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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 13:34

Aujourd'hui, j'ai joué avec ma fille à un jeu proposé par Rebecca.

Il fallait prendre un texte (connu) et remplacer chaque nom commun par le septième le suivant dans le dictionnaire. Voici le résultat :-)

 

 

Stewball

 

Il s’appelait Stewball

C’était un chevalier Blanc

Il était mon iguane

Et moi j’avais dix anagrammes.

 

Notre pauvre Perfection

Pour acheter ce pustule

Avait mis dans l’affection

Jusqu’à son dernier frangin.

 

Il avait dans la tétine

D’en faire un grand chanceux

Pour liquider nos deux roues

Et payer la maîtresse.

 

Il croyait à sa chandelle

Il engagea Stewball

Par un beau diminutif

Au grand problème de Saint Paul

 

Je sais dit ma perfection

Que Stewball va gagner

Mais après la rizière

Stewball est tombé.

 

Quand le véto

D’un seul couplet l’acheva

J’ai vu pleurer ma perfection

Pour la première folie

 

Il s’appelait Stewball

C’était un chevalier Blanc

Il était mon iguane

Et moi j’avais dix anagrammes.

 

 

 

La chanson originale

Stewball

 

Il s’appelait Stewball

C’était un cheval Blanc

Il était mon idole

Et moi j’avais dix ans.

 

Notre pauvre Père

Pour acheter ce pur-sang

Avait mis dans l’affaire

Jusqu’à son dernier franc.

 

Il avait dans la tête

D’en faire un grand champion

Pour liquider nos dettes

Et payer la maison.

 

Il croyait à sa chance

Il engagea Stewball

Par un beau dimanche

Au grand prix de Saint Paul

 

Je sais dit mon père

Que Stewball va gagner

Mais après la rivière

Stewball est tombé.

 

Quand le vétérinaire

D’un seul coup l’acheva

J’ai vu pleurer mon père

Pour la première fois

 

Il s’appelait Stewball

C’était un cheval Blanc

Il était mon idole

Et moi j’avais dix ans.

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:50

 Aujourd'hui, jour des enfants, j'ai joué ave Rebecca (et avec les sons) : Ce texte est à lire à voix haute

 

Lassie gale haie y’en champ thé

Toue les taies

Ce trou va for dé pour vu

Caen la biz fût vœux nue

Pas ain seul  peu Timor Seau

Deux mous Che ou deux vers mi sot

Ella la criée fa mine

Ché la four mi sa voie si nœud

La prie en de luit prêt thé

Quelque grain pour subsister

Jus qu’à lacet son noue velle

‘Jeu vous paix raie luit dit aile

Avent l’out, foie Dany mal

Un thé raie et prince y pale »

La fourre mi naît pas prêt Euze

Sais là son moins Dreux dé faux

Queue feu Zié vous O Taon chaux

Dit aile ascète empreinte Euze
- Nuit haie jouera toue voeux n’en

Jeu champ taie, nœud vous des plaies ZE
- vous champ Thiais ? Jean suit for Eze
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.

Haie bien ! dense haie main te n’en

J’en delà fonds t’haine

 

 

La vraie fable :

 

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant

 

Jean de la Fontaine

 

 

Heureusement on pouvait utiliser les noms propres :-) parmi eux :  

Zié Diabaté est un footballeur ivoirien,

Euze  Quartier de Bagnols Sur Ceze ...

EZE charmant village près de Nice

 

 

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 00:30

 

Faits divers
Un jeune sourd-muet est entré par effraction, cette nuit, au zoo de Vincennes : La police l’a arrêté dans l’enclos des volatiles : il voulait apprendre le langage des cygnes.

Ménage à Troyes
Une quinquagénaire, responsable d’un réseau de call girls dans l’Aube,  a été arrêtée aujourd'hui dans l’Hérault: elle en avait assez de faire femme de ménage à Troyes, son rêve était de faire des cinq à Sète.

