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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 03:43

 

Un amant silencieux était pour elle une bénédiction. Celui qui se tait n’attend rien de vous. Les peaux suffisent amplement au dialogue. Quelques baisers, la cigarette qu’on échange, un sourire après l’amour, et la présence du jardin, si proche…

Sa bouche reste fermée. La lèvre supérieure, rose pâle, délicatement ourlée, frémit de temps en temps. Il se demande si elle va se mettre à parler, et si la magie de la nuit va disparaître. Mais non, elle ne dit  rien et le regarde de ses yeux clairs. Une couleur un peu grise, indéfinie, comme lavée de tous désirs suite aux caresses et baisers de la nuit. Dans ses yeux, une lueur : est ce le reflet du jardin ? du soleil dont les rayons entrent, timidement, par la porte-fenêtre grande ouverte? Oui, ce doit être cela, les rayons du soleil ont eu vent de ce qu'il c'est passé cette nuit entre Aurore et Rémi et ils viennent chatouiller cet amour qui naît. Ils jouent sur la joue dorée d'Aurore, la bien nommée. Un prénom de princesse, disaient ses copines en primaire. 

Rémi effleure ses cils de la main, doucement. Lui, non plus depuis leur rencontre n'a pas émis une parole. Il faut dire que parler, à la réception où ils se sont rencontrés tenait d'une mission impossible. Dans le fracas de l'orchestre et les danses des festivaliers, il aurait fallu hurler pour s'entendre. Comment se sont-ils vus et reconnus dans cette foule bigarrée du Carnaval de Venise ? Rémi pense que c'est la lumière dorée de son masque qui l'a séduit, le contraste entre ce masque et une ombrelle noire finement dentelée,  et son geste aérien, aussi  : l'index sur la bouche, l'intimant au silence,  elle lui avait pris la main et l'avait emmené dans les rues surpeuplées de Venise. Tout le monde chantait et dansait et personne ne faisait attention à eux, ombres fugitives voguant vers des amours secrètes. 

Arrivés à l'hôtel, ils avaient fait l'amour passionnément, sans un mot. Elle avait ouvert la porte-fenêtre, nul bruit dans ce jardin, une cour avec quelque arbustes plutôt. Epuisé de tant de volupté, il s'était endormi. Il ne l'avait pas entendu  se relever au milieu de la nuit pour enlever tout ce lourd mascara qui assombrissait son regard, nuages sombres d'orage zébrés  de quelques éclairs de paillette. Elle avait également enlevé ce rouge à lèvre tirant sur le violet, qui  rendait son teint si pâle.  Et maintenant, il la voyait en plein jour, totalement démaquillée, pure jeune fille à la peau saine, pores resserrés, à peine marquée par la nuit qu'ils venaient de passer. A moins qu'il n'ait rêvé et que cette jeune fille aux yeux de perle ne soit pas la peine qu'hier soir. Il revenait sans cesse à ses yeux, ils les découvrait dans la lueur du matin. Il lui semblait que les oiseaux dans le jardin s'étaient tus eux aussi pour admirer l'aube, ou Aurore. 

Se décidant enfin, il sourit, heureux de sa vie qui commençait ce jour,  et prononça : "Comment t'appelles tu,  belle inconnue ?" 

Il n'eut pas le temps d'éviter la lourde lame gris acier du couteau de sa belle.

 

venise1.jpg

C'était ma participation à l'atelier de Leiloona sur deux photos de © Romaric Cazaux

 

en mixant avec la consigne de Gwenaelle , (suivre le lien pour lire les autres participants)

Ce dimanche, Saint Valentin oblige, nous allons parler d’Amour (d’amûûûr…. même) mais pas en niveaux de gris, plutôt en CMJN, si vous voyez ce que je veux dire (cyan, magenta, jaune, noir pour ceux qui n’auraient pas fait PAO pour les Nuls, comme moi).

Je vous cite un extrait du dernier roman de Hubert Haddad, Le peintre d’éventail, et vous propose de continuer l’histoire à votre guise.

