchargé les photos du téléphone, un coup d’œil rapide sur un moteur de recherche spécialiste des cylindrées en tout genre lui apprit instantanément que le président se prenait pour une Honda, plus précisément la Honda d’une série télévisée des années 80 « Tonnerre mécanique ». Mr Rouvière n’avait pas choisi n’importe qu’elle moto mais une  moto au top de la technologie, ce qui dans l’échelle de valeur de Mme Désirée était une nette amélioration par rapport au cheval, mais encore trop éloignée de sa vision de la modernité des TGV et des supersoniques.  Une Honda authentique : cela faisait maintenant des dizaines d’années que ce modèle ne patrouillait plus nulle part : les dernières étaient des objets de collection dans les salons comme Rétromobile. 
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De surcroît, Mr Rouvière s’était pris pour une moto pendant une heure entière et non plus une demi heure comme auparavant, c’était une preuve de l’aggravation de sa folie ! Son vroum, vroum résonnait beaucoup plus fort que ses hennissements et ses ruades précédentes dans la salle des archives. Elle convoqua donc le cercle restreint des personnes officiellement au courant du « problème », à savoir le directeur général, la secrétaire en chef et le comptable. A peine, les quatre collaborateurs s’étaient ils  enfermés dans la salle du conseil, qu’un mail expliquant la nouvelle lubie du président faisait le tour de l’entreprise et de la tenue de la cellule de crise exceptionnelle qui en découlait. Le premier mail partit d’une jeune secrétaire qui avait promis au responsable des stocks de le tenir au courant, le magasinier avait prévenu le gardien qui lui avait prévenu le chef cuistot de la cantine, qui lui avait informé de vive voix son beau frère, qui se trouvait être dans l’entreprise ce jour là car c’était lui le fournisseur en viande et produits frais de la cantine, enfin du restaurant collectif, comme on l’appelait depuis l’embauche de Melle Désirée. 
Pendant ce temps, les quatre Mousquetaires, ainsi qu’ils se nommaient entre eux avec des airs de conspirateurs, n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur la démarche à suivre. La secrétaire en chef connaissait, par l’intermédiaire de la voisine de sa sœur qui était bonne (enfin technicienne de surface) au presbytère du village,  un excellent marabout démagnétiseur. Le directeur général voulait avertir Mr Rouvière père, désormais en congé perpétuel (enfin à la retraite), pour le prévenir que son fils avait perdu les pédales, et s’entraînait pour les 24 heures du Mans. Enfin le comptable, raisonnable, proposait de faire appel discrètement à la médecine du travail pour faire une évaluation psychologique en règle du président, enfin de l'individu qui hier encore était un homme fiable et consciencieux.  
Cependant que les quatre sages discutaient de la conduite à tenir, la triste démence du président commençait à se répandre en dehors de l’entreprise. Tout d’abord les autres fournisseurs de la cantine furent mis au courant, le boulanger, le livreur de boissons. Le coup de grâce fut donné par le directeur du supermarché. Celui-ci, par une malencontreuse opération de sa nouvelle messagerie, envoya à tous ses contacts l’information, au lieu de la transférer juste à sa chère épouse, en qui il avait toute confiance (et qu'il ne pouvait prévenir par téléphone dans la mesure où celle ci était sourde).
Dans la salle des quatre sages, Mme Désirée finit la réunion sur un plan d’action, approuvé à l’unanimité par les trois autres
1° Appeler un garagiste pour savoir si Mr Rouvière pouvait tenir la route et assurer la prochaine présentation des résultats, prévue le surlendemain 
2° Prévenir le chef du restaurant d’entreprise de vérifier s’il n’avait pas fait d’erreur de commande et mis de l’huile pour moteur à la place de la sauce vinaigrette.
3° Planifier une réunion de crise pour le lendemain, même heure, même endroit
4° Il fut décidé d’attendre quelques jours avant de prévenir Mr Rouvière Père et la médecine du travail. "Heureusement que le secret de l’indisposition passagère du président n’avait pas franchi les limites de l’entreprise et qu'au dernière nouvelles les murs n'ont pas d'oreilles", dit Melle Désirée. La séance fut levée sur les mots du comptable se félicitant : « heureusement que la moto en question est une diesel et consomme peu, il faut faire des économies, la crise est en train de nous rattraper, le secteur du bâtiment ne se porte pas au mieux ». En effet, Rouvière et Cie, un des leaders de la construction de logement et de bureau, le carnet de commande n’était pas excellent malgré tout le dynamisme du président depuis son entrée en fonction.