 

Séquence Météo 

Le mystère de la disparition du boulanger a été résolu hier. Ses voisins, inquiets qu’il n’ouvre pas sa boulangerie, avait prévenu la police. En ce WE Pascal, l’homme  a déclaré être resté chez lui car il faisait un vent à décorer les œufs.

 

Arrestation

Lundi, un coiffeur a été arrêté par la police pour avoir participé à un trafic illégal de perruques. Celles-ci étaient  composées de vrais cheveux prélevés sans leur accord sur ses clients. C'est l’apprenti du salon de coiffure qui a vendu la mèche.

 

Drame au travail

Un informaticien fou (ceci n'est pas un pléonasme) a essayé de ressusciter son ordinateur, qui avait rendu l'âme, et ceci à coup de marteau sur le disque dur. Ces collègues ont empêché l’irréparable mais maintenant la mémoire du PC est plus morte que vive.

 

 

Courant avril, j’ai joué avec Rebecca  mais je n’avais pas publié ces minis-histoires

 

Le but du jeu était d’écrire des histoires courtes en surprenant le lecteur.

Avez-vous été surpris ?

 

 

 

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 00:30

"Un jour, un loup, qui avait très bien mangé et n'avait plus faim du tout, décide de faire une petite promenade dans les bois."

Au petit déjeuner, JeanLoup, le loup avait dévoré des sardines et des anchois. Oui oui, vous avez bien entendu, des sardines et des anchois ! Je vous entends déjà vous écrier, chers petits enfants, que je me trompe, car un loup ne mange ni sardine, ni anchois. En effet qui a déjà vu des sardines et des anchois se promener dans les bois pendant que le loup n’y est pas ?

 

 Eh bien, vous avez tort : JeanLoup, le loup, n’est pas un loup comme les autres loups, ceux  avec de grandes oreilles pointues, de grandes dents pour mieux faire peur aux enfants, un loup qui mange des lapins, des mulots voire même des petits chaperons rouges. Non Jeanloup est  un loup, tendance bar. Car un loup en mer Méditerranée  est un bar dans l’océan Atlantique. Vous avez donc compris que JeanLoup est un poisson. Après son déjeuner, il sort donc du bois de corail où il habite et se promène dans la mer.

 

Il est un peu pressé car il se rend chez  son cousin, le bar justement, qui doit épouser sa voisine. Tout d’abord il prend l’autoroute mais un banc de poisson, lent comme une tortue, l’empêche d’aller à la vitesse qu’il veut. Il décide donc de prendre les chemins de traverse pour rendre visite aux futurs mariés. Les tourtereaux ont prévu d’ouvrir un fish hand chips, au détroit de Gibraltar.

 

Arrivé à Gibraltar, il ne se rappelle plus trop  bien le chemin, il faut  passer la balise rouge, puis rentrer dans la port, mais après ? il cherche l’enseigne du restaurant de son cousin :   Chez Morue Tabaga.

 

Soudain, des cris déchirants  attirent son attention : Il s’approche et voit une sirène prise dans un filet de pêcheur. La pauvre se tortille pour sortir de là mais ses efforts sont vains et elle s’abîme de plus en plus les écailles dans ce maudit filet.

 

- Arrête de me regarder comme cela avec tes yeux de merlan frit, siffle la sirène, et vient plutôt m’aider.

 

- Je ne suis pas un merlan mais un loup !  proteste JeanLoup.

 

- Un loup ? Que Nenni, je vois bien que tu n’as pas de grandes dents

 

- C’est parce que je ne mange que des sardines et que je les avalent toutes entières sans les macher, proteste le loup.

