Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 18:54

Participation à l'atelier de Gwennaelle  

 

La consigne :

 

Un article récent de Claudialucia est à l’origine du sujet que j’ai envie de vous proposer aujourd’hui. A mi-chemin entre l’autobiographie et la construction de personnage, vous allez devoir énumérer les objets figurant dans le Cabinet de Curiosités de votre « double ». Votre double? Oui, un homme ou une femme pas tout à fait comme vous et pas tout à fait autre non plus. Votre « moi » rêvé ou fantasmé en quelque sorte… qui vous permettra de vous dévoiler un peu, beaucoup ou pas du tout… 

 

Comment procéder? Eh bien tout d’abord en décrivant le lieu où se trouve ce Cabinet de Curiosités (forcément révélateur) puis en énumérant les objets qui s’y trouvent et éventuellement en racontant leur histoire. Vous pouvez pour cela utiliser la première personne mais aussi  le personnage d’un amateur, d’un fan, d’un amoureux éconduit ou d’un journaliste qui se lance sur les traces de votre double, bien décidé à en apprendre davantage… Sur la forme vous être donc relativement libres.  Sur le fond, vous devez trouver des objets (au moins une dizaine) qui permettront au lecteur d’esquisser un portrait de celui ou celle à qui ils appartiennent (au moins virtuellement… ). Débridez votre imagination, votre poésie et laissez s’envoler vos rêves les plus secrets ou les plus fous…

 

 

 

et mon texte :

 

L'inspecteur regarde l'univers d'Audrey d’un œil neutre, attentif à tous les détails …….

Il a demandé à la soeur, Magali, de le laisser seul pour les premières investigations, les premières heures sont cruciales et il a horreur de sentir la famille dans son dos, inquiète, qui pose des millions de questions auxquelles il n'a pas de réponse.

Pour le moment, fugue amoureuse, accident, enlèvement il n'a aucune opinion sur cette disparition : il observe.

Un unique tailleur repose sur le lit défait. Le reste de sa garde robe se compose de jeans, de pull et tee shirt sobres. Un pantalon bariolé africain, motif géométrique d'oeil (de yeux? ) qui se répètent à l'infini, une paire de babouches.

Il se tourne maintenant vers un coin de la chambre qu'il devine (espère ? ) être révélateur de sa personnalité. Elle s’est fabriqué de bric et de broc un coin minuscule, sorte d’autel-refuge, dans un angle de la chambre.

 

Magali, lui a brossé rapidement un portrait de sa soeur, juste avant de le laisser seul. « Audrey a été adoptée tout bébé, travaille en stage au musée de Nice, est une jeune fille riante, équilibrée, sans problème ».

 

Sur le miroir, une photo de ses parents biologiques, qui un beau matin, ont disparu de la surface de la terre, plus aucune trace d’eux, ni de leur passage sur terre (dixit Magali)

Sur cette photo, en noir et blanc, on voit le père sourire en regardant la mère. Celle-ci, imperturbable, regarde l’horizon, et semble ailleurs. Rien n’existe, ni son mari qui l’admire, ni le photographe qui a su capter cette présence et déjà l’ombre qui plane sur ce couple. Il devait l’aimer à la folie pour la regarder comme cela : personne ne m’a regardé comme cela, se dit il soudain, pas encore du moins.

 

A l’autre angle du miroir, une photo des ses parents adoptifs, et un peu partout autour une multitude de photos d’Audrey et de Magali : avec des couettes, en robes écossaises à 7 ans, Audrey sur un poney, Magali en kimono, des éclats de rire, une purée de carottes comme maquillage à 1 an, des adolescentes autour d’un bateau. Aucune chronologie : juste une multitude de photos, qui semblent comme échouées sur une plage.

 

La dernière photo met en scène le vingtième anniversaire d'Audrey (merci les bougies on voit nettement les deux bougies nombre), il faudra qu'il demande à la soeur de quand date la photo : il diraitquelques mois : on voit que c'est le printemps aux arbres de la photo, les copains de l’école, du lycée sourient à l'objectif : il faudra qu'il les rencontrent tous et décroche la photo.

 

On ne voit d’ailleurs qu’une toute petite partie du miroir, tellement il est encombré de photos. De toute façon, le matin elle doit à peine se regarder dans la glace, pas de produit de maquillage, juste un peu de crème hydratante dans la salle de bain, la brosse à dent et le dentifrice sont encore là.

Délaissant les photos, le regard de l'inspecteur se pose sur la petite table devant le miroir :

On la dirait tout droit sortie d'une brocante et peinte à la main : motifs ethniques à nouveau

 

Sur la table, un souvenir ultra kitch de vacances : une statue sculptée dans une noix de coco : pourquoi une noix de coco ?

Il faudra qu'il interroge la soeur sur ses derniers voyages ; peut être une piste à suivre

 

Un minuscule djembé trône aussi sur la table. Il tapote dessus pour le doux bruit de la peau tendue, paumes grandes ouvertes. De temps en temps, il s'imagine qu'elle le prend et accompagne des multiples CD qui tronent sur l'étagère : Césaria Evora, Dee Dee Bridgwater, Touré Kounda...... A côté un autre instrument africain dont il ne connait pas le nom : instrument de musique, une grosse demi-calebasse évidée percée et recouverte d'une peau, de deux poignées, d'un manche et de plusieurs cordes.

 

Son micro ordinateur occupe le reste de la place sur cette table, l’imprimante a été reléguée par terre : plus de place pour elle sur la table. Il ne l'allume pas ici, c'est le boulot du labo mais il va l'emporter.

 

Le presse papier, sorte de lézard multicolore, sur le dessus lui fait penser à son voyage à Barcelone avec sa femme : Gaudi puis la Maison Dali à Port Lligat. Dali et ses déserts ornent les posters de cette chambre .

 

Partout, des livres : les livres sur l’étagère sont ceux de la bibliothèque avec une multitude sur Chagall, son sujet d’étude du moment, Chagall . Des livres bien rangés comme de braves petits soldats : Il ne faut pas les abîmer. Elle est soignée cette fille.

Plus loin, la collection complète des romans de Daniel Pennac, tout griffonnés : il prend le plus abimé et l'ouvre à la première page:



C'était l'hiver sur Belleville et il y avait cinq personnages. Six, en comptant la plaque de verglas. Sept, même, avec le chien qui avait accompagné le Petit à la boulangerie. Un chien épileptique, sa langue pendait sur le côté.

La plaque de verglas ressemblait à une carte d'Afrique et recouvrait toute la surface du carrefour que la vieille dame avait entrepris de traverser. Oui, sur la plaque de verglas, il y avait une femme, très vieille, debout, chancelante. Elle glissait une charentaise devant l'autre avec une millimétrique prudence. Elle portait un cabas d'où dépassait un poireau de récupération, un vieux châle sur ses épaules et un appareil acoustique dans la saignée de son oreille. A force de progression reptante , ses charentaises l'avaient menée, disons, jusqu'au milieu du Sahara, sur la plaque à forme d'Afrique. Il lui fallait encore se farcir tout le sud, les pays de l'apartheid et tout ça. A moins qu'elle ne coupât par l'Érythrée ou la Somalie, mais la mer Rouge était affreusement gelée dans le caniveau. Ces supputations gambadaient sous la brosse du blondinet à loden vert qui observait la vieille depuis son trottoir.

 

Pourquoi a t elle souligné tous ses mots ?

L’Afrique, encore, la poursuit : une jeune fille adoptée en quête de ses racines, se dit il.

 

Ces livres sont soulignés, écornés, griffonnés, dessinés dans les marges.

 

Il a fini son inspection : il est temps d'interroger la soeur maintenant : il n'a rien trouver d'extraordinaire, mais il n'a rien trouvé d'inquiétant non plus : pas de lettre d'adieu, pas de drogue : une chambre ordinaire d'une jeune fille ordinaire.

 

Allons voir ce que les autres ont trouvé sur l'autre disparition, celle du biélorusse « Alekseï Sergueïévitch Anski » d'après ses notes; se dit il en emportant l'ordinateur sous le bras et la photo d'anniversaire.