La suite de la journée, se déroula comme à son habitude, le président Rouvière ayant assuré ses fonctions, comme à l’accoutumée. Impeccable cravaté, le cheveu en désordre mais repeigné à la hâte. S’il n’avait pas eu une légère marque de casque sur le front, personne dans l’entreprise ne se serait douté de rien.
Epuisée par ces émotions, Mme Désirée passa le reste de la journée à plancher sur un dossier ultra urgent que lui avait confié Mr Rouvière : trouver un nouveau nom à l’entreprise. «Rouvière fait trop franco-français : nous allons partir à la conquête des marchés internationaux. Il nous faut un nom international, votre mission, Mme Désirée, est de nous trouver un nom, compréhensible dans les vingt principales langues du monde, court, facile à mémoriser ». Cependant, elle n’arrivait pas à se concentrer sur sa tâche : ses idées se dérobaient, tel un cheval récalcitrant devant l’obstacle. Elle revoyait Mr Rouvière se cabrer, puis elle cherchait un nom évoquant la vitesse et le dynamisme mais en fermant les yeux elle revoyait le casque noir de Mr Rouvière et son vroum vroum. C’était le première fois qu’elle se retrouvait à sec comme cela : pas le plus petit début de commencement d’embryon d’idée : un désert…
Le lendemain, inquiète, elle vit arriver l’archiviste en courant. Pour qui le président se prenait il maintenant ? Après le cheval et la moto, voguait il comme une goélette dans les flots d'une folie incontrôlable, se prenait-il pour un coupé de sport ultra moderne ?  L’archiviste fut incapable de décrire la nouvelle lubie du président : "Il se prend pour un oiseau", dit il, et  baissant la voix il compléta : "Mais lequel, je ne sais pas". Mme Désirée et l’archiviste partirent donc aussi discrètement que possible, vers le sous sol, sous les murmures inquiets de tous les salariés. 
Effectivement, Mr Rouvière était un oiseau : il faisait un bruit à mi chemin entre le croassement du corbeau et le hululement de la chouette : lugubre, strident. Avec un vaque ressemblance avec le cocorico du coq le matin, et aussi de la cigogne (celle d'Alsace pas celle qui dépose les bébés)
Mais ce n’était pas le plus grave, le plus impressionnant était sans conteste les plumes qu’il s’était planté un peu partout : des plumes d’autruche sur la tête, des plumes de paon dans le derrière, pour ne citer qu'elles. "Sa danse est plus proche de la danse de la pluie d’une tribu indienne que de la parade nuptiale des faisans de nos régions", se dit Mme Désirée, qui remonta à tout allure, convoqua le comité des 4 Mousquetaires, pendant que la nouvelle se répandait dans l’entreprise et hors de l’entreprise à la vitesse d’un aigle royal fondant sur sa proie. Mme Désirée avait eu un choc et caquettait que l’entreprise était finie, que les actionnaires ne s’en remettraient pas, qu’il fallait appeler l’hôpital psychiatrique ou la SPA, voire les deux. Plus mesurés, les trois autres essayaient de voir le côté positif des choses : 
- Personne n’est au courant pour le moment, annulons la conférence de presse de la publication des résultats! 
- Prévenons monsieur Rouvière père ! je connais une clinique discrète avec un bon  vétérinaire !
"Ne paniquons pas, cela pourrait être pire il pourrait se prendre pour un Fou de Bassan", finit Désirée en s'essuyant les larmes avec la manche de son tailleur Chanel. N'écoutant que son optimisme, elle se mit à rechercher sur internet quel était cet oiseau étrange, que le président avait investi.  
Quand soudain, le président ouvrit la porte violemment. Souriant et exalté, ses plumes de paon, de faisan et d'autruche formaient comme un bouquet de fleurs exotiques sur le haut de son crâne et les quatre Mousquetaires dirent, implorant presque : "Vous allez bien Mr Rouvière ? "
Celui ci  s'écria "Eureka j'ai trouvé le nouveau nom de notre entreprise : cela fait des jours que je cherche, et que j'applique les nouvelles méthodes de créativité de Mr Beigbeder : je me suis transformé en cheval, en moto pour trouver la divine inspiration et j'ai TROUVE : quel meilleur symbole pour une entreprise en bâtiment que celle de la grue, à la fois objet et oiseau,  engin de chantier dominant la ville, oiseau s'élançant dans le ciel  : A partir de demain Exit Rouvière et compagnie et QUE VIVE COQUECIGRUE"
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Les mots collectés par Olivia :
pendant – oreille – congé – salon – baissant – coupé – presbytère – compléter – goélette – fleur – précisément – implorer – manche – sourds – individu – patrouiller – comme – devenir
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Le texte de Mon café Lecture avec le même début est ici (en 2 épisodes)
Celui de Cécile avec un autre début est ici 
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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 00:00