Un amant silencieux était pour elle une bénédiction. Celui qui se tait n’attend rien de vous. Les peaux suffisent amplement au dialogue. Quelques baisers, la cigarette qu’on échange, un sourire après l’amour, et la présence du jardin, si proche…

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 03:43

Sur une idée de Leiloona et une photo de Romaric Cazaux

 

  enfance.jpg 

      http://www.bricabook.fr/2012/10/une-photo-quelques-mots-51/


A : - Josiane, j'ai ressorti l'album, tiens regarde, notre première photo toutes les deux, l'été où on s'est rencontrées  

J : - Oui, Andrée, je me souviens, C'est papi René qui l'avait prise cette photo 

A : - Il s'arrangeait toujours pour qu'on ne le voit pas quand il appuyait sur le bouton

J  : - Et ensuite il disait : "j'aime la spontanéité : Vous êtes vivants, alors vivez !"

A : - Oui mais du coup , sur les photos, on est souvent de dos, et on ne voit pas ton sourire. Avec ta coupe au bol, tu étais si jolie. 

J  :  - Ne m'en parle pas.  Comme tu avais un cheveu sur la langue je n'avais rien compris. "tu étais si zolie" et je t'avais répondu , je ne suis pas zolie, je suis pire. Et puis je voulais être un garçon.  Si j'avais été un garçon , j'étais persuadée que Papa ne serait pas parti, et que Maman ne sait pas tombée malade. Si j'avais été un garçon, j'aurais pu être grand et fort.   

A : - T'es bizarre, c'est tellement mieux d'être une fille !

J : - Cette fois là, Papi et Mamie nous avaient emmené au lac 

A : - Et tu t'étais mis en tête de pêcher une truite pour le soir 

J : - On avait trouvé un bout de bois, Papi nous avait donné de sa ficelle, 

A : - On n'a rien pris  !

J : - Si on a pris une chaussure et des algues

A : - Oui et les algues, tu les avais mises dans le cou de Francine, la petite voisine.

J : - C'était pour me venger qu'elle nous ait cafté à Papi pour les oeufs. 

A : - On avait eu une belle fessée pour avoir caché les oeufs. On s'imaginait qu'en les planquant, on pourrait élever nous mêmes les poussins. 

J : - A l'origine, Il y a toujours Francine. Elle faisait la bêtise avec nous et après elle allait cafter. 

A : - Une fois, tu lui as collé un chewing gum dans les cheveux

J : - Aux grands maux, les grands remèdes : Quand y’en a marre, y’a Malabar. Elle avait poussé le bouchon un peu loin ce jour là !

A : - Et la fois où on avait piqué un peu de vin de messe.....

J : - Quelle grimace tu avais fait : "Ça pique pas, ça arrache! criais tu  à qui voulait l'entendre 

 A : - Ensuite, tu es restée à la ferme. 

J : - Oui l'Assistance Publique comme on disait à ce moment, était d'accord pour que je reste chez tes grands parents, avec toi.

A : -  A ton arrivée, mamie avait crié : mais c'est qu'elle est tout' maig'. Va falloir remplumer tout cela ma cocotte ! Sur la photo, tu n'as pas encore grossi, on voit tes côtes. Mamie, elle disait, mange ta soupe, c'est pour grandir !

J : - Et moi je répondais :Grandir, pour quoi faire?  Je veux être un garçon et je veux rester petit.

A : - Un jour, Mamie nous a montré comment planter des pensées

J : - Oui je n'arrivais pas à retenir ce mot : "Pensée", un drôle de nom pour une  fleur, et je disais "Faites pousser vos idées" au lieu de faites pousser vos pensées. 

A : - Ces photos en noir et blanc me laisse toujours de la nostalgie. On a l'impression que cela s'est passé il y a un siècle alors que c'était presque hier. 

J : - Pourtant, la vie n'est pas en noir et blanc, elle est en or.

A : - En or ? 

J : - Oui c'est ce que disait papi : La vie est une question de pri OR ité !

A : On rentre à la maison ? Même avec ma veste, j'ai un peu froid..... 