 

Les textes des autres participants sont ici

Partager cet article

Repost0
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 04:00

portes.jpgAudrey

« Mince, Magali a encore oublié de descendre les poubelles, ; elle exagère : c'est pas la mer à boire quand même de prendre un sac en descendant !!

Quatre petits étages! pas d'ascenseur, certes, mais c'est moins dur de descendre deux sacs plutôt que de remonter les courses !

Quelle tête de linotte, ma soeur !

Enfin j'arrête de raler, c'est vrai qu'elle démarre le boulot à cinq heures du mat à l'hôpital : si en plus de partir aux aurores, il faut penser aux poubelles ! »

 

Je grimpe les escaliers à l'intérieur du vieil immeuble, passe sans bruit devant la porte de l'éternel ronchon, devant celle de notre voisin immédiat qui nous a le premier jour (gentiment?) rebaptisées, ma soeur et moi, la colombe et la lionne; j'ouvre la porte et lance un tonitruant :

 

- Debout là dedans, j'ai une super nouvelle : je démarre mon stage la semaine prochaine : j'ai été sélectionnée, c'est génial. Ouh ouh y a quelqu'un !

 

Magali sort sa tête de rouqine tout ébouriffée de la couette : « un stage, non, j'entends bien ? tu veux dire LE stage, celui dont nous bassines les oreilles depuis 15 jours ? »

 

 - Oui, celui là, tu ne peux pas comprendre : c'est le JOB en or pour ces trois mois. Quand je pense à mes potes qui vont se morfondre à la FNAC à répondre à des questions idiotes sur des clefs USB, les best sellers et autres, et que moi, Audrey pour vous servir, j'ai réussi avec ma petite lettre de motivation à la noix à décrocher un entretien avec « the » big boss du musée. J'exulte, c'est le plus beau jour de ma vie !

 

- Plus beau que celui où tu es montée à poney pour la première fois pour tes 7 ans ? plus beau que ton concert du Grand Justin du mois dernier ? et plus beau que quoi encore ?

 

L'inconvénient de vivre avec sa soeur est que, justement, elle vous connait pas coeur et que le moindre enthousiasme passe à la moulinette de sa raison sarcastique; Bien souvent elle a raison : je m'enflamme facilement et à 20 ans à peine j'ai déjà eu 345 plus beaux jours de ma vie. Je ne répond pas, lui tire la langue et nous prépare un méga gouter, comme je les aime, thé et gâteaux variés.

 

- « Bon , déjà 16 H00, je me lève, dur le rythme de l'hôpital pour un premier boulot », lance Magali en rejetant la couette et se dirigeant en nuisette vers la salle de bain. Ma soeur, la raisonnable Magali, ne dort qu'avec des nuisettes Hello Kitty, parfois Pokemon ! Quand je pense au nombre de fois où, en grande soeur qu'elle est, elle me chambre et me dit de grandir un peu ! Mais j'ai toujours une réponse toute prête et je suis sûre que vous la connaissez : c'est celle de l'hôpital qui se moque de la charité.

 

Enfin grande soeur, il faut le dire vite : elle n'a que deux mois de plus que moi.

 

Là, je vous entends déjà dire que ce n'est pas possible : deux soeurs sont soit du même âge soit ont neuf mois d'écart, mais non, nous, on a deux mois d'écart. Je m'explique : Nos parents ont cherché pendant des années à avoir des enfants et quand les papiers pour mon adoption ont été faits, approuvés, tamponnés et signés par au moins une centaine de gens , ma maman adoptive est tombé enceinte comme cela, l'opération du Saint Esprit ? comme elle dit en regardant Jean, mon père, avec ses yeux rieurs. Je suis arrivée, par avion, (pas par cigogne, on s'en doute) dans les bras de mon papa, qui m'a alors apporté à ma maman , trop enceinte pour venir me chercher avec lui. Fin du début de ma rocambolesque existence !

 

Avec ma soeur, il est impossible de trouver plus dissemblable que nous deux , elle est réfléchie quand je suis fantasque, elle est ponctuelle quand ma vision de l'heure est très « fluctuante »; elle est classique jusque dans son habillement (les nuisettes sont le seul vêtement où elle se lache) quand je suis excentrique ; Magali est étudiante en dernière année d'école d'infirmière quand je me suis inscrite en école de puériculture une année, en horticulture la deuxième et aux Beaux Arts cette année. Mais là c'est sur je crois que j'ai trouvé ma voie : dessins, pinceaux, gouache et glaise m'ont définitivement conquise. Quand je veux la titiller je lui dis : « tu es le jour, je suis la nuit, tu es la lumière, je suis ton ombre ».

 

- Tu fais quoi aujourd'hui ? me demande t elle en enfournant un gâteau.

 

- Euh je voulais te demander ton aide ?

 

- Mon aide ? Toi la grande Audrey , tu as besoin de mon aide ?

 

- Oui, le big boss m'a dit que côté personnalité j'étais impec pour le stage mais que le look ça n'allait pas du tout, il faut que j'arrive lundi avec une tenue « professionnelle »

 

- « professionnelle » ? c'est sûr tu n'as pas cela dans tes placards : en route pour le shopping : je crois que je vais passer une excellente fin d'après midi !!

 

Sur ces quelques mots, nous partons bras dessus, bras dessous dévaliser les magasins.

Un dernier coup d'oeil dans la glace de l'entrée qui nous renvoie le spectacle habituel pour nous mais qui font sourire les gens quand nous disons que nous sommes soeurs.

Magali, rouquine, 1mètre 60, légèrement ronde, ultra féminine dans sa robe fleurie, et moi Audrey, l'africaine adoptée, peau d'ébène, tout en os sur 1 mètre 75, jean usé et baskets.

Notre seul point commun est notre chevelure frisée, indomptable, crinère de lionne. « Qui est la lionne ? qui est la colombe ? » comme j'ai répondu à notre voisin qui, depuis, longe les murs quand il me croise.

 

 

 

 

Ma participation à l'atelier Skriban de Gwenaelle 

 

La consigne

 

Voici une photo prise dans une rue à Edinburgh (Edimbourg, pour les Froggies…).

Je vous propose tout simplement, ce week-end de choisir votre porte (merci d’indiquer laquelle au début de votre texte…). Ensuite, racontez sous la forme qui vous plaira, qui vit derrière et comment… 

 

Les textes des autres participants sont ici  

Partager cet article

Repost0
12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 06:13

La consigne de cet atelier d'écriture  :

 

Sur les lèvres des critiques, les adjectifs fleurissent : déjanté, phénoménal, hype, à couper le souffle, délirant… Le problème, c’est que le film n’a pas encore été tourné. Pourtant, tout est prêt : le metteur en scène (très célèbre) a la caméra à l’épaule, le financement est bouclé, les acteurs ont été choisis dans le haut du panier.

Alors que se passe-t-il?

Eh bien, on vous attend, tout simplement! Car c’est à vous d’écrire le scenario de ce film « déjanté, phénoménal, hype, à couper le souffle, délirant »… Mais ne paniquez pas, les contraintes sont minimales. Il vous faudra juste intégrer dans votre récit les mots piochés sur la couverture d’un vieux Télérama

 

  • haute tension
  • pirate
  • punk
  • sexe
  • amour
  • vodka
  • poésie
  • violence
  • Staline
  • septembre

 

 

Les textes des autres participants sont ici  

et voici mon résumé de  scénario

 

Le grand cirque et la mariée

 

 

Comédie en cinq actes
Titre : Le grand cirque et la mariée

Lieu : musée Chagall à Nice

Été 2012, une grande manifestation est organisée dans ce musée pendant les 3 mois d'été . Sur les banderole devant le musée, cette annonce : 21 Juin, 21 septembre, Chagall recomposé.
Cette exposition temporaire rassemble de nombreuses œuvres de Marc Chagall, qui  ont été expédiée des quatre coins du globe.
Les deux principaux personnages sont Audrey, étudiante aux Beaux Arts qui fait son stage d'été pour cette occasion et Aliocha, jeune biélorusse qui "accompagne" des œuvres prêtées par le musée de Vitebsk.