Mon Trésor,


Mon épouse me force à prendre la plume pour faire ma déclaration.

Pour ma part j’hésite encore. Notre petit arrangement à trois avait ses petits avantages.

Pourquoi renoncer aux joies de la vie alors que la mort nous rattrapera bien assez vite ?

Sache que je t’aime et que je ne voudrais pas te trahir, mais je pense qu’elle a des doutes.

Elle dépense tout ce que je gagne à la sueur de mon front, tout cela pour des dépenses futiles !

Avions-nous besoin d’avoir des commodités en marbre ? Notre voiture d’occasion n’était elle pas suffisante?

Maintenant j’accumule les signes extérieurs de richesse. Et ne peux donc plus subvenir à tes besoins, mon Trésor, mon petit sucre, ma vergeoise.

Depuis que j’ai mis notre dispositif secret en route (pour te faire de discrets virements),

elle m’espionne, fouille dans les poches de mon jean à la recherche de preuves.

Si je ne me plie pas à ces caprices (à savoir te quitter), elle brandit le glaive du divorce, ressemblant ainsi à la marâtre de Blanche-Neige.

Cher Trésor, ma femme me presse de conclure. J’essaie de faire usage de toute ma douceur légendaire, mais finalement il vaut mieux trancher dans le vif :

Je vais donc être bref et ma déclaration tiendra en une seule phrase :

« Cher Trésor (public), je vous informe par la présente, que je suis dans l’incapacité de poursuivre notre relation et que je ne pourrai pas payer mon prochain tiers provisionnel de l’impôt sur le revenu »

Votre dévoué Contribuable

 

ma petite participation pour l'Annuaire des Nuls (les mots en gras étaient imposés et le thème était d'écrire une lettre pour la Saint Valentin 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 00:00

      