 

deauville.jpg

Les autres participants sont ICI chez Leiloona et LA chez Gwennaelle 

 

 

La consigne de Gwenaelle : 

Aujourd’hui, je vous propose d’utiliser quelques-uns de ces slogans pour les détourner (si, si…) et en faire un texte dont vous choisirez la forme (récit, dialogue, poème…).

Voici 15 slogans, vous devez en utiliser 10 au moins.

  1. Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre. (Air France)
  2. A l’origine, il y a toujours Francine. (Farine Francine)
  3. Vous êtes vivant, alors vivez! (Cœur de lion)
  4. Vous ne viendrez plus chez nous par hasard. (Total)
  5. Grandir, pour quoi faire? (Renault Modus)
  6. C’est tellement mieux d’être une fille. (Barbie)
  7. Think different/Pensez différemment. (Apple)
  8. A fond la forme. (Décathlon)
  9. Nous vous devons plus que la lumière. (EDF)
  10. Faites pousser vos idées! (Jardiland)
  11. Ça pique pas, ça arrache! (Pimousse)
  12. Je suis pas jolie, je suis pire. (Kenzo)
  13. Quand y’en a marre, y’a Malabar. (…)
  14. La vie est une question de priorités (Magnum)
  15. La vie n’est pas en noir et blanc, elle est en or. (Christian Dior)

 

  une photo qqes mots

 

 

 

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 03:43

Sur une idée de Leiloona et une photo de Romaric Cazaux

 

  http://www.flickr.com/photos/romaric-cazaux/3771919332/in/photostream/lightbox/

orange   
Il y a quelques temps, je vous avais raconté ma mésaventure dans le métro où j'avais été agressée par une poule (vous avez bien lu une poule , c'était ici  )

Je m'étais enfuie à tire d'ailes , regagnant la surface de la terre, Paris, sa foule de gens pressés, ses odeurs de gaz d'échappement. Là j'ai découvert une boutique fabuleuse que je visite souvent : "la jarre d'or". J'aime l'odeur des oranges mêlées à celle des oignons et du persil. L 'étal se renouvelle tous les jours. Un jour des dattes mielleuses et collantes, le lendemain du raisin, des bananes de Martinique. Je ne bouge pas de Paris mais dans ma tête je voyage, je sens sur mes ailes quand souffle le vent du nord.
 
Je m’installe devant cette boutique et je guette le meilleur moment pour m’incruster. Ce moment est quand l’épicier se retourne vers sa balance et sa caisse pour peser les fruits et les légumes. Il est aux petits soins pour son client et sa cliente, et là j’ai la paix. Il ne laisse alors devant la devanture qu’une sorte de gendarme, un petit épouvantail gris-bleu qui m’intimidait au début mais qui ne me fait plus peur.
J’en profite alors pour me faufiler et goûter les arrivages de fruits: Ah l’acidité des oranges, la douceur des kiwis, le goût acidulé des framboises.
Je bourdonne, je fredonne un tube que je chantais ma maman : malavita Tu me estás dando mala vida

Yo pronto me voy a escapar
Gitana mía por lo menos date cuenta
Gitana mía por favor
Tu no me dejas ni respirar
Tu me estás dando mala vita

Et la journée se passe ainsi : je goûte à tout, me sature de sucres et d’odeurs. Je me cache quand l’épicier débarque avec sa tapette et fait semblant de vouloir nous chasser, mes soeurs et moi. Car je ne viens pas seule vous pensez bien, là je pose sur la photo mais mes soeurs ne sont jamais bien loin; nous faisons partie d’un “club des incorrigibles optimistes”, nous vivons de rapines, de chapardages, et le soir venu nous rentrons nous abriter dans le métro où rien ne s’oppose à la nuit. Pendant notre courte vie , nous faisons l’aller retour métro- ville, depuis notre antre souterrain La Fondation comme l’appelle notre maman Tsé Tsé, Sa Majesté des mouches.