Premier "Acte" : toutes les personnes présentes finissent les préparatifs pour l'expo qui démarre le lendemain. Une vingtaine de personnes s'activent, préparant des prospectus, accrochant les tableaux aux murs ....Dans l'entrée du musée, des petites tables sont dressées pour un pique nique improvisé : ce n'est pas l'inauguration officielle qui aura lieu le lendemain. Par une des portes, on voit un morceau de cet immense tableau de Chagall : le Grand cirque.

 

Chagall_LeGrandCirque_1956.jpg

La"mise en place" se finit tard et un petit buffet avec vodka et petits fours est organisé. Aliocha et Audrey font connaissance à cette occasion. Tout le monde part ensuite sauf les deux A qui ont des étiquettes à finaliser
Fin de l'acte 1 : on entend un vacarme et les 2 jeunes gens se précipitent

Acte 2 : Les 2 jeunes gens reprennent connaissance dans un endroit inconnu. Ont ils été attaqués, ont ils juste dormi?
Finalement ils se rendent compte qu' ils sont dans un cirque ; la piste, le chapiteau apparaissent peu à peu dans la pénombre.
La troupe du cirque est autour d' eux : trois sœurs trapézistes en tutu, un clown dépressif (un grand sourire peint sur la bouche mais des yeux qui larmoient) , un dompteur d'animaux avec un bandeau de pirate, ainsi que son cheval de przewalski qui parle. Le cheval de przewalski est un cheval punk qui ne pense qu'au sexe et qui a un langage très cru. C'est grâce à lui et à d'autres dialogues que l'on apprend que le dompteur est homosexuel, et la raison de la dépression du clown (ceci restera un mystère dans ce résumé)

On entend parler du lion qui a défiguré le dompteur mais on ne le voit pas : il est dans un autre tableau..Le peintre l'a éloigné pour cause de trop grand violence.

Les soeurs sont en constante rivalité pour séduire le clown et ignorent totalement le dompteur pirate. Le clown ignore les soeurs et ne se rend pas compte qu'il est source de cette haute tension entre les personnages.
Audrey et Aliocha sont en chair et en os , les autres sont comme dans le tableau (aériens comme souvent chez Chagall et plutôt « dessins animés »)  : le coté mélange film d'animation et film réel est ce qui permettra aux journalistes et au public de dire plus tard que ce film est « déjanté, phénoménal, hype, à couper le souffle, délirant... »

 

A la fin de ce tableau , et après une longue discussion avec les personnages de ce cirque, les deux nouveaux amis se rendent compte qu'ils « sont » « dans » le tableau « le grand cirque » de MC : les personnages du cirque sont restés en 1956 quelques années après la mort de Staline.


Troisième acte: les deux amis essayent de revenir dans leur monde et les membres du cirque leur viennent en aide. Pour cela ils se rapprochent des personnages d'un deuxième tableau de Chagall suspendu à proximité du « grand cirque » cf le tableau « la mariée » :

chagalllamariee.jpg

On apprend que le jeune homme qui chuchote à l'oreille de la mariée est l'enfant qu'elle a eu avant son mariage et qui n'a donc pas connu son père.

Quatrième acte : Nos deux héros n'arrivent pas à sortir du tableau le grand cirque mais arrivent à passer dans le tableau suivant (la mariée) qui lui leur permet de revenir au monde « réel » : ils utilisent pour cela la longue robe de la mariée pour s'évader comme le ferait une princesse de conte de fée.

La mariée veut bien les aider car elle souhaite rejoindre son futur mari, son seul amour, qui est dans un autre tableau depuis 60 ans. L'ambiance se veut onirique, pleine de poésie, surréaliste
La troupe du cirque discute sur le fait d' être sortie de leur tableau initial.
Tous les personnages des deux tableaux se retrouvent dans le monde d'Audrey et Aliocha; le film devient donc un « vrai »film avec quelques personnage dessinés après avoir été un vrai dessin animé avec des personnages de film.

 

 

Tableau 5 : tout reprend sa place ? Discussion sur le fait de retourner dans le tableau ou pas pour les trois soeurs, le clown dépressif, le dompteur pirate, le cheval de Przewalski, la mariée, son enfant devenu grand et la chèvre.

Qui retournera dans son tableau ?

Audrey et Alicoha continueront ils un bout de route ensemble ?

 

 

Photos du net
 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 06:36

Ma participation à l’atelier d’écriture de Gwenaelle (semaine du 23/05/2011)

 

Les autres participants sont ici

  

La consigne :

Cinq mots par jour pour écrire un paragraphe et cinq jours pour écrire toute une histoire avec ces cinq paragraphes.

 

 

Les mots du lundi : sportif – héros – bouquin – escapade – malaise 

Les mots du mardi : guirlande – absence – naval – thé vert – gomme

Les mots du mercredi : dragon – atelier – estomac – antique – fable

Les mots du jeudi : inachevé – étiquette – immédiat – odyssée – cœur

Les mots du vendredi : sphère – finances – filet – exercice – indien

 

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Marylou regardait son sac à dos d’un air circonspect, comme s’il allait se mettre à lui parler et lui dire comment le remplir.

Que met on d’ailleurs dans  un sac à dos pour une escapade de deux jours avec un tout nouvel amoureux que l’on connaît depuis quinze jours à peine?

Certes, ils avaient passé ensemble trois merveilleuses soirées à se balader dans les rues de Paris, quasiment désertes en ce mois d’août; trois soirées merveilleuses suivies de trois nuits torrides, mais ces trois rencontres ne suffisaient pas. Elle se rendit compte qu’elle ne savait presque rien de lui.

Elle aurait mieux fait de l’abreuver de questions pendant ces trois soirs au lieu de déclamer avec lui leurs poèmes préférés : Victor Hugo, mon père ce héros ; Rimbaud et sa bohème, Verlaine un tout petit peu, Eluard énormément, Baudelaire pas du tout. Maintenant, elle ne savait que mettre dans ce sac, qui la narguait du coin du salon.

Tout à l’heure, il l’avait appelé, enjoué, en disant : « Partons deux jours ce week-end, ne prend qu’un sac à dos car nous partons en moto, je t’emmène dans un coin formidable».

Moto  = pantalon, cela était simple mais prenait-elle quand même une jupe pour le soir ?

Et un bouquin ? Se vexerait-il si elle emportait un bouquin ? Normalement on n’a pas le temps de lire lors d’une escapade en amoureux de deux jours, mais Marylou préférait être prévoyante et puis elle ne pouvait pas vivre sans livre; tous les jours elle lisait quelques pages même juste 5 minutes le soir avant de s’endormir.

 

Où pouvait il bien l’emmener pendant deux jours ? déjà pas faire de l’escalade, elle se rappelait lui avoir dit le premier soir qu’elle n’était pas sportive pour un sou et que le moindre point en hauteur lui causait vertiges et malaises.

 

***

Voilà, on y est presque, se dit Marylou en fermant son sac à dos. Finalement j’ai été très raisonnable : Deux jours, donc deux tenues pour la journée; tenues pratiques et passe-partout pour la moto.

Un ensemble  plus léger pour le soir: c’est le mois d’août quand même, et un pull car si c’est une soirée en Normandie, il risque de faire un peu froid.

Absence de maquillage total : de toute façon quand on fait de la moto, le maquillage a tendance à couler.

Une tenue sexy pour la nuit, cela ne prend pas de place (tiens d’ailleurs pour une escapade de deux jours y a t il une ou deux nuits? Je en sais même pas si le  retour est prévu lundi matin tôt ou dimanche soir ?

Pas de collier, ni bague, trousse de toilette minimale.

Julien ne devrait pas tarder maintenant,  il me semble l’avoir entendu dire «un quart d’heure» tantôt au téléphone. Je suis fin prête mais où peut-on bien aller ?

Oh cela fait déjà une demi heure qu’il a appelé mine de rien. Mais bon, traverser la moitié de Paris, prend quand même un certain temps, même en moto.