 

- Tu ne peux pas être un loup tu n’as pas de grandes oreilles ! rétorque la sirène  

 

- Peut être, n’aie je pas de grandes oreilles mais j’ai l’ouie fine, proteste JeanLoup le loup

 

- Tu ne peux pas être un loup, tu n’as pas de grande moustache, persifle la sirène

 

- Tu te trompes c’est ma cousine la Barbue, qui a de grandes moustaches ou alors tu me confonds avec Garou, un autre de mes cousins qui est très poilu

 

- Oh, comme tu as une grande famille, murmure la sirène

 

- C’est pour mieux voyager répond JeanLoup le loup. Aujourd’hui, je vais chez mon cousin et ensuite je rendrais visite à ma tante Anémone. Et toi où va tu, petite sirène ?

 

- moi j’ai rendez vous avec mon prince dit la sirène. Aide moi ! Sinon mon histoire d’amour va finir en queue de poisson.

 

De toutes ses forces, il essaie d’écarter les mailles du filet mais rien n’y fait il n’est pas assez costaud, ses nageoires ne suffisent pas.

 

Alors il a une idée lumineuse et crie. « Ohé Stella viens m’aider avec tes cinq bras » Stella , l’étoile des mers sort de sa cachette et essaie à son tour de libérer la sirène mais malgré ses cinq branches rien ni fait la sirène est toujours prisonnière.

 

« Je ne sens plus mes bras », se plaint la petite sirène , épuisée. « Ils vont se transformer en glace à force de ne pas pouvoir bouger »

 

JeanLoup le Loup, ne baisse pas les nageoires et a une nouvelle idée :  « Ohé, Ohé Sidonie, ma mie, viens m’aider  à délivrer la petite sirène. »

 

Ainsi surgi de nulle part, Sidonie le poisson-scie arrive et coupe le filet en sifflotant  « Aili aîlo je rentre du boulot »

La sirène libérée, fait une bise au Loup et à Sidonie et se sauve de sa nage chaloupée pou retrouver son prince.

 

JeanLoup et  Sidonie, quant à eux, sont heureux d’avoir sauvé la petite sirène et partent nageoire dessus – dessous on chantant «"On ne se quittera plus jamais !" 

 

 

 

 

Cette semaine, j’ai couplé deux consignes. Celle de l’atelier de Skriban où il fallait écrire un texte avec les mots suivants : écailles, morue, chalouper, glace, anémone, filet, étoile de mer, queue de poisson, rouge, merlan, balise, fish and chips ;  et celle de Rebecca où il fallait écrire une histoire pour les enfants commençant par cette phrase  "Un jour, un loup, qui avait très bien mangé et n'avait plus faim du tout, décide de faire une petite promenade dans les bois." et finissant par celle-ci  "On ne se quittera plus jamais !" (2)

(1)C'est moi le plus fort de Mario Ramos :

(2) Mon lapin et moi de Pascale Francotte :

 

Cécile a joué aussi avec Rebecca à ce jeu du sandwich ici

Son texte m'a beaucoup fait rire ;-)

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 00:30

Cette semaine, pour le jeu avec Rebecca , il fallait écrire une description d’un personnage en évitant les verbes : faire, être et avoir

 

 

Etranges oiseaux ! Le spectateur se demande d’abord comment les crêtes multicolores restent dressées, défiant les lois de la gravité. En effet, les crêtes se pavanent à mi chemin entre celle du coq,  rouge et agressive, et celle du paon, bleu et verte. Séparés par paquets, les cheveux que l’on devine noirs ou blonds aux racines rassemblent les couleurs de l’arc en ciel.

Les mèches de cheveux semblent tenues par un gel magique : combien d’heures de labeur par jour pour arriver à ce résultat ? Nul ne le sait. Peut être que le punk dort debout la nuit pour ne pas abîmer sa coiffure.

Mais revenons à notre coq : Son teint livide ressemble à celui d’un vampire. Met il du fond de teint ? Ou cette pâleur résulte de journées entières passées dans une cave à expérimenter toutes sortes de musiques ? Cacophonie, disent les mauvaises langues.