Et je ne vous parle que des fruits car Mr Ibrahim, l’épicier ne fait pas que dans le fruit et le légume. Il s’approvisionne aussi en fleurs : Des pensées, des soucis, des brins de muguets, des fleurs de Lys…. Les petites vieilles du quartier se précipitent toutes chez Mr Ibrahim et ses fleurs du coran. La prochaine fois je vous raconterai mon expérience au coeur d’un petite fleur jaune délicate dans un bouquet odorant : j’ai déjà le titre de ma future chronique de microfictions : Vol au dessus d’un nids de coucous.

Ce texte répond aussi à la consigne de l'atelier de Gwennaelle où il fallait écrire un texte avec 10 titres de sa PAL
Les titres de ma PAL

1 Quand souffle le vent du nord - Daniel glattauer
2 Malavita - Tonino Benacquita (en fait le titre de la chanson est malavida de Mano Negra)
3 Sa majesté les mouches - William Golding
4 Le club des incorrigibles optimistes - Jean Michel Guenassia
5 Rien ne s'oppose à la nuit - Delphine de Vigan
6 Microfiction - Régis Jauffret
7 Fondation - Isaac Asimov
8 La jarre d'or - Raphaël Confiant
9 Vol au dessus d'un nid de coucou - Ken Kesey
10 Mr Ibrahim et les fleurs du Coran - Eric Emmanuel Schmidt

 

Les autres participants sont ICI chez Leiloona et LA chez Gwennaelle 

 

 

 

  une photo qqes mots

 

 

 

 

 

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 03:43

Sur une idée de Leiloona et une photo de kot   

  baiserdoisneau.jpg

 

Marion arrive, essoufflée en retard, énervée

 

Où est-il ? son tout nouvel amoureux

 

Nulle part ! Rencontre d’une nuit ? Il s’est lassé ?

 

Ou il en a trouvé une autre, plus belle, plus ponctuelle ?

 

Peut être un problème au boulot ? Dans le métro ?

 

Rendez Vous manqué ? fin de l’histoire ?

 

Il avait dit : « même heure, même endroit » : s’est elle trompée ?

 

Xavier arrive, essoufflé, en retard, soulagé(s) !

 

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 03:43

Sur une idée de Leiloona et une photo de kot   

 

JAMBES.jpg 

 

J’avais rendez vous avec Béatrice à 19H00 après le boulot. J’y étais allé en traînant les pieds, j’avais tout fait pour éviter ce rendez vous, ce piège.

Mais la très jolie frimousse m’avait enjôlé, cajolé,  menacé jusqu’à ce que je capitule, et je me retrouvais sur le trottoir bêtement à l’attendre.

Un quart d heure après l’heure dite, elle arriva, sautillant telle une petite mésange. J’observais ses jambes légères et souples sur une petite jupe noire recouverte d’une tunique noire également. « Cette tenue cache merveilleusement bien ton  embonpoint naissant » l’aie je taquiné.

Elle m’a donné un grand coup avec son sac de shopping justifiant son quart d’heure de retard !

Ah, ses jambes, sur lesquelles j’avais craqué, il y a maintenant deux ans : des petits escarpins de danseuse, des chaussures de marche, des bottines, des talons : tout la mettait en valeur. Face à de telles guibolles, le commun des mortels n’avait aucune chance de résister.

Un sourire, un bisou rapide et nous étions rentrés, elle ravie que je ne lui aie pas posé de lapin et moi un peu réticent, mais bon quand faut y aller…

La secrétaire était professionnelle mais souriante, elle nous fit rentrer sans passer par la salle d’attente, l’ homme en blanc, professionnel lui aussi, nous fit nous installer, pas bavard, « bonjour ça va bien depuis la dernière fois, installez vous Mme Duchemin ? »

Comment en étais je arrivé là, à 45 ans passés ? Ma mère se le demandait encore mais elle aussi était plus gaie ces temps ci et m’appelait toutes les semaines.

Il faut dire que je lui avais causé des soucis à ma chère maman : son fils unique,  45 ans, journaliste dans un magazine qui traitait des meilleures sorties Hard Rock, des meilleurs groupes … bref sans jeu de mot du Heavy !! Mais bon pour les beaux yeux (et belles jambes) de Béatrice, j’avais remisé ACDC Gun’s and Roses, Metallica, j’écoutais de plus en plus Higelin et Bashung.  