Marylou se décide finalement à préparer son cinquième thé vert de la journée, en attendant fébrilement la sonnette. Elle regarde son dernier dessin fait dans l’après midi,  le rectifie d’un coup de gomme par ci,  surligne certains traits machinalement par là.

Elle se penche par la fenêtre  du troisième étage,  embrassant d’un seul coup d’oeil cette vue dont elle ne se lasse pas : la Seine entourant l’île Saint Denis. Les quais, les péniches sagement alignées les unes derrière les autres, certaines flambant neuf, sortant du chantier naval et les autres, plus nombreuses, patinées par les ans. Plus tard dans la soirée, quand le soleil sera couché, elles se balanceront nonchalamment, éclairées comme de somptueuses guirlandes, suivant le cours paisible de la Seine à cet endroit.

 

****

DRING!!!!

Marylou ouvrit la porte tout intimidée.

Julien, de même, se balançait d’un pied sur l’autre, son casque sous le bras,  identique à leurs trois précédents rendez vous : yeux rieurs, rasage de trois jours et cheveux en bataille.

Elle se rendait compte que leur relation débutante était à un tournant : quelques moments ensemble volés à la vie trépidante de Paris étaient bien peu de chose.  Comment allaient ils passer ce week end ? ce n’était que deux jours mais elle avait eu son lot de déceptions et elle n’osait encore pas trop y croire. Elle avait passé l’âge de croire aux contes de fées et autres fables.

Julien serait il son compagnon pour des années où ses 48 heures ensemble lui ferait découvrir des incompatibilités d’humeur ?

Elle lui proposa une tasse de thé ou de café, dans le salon qui lui servait aussi d’atelier pour son travail d’illustratrice..

- Non merci, mettons nous en route tout de suite pour ne pas dîner trop tard et martyriser nos estomacs.

- S’il te plait un indice, où va t on ? 

- 2h18 d’ici selon Mappy : nous pouvons être arrivés pour 20H00 et voilà l’indice : « Le ciel est par dessus le toit, si bleu si calme ; Un arbre par dessus le toit berce sa palme »
- Verlaine, mais cela ne m’avance pas beaucoup, sourit elle
Je ne dirais rien de plus sinon cela ne serait plus une surprise.  

En bas, la moto les attendait, une Honda, noire avec des dragons crachant du feu sur le côté.

Ils s’installèrent et rejoignirent rapidement le flux des parisiens étant restés sur août mais qui se mettaient au vert pour le weekend.

Quelques rues de l’Ile Saint Denis, quelques antiques batiments attendant une démolition prochaine et puis tout de suite l’autoroute A1, puis l’A3 et enfin l’A4. Ce ne serait donc pas la Normandie, déduisit-t-elle. Mais bon sang pourquoi ne se rappelait-elle rien de la vie de ce Verlaine : ni où il avait vécu ni où il était né. Seuls ces poèmes l’intéressaient, pas sa vie !

Marylou se concentrait sur la route autant que si c’était elle qui conduisait, penchant la tête pour ne pas prendre le vent de plein fouet.

J’espère que Mappy ne se trompe pas : ces 138 minutes vont être les plus longues de ma vie sinon.

 

***

 

Près de Reims -  aire d’autoroute : Petite pause pour le plein d’essence et se dégourdir les jambes.

Marylou entre dans la station se rafraîchir pendant que Julien fait le plein de la moto.

Un peu moins d’une heure avant l’arrivée, se dit elle en regardant machinalement les quelques souvenirs exposés dans la boutique.

Tout est ok, la prévient Julien, nous pouvons reprendre notre odyssée. Je ne t’ai pas dit mais ce n’est pas une surprise que je t’ai préparée mais deux ; j’ai l’intention de te présenter à  ma famille. Prête ? on se remet en route !

En s’installant à nouveau derrière lui, Marylou se rappelle alors  la conversation lors de leur dernière sortie. Il lui a dit que son père était mort récemment lorsqu’ils discutaient  du poème Mon père ce héros.

 

Il avait l’air si ému à ce moment là que leur conversation était restée inachevée.

Dans l’immédiat, elle ne savait donc rien sur sa mère, ni sur une éventuelle fratrie.

Whaou, elle allait rencontrer sa famille !! : dans quel guêpier s’était elle engagée ?  y aurait il une reine mère, comme chez elle ? une reine des abeilles qui régnait sur ces sujets, ultra sensible à l’étiquette et à la place que doivent avoir les « pièces rapportées » en l’occurrence les maris ou compagnons de ses sœurs ?

 Comme ils reprenaient l’autoroute, elle ne put pas poser toutes les questions qui se précipitaient dans sa tête : pas faciles les voyages en moto pour avoir une conversation suivie !

Son cœur battait la chamade : le week end en amoureux allait-t-il se transformer en présentation à une nombreuse tribu ?

 

Plongée dans ses pensées, elle se rendit soudain compte qu’ils étaient sortis de l’autoroute : Un panneau Signy l’Abbaye, joli nom.

Julien arrêta la moto devant un vieux porche. Un vieux monsieur,  tout voûté, en sortit étonnamment agile.

- Juju! s’exclama-t-il, toujours à l’heure. Je vous ai préparé votre petit nid. Bonjour mademoiselle.

- Bonjour Serge. Voici Marylou. Marylou, Serge qui m’a tout appris sur ce domaine.

Marylou rendit le bonjour, cherchant partout une maison. Devant elle, il n’y avait rien qu’un ensemble d’arbres de toutes tailles, principalement chênes et hêtres.

Julien tira une corde du dernier arbre de l’allée et en fit descendre une souple échelle.

-          Notre maison du week end est dans les arbres. Je te fais visiter ??

 

***

Plus tard, dans la nuit…….

Marylou est allongée, la tête sur l’épaule de Julien : le hamac où ils se sont installés se balance comme une gondole, douce et lascive à la fois.Quelqu’un (Serge?) a installé sur la table basse un bouquet de tulipes odorantes qui apparaissent comme tressées en une sphère multicolore.

Elle savoure cet instant de bonheur sans nuages et réussit à articuler :

- Extra la surprise de ce week end improvisé ! et encore c’est un euphémisme, je ne trouve pas les mots, tellement cette escapade est surnaturelle.

- Merci, heureux que ce petit nid te plaise !

- Cela fait un sacré changement par rapport à Paris, n’est ce pas? Toute cette verdure et ce calme

- Si tu veux, tu peux prendre un abonnement dans ce cocon : Abonnement au mois, au week end, à vie : tous les forfaits sont possibles

- Abonnement à vie ? je ne sais pas si mes finances pourront se le pemettre, lâche Marylou flattée par cette proposition. Tout de suite elle se sent bête : Julien lui fait une déclaration et elle ne trouve rien de mieux qu’une plaisanterie et s’en sort par cette pirouette pitoyable. Mais Julien ne semble pas s’en être formalisé, elle poursuit donc :

- Et ta famille, on les voit demain? Qui va venir? 

- Oh pas de problème je peux les appeler tout de suite, ils en ont pour trente secondes à apparaître

- ??????????????? 30 secondes ???????????

- Oui ils sont là tout près. Allez les Whoopies, peuple du parc, montrez vous, ne soyez pas timides!

Marylou écarquille les yeux, ahurie.

Juste derrière le pot de l’olivier nain, viennent d’apparaître de minuscules bonhommes-chocolat : ce sont de charmants petits gâteaux fait de deux ronds de pâte tendre accolés par une crème : Un peu soucoupe volante, un peu macaron, avec des menbres en sucre d’orge et avec des yeux rieurs en grains de café. Un petit panache de fumée leur sort de la fraise tagada qui leur sert de bouche.

Julien reprend la parole : allez avancez les whoopies, que je vous présent Marylou

- Marylou, je te présente Friponne, la maman Whoopy : c’est elle qui souffle aux enfants du quartier des idées de bêtises ; à côté d’elle, tu as Paribrest son mari, qui aide ces mêmes enfants à commettre les bêtises et juste derrière leurs sept enfants, qui eux participent aux bêtises. Tu as dans l’ordre  Nougat, Clafoutis, Crumble, Patachou, Millefeuille, Croissant et Meringue

 

-          Approchez vous, ne soyez pas timides, grimpez sur le filet du hamac.

