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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 05:43

 

 

 

 

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L'homme était venu le chercher à l'aéroport de Nice. Jovial, il était ravi d'avoir été désigné pour aller chercher cet hôte étranger. Prévoyant, il avait écrit son nom « Alekseï Sergueïévitch Anski » sur le petit carton d'usage pour qu' Aliocha le reconnaisse tout de suite. Aliocha avait récupéré sa valise sans trop de problème et les deux hommes se dirigeaient maintenant vers la sortie.

 

Le chauffeur lui indiqua par geste l'endroit où il avait garé la voiture. Dans la zone « stationnement courte durée », la voiture débordait de la place de parking, prenant plus d'une place du fait de sa largeur imposante : L'homme attendit de voir la réaction devant les chromes rutilants de la Cadillac.

Aliocha, poliment, s'extasia sur l'engin : Magnifique ! ainsi qu'une ou deux phrases dans un français impeccable avec un soupçon d'accent russe.

 

Ravi d'entendre qu'Aliocha parlait français, l'homme en habit de chauffeur se transforma en moulin à paroles : La cadillac était un modèle Eldorado 1956; et patati ! et patata!

 

Aliocha, installé sur la banquette arrière, ne trouvait rien à dire : il était bien trop fatiqué pour cela : 24 heures de voyage pour faire Vitebsk- Nice.

Il y a 24 heures, il était encore dans sa ville natale de Biélorussie et maintenant cette ville un peu plus grande que Vitebsk, mais si différente, si éclairée, si remuante.

 

Demain, c'est la fête de la musique ! entendit il dire par son chauffeur. Tout le monde est de sortie !

 

24 heures de trajet alors que sans les imprévus, il en fallait à peine la moitié. Enfin oublions cela, balaya t il machinalement : On ne peut pas éliminer l'imprévu, les pannes des avions, les grèves sur Paris, le zèle des douaniers du fait de la préciseuse collection qu'il convoyait.

 

Et l'homme qui n'en finit plus de lui faire l'article de la voiture : pare brise panoramique, ailerons de requin, le nombre de chevaux, le nombre de tours à la minute donnent le vertige à Aliocha.

Les paroles du chauffeur le bercent, il n'a pas mangé depuis des heures : vivement qu'il arrive à son hôtel pour prendre une douche, se restaurer.

 

Il faut qu'il soit en pleine forme demain : c'est le début de sa représentation officielle de la ville de Vitebsk au musée de Nice. Quatre mois de travail intense l'attendent.

 

- Vous êtes déjà allé à Biarritz, entend il soudain ?

 

Pourquoi cette question ? Il répond non machinalement et le chauffeur reprend son monologue sans tenir compte de la réponse, sur le nombre d'exemplaire de Cadillac Eldorado Biarritz par rapport au nombre de Eldorado Séville. Le cabriolet Biarritz, dans lequel ils sont installés est bien plus beau que le coupé Séville, selon lui. Les cadillac sont sa passion, il sait tout sur cette marque mythique.

 

Aliocha commence à s'endormir, il fait nuit, il a chaud en ce mois de juin. Heureusement, il sent l'air de la nuit sur ces cheveux, cela le maintient un minimum éveillé. De temps en temps, un coup de frein un peu plus fort le tire de sa somnolence : ces gens traversent n'importe comment, se dit il.

 

Quand soudain il se redresse : là bas, il a vu une apparition : une fille d'ébène, immense, en short et baskets, longue chevelure tressées, qui marche à grand enjambées dans la ville illuminée. Mais à peine a t il de temps de demander au chauffeur de tourner que le miracle aux longues jambes a disparu à l'angle de la rue. L'a t il réellement vue où est ce un mirage du à l'hypoglycémie ?

 

« Vous savez que le président Eisenhower était monté dans une cadillac de ce type lors de sa cérémonie d'investiture en janvier 1953  ? » est la dernière phrase qu'Aliocha entend avant de sombrer dans un sommeil peu réparateur.

 

 

Sur une idée de Leiloona et une photo de Kot

 

Le mot de la semaine chez Eiluned est "marque"

 

une photo qqes mots

 

 

  rendez vous avec un mot

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Published by L'écho des Ecuries - dans Audrey
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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 05:17

 

 

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Ma participation à l'atelier de Leillona et à celui de Eiluned

 

 

La photo est de Kot

 

 

J'avance cahincaha : déjà pas facile d' être déguisée  en business women mais en plus les pavés sont terribles pour mes petits escarpins. En sortant de mon appartement ce matin , j'ai surestimé ma capacité à marcher avec des talons. Pourtant cela fait une semaine, que je m'entraîne pour le jour J !

C'est juste que je me suis entrainée sur mon parquet à la maison (mon voisin du dessous m'a maudite jusqu'à la septième génération !) et là je suis en train de faire un remake de Paris-Roubaix en escarpins !


Je tangue, je tangue !

 

Des passants se retournent sur moi : mi amusés, mi désolés pour ma détresse, je suis sûre qu'il y en a parmi eux qui m'ont cru soûle de bon matin.


Plus que quelques rues et je serai au musée pour le premier jour du stage. Je m'arrête comme tous les matins,  devant le guitariste. Nous nous sourions toujours et parfois j'ai le temps d'un petit mot, quand je ne suis pas en retard, c'est à dire pas souvent.

 

La première fois que je l'ai vu, il faisait nuit. Il était assis sur les pavés à jouer de la guitare, un chant malien, tout en nostalgie et en tristesse retenue. C'était tellement triste que quand je revois cette image de notre première rencontre, je la vois en noir et blanc alors que je me rappelle très bien que la guitare était jaune vif, son pantalon rouge, son pull bleu....

 

Il s'était assis sur les pavés alors qu'il aurait pu se mettre de façon bien plus confortable pour jouer, sur des marches, à quelques mètres de là.

Quand il m'a parlé ce jour là, j'ai jeté un coup d'oeil par dessus mon épaule pour voir à qui il parlait. Il faut dire que ses mots étaient étranges, «Habari nzuri, ni wewe au twiga paa, leo ?».

 

Quand j'ai enfin compris qu'il me parlait, je me suis mise à baragouiner en français que je n'avais pas compris


Et ensuite c'est lui qui s'était confondu en excuses


- « Excuse moi je t ai pris pour une malienne que je connais »

 

- Ce n'est pas grave; je n'ai rien compris : qu'as tu dis ?

 

- A peu près «  Bonjour beauté, es tu girafe ou gazelle, aujourd hui ?

 

- Je suis lionne et non gazelle, je montre les crocs, lui ais je répondu en rigolant. 

 

Depuis tous les jours il me fait un clin d' œil quand il me voit.


Maintenant que c'est presque l'été , il fait jour le matin quand je passe


Ce matin, il arrête de jouer stupéfait de me voir en tailleur et en escarpins.

 

Je lui explique mon stage au musée en deux mots et il rigole « Le progrès en art ne consiste pas à étendre ses limites, mais à mieux les connaître (1) »

Mais qu' a bien t il pu vouloir dire ? Cette phrase sybilline me turlupine.

 

En tout cas , je vais être en retard au boulot. Pour un premier jour ça la fout mal !

Je récupère alors vite fait mes baskets dans mon sac King size et part en galopant, basket et tailleur ça le fait !

 

 

 

 

(1) Georges Braque extrait de « le jour et la nuit »

 

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Le mot de la semaine chez Eiluned était "limite" 

 

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