Et c’est là que ma vie a basculé.

Là devant l’écran, j’ai eu un choc, les images de cette sarabande, je m’y attendais, j’en avais vu plein à la télé, mais ce qui m’a mis par terre cela a été le « boum, boum », une musique forte et régulière.

Les ombres en noir et blanc se sont mises à danser sur l’écran : Cabrioles, Boum- boum, coup de pied, Boum- boum, pouce dans la bouche Boum- boum, une pirouette, Boum Boum. La sirène, qui nageait sur l’écran, faisait un bruit pas possible. Un boucan d’enfer !

Les ultra sons rythmaient sa chorégraphie en 3D, l’amplificateur mêlait des boum, boum des bruits de tuyauteries, la respiration de Béatrice.

Blouse Blanche, imperturbable, marmonnait comme pour lui seul : « un, deux, trois, quatre, cinq, cinq doigts à la main gauche : pousse toi un peu, mon trésor, que je regarde la droite. »

Béatrice me regardait, regardait l’écran, regardait le médecin.

« Le futur petit rat de l’opéra bat des jambes en mesure, mais du coup pas moyen de voir s’il s’agit d’une souris ou d’un souriceau : il va falloir attendre la prochaine échographie  » nous a averti Blouse Blanche au bout d’un moment d’attention soutenue.
 « C’est pas grave » a souri Béatrice : « on l’appelle Einstein, c’est mixte ».

 

Cette danse fut une révélation, c’est là que je me suis senti devenir père pour la première fois, le jour où j’ai vu Mon Einstein pour la première fois à la télé.  

Finalement entre échographie et chorégraphie, il n’y a pas beaucoup d’écart.

 

Les autres participants sont  ici  

 

 

 

  une photo qqes mots

 

 

La consigne des Impromptus littéraires de la semaine

Et si nous dansions maintenant? Mais attention, pas n'importe quelle danse! Vous devrez nous transmettre toute la magie d'une danse qui a fait basculer une vie, la vôtre, celle de votre grand-mère, celle d'un personnage inventé. Jitterbug endiablé, slow langoureux, valse nostalgique, tango passionné, peu importe; nous voulons saisir pourquoi, après cet instant précis, plus rien n'a été pareil.

  

 

  

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 03:43

Aujourd'hui, j'ai joué avec Rebecca  : il s’agissait d’écrire un texte avec la répétition d'une voyelle (assonance)

  

 

  Sur une idée de Leiloona et une photo de kot   

 

 

 kot-metro-boulot.jpg

 

Métro boulot Dodo

 

La journée c’est fac de géo

Le soir c’est boulot au Mac do

Entre les deux le dodo

Dans le métro

Arrêt Campio-Formo

 

Tu vois l’topo

J’suis réglo

Un peu robot

Trop d’boulot

J’reste à flot

Dans le métro

 

A flot de peau

Les yeux clos

C’est pas l’Eldorado

Mais pas la fin des haricots

Dans le métro

 

Au boulot

On m’appelle Marco

A la fac des bobos

J’ m’ prend pour Polo

Togo, Burkina Faso

Dans l’métro

 

J’M la faune du métro

C’est l’marigot

Des crocos, un corbeau

Des drôles d’oiseaux

Un mulot, un clodo

Dans l’métro

 

Complètement marteau

Ose la femme au chapeau

Drôle de zigoto

Un joli morceau

Dans tout ce zoo

C’est l’métro  

 

Dans mon ciboulot

J’suis pas Quasimodo

Et même plutôt rigolo

On se comprend à demi-mot

Les yeux toujours clos

Arrêt Raymond Queneau

 

 

Ma chanson c’est pas l’tango

Ni l’Boléro, même pas calyso

O culot O sanglot O disco

O Galop, O Mambo

Un P’tit slow au dodo ?