 

Marylou, sous le choc, se laisse embrasser par tout ce petit monde de sucrerie.

« Oh, on dirait les cousins des Oompas loompas de Roald Dahl et ils ont des têtes encore plus sympathiques que les Zertes de Claude Ponti ».

 

A ces mots Les whoopies se mettent à chanter autour d’elle : Marylou est notre amie : elle connaît nos amis les OompaLoumpa et les Zertes. »

Ils essaient alors de l’entraîner dans une ronde folle, telle la danse de la pluie des indiens dans les dessins animés, mais Marylou, fatiguée de sa folle escapade, refuse cet exercice périlleux : « oh là là attention, vous me faites tourner la tête , je vais attraper une migraine » et elle repose sa tête sur l’épaule de Julien, comme assommée de tant d’aventures.

 TUT, TUT, TUT, TUT

 

 Marylou, à moitié endormie, tend la main vers son portable.

Un oeil entrouvert, elle voit l’heure incongrue qui s’affiche mais décroche quand même :

« Aujourd hui à 6H15, vous avez un message « Salut Marylou, c’est Julien : Nous sommes vendredi, je prends mon service à la caserne des pompiers; j’ai une proposition à te faire : partons deux jours ce week-end, ne prend qu’un sac à dos car nous partons en moto , je t’emmène dans un coin formidable. Rappelle moi si tu es ok. Bisous » »

 

 

Partager cet article

Repost0
8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 19:45

 

Ma participation à l’atelier d’écriture de Gwenaelle du 26 Juin

 

Les autres  participants sont ici

 

Voici la consigne

1. Le premier sujet a été proposé par Valentyne-qui-n’a-pas-froid-aux-yeux. Costaud, le sujet… 

Il faut écrire un texte sur le thème de la musique (ou sur le thème de votre choix) en y incluant les quatre citations suivantes :

« Non seulement ses proches étaient pour lui des étrangers mais il était encore étranger à lui-même ». (Vincent Van Gogh)

« Toute sa vie l’on doit être un enfant ». (Matisse)

« Elle avait une fleur à l’oreille, écoutant son parfum ». (Gauguin)

« On met longtemps à devenir jeune. » (Picasso)

2. Le second sujet vient tout droit du laboratoire à frissons d’Olivia…

Votre personnage se réveille dans une pièce inconnue, sans aucun souvenir de ce qui s’est passé. Que lui est-il arrivé ? Il fait sombre, il fait froid, la peur monte.

 

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 

Vincent se retourna sur lui même et se cogna le coude. La douleur acheva de dissiper les brumes d’alcool ingurgité la veille : Il fit un effort pour se rappeler où il pouvait bien être mais il n’y a avait autour de lui pas un seul  rai de lumière  pour se repérer.

Le sol était dur, il n’était donc pas sur un matelas. Il n’était pas chez lui non plus, cela était une certitude : chez lui, les volets étaient trop détériorés pour faire un noir aussi complet

Au bout de quelques minutes, en restant totalement immobile afin de ne pas se recogner, il réussi à se rappeler des bribes de la soirée de la veille, à la fête de la musique.

Avait il réussi hier  à convaincre la jolie blonde de venir faire un tour avec lui ? Etait il chez elle ?  l’avait elle emmené, subjuguée par son charme ou alors ayant pitié de son éthylisme avancé ?

Elle lui avait tapé dans l’œil aussitôt, quand il l’avait vue sur scène,  la chanteuse du groupe de simili hard rock, mix, de heavy, de grunge et de Garage à la fois.

Maintenant, c’était la pause et elle était installée sur un haut tabouret du bar, sirotant sa bière. Sa jupe ultra courte lui allait comme un gant, enfin elle était moulante comme il les aimait. Son débardeur étincelait de mille feux. Quelques fabuleux tatouages sur ses épaules dénudées complétaient le personnage. Mais surtout ce qui l’avait décidé à l’aborder c’était le fait qu’elle avait une fleur à l’oreille, écoutant son parfum. Il sentait ce parfum d’ici, à 10 mètres; c’étaient les meilleures amphétamines qu’il ait jamais avalées : elles lui permettaient de s’enivrer de parfum, sans se faire rembarrer, par la fille ou son mec.  

Quelle fleur ?  il était incapable de le dire. Sa mère aurait pu certainement lui dire : une fleur exotique peut être ? orange vif, en tout cas.

 

Maintenant qu’il commençait à rassembler ces esprits, Vincent se dit que c’était le bon moment pour refaire une tentative, il s’assit donc, heureux de ne pas avoir de vertiges. Enfin, plutôt, il essaya de s’asseoir car, il se cogna à nouveau, plus violemment cette fois et sur le front. Il gémit, un peu groggy. Il étendit alors les bras avec précaution, 20 centimètres au dessus de sa tête, à peu près autant à droite et à gauche  et il ne pouvait pas totalement s’allonger : il eut une sueur froide : il était dans un cercueil, il ne voyait pas d’autre explication : mais comment était il arrivé ici ? Un reste d’alcool dans le sang lui permit de ne pas entièrement paniquer et lui fit relativiser la gravité de sa situation. 

Afin de fixer son attention et d’oublier la douleur de son front, il réfléchit à la suite de la soirée qui lui revenait toujours par flash.

Le groupe s’appelait « Les Valentins qui n’ont pas froid aux yeux », c’est ce qui il y avait marqué à l’entrée du pub : Le leader du groupe jouait de la guitare en forçant sur les accords en se déhancher ainsi : une vraie brute ;  le batteur, lui, semblait ne pas avoir dormi depuis des jours, les traits tirés et la chanteuse avait un filet de voix, à peine audible : la faute au guitariste déjanté ou aux amplis  mal réglés, allez savoir !

 

Il avait alors trouvé immédiatement son entrée en matière : « c’est vous Valentyne, l’égérie de ce fameux groupe qui jouait tout à l’heure, ils sont formidables, si si je suis sincère, je ne dis pas cela pour vous draguer » ? Son blabla était au point : il l’avait testé plusieurs fois : d’abord vouvoyer la proie, puis lui sortir des mots qu’elle ne devait pas connaître : égérie faisait très bien l’affaire : en général les femmes se sentaient flattées par l’intérêt qu’il leur montrait : par ses yeux bleus outremers aussi : sa Rolex ostensiblement à son poignet finissait de les conquérir.

 

Soudain, tout son corps fit une embardée et dans son cerveau tournant au ralenti, il eut comme une illumination : il était dans un coffre de voiture !!! pas dans un cercueil, il ne savait pas s’il devait se réjouir ou se lamenter.

 

Il ne se rappelait plus bien mais il avait du dire une énormité à la fille ou alors son mec n’avait pas supporté de la voir rire avec un inconnu, plutôt bien de sa personne. Car il faisait rire les femmes en leur racontant mille blagues,  à deux sous, mais dites avec un désarmant sourire enfantin. « Une vraie gueule d’ange » disait à mère.  

« Toute sa vie l’on doit être un enfant » avait il coutume de lui répondre. Celle-ci se lamentait qu’il n’arrive pas à se fixer justement et qu’il ne fonde pas de famille, mais une famille pourquoi faire ? 

La sienne, enfin son père, militaire et sa mère femme au foyer lui avait toujours paru étouffante : des devoirs, toujours des devoirs, des obligations à n’en plus finir. Mais maintenant que son père n’était plus là pour lui dicter sa conduite, il rattrapait le temps perdu et enchaînait fête sur fête.   

On met longtemps à devenir jeune, avait il entendu une fois. Cette expression lui avait plut et depuis deux ans il s’appliquait à la mettre en pratique et à profiter de la vie, à claquer son héritage, bref il rattrapait le temps perdu.

 

Cependant, maintenant il commençait à s’inquiéter : le guitariste fou, qui l’avait mis dans le coffre avait il l’intention de « juste le dépouiller » ou de lui « régler son compte » ?