J’étais proche de la sortie quand une silhouette bondit devant moi, à quelques mètres à peine, me barrant l’accès à la bouche d’égout. Je m’arrêtai net. La lumière qui filtrait d’en haut éclaira le visage d’un arlequin. Deux losanges noirs surmontaient ses yeux de verre, et des lèvres de bois poli laissaient entrevoir des crocs d’acier. Je fis un pas en arrière. Deux mains se posèrent sur mes épaules. Des ongles lacérèrent mes vêtements. Quelque chose m’entoura le cou. C’était visqueux et froid. Je sentis le nœud se serrer, me coupant la respiration. Ma vision se brouilla. Une autre chose m’attrapa par les chevilles. Devant moi, l’arlequin se pencha et tendit les mains vers ma figure. Je crus que j’allais perdre connaissance. Je priai pour que ce soit vrai. Une seconde plus tard, cette tête en bois, en peau et en métal explosa en mille morceaux. 
Le coup de feu venait de ma droite. La détonation me défonça les tympans et l’odeur de poudre envahit l’air. L’arlequin s’écroula à mes pieds. Il y eut un second coup de feu. La pression sur ma gorge cessa et je tombai en avant. Je ne percevais plus que l’odeur intense de la poudre. Je me sentis tiré par quelqu’un. J’ouvris les yeux et distinguai un homme qui se penchait sur moi pour me relever. 
Je perçus bientôt la lumière du jour et mes poumons s’emplirent d’air pur. Puis je perdis réellement connaissance. Je me souviens d’avoir rêvé d’un bruit de sabots de chevaux sur des pavés pendant que des cloches sonnaient à toute volée, interminablement. 
Marina – Carlos Ruiz Zafon

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 21:22

J'ai à nouveau craqué pour un challenge : Celui du tour du monde en 8 ans ;-) Tout cela c'est la faute à mon stylo qui m'a parlé de tour du monde ici

Les inscriptions se font chez Helran ici 

tour-monde-8-ANS.jpg

 


But : Lire au moins 1 auteur de chaque pays. Ce challenge est rétroactif, donc les lectures précédentes comptent. Il faut que je fasse la liste ;-)

Inscription : En faisant un article de présentation du challenge avec le lien vers cet article sur votre blog et prévenir en commentaire au même endroit.

Voici les 5 grades du challenge :

30 pays : Touriste

70 pays : Routard

100 pays : Voyageur 

193 pays  : Globe-trotter

206 pays : Bourlingueur intrépide

 

Je profite de ce petit billet pour présenter un peu mes deux prochaines lectures communes 

Le 31 mars avec Eeguab sur le titre "le Miracle de San Gennaro" de Sandor Marai

miracle-san-gennaro.jpg

Présentation de l'éditeur : Situé en 1949 à Naples, où Márai passa quelques années avant d'émigrer aux Etats-Unis, oe roman, largement autobiographique, brosse un tableau plein de vie et d'humour du petit peuple du Pausilippe. Comme égarées dans ce quartier haut en couleur, deux ombres : un couple d'étrangers discrets, jamais nommés autrement que " l'homme " et " la, femme ". Viennent-ils d'Amérique, d'Angleterre, de Pologne, nul ne sait. Un jour, l'étranger est retrouvé mort au pied d'une falaise. A travers l'enquête du vice-questeur et les récits de ceux qui côtoyaient le disparu (sa femme, un franciscain, un agent de police), se dégage un portrait complexe et paradoxal de ce réfugié au statut. instable et fragile, qui jouait, sans le vouloir, le rôle d'un messie dans cette ville où. chaque année, le sang de San Gennaro (saint Janvier) se liquéfie miraculeusement. Récit de l'exil et du déracinement, ce roman désenchanté confirme l'immense et douloureux talent de l'auteur des Braises.

Le 4 avril avec Noctembule et le titre "Le chevalier inexistant" d'Italo Calvino (j'avais adoré le Baron perché" et beaucoup aimé "Le vicomte pourfendu"

chevalier-inexistant.jpgPrésentation de l'éditeur : Venu passer ses troupes en revue, Charlemagne découvre que sous l'armure de l'exemplaire paladin Agilulfe il n'y a personne... Agilulfe n'existe pas. Ce qui ne l'empêche pas de combattre ni de commander à son écuyer Gourdoulou - lequel existe bien, mais ne le sait pas. Derrière son ironie burlesque, Italo Calvino nous livre une profonde réflexion sur la guerre et le sens de l'histoire, et nous confie, en filigrane, ses pensées sur l'écriture.