Y a pas eu photo

Arrêt Pablo Picasso

 

 

Nb : Tous les arrêts cités  sont sur  la ligne 5

 

 

 

Les autres participants sont  ici  

 

 

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 03:43

  Sur une idée de Leiloona et une photo de kot   

 METRO-MOUETTE.jpg

 

Chers amis et amies, il faut absolument que je vous raconte la mésaventure qui m’est arrivée dans le métro la semaine dernière. Je me promenais tranquillement à mon habitude, allant d’une ligne à l’autre, deci-delà sans but particulier, virevoltant, me posant sur un siège puis un autre à la recherche de quelque chose à grignoter.

Il faut que je vous dise, je suis un animal citadin dans l’âme : je n’aime que les immeubles, les rues pleines de monde, les métros bondés et leurs effluves sans cesse renouvelés. Je hais la campagne avec ses odeurs de bouses de vaches, de chiens mouillés et de poneys club qui se négligent. Ne croyez pas que je sois peureuse mais la campagne pour moi, c’est la jungle et puis il fait froid, c’est mouillé, et j’en passe. Et puis y’à trop d’oiseaux : car il faut que je vous dise, en plus de détester la campagne, je suis ornithophobe : j’ai une peur terrible des oiseaux.

Je suis née à la campagne, mais j’y retourne rarement parce que vraiment y’a trop d’oiseaux à la campagne, mais bon je m’égare, revenons à notre métro et à ma mésaventure. En bref, je ne m’éloigne que rarement de Paris et de sa petite couronne. D’ailleurs pour faire plus « in » par rapport à ma nouvelle vie de citadine, j’ai même changé de nom : appelez moi Chemou, le chelou svp. (à ne pas confondre avec Chemou la chelou)

Donc je me promenais tranquillement dans le métro (en évitant bien la station Madeleine comme me le dit tout temps Tsé-Tsé ma chère maman).

J’étais montée dans un wagon où une jeune femme avait dans les mains une baguette de pain très appétissante. J’allais lui faire mon grand numéro de charme, avec battement de cils et tout et tout, pour en récupérer quelques miettes (on ne m’attrape pas avec du vinaigre, moi), quand soudain, les portes du métro se sont ouvertes et un gigantesque monstre tout vêtu de blanc est entré dans le métro et s’est intercalé entre mon futur repas et moi. Cet énergumène agitait ses ailes blanches en piaillant: Il était immense au moins un milliard de fois plus gros que moi. Qui l’a piqué ainsi pour qu’il s’agite comme cela ? Et là avec mes gros yeux globuleux (et un peu myope il faut bien le dire), j’ai pris cette apparition pour une mouette (j’en avais vu dans les livres d’images) et n’écoutant que mon courage d’ornithophobe, j’ai fuis, je me suis donc envolée à toute la vitesse de mes petites ailes de mouche :  j’ai d’ailleurs failli me faire écraser lors de la fermeture automatique de la porte du métro et là misère j’ai enfin compris pourquoi ma chère maman m’avait dit d’éviter la station Madeleine : Y’à un monstre dans cette station !

 

  POULE-MADELEINE.gif



Les autres participants sont ici  

 

Et sur un idée de Eiluned qui nous proposait de nous prendre pour un animal (pour un fois que je ne me prend pas pour un cheval ;-)

 

 Eiluned, elle, se prend pour un chat ici    

 

 une photo qqes mots

 

 

RDV-AVEC-LES-MOTS.jpg  

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 03:43

  Sur une idée de Leiloona et une photo de Kot

 

   69258832_p-KOT-HOMME-METRO.jpg

Victor contemple l’immeuble devant la sortie de Métro Corentin Celton à Issy les Moulineaux.

 

Il hésite, sa grand mère lui avait dit « un petit immeuble de trois étages, tout de suite en face de la sortie, côté nombres pairs ».

 

Il fallait s’en douter : pas de petits immeubles de trois étages : dans le coin, le moindre immeuble en fait cinq ou six : Il aimerait tant faire plaisir à sa grand mère et l’emmener sur les lieux de sa jeunesse : rue des Petits Ménages a t elle dit mais ici le nom de la rue a changé aussi . Sa grand-mère ne reconnaîtrait rien : pourquoi venir alors ?