 Difficile à dire, il avait eu l’air déjanté cet homme mais était il pour autant un tueur en série ou un psychopathe ?

Non seulement  ses proches étaient  pour lui des étrangers, mais il était encore étranger à lui même. Alors vous pensez bien, quelqu’un qu’il avait vu le temps de voir pendant deux chansons de quelques minutes, comment connaître ses intentions ?  

 

La voiture s’arrêta sur le bas côté. Vincent pris sa respiration et attendit qu’ « on » ouvre le coffre.

 

 

 

Partager cet article

Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 14:42

Ma participation à l’atelier d’écriture de Skriban (Gwen) du 5 Juin

 

Les textes des autres participants sont ici :

 

La consigne :

Tous les jours, vous passez devant cette palissade de planches brutes, recouverte de graffitis et d’affiches déchirées. D’habitude, vous ne faites que la longer mais aujourd’hui – qui sait pourquoi? – votre curiosité est titillée par un détail et vous avez envie de savoir ce qui se passe derrière. De toute façon, vous avez raté votre bus et personne ne vous attend à la maison. Alors vous cherchez un trou, une fente et vous regardez…

Que voyez vous ?

 

 

 **********************************************************************************************************

 

 

Soudain, je vois l’arrière du bus qui tourne à l’angle de la rue de la Source. Zut, il a une minute d’avance, ou alors c’est moi qui aie une minute de retard ! Quoiqu’il en soit, cette petite minute de décalage va m’en faire perdre au minimum vingt, le temps d’attendre le prochain bus. En plus, je suis partie en catastrophe et pas de bouquin dans mon sac : Rien à se mettre sous la dent ou plutôt sous les yeux pendant ces 20 minutes : autant dire une éternité.

Je regarde aux alentours, sait-on jamais quelqu’un peut avoir oublié un magazine ? je suis prête à tout  pour un peu de lecture avant d’aller au boulot : même un prospectus d’agence immobilière ferait l’affaire, c’est dire,   mais non rien à faire pas la moindre feuille de papier à l’horizon .

De dépit, je m’approche de la palissade et trouve à lire le permis de construire accroché depuis quelque mois : La pluie n’a pas eu le temps de le délaver : il faut dire qu’il n’a pas plu depuis quatre mois : tout est sec et rabougri aux alentours. La palissade s’élève plus haut que mon mètre soixante dix. Etranges, ces personnes qui veulent planquer leur future construction. Surtout que cette maison, je la connais : dix ans que je passe devant tous les matins : des fois pour prendre mon bus, des fois pour emmener un enfant à la crèche puis à l’école : Il s’agit d’une modeste maison des années 30, moitié meulière, moitié briques que les nouveaux propriétaires veulent surélever. Bientôt il y aura 3 niveaux de 50 mètres carrés chacun.

Les enfants ont appelé cette maison, la maison de la dame aux chats, puis la maison de la sorcière aux chats. Pauvre femme, effectivement, nous l’avons vu se délabrer au cours de ses dernières années, un peu au même rythme que les lézardes sur sa maison : on sentait qu’elle partait vers un autre monde, perdant la mémoire, et répétant en boucle : « venez les petits, les petits » à son régiment de chats. Elle avait oublié qu’elle les avait nourris le quart d’heure d’avant et revenait leur remplir leurs gamelles à peine vides : l’adresse avait vite été connue de tous les chats du quartier et il y avait affluence. Cela nous a bien occupé avec les enfants de trouver un nom pour chacun. « Tu sais j’ai vu Duchesse ce matin, elle était avec Berlioz et Toulouse comme d’habitude ». Heureusement que Disney n’est pas avare en chats en tout genre : il était comme même venu un temps ou l’inspiration s’était tarie et les deux derniers de la bande avaient été baptisés Rox et Rouky, faute d’idées plus originales.

Oh, mais il a une planche légèrement décalée juste derrière le permis de construire ; il faut se pencher. Cet interstice se situe à un peu plus d’un mètre du sol : je me mets dans le peau de mon petit explorateur de trois ans et demi qui serait à la bonne taille pour regarder par ce trou de souris.

N’écoutant que ma curiosité, je m’approche : à peine cinq centimètre de vide, je ne peux donc pas voir les travaux de l’étage en train de se construire. Par contre, j’ai une vue imprenable sur le petit bassin en plastique bleu que j’ai toujours connu ici : pour ma part je l’ai toujours trouvé un peu pathétique, mal entretenu, plein de mousse mais pour les enfants, c’est un point d’eau magnifique avec des grenouilles, des coccinelles. Un jour on a même vu une libellule, atterrir comme un hydravion.

Là c’est l’émerveillement : comment par cette sècheresse ce petit coin de paradis a-t-il pu rester aussi vert : les fougères sont robustes, presque vert fluorescent, les coquelicots touffus : pas possible il y a un  mystère, un micro-climat , un oasis dans un rue desséchée.

Heureusement que j’ai la tête sur les épaules et une bonne mémoire, je me rappelle les paroles de mon mari «  rappelle moi bien, Val, de ne jamais acheter une maison dans une rue qui s’appelle rue de la source, c’est inondations, infiltrations et compagnie prévisibles une fois par an »

Ce coin de verdure inattendu  me fait oublier la déception du bus parti sans moi.

A cet instant une tache fauve attire mon regard. Fauve est le terme approprié, aussi bien en terme de couleur que d’animal.

Je ne sais si c’est le fait de regarder cette scène à un mètre du sol ou de regarder par un trou de 5 cm de rayon mais, à l’instant, j’ai trois ans et demi et la même vision que mon fiston : Je vois  Tigrou, le bien nommé, qui a l’air à l’affût. Tigrou,  c’est ainsi que les enfants l’ont appelé, ce chat de gouttière roux avec quelques traînées noires. Il a maigri, Tigrou,  maintenant qu’il n’y a plus table ouverte à la maison des chats à toute heure du jour et de la nuit. Mais cela lui va bien ; il a gagné en dynamisme et en agilité. Soudain il se ramasse près à bondir : Dans ce trou de 5 centimètres, avec vu sur une jungle de 30 centimètres de haut, je vois un tigre guettant sa proie. Je ne vois pas si celle ci est une souris, une grenouille ou une sauterelle mais en tout cas, cela doit être une  proie intéressante vu sa concentration. Il bondit et ……

Je ne saurais pas qui était la victime de ce grand chasseur car mon bus arrive : déjà vingt minutes de passées. Pas question de prendre le suivant !   

 

 

Partager cet article

Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 13:05

Ma participation à l’atelier d’écriture de Skriban (Gwen)

 

Les textes des autres participants sont ici :

 

 

La consigne : M’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi…

 

Aujourd’hui, une proposition de Jul pour dégourdir votre plume :

On a tous été à un moment donné assis sur un banc quelque part. L’exercice du jour consiste à raconter une histoire, vécue ou non, qui se déroule sur un banc.

Pour corser l’affaire, il faudra inclure dans votre texte les mots suivants : 

  • guibole
  • chevalière
  • vaillant
  • tortue
  • martingale

 

 ******************************************************************************************************

 

  

Tout d’abord, laissez moi me présenter : Je suis un banc !

Je vous entends déjà : un banc qui parle cela n’existe pas.

Mais laissez moi plutôt vous raconter mon histoire :

Je suis né des mains d’un sculpteur d’acier à Dinan.

Je vous vois faire la moue, sceptiques : pourtant quand vous étiez tout petits, je suis sûr que vous avez écouté l’histoire de Pinocchio et de son sculpteur Gepetto  et que vous n’aviez alors aucune objection à ce qu’un barreau de chaise devienne un pantin !

Je me répète, mais  laissez moi donc vous raconter mon histoire :

Mon géniteur (est ce le bon mot d’ailleurs pour un sculpteur ?) m’a façonné dans de l’acier : je suis donc très solide et inspire immédiatement confiance.

Un brin austère malgré mes quatre pieds très élégants, j’étais tout gris à la naissance. Personne ne s’arrêtant devant son atelier,  il a eu l’idée de me peindre : je suis donc maintenant un banc en acier avec des nuages blancs sur fond bleu. Mon père adoptif, pour le citer, me trouve « un petit air de Magritte avec une touche de Monet » en bref je suis impressionniste sur la forme avec un soupçon de surréalisme sur le fond, à moins que ce ne soit l’inverse.