Un oiseau rare, voilà ce que pensent les mamies, qui grimacent en décrivant un large cercle pour éviter de les approcher. Et étranges mœurs aussi que celles de ces oiseaux qui se déplacent en bande, se donnant parfois coup de becs et coup de griffes avec leurs bagues. Un drôle de ballet composé de rires, de cris, d’exclamations en franglais, patois incompréhensible par les badauds.

L’un des énergumènes sautille comme un pinson en chantant à tue tête « Should I stay or should I go ».

Le chef de cette basse cour se reconnaît entre tous : de taille très moyenne, il en impose cependant, les autres forment autour de lui un cercle respectueux. Il suffit qu’il ouvre la bouche et lâche un cri bref pour que les autres s’exécutent avec une rapidité étonnante. Son tee shirt déchiré tombe sur un pantalon délavé, trop grand qui lui découvre le bas des reins.

Le coq s’approche d’une petite jeune fille en salopette, cheveux violet dressés, crâne rasé sur les côtés, il lui chuchote quelque chose à l’oreille. Rembarré, il poursuit sa danse nuptiale vers une autre poulette, à l’air plus abordable.

En dehors des Tee shirt moulants, dur de distinguer filles et garçons. Les tatouages et les piercings se répartissent également entre les sexes ; les vraies fausses perruques colorées ainsi que  les jeans taillés sur la même coupe ne permettent pas de les différencier.

 

Le texte initial

 

Ces oiseaux sont  étranges. Le spectateur se demande d’abord comment sa crête multicolore fait pour tenir. En effet, sa crête est à mi chemin entre celle du coq, rouge et agressive et celle du paon, bleu et verte. Séparés par paquets, les cheveux que l’on devine noirs aux racines rassemblent les couleurs de l’arc en ciel.

Les mèches de cheveux sont tenues par un gel magique : combien d’heures faut il par jour pour arriver à ce résultat ? Nul ne le sait. Peut être que le punk dort debout la nuit pour ne pas abîmer sa coiffure. Son teint est livide, met il du fond de teint ? Ou est ce du au fait qu’il reste des journées entières dans une cave à expérimenter toutes sortes de musiques ? Cacophonies, diraient les mauvaises langues.

Un oiseau rare, voilà ce que pensent les mamies, qui font la moue en décrivant un large cercle pour éviter de les approcher. Et étranges mœurs aussi que celles de ces oiseaux qui se déplacent en bande, se donnant parfois coup de becs et coup de griffes avec leurs bagues. Un drôle de ballet fait de rires, de cris, d’exclamations en franglais, patois incompréhensible par les badauds 

L’un des énergumènes sautille comme un pinson en chantant à tue tête « Should I stay or should I go ».

Le chef de cette basse cour est reconnaissable entre tous : ce n’est pas le plus grand mais les autres forment autour de lui un cercle respectueux. Il suffit qu’il ouvre la bouche et lâche un cri bref pour que les autres s’exécutent avec une rapidité étonnante. Son tee shirt déchiré tombe sur un pantalon délavé, trop grand qui lui découvre le bas des reins.

Le coq s’approche d’une petite jeune fille en salopette, cheveux violet dressés, crâne rasé sur les côtés , il lui chuchote quelque chose à l’oreille, se fait rembarrer et poursuit sa danse nuptiale vers une autre poulette, qui a l’air plus abordable.

En dehors des Tee shirt moulant, dur de voir qui est fille ou garçon. Les tatouages et les piercings sont également répartis entre les sexes, les perruques sont colorées, les jeans taillés sur la même coupe.

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 00:30

  Horloge-chat-agaagla.jpg

 

 

Crédit Photo : Agaagla

 

 

Flûte !

Miaule Neige

Le chat noir

Deux heures du matin !

Il me faut partir chasser,

Prendre les souris grises par surprise,

Profiter de la nuit pour les capturer

Le jour, elles me voient arriver, tout sombre,

Malgré mon pas léger et primesautier, hop elles fuient

 

Tic !