 

Il se rappelle les histoires que sa mamie lui racontait quand il était petit : la fois où son grand père était rentré un peu plus tard de son travail de nuit et où elle s’était fait un sang d’encre.

 

Emile, son grand père, rentrait épuisé par ses nuits de travail à l’hôpital.

 

« Il était dans la résistance », a coutume de dire la mamie, fièrement. Elle rajoutait « A ce moment là je n’étais pas au courant : il était chargé de convoyer des paquets, des tracts, des plans d’un inconnu vers un autre inconnu. Il ne m’avait rien dit jusqu’au jour où il est arrivé plus tard que d’habitude le matin. Il avait pleuré en rentrant après cette première rencontre avec le danger ; les allemands ne l’avait pas interrogé ; du fait de son uniforme de l’hôpital ou parce qu’il était manifestement handicapé (non dangereux ? ) »

 

Victor se rappelle comme s’il l’avait vécu ses histoires de Paris occupé, tellement la voix de la grand-mère était nette et claire : les rues désertes, le froid en hiver, les tickets de rationnements. Etre enceinte en 1942 : c’était si inquiétant ! comment donner la vie au moment de toutes ses atrocités. Avec la patte raide d’Emile, il n’avait pas été mobilisé, n’était pas parti au STO. Un bonheur de l’avoir eu toujours à ces côtés pendant ces jours difficiles.

 

Le grand père est mort depuis dix ans maintenant et Henriette la grand-mère sent aussi son heure venir : elle voudrait revoir une dernière fois cet appartement minuscule qu’ils occupaient sous les toits entre 1940 et 1945. Ensuite ils avaient obtenu un logement social à Issy les Moulineaux, toujours

«  Ton père Henri a grandi ici, comme toi »

 

Tout cela pour finalement être porté disparu pendant la guerre d’Algérie, complète alors Victor, intérieurement pour ne pas raviver le chagrin de sa mamie qui l’a élevé, lui Victor, l’enfant qui n’a pas connu son père.

 

Victor regarde une dernière fois l’immeuble qui ne ressemble en rien à la photo que sa grand-mère lui a donné tout à l’heure : 70 ans après, tout a changé : rien ne sert de retourner avec elle ici. Mieux vaut aller au parc cet après midi, les oiseaux sont les mêmes qu’il y a 70 ans !

 

 

 

Ce texte est la "suite" de celui ci  

 une photo qqes mots

 

 

  

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 03:43

  Sur une idée de Leiloona et une photo de Kot

 

kot-reverbere.jpg

 

  

 

- Dis, Monsieur, tu fais quoi là ? Sur ce lampadaire ?

 

- Eh bien tu vois mon petit, là je fais mon métier !

 

- AH ? et c'est quoi ton métier ?

 

- Je ne peux pas te répondre comme cela : il faut d'abord que je te raconte mon enfance ! sinon tu ne comprendrais pas !

 

- Oui, raconte moi quand tu étais petit, moi j'ai cinq ans et je m'appelle Thomas

 

- Quand j'étais petit, j'ai toujours voulu grimper, escalader, prendre de la hauteur : Alors j'ai essayé de devenir alpiniste

 

- Et tu es alpiniste de réverbère alors ?

 

- Non pas du tout, pour être alpiniste, il faut vivre à la montagne et je vis trop loin de la montagne

 

- Alors c'est quoi ton métier ?

 

- Ensuite, comme je ne pouvais pas devenir alpiniste, j'ai voulu faire mousse sur un navire pour monter au grand mat et faire signe aux bateaux pirates.

 

- Ah je comprend ! et comme y a pas la mer à Paris tu n'as pas pu devenir pirate !

 

- Oui tu as tout compris, ensuite j'ai voulu devenir trapéziste mais ici il n'y a un cirque que l'hiver et je dois bien vivre le reste du temps. Alors je n'ai pas fait trapéziste

 

- Ah j'ai compris , tu es allumeur de réverbères : la maîtresse nous a lu un livre avec un petit prince, une rose, un renard et un allumeur de réverbères.