 

Ne me cherchez pas sur Internet je suis une pièce unique et mon Créateur (n’ayons pas peur des mots) n’a pas envie de créer son site. Sa petite fille lui a proposé de le faire mais il reste ancienne école : « pas besoin d’internet, j’ai une martingale :  les habitants et les touristes de Dinan voient l’atelier, entrent, discutent et repartent avec une babiole sur laquelle ils ont flashé ou juste après avoir échangé quelques mots. Avec Internet on ne voit pas ce que l’on achète, ni si la statue n’est pas trop grande ou trop petite ».

Ainsi j’étais à peine installé devant l’atelier de la grand rue à Dinan que déjà un couple avec deux enfants  s’arrêta devant moi subjugué, soit par mes formes soit par ma couleur ou par les deux.  Ils m’ont adopté, je les ai adoptés et je veille maintenant sur eux.

Depuis, je trône dans leur salon. Un très grand salon d’ailleurs au vu de mes dimensions : 1.80 de long, soit de trois à 5 belles places, selon la taille du popotin à installer.

Dans cette pièce, je suis quasiment le seul meuble en dehors de la chaîne hifi et d’une grande table où se réunit la famille pour les anniversaires.

Je suis donc devenu le confident de la famille tout naturellement.

J’ai entendu plein de secrets mais chut je ne répète pas.

Parfois la petite fille s’installe sur moi avec un livre, ses guiboles ne touchant pas terre, se balançant, se balançant jusqu’à ce que j’ai le tournis.

D’autres fois, c’est la maman et la petite qui s’installent pour se raconter leur journée. Elles mettent alors un peu de musique. Parmi mes préférées, il y a Renaud et ses mistrals gagnants : je fredonne tout doucement avec elles :  « à m’asseoir sur un banc cinq minutes avec moi, et regardez les gens tant qu’il y en a. »

 

Souvent le mercredi, les enfants organisent une ribambelle de jeux et de danses : je connais par cœur la chanson : « tortue pourquoi te tais tu, tortue tu es têtue ».

La première semaine, bien sûr, j’ai été « un n’avion » pour le petit garçon, les suivantes son imagination débordante m’a fait découvrir qu’avec mes nuages sur le corps rien ne m’empêchait d’être tour à tour un bus scolaire à doudous,  un château fort attaqué par un méchant sorcier et libéré par une gentille chevalière et même un sous marin. Mes pieds sont pratiques, on peut y attacher les doudous fait prisonniers par les indiens.

Quand l’imagination des petits débordent trop alors la maman dit : « attention à ne pas vous cogner sur le banc les enfants, il est très dur. »

Un autre bon moment est l’heure du conte : je vous ai parler de Pinocchio tout à l’heure mais il n’y a pas que lui que j’aime, j’adore aussi le Vaillant petit tailleur qui tue sept mouches d’un coup et qui dit avoir tué 7 géants d’un coup. Quel vantard celui là ! et aussi le capitaine Crochet et Peter Pan parce qu’après ce conte , c’est moi le bateau de pirates, le parquet devient la mer et je navigue vers des pays lointains.  

 

Parfois ce sont les parents qui viennent se lover contre moi après que les petits soient couchés : Nathalie dit alors qu’elle est sur un petit nuage et cela me fait plaisir qu’elle parle de moi ainsi. Ensuite Thierry lui propose de monter plutôt au septième ciel et ils montent dans leur chambre. Du coup cela me donne envie de chanter : J’aime  beaucoup Brassens, figurez vous,  avec ses amoureux et   ses bancs publics (même si je n’en suis pas un de banc public, plutôt banc familial), mais un peu de solidarité bancale ne fait de mal à personne.

 

Je n’ai qu’un seul regret : avec mon matériau de base, l’acier tout de même, mes occupants ne restent jamais longtemps et la chanson a raison sur ce point : cinq minute sur mon assise et les gens repartent mais ce n’est pas grave, c’est court mais intense.

Les petits coussins installés là pour l’occasion ne retiennent pas mes visiteurs : je suis vraiment séduisant mais très inconfortable  mais moi je m’en fous, ainsi je rencontre plus de gens qui me racontent tous leur histoire. Si vous voulez me racontez la vôtre d’histoire n’hésitez pas, je garde très bien les secrets. Passez me voir un de ces jours (pas trop le mercredi, c’est infesté de crocodiles dans le coin) !

 

 

 

Partager cet article

Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:50

Ma participation à l’atelier d’écriture de Skriban (Gwen)

 

Les textes des autres participants sont ici :

 

La consigne de Gwenaelle : Les bottes de sept lieues

 

Aujourd’hui, une proposition imaginée par 32 Octobre, que je trouve, personnellement, très séduisante. J’espère que ça vous plaira autant qu’à moi…

La plupart des voyages dont on rêve n’ont jamais lieu. 

Ou alors on les accomplit intérieurement. 

L’avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c’est qu’on a de la place pour les jambes. 

Henning Mankell (1948- ) – Les Chaussures italiennes (2009)

Et si votre paire de chaussures préférées prenait la parole, quel voyage fait ou rêvé nous raconterait-elle? 

 

 

*******************************************************************************************************************************

 

 

Je suis une paire de sandale secondaire : secondaire, comme une résidence secondaire.
Enfin je suis la moitié d'une paire : ma jumelle est l'autre moitié (forcément ;-))

 

Toute l’année, je suis laissée dans le sous sol de la maison et personne ne s’occupe de moi. Mais quand voilà arrivée l’heure des grandes vacances alors là c’est la fête et on ne voit plus que moi, on ne parle que de moi et c’est à qui voudra m’avoir aux pieds.
En général, c’est la foire d’empoigne parmi les cousins et les cousines : j’ai connu toute la famille : d’abord Bastien pour lequel nous avons été achetées ma soeur jumelle et moi, il y a maintennant 10 ans. Il est grand maintenant Bastien : 1, 80 et 15 ans. Ensuite j’ai acompagné sa soeur, Camille 13 ans, qui maintenant ne jure plus que par des tongs griffées Havaianas , cette pimbèche. La deuxième cousine Fabienne m’en a fait voir de toutes les couleurs, j’ai même fait de la trottinette avec elle.


Moi, je n’ai pas bougé ou presque : taille 30, ou taille 5 ans à peu près: ma soeu et moi nous sommes une splendide paire de sandale en plastique rouge, une sandale à trou-trou comme disent les enfants, ou aussi des chaussures de mer : je suis sûre que vous avez déjà eu aux pieds deux de mes consoeurs et que je n’ai pas besoin de me décrire plus en détail.
Après la sieste des plus petits, chaque membre de la famille enfile, qui des baskets, qui des sabots, qui des tongs. Cette année, le petit dernier, qui répond au surnom de Boubou, a flashé sur moi : il faut dire que rouge vif comme je suis, j’ai presque une allure de Ferrari : il s’imagine déjà courir plus vite que les cousins. Pas facile d’être le plus petit de la tribu !!


Nous sortons donc tous de concert pour la promenade : Nous tournons d’abord à droite : direction les Champs Elysées : oui oui vous avez bien entendu les Champs Elysées; nous longeons ensuite la rivière ou plutôt le plus petit fleuve de France (1194 mètres disent les plus précis) où on peut voir à certains moments de l’année des truites Fario.


C’est mon éternel regret ce fleuve, car malgré tous les essais de mes petits propriétaires successifs, je n’ai jamais pu m’y plonger, ne serait ce qu’un court instant : les parents et les grands parents sont catégoriques : « on ne se baigne pas dans la rivière : il y a du courant, tu pourrais être emporté » disent ils au petit intrépide, qui voudrait bien m’emmener faire un plongeon.


Notre balade nous emmène le long des cressonnières où Mamie achète quelques bottes de cresson qu’elle servira en soupe le soir.