Fait Tac

La pendule accrochée,

Deux heures du matin

Il me faut avancer

Vive l’heure d’été,

La chaleur retrouvée, les soirées allongées

Les enfants ne veulent pas aller se coucher

Les animaux se moquent de l’heure d’été

 

Zut !

Couine Kiki

La souris grise

Deux heures sont passées

Il me faut me cacher

Je l’entends à peine ramper

Mais le chat va arriver, tout affamé,

J’ai intérêt à me carapater, me cacher

Si je ne veux pas finir, à moitié croquée

 

 

Tac !

Fait Tic

La pendule avancée,

Trois  heures du matin

Une heure a été gagnée

Vive l’heure d’été !

Les soirées allongées,  la chaleur retrouvée,

Les enfants ne veulent pas aller se coucher

Les animaux se moquent de l’heure d’été

 

 

Non

Dit Maman

Le lendemain matin

Jouez,  profitez du soleil !

Allez dehors : les jours rallongent

Exit télé et Bob l'éponge

Jacques dit : « vous avez le temps » :  mensonges

L’été est court ; l’automne donnera sommeil

Il faut secouer la vie autrement elle nous ronge (1)

 

 

 

 

1 (Stendhal)

 

Ce texte répond à la double consigne de Rebecca où il fallait écrire un poème avec le premier vers de un mot, le deuxième de deux mots, etc..... et de la consigne de la semaine des Impromptus littéraires sur le changment d'heure

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 00:30

plumedesmotsunehistoire3

Les liens vers les autres participants sont chez  Olivia

 

Arènes de Nîmes, 1995

 

Les hauts parleurs crachouillent : « Le spectacle va commencer. Oyez Oyez Braves gens venez vous confronter aux lions, aux pirates et à leurs bateaux, aux géants des mers. Le spectacle Péplum de la Compagnie Royal de Luxe va commencer ».

 

Le vendeur ambulant ne hurle  pas mais presque, essayant désespérément de se faire entendre entre deux annonces du haut parleur. « Saucisses 100% cochon ».  Sa voix éraillée lance des aboiements pour dominer la cacophonie ambiante « Sandwichs avec un choix fabuleux poulet, jambon cru, agneau grillé, fromage »

Le grésillement de la viande sur le barbecue me donne l’eau à la bouche mais une  menotte me tire inlassablement vers l’entrée des arènes.

 

- Je veux pas te perdre dans cette foule », murmure t elle et je dois tendre l’oreille, me pencher pour l’entendre au milieu des cris de vendeurs de hot dog et de ballons multicolores. 

 

- Regarde le clown, il est sur un drôle de vélo !

 

Le cycliste extravagant, salopette à carreaux et nez rouge,  pédale furieusement  sur un monocycle. Il  fait semblant de rater son spectacle, tout en jouant (faux) du clairon. Les enfants rient à gorge déployée de sa maladresse. Le clown s’effondre plusieurs fois par terre, mimant une lassitude épuisée, dans un grand fracas de cuivre. Puis, toujours muet, il mime le fait d’avoir une idée lumineuse. De toute façon avec le brouhaha ambiant, s’il parlait, personne ne l’entendrait. Alors, il s’attache une grosse caisse dans le dos, les enfants rient anticipant une chute encore plus impressionnante que les premières. D’un coup de rein, il remonte d’un coup sur son monocycle, la grosse caisse dans le dos et le clairon dans la main  et ……..contre toute attente  réussit de splendides pirouettes invraisemblables, déclenchant des applaudissements admiratifs.

 

Un peu à l’écart, une diseuse de bonne aventure  promet sortilèges, remèdes contre la solitude et des jettaturas sur les belles-mères. En face, un artiste réalise des caricatures à main levée en trois coups de crayon. « Promotion trois caricatures pour le prix de deux signale un petit panneau devant lui ».

- Oui oui, on le fait dit ? demande t elle, enthousiaste ?