 

- Non je ne suis pas allumeur de réverbères : tous les réverbères sont électriques maintenant : allumeur de réverbères est un métier disparu.

 

- Tu aurais pu faire pompier si tu aimes grimper : moi j'adore les grandes échelles !

 

- Oui mais j'avais peur du feu, alors j'ai essayé de faire laveur de carreau sur les gratte ciel mais là j'ai eu le vertige

 

- Oui mais avec tout cela je ne sais toujours pas quel métier tu fais!

 

- Ensuite j'ai voulu être astronome pour observer les étoiles au télescope mais les étoiles étaient trop loin pour me réchauffer et je ne pouvais pas les toucher

 

- Mais alors c'est quoi ton métier si tu n'es pas alpiniste, marin, pompier, laveur de carreau et trapéziste.

 

- Je suis clown , je grimpe partout et je vois dans les yeux des enfants des milliers d'étoiles

 

- Mais non tu n'es pas clown , tu n'as pas de nez rouge, de grands pantalons à carreaux, de chapeau rigolo et de grandes chaussures.

 

- C'est pour cela que je suis un clown déguisé en garçon !  Si j'avais été habillé en clown , tu aurais dit : « tiens un clown sur un réverbère » et tu ne serais pas venu me parler car c'est normal de voir un clown faire le pitre . Là tu as eu envie de me parler et je garde tes mots bien au chaud dans ma tête. Au revoir Thomas

 

- Au revoir Mr Le clown  

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 04:29

Sur une idée de Leiloona et   une photo de Kot 68821263-kot-amoureux-jeune.jpg

 

- Viens, Lucie on peut s'asseoir ici

 

- Merci Ernest, tu veux ton livre ?

 

- Non on a que deux stations et puis j'arrive pas à lire dans le métro çà bouge trop !

  

Elle est jolie cette petite en face de nous , quel âge peut elle bien avoir ? 18, 20 ans? Un peu trop maquillée à mon goût, mais c'est comme cela de nos jours : maquillage dès 12 ans . En tout cas, elle doit être majeure ! Moi j ai été majeure à 21 ans , mariée de suite avec Ernest et hop 3 enfants en 6 ans . Je me demande ce qu' elle pense derrière ses longs cils maquillés : elle appuie sa tête sur l'épaule de son amoureux
Pour mes 20 ans , en 60 il fallait que je me cache avec Ernest pour le plus petit bisou

 

  67786681_p-kot-amoureux.jpg

 

Pourquoi elle me dévisage la mamie ! Elle a l'air gentille, un peu perdue avec son chapeau de pluie mais pourquoi elle me dévisage ?

 

- Thomas, regarde la mamie !

- hum, laisse moi tranquille , pas dormi cette nuit

 

Peut être qu' elle me prend pour une autre ? elle n'a pas un air désapprobateur juste je trouve son regard pesant ! Quel âge peut elle bien avoir ? Au moins 80 ans , elle se tient bien droite mais qu' est ce qu' elle est frippée quand même !

 


Et ses façons de s'habiller tout de noir des pieds à la tête !Vraiment l'accoutrement des jeunes est étrange. Sans compter ses breloques, on dirait des boucles d'oreille de bohémienne.
 

 

- Regarde Ernest tu as vu la jeune fille là bas

- Non j ai pas pris mes lunettes et tu sais bien que je n'y vois pas à trois pas sans elles


Je me demande si elle fait des études ? Moi j aurai aimé en faire plus mais la vie en a décidé autrement, j'ai élevé les enfants et ensuite je me suis occupée de ceux des autres. Une belle vie !

Je me demande quels sont ses rêves à cette fille et comment elle s'appelle : Jennifer, Kelly ? ou un nom plus exotique par rapport aux boucles d'oreilles : Carmen, Esmeralda

 

- Viens Thomas on descend c'est notre arrêt : on a le temps d'aller prendre un café avant la fac?

 

- Ernest, réveille toi on a raté notre arrêt

 

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