Ensuite direction la plage, avec vue sur la falaise. Là c’est le meilleur moment : selon la marée, nous nous retrouvons soit sur les galets, soit sur le sable à peine découvert par la mer et encore humide: j’adore patauger dans les quelques flaques d’eau de mer qu’il reste à marée basse et dans les algues qui sont si craquantes sous les pieds des estivants. A marée haute, nous restons sur les galets et je fais tout mon possible pour que l’enfant dont j’ai la charge ne se torde pas trop les chevilles. Il faut faire aussi attention lorsque nous allons sur l’estacade, les planches sont irrégulières et une chute est si vite arrivée.


Après des jeux et un concours de chateaux de sable géants, les enfants ont le droit d’aller dans la pateaugoire installé sur la promenade. Là, c’est chaussures interdites et je reste bien sagement à l’entrée avec les autres sandales et tongs, à côté du pédiluve : j’y discute avec les copines que je n’ai pas vu depuis l’an dernier : salut t’es revenue cette année? : il est sympa ton petit maître cette année !!!
Au moment de repartir, c’est là qu’il faut se concentrer et que chaque enfant reprenne la bonne taille et la bonne couleur de sandale : je connais des enfants qui sont arrivés chaussés de bleu et qui sont repartis en vert. (voire avec un pied en bleu et l'autre en vert)

Oh là la que ces vacances à Veules les Roses sont sympathiques !!!. Allez y faire un tour peut être nous rencontrerons nous dans les petites rues, qui longent la Veules et les moulins encore en activité.


Voici  le lien pour une visite virtuelle mais sans le cri des mouettes et l’odeur des poissons ramenés par les pêcheurs


http://www.veules-les-roses.fr/

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 12:35

Participation à l’atelier d’écriture de Gwenaelle du 22/05/2011

 

Les textes des autres participants sont ici http://skribanworkshop.wordpress.com/2011/05/22/marchandises/

 

La consigne : parler de votre magasin préféré. Il peut-être réel ou imaginaire, actuel ou passé, vendre tout et n’importe quoi, être ici ou ailleurs. Laissez parler votre fantaisie, votre imagination, votre nostalgie, vos rêves les plus fous…

Pour corser un peu les choses, vous devrez inclure dans votre description les mots suivants : 

  • lunatique
  • anémone
  • étoile de mer
  • iconoclaste
  • bayadère
  • primesautier

 **************************************************************************************

  

MARCHANDISES

 

Virginie errait dans les allées de l'entrepôt, véritable caverne d'Ali Baba, à la recherche d'un trésor enfoui.

C'était la pause entre midi et deux : les rares clients ne la gênaient pas.

Un seul vendeur aussi dans les 1 000 mètres carrés : il la connaissait, de toute façon, et ne viendrait pas lui proposer de conseils, comme le voulait la tradition: elle venait au moins une fois par semaine, prenant parfois un article, repartant parfois les mains vides, juste heureuse d'avoir passé là un moment. Une fois, il lui avait proposé son aide, elle lui avait alors souri et indiqué qu'elle ne cherchait rien de particulier ; elle se laissait porter par les étalages, comme une petite embarcation dans le mer méditerranée très proche..

 

C'était un hangar qui ne payait pas de mine à l'extérieur : une petite entrée discrète, un endroit sombre et juste éclairé par des néons : nulle lumière extérieure, le propriétaire n'avait pas eu l'autorisation de la mairie d'installer de grandes baies vitrées et des vélux; juste une lumière artificielle mais qui donnait une intimité particulière à ces lieux. Entre midi et deux la musique, se faisait aussi plus discrète et la radio locale était remplacée par les CD choisis par les salariés en pause : un haut parleur diffusait  JAMIROQUAI : the return of the space Cowboy.

 

C'était un magasin unique sur la ville  : rares maintenant étaient les magasins de tissus ayant un choix aussi varié : les femmes travaillaient et n'avaient plus le temps de coudre ; les magasins de tissus avaient donc peu à peu disparu depuis une dizaine d'année. Seul celui ci était resté, telle un dinosaure qui refuse de voir que son temps est dépassé. Acheter un morceau de tissu, puis du fil, des boutons lui revenait plus cher que d'aller dans un magasin de prêt à porter mais le plaisir était incomparable : que d'heures passées devant sa machine à coudre à essayer de tirer parti d'un coupon minuscule qu'elle avait déniché dans un amas de chutes en tout genre.

 

Dans la ville où Virginie habitait il restait bien quelques magasins en centre ville mais ceux étaient exigus et manquaient de l'intimité nécessaire pour faire son choix : ils s'étaient spécialisés aussi : certains ne faisaient que du tissu d'ameublement, d'autres que de l'habillement. Ici, même si l'agencement n'était pas toujours d'équerre, le choix était fantastique.

 

A l'entrée, les produits en solde : des coupons de soies multicolores, des bayadères, du tulle, 

Virginie en prenait un, attiré par la couleur. Elle regardait l'étiquette de la composition d'un coupon,  la dimension ? en aurait elle assez pour faire un ensemble à sa petite nièce, pour l'anniversaire de grand mamy ? Non tout au plus assez pour une jupe, mais l'aspect chatoyant lui plaisait : elle le prit sous son bras : 7 euros à peine : elle en ferait bien quelques chose.

 

Sur la gauche, le quart du magasin était réservé aux tissus d'ameublement : Virginie en achetait peu finalement mais elle aimait se promener dans ces larges allées: quelques tréteaux, des planches et de lourds rouleaux, qu'elle aurait bien été incapable de porter seule.

Les imprimés la faisaient voyager : tissus des Indes avec des éléphants, voilages transparents, avec des motifs martitimes : anémones et étoiles des mers enlacées en une ronde ininterrompue, Jacquards, Toile de Jouy.

Virginie passait ensuite très rapidement dans le rayon des tissus techniques : ici pas de fantaisie : des tissus solides pour des bâches, des tissus ignifugés pour les théatres, rien d'intéressant.

 

Plus loin, les petits rouleaux de tissus pour les fans de patchwork en provenance des Etats Unis. Des cours étaient organisés parfois pour expliquer ses différentes techniques : patchwork assemblé ou appliqués selon que les tissus étaient cousus entre eux ou superposés.

  

Enfin dans le dernier coin celui qu'elle préfèrait : l'habillement : en venant une fois par semaine, elle arrivait  chaque fois à découvrir quelque chose qu'elle n'avait pas vu la semaine précédente, du coton rayé, de la viscose fleurie, des imprimés primesautiers .

Cette semaine, les employés avaient tout réorganisé par couleur :  Rouge du plus clair au plus foncé en passant par le magenta, le vermillon et le garance , les bleus  turquoise, marines, les verts, les jaunes......

La semaine dernière la thématique était différente remarqua t elle : rayures d'un côté, unis de l'autre, pois sur une autre table, deux tables entières de fleurs.

 Virginie lisait les étiquettes de noms qu'elle connaissait maintenant par coeur mais dont elle ne se lassait pas   : Oh de la javanaise : Chaque fois qu'elle venait, elle repartait en chantant : que ce tissu soyeux et infroissable  puisse porter le même nom qu'une danse la ravissait

Gainsbourg s'invitait alors dans ces pensées :

 

 

J'avoue, j'en ai Bavé pas vous mon amour


avant d'avoir eu vent de vous mon amour

ne vous déplaise

en dansant la Javanaise

nous nous aimions

le temps d'une chanson

 

 

Sa pause de déjeuner arrivait à sa fin, il fallait repartir travailler, laissant là cet univers iconoclaste de douceurs et de couleurs.

Un dernier petit tour à la mercerie  : peut être trouverait elle des boutons pour aller avec le tissu qu'elle avait déniché tout à l'heure?

Et puis la jeune fille de ce rayon avait toujours de bonnes idées et lui proposait des alliances de couleurs et de matières auxquelles elle n'aurait pas pensé : toujours souriante, jamais pressée ou lunatique, une perle.

Tiens c'était une bonne idée cela les perles, pour faire un collier qui se marierait avec la future robe de sa nièce.

- Bonjour, avez vous reçu de nouvelles perles ?  .

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0