 

Dans un moment d’égarement, je cède et c’est, délestée d’une dizaine de francs et avec un portrait à la signature illisible sous le bras, que  nous repartons vers l’entrée des arènes

 

Quelques Nîmois participent à la mobilisation  générale du haut de leur balcon en jetant des confettis. Des ados se font rabrouer par une mamie pour avoir fait éclater des pétards trop près de son teckel hystérique. Plus loin, un cracheur de feu fait frissonner les badauds d’horreur ; une grande cicatrice en forme de virgule sur la totalité de sa joue le rend patibulaire à souhait. Cette blessure, maquillage adroit, associée au crépitement du feu, fait reculer la foule de quelques pas.

 

- Je peux avoir du pop corn, dis ? J’adore le bruit que cela fait quand on le croque : et du coca aussi avec une paille pour faire des bulles ? Dis oui, c’est la fête s’il te plaiiiiiiiiit !

 

- Bon d’accord !

 

Roulement de tambour : les retardataires se pressent pour ne pas manquer le début.

Enfin nous nous installons sur les bancs : « c’est plus dur qu’au cinéma, et il est où l’écran du spectacle ?  », bafouille-t-elle en postillonnant des morceaux de pop corn enrobés de caramel. Encore un peu d’attente et le spectacle commence. Les yeux grands ouverts, écarquillés, elle regarde du haut de ces 4 ans, elle emmagasine les sensations, s’esclaffe.

 

Des bateaux surréalistes défilent sous nos yeux, sorte de ballet improvisé: Les bateaux sont fabriqués avec des morceaux de cartons découpés et peints sommairement en marron.

Dur de les imaginer flottant sur la mer mais peu importe. Les voiles flottent et claquent  dans le vent, alors que justement cet après midi la chaleur écrase les arènes, en cette fin de printemps. Il y a une minute encore, pas un souffle ne se faisait sentir ! Nous sommes au deuxième rang et le metteur en scène a eu l’idée d’installer des ventilateurs géants qui nous soufflent le vent du large dans les cheveux.

 

« Les bateaux ont des jambes bien sûr » me dit elle sur un air de confidence « sinon ils ne marcheraient pas » : Et effectivement, je n’avais pas compris ce détail, les acteurs-bateaux virevoltent, font semblant de se cogner comme des autos tamponneuses, les faux corsaires sortent leur sabre et miment un combat héroïque. Ces objets de récupération semblent incongrus à mes yeux d’adulte mais les petits sont manifestement sous le charme : qu’un pirate se serve d’une louche comme sabre, pourquoi pas après tout ! Cela résonne mieux qu’une épée !

 

C’est quoi là bas ? demande elle, se trémoussant sur le banc, le doigt tendu vers l’objet de son attention.

 

- « c’est une bétonnière, un engin de chantier pour couler du béton  et fabriquer des maisons».

 

Je me demande à quoi elle va servir, cette bétonnière anachronique dans cette arène millénaire, au milieu de bateaux sortis tout droit d’une imagination débordante.

Deux personnes activent la bétonnière,  poussent celle-ci  sur un rail en arc de cercle qui suit la courbe de l’arène, une troisième actionnant une manivelle qui fait tourner la bétonnière: Cet étrange équipage ne tarde pas à passer devant nous : et là nous respirons à pleins poumons l’air de la mer : Une grande bouffée d’air marin envoyée par la bétonnière : les gens crient : certains amusés et ravis de la surprise, d’autres moins contents, ceux du premier rang surtout, qui ont avalé les embruns amers ! Les  bateaux nous emportent à nouveau vers des rivages inconnus, où la mer s’abat sur des rochers dans un tremblement.

 

- Beurk ça sent la mer, bredouille-t-elle écoeurée, rejetant le reste de pop-corn

 

Sur la scène, les bateaux ont disparu et ont fait place à des lions-en-carton-pâte et aux gladiateurs en chair et en os. Le spectacle se poursuit alternant (faux) chevaux de (vrai) manège (ceux qui tournent en rond, et où les chevaux montent et descendent avec une barre), pyramides égyptiennes en plâtre, parodies de pharaons marchant de profil….