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 08:26
CVT_Avant-toi_8502.jpeg"Avant toi" est l'histoire de la rencontre entre une jeune femme de 26 ans, Lou, et d'un tétraplégique de 35 ans, Will Traynor. Une rencontre sans pathos, sans mièvrerie. Elle vient d'une famille, très modeste, où le père proche de la soixantaine, craint chaque jour de perdre son travail. Sa soeur, mère célibataire, veut reprendre ses études. Sa mère s'occupe du grand père , invalide suite à une attaque. Quand Lou perd son boulot de serveuse dans un café, elle n'a donc pas le choix et prend le seul boulot possible dans cette petite ville anglaise de province, aide soignante auprès d'un tétraplégique. 
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J'ai bien aimé le ton de Lou, tour à tour sentimentale, sarcastique, un peu gaffeuse (genre Bridget Jones). Elle n'a pas d'ambition dans la vie, juste suivre son bonhomme de chemin, en essayant d'oublier un fait traumatisant de la fin de son adolescente (ou de son début dans la vie adulte). Elle est lucide et pragmatique : "Je ne suis pas complètement idiote. A ce stade, j'aimerais clarifier ce point une bonne fois pour toutes. Simplement, j'ai parfois du mal à ne pas me sentir un peu légère en cellules grise, vu que j'ai grandi avec une petite soeur qui a non seulement pris un an d'avance pour atterrir dans ma classe, mais a ensuite renouvelé l'exploit pour passer dans l'année supérieure.(p 31)"
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Will de son côté, vient d'un famille très riche, et après une vie trépidante ne peut se faire à l'idée de rester immobile le reste de sa vie. Il a décidé de se suicider. Comment vivre quand on sait qu'on ne fait que compter les jours jusqu'à sa propre mort ? (p. 152) Ses parents engage Lou pour lui redonner le goût de vivre (sans l'avertir de ce que veut réellement Will, c'est à dire mourir)
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L'entretien d'embauche de Lou par Camilla , la mère de Will, met en lumière  la douleur (complètement masquée) de la mère ainsi que le sens de la formule (ou de la gaffe) de Lou 
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"- En fait, il existe plusieurs degrés de tétraplégie, mais dans le cas présent, nous parlons d'une personne qui a totalement perdu l'usage de ses jambes et qui n'a plus qu'un usage limité de ses mains et de ses bras. Est-ce que cela vous pose un problème ?
- Et bien, certainement moins qu'à lui, répondis-je en esquissant un sourire, alors que le visage de Mme Traynor demeurait impassible.Excusez moi.... je ne voulais pas.....(p36)"
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Petit à petit, Will et Lou font connaissance, se découvrent, se disputent ou rient. Lou finit par comprendre son dessein de mettre fin à ses jours et met tout en oeuvre pour le détourner de son but, elle lui organise des sorties, se renseigne sur des forums traitant de la tétraplégie.
Lou et Will finissent par avoir une complicité qui était imprévisible au départ. Les dialogues sont savoureux et font mouche :   
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"- Eh bien, ma mère peut très précisément dater mon penchant pour les chaussures hors normes. Cela remonte à mes trois ans. Elle m'avait acheté une paire de petites bottines en caoutchouc d'un bleu turquoise brillant. A l'époque, elles étaient pour le moins originales. les enfants portaient généralement des bottes vertes ou rouges pour les plus chanceux. Et elle m'a raconté que du jour où elle me les avait données, je n'ai plus voulu les retirer. Pendant tout l'été, je les ai gardées aux pieds, au lit, dans le bain, à la garderie. Ma tenue préférée, c'étaient ces petites bottines avec mes collants de bourdon.
- Vos collants de bourdon? 
- A rayures noires et jaunes.
- Superbe....
- Ca c'est un peu rude comme remarque.
- C'est pourtant vrai. Ils devaient être ignobles.
- Ils peuvent vous sembler ignobles, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, Will Traynor, toutes les filles ne s'habillent pas dans l'unique but de plaire aux hommes.
- Foutaises.
- Non certainement pas.
- Tout ce que les femmes font, c'est en pensant aux hommes. Les actes de chacun d'entre nous répondent à une motivation sexuelle. Vous n'avez pas lu La Reine Rouge de Matt Ridley ?
- Je n'en ai même jamais entendu parler. Mais je peux vous assurer une chose, c'est que je ne vous ai pas chanté la "Chanson du Molahonkey" assise sur votre lit dans l'espoir d'une partie de jambes en l'air". p117
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En conclusion : une très belle rencontre qui m'a fait verser quelques larmes (et pourtant j'ai dit en début de billet qu'il n'y avait aucun pathos, ce qui est vrai) :  juste une réflexion juste sur ce qui vaut la peine d'être vécu (ou pas) et sur le droit de choisir sa vie (et sa mort). 
Merci à Babelio et à Masse Critique pour l'envoi de ce livre 
téléchargement
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 21:56