 

Plus tard la bétonnière repassera et nous soufflera, sans un seul grincement, tour à tour du jasmin (hum), l’odeur des lions (rebeurk) sortis de leur brousse, sur un rythme de musique endiablée par moment, relaxant à d’autres.

 

Les bancs plus durs qu’au cinéma sont oubliés, et la magie opère.

 

 

 

 

Les mots collectés par Olivia

Cacophonie – cicatrice – cochon – grésillement – jettatura – aboiement – printemps – cycliste- blessure –amer signature – mobilisation – promotion – tradition – balcon –  héroïne (héroïque à la place) -  solitude – écran - tremblement  - bredouille – égarement – oral – dévotion – extravagance – copuler – lassitude - virgule - brousse – épuisée -  

 

 

Ce texte répond aussi à un jeu de Rebecca où il fallait aménager un texte en mettant un des cinq sens en avant.

 

caricature.gif

 

Le texte initial fait pour les Impromptus Littéraires  est ici (sur le sujet 5 sens)

 

  Le lien vers un site présentant cette compagnie :

http://www.nantes.fr/la-veritable-histoire-de-royal-de-luxe

 

royal-peplum-2_220px.jpg

 

 

 

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 03:43

Aujourd'hui, j'ai joué avec Rebecca 

 

Voici une fable écrite avec comme inspiration le rat des villes et le rat des champs de J de la Fontaine

Avec une consigne de Rebecca : utiliser des homonymes !

Le but était de rester proche de la fable et je m’en suis beaucoup éloignée (mais je me suis bien amusée ;-))

 

Le chat d’Iran et le chat Luthier

 

Il était une fois un chat d’Iran

Qui invita son cousin le Chat Luthier

En son auberge à déjeuner

Au menu : Mulots et Ortolans

 

Le chat d’Iran avait donné son nom à l’auberge

O Vincenzo !

C’est un beau nom pour une auberge

Et pour un chat non ?

Et cela peut s’écrire aussi

O 20 100 O

Et aussi « Au vin sans eau »

 

Le chat avait préparé du pâté

Et aussi une tarte aux souris …..

Il avait mis les souris attachées

Au frais sous le tapis

 

Après avoir fait bombance

Et éclusé quelques verres

Les deux chats eurent envie d’une danse

En attendant le dessert

 

Le chat luthier inventa quelques vers,

Il sourit et  sortit son luth

Et improvisa un ballet

Chabadabada firent les chats enchantés

Sourikiki firent les souris ravies

 

Car pendant ce temps les desserts

Tapies sous le persan,

Préparaient leur lutte,

En grignotant leurs liens

 

Après ce repas un peu dense,

Et le ballet improvisé,

Les chats s’assoupirent

Et oublièrent les muridés

…. Qui s’enfuirent

 

Moralité

Après quelques vers,

Il ne faut pas oublier

De passer le balai .............

Sous le tapis

 

 

 

 

Les homonymes utilisés

balai ballet

Tapis tapies

Dance dense

Verres vers

Vin vingt 20

Luth lutte

Sourit souris

 

 

 

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 03:43

Aujourd'hui, j'ai joué avec Rebecca et les expressions françaises

 

Vincent regarde le champ de blé d’un air vague. La main serrée sur le manche, il rumine.

Il y croyait pourtant, il s’était appliqué dans les champs : il avait travaillé, travaillé du matin au soir, du soir au matin, profitant du moindre rayon de soleil pour se mettre à l’ouvrage. Il avait tracé des sillons impeccables, il sentait encore le souffle du vent dans ces cheveux lors de ce dur labeur en plein soleil.