Bonjour à tous, Laure m'a taguée.Le principe de ce TAG est de répondre à des questions par des titres de livres. L'an dernier, j'avais répondu à un tag assez proche (réponses ici) avec uniquement des livres que j'avais lus (ou presque), là j'ai fait un pot pourri (des livres lus, des livres que j'aimerais lire)

Décris-toi : La jument verte de Marcel Aymé (Comment ça j'affabule? regardez ma carte navigo sur votre droite!) 

Comment te sens-tu ? Je vais bien , ne t'en fais pas dOlivier Adam (pas lu mais j'ai vu le film qui m'a beaucoup plu)

Décris où tu vis actuellement : L'hôtel hanté de Wilkie Collins (jamais lu cet auteur dont j'entend dire beaucoup de bien)

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu ? Cent vues du Mont Fuji Osamu Dazaï

Ton moyen de transport préféré ? A pied, à cheval et en fusée de Clifford Simak (un livre drôle d'après la quatrième de couv, trouvé dans une brocante il y a un an mais pas encore lu)

Toi et tes amies vous êtes ? Quelques mousquetaires de Hervé Le Tellier

Comment est le temps ?  La tempête de René Barjavel

Ton moment préféré de la journée ? L'intérieur de la nuit de Léonora Miano (une auteure d'origine camerounaise que j'ai envie de découvrir) 

Qu’est la vie pour toi ?  Journal d'un corps de Daniel Pennac (un jour après l'autre)

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? 1001 Conseils pour écrivains en herbe de Myriam Mallié

Ta peur ?  Le dingue au bistouri de Yasmina Khadra

Ta pensée du jour ?  j'étais au boulot donc  "Derrière l'écran" de Pascal Garnier (pas lu celui là mais d'autres livres du même auteur m'ont fait une grande impression comme "Cartons" ou "Le grand loin" 

Comment aimerais-tu mourir ? Peut être en dansant comme dans "On achève bien les chevaux"   de Horace  Mc Coy 

La condition actuelle de ton âme ? On a de la chance de vivre aujourd'hui de Kate Atkinson (lu et apprécié)