 

Tout cela pour rien ! Le monsieur de la ville était venu, avec ses beaux vêtements bien amidonnés, ses belles manières d’homme nanti. Avec aplomb il avait regardé les blés mûrs,  épanouis et gorgés de lumière et il avait déclamé,  sur un ton sans appel, sûr de lui : « trop serrés ces blés, et ce cyprès dans les blés ; que fait il là, cela gâche tout ! »

 

Vincent est tourmenté, les jointures de ses mains blanchissent tellement il serre fort sa main sur le manche de la hache. Son travail est grossier, il le bien voit maintenant. Il le voit non plus avec ses yeux amoureux de la nature, mais avec l’œil de l’homme de la ville, qui a tant dénigré son travail tout à l’heure.

 

Vincent voit rouge à présent, le désespoir assombrit ses idées. Hier, il aimait tant ce paysage, qu’il trouvait à la fois vivant et reposant. Mais aujourd hui ! aujourd’hui il touche le fonds et ne veut pas écouter son entourage qui lui conseille de réessayer, réessayer encore jusqu’à ce que son travail soit reconnu, admiré, connu de tous.

Les larmes aux yeux, Vincent brandit sa hache, se dirige vers le cyprès et dans une rage proche de la folie casse sa croûte.

 

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Essai d’écriture fait selon une consigne de Rebecca où il fallait prendre une expression française au pied de la lettre.

J’ai choisi « casser la croûte »

 

Un autre texte ici ou l’expression « essuyer une tempête » est prise au sens littéral du terme.

   

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 03:43

Aujourd'hui, j'ai joué avec Rebecca et le tautogramme

 

définition du Littré pour tautogramme :

  • Pièce de vers où l'on n'emploie que des mots qui commencent tous par la même lettre.

    Adj. Vers tautogrammes, dits aussi vers lettrisés, vers dont les mots commencent par une même lettre.

   

Adélie la chauve-souris chevelue veut trouver un amoureux (ben oui c’est la Saint Valentin mine de rien)

 

C hauve-souris Chevelue cherchait chéri cérébral

E chevelée, elle errait, élégante en étole écrue et émeraude

« C her Cousin Corniaud, conseille cette cabotine cajoleuse »  

I ntima Ikebana,  insecte insouciant   

 

« N e nous noie nullement notre néogothique nana naïve

E n  élucubrations, Epagneul, elle est écartelée entre émois, ébats et élans ébouriffés »

S emie-Souris, si sensible, scrute sur son sentier si sa  sœur-âme sort soudain

T ortue ?  trop tordue, tu tournes, toupie tourmentée, ton tourbillon te terrasse tête-bêche

 

P oney ? pas possible pour papillonner par-delà prudes pervenches pas pimbêches,  

Alligator ? Alligator aime accras aux abattis à l’aïoli,  aïe, aïe, aïe

Serpent ? son sifflement susceptible sidère  sans séduire

 

U n ultramarin ? un Urugayen ?  un ultramondain ?

N on, nenni, nada, non, niet, nein !  nos noces noctambules notifieront nos nombreuses naissances

 

T aupe ? ton terrier trop terne te tracasse,  trop tranquille, tout  transport te terrifie

A beille ? authentique amie admet  Adélie ;  abominable amoureuse ajoute Adélie

U bu ? une union unique, utérinera(1) un usufruit utopique

T atou ? Trop tatillon ton truculent troubadour tatoué !

O ursin ? ou Ousititi ? Ou otarie ? Ou oppossun ? Ou ornithorinque ? ouille ouille ouille !

G irafe ? gigantesque gabarit, girouette géniale, galope gentiment !

R enard ? Rouquin rusé rode rêvant recette rôtie !

A nnonce ? « amoureuse aérienne attend amoureux attendri »

M eetic ? magique martingale murmure mes monts-merveilles ?

M ariage mirobolant, marmaille médusée, métissage magnifique

E ternelle énamourée, émet épuisé Epagneul  en éternuant (élégamment)

 

(1) entériner détourné en utériner 

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