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 00:00

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia  

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Certains  matins, je me lève un peu plus tôt pour profiter du calme de la maison devant un bon café. La cuisine est calme, le réfrigérateur ronronne d'aise, une grande  tasse de café me réchauffe les mains, j'oublie un peu mon surmenage actuel. Ce matin, je suis descendue un peu en avance pour profiter de ce calme avant la tempête du mercredi, un jour de la semaine finalement assez chargé même si je ne travaille pas. Ma surprise fut grande de voir la porte ouverte sur la cour. Je la refermai machinalement, fichu climat, le vent avait du l'ouvrir. Je me servis du café tranquillement quand soudain, mon regard fut attiré par un papier en bas du frigo.  Ce n'est pas tellement l'aspect de ce papier tout taché, qui m'a attiré mais plutôt sa place : tout en bas du frigo. Car il faut que je vous dise , mon frigo est constellé de morceaux de papier mais il n'y a rien en dessous de 1 mètre. A partir d'un mètre du sol, on trouve les magnets de mon fils qu'il collectionne dans des paquets de gâteaux . J'aime beaucoup ces magnets avec les départements français où selon l'humeur du jour Marseille se retrouve à côté de Paris et la Corse dialogue avec Lille. 
A un mètre trente, le planning des activités du poney club pour ma fille caracole fièrement, à 1 mètre soixante, mes rendez vous chez ma dentiste font grise mine etc....
Donc ce papier était à un niveau pour le moins incongru (à 10 centimètres du sol) : Aucun habitant ne fait cette taille dans la maisonnée.
Oh ! fut la seule onomatopée qui me vint à l'esprit. N'ayant pas mis mes lunettes, je me rapprochai et vous livre donc en direct ce petit message  (un torchon assez malpropre comme vous pouvez le constater)
lettre stylo
Surprise, je me rappelai alors la porte ouverte, et me ruai dans la cour. Je trouvai mon malheureux stylo, agonisant, perdant son encre à grands flots. Unijambiste, il avait réussi à se traîner jusqu'au milieu de la cour. ..........  Son tour du monde tournait court.
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Les mots collectés par Olivia
      
semaine – surmenage – jeunesse – onomatopée – malpropre – climat – lancer – messager – grande – politique – gréément
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La consigne des Impromptus littéraires
Le soleil s'est couché dans un dernier flamboiement. La nuit a été sage ou torride. Ce matin vous vous levez comme à l'habitude. 
Mais sur la porte de votre réfrigérateur, vous découvrez un message étrange ...
A vous de nous faire vivre l'aventure dans laquelle ce billet va vous entraîner.
Votre imagination est au pouvoir, mais vous devrez obligatoirement résoudre l'énigme du message du réfrigérateur avant dimanche 10 février à minuit.

Les premières aventures de ce pauvre stylo sont ici
et la suite est par  
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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 00:00

      Mes pas me conduisirent au cimetière de Sarria. La pluie crachait sur les visages de pierre noircie et les croix penchées. Derrière la grille, je pouvais distinguer une allée bordée de formes spectrales. De la terre mouillée montait une odeur de fleurs en décomposition. J’appliquai mon front aux barreaux. Le métal était froid. Une traînée de rouille glissa sur ma peau. Je scrutai les ténèbres comme si j’espérais y trouver l’explication de tout ce qui m’arrivait. Je ne perçus que mort et silence. Qu’est ce que je faisais là ? S’il me restait encore une once de bons sens, il était évident que je devais rentrer et dormir cent heures d’affilée. C’était probablement ma meilleure idée depuis trois mois.

Je fis demi-tour et m’apprêtai à revenir par l’étroite allée de cyprès. Une lanterne lointaine brillait sous la pluie. Subitement son halo de lumière s’éclipsa. Une forme obscure envahit tout. J’entendis des sabots de chevaux sur les pavés et découvris un attelage noir qui s’approchait en soulevant l’eau des flaques. Le souffle des chevaux couleur de jais exhalait une vapeur fantasmagorique. La silhouette anachronique du cocher se découpait sur le siège. Je cherchai sur le bord de l’allée un coin où me cacher mais ne trouvai que des murs nus. Je sentis le sol vibrer sous mes pieds. Je n’avais plus qu’une solution : revenir sur mes pas. Trempé et presque incapable de respirer, j’escaladai la grille et sautai à l’intérieur de l’enceinte consacrée.
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Marina – Carlos Ruiz Zafon

 

Sur une idée de Chiffonnette

 

  

  JEUDI CITATION

 

 

 

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