Raconter des histoires (de poneys et de chevaux mais pas seulement) Participer à des défis littéraires
Je suivis ce mauvais garçon, qui sifflotait les mains dans ses poches.
Je ne me rappelle plus pourquoi je l’ai suivi. Petit, Maman disait de moi que je manquais de jugeote. Cela doit être vrai, si maman le dit.
Peut être parce qu’il sifflotait « Mabrouk s’en va t’en guerre » ma chanson préférée
Peut être parce qu’il avait l’air d’un bagnard fraîchement libéré avec ses vêtements trop petits pour lui. Les manches ne lui couvraient pas les poignets et il avait un feu de plancher charmant qui découvraient bien ses godillots..
Peut être parce que ces cheveux bruns étaient mal coiffés, en bataille, un peu comme moi
Peut être aussi parce qu’il avait des yeux de chien battu, larmoyants.
Peut être parce que c’est le seul parmi les quatre frères qui ne m’aient pas donné un coup de pied au passage.
Peut être simplement parce que c’était lui et parce que c’était moi.
Mais plus vraisemblablement, je l’ai suivi parce qu’il avait les mains dans les poches.
Et parce que l’estomac dans les talons, je me suis dis qu’il avait peut être quelques friandises pour moi dans ses poches.
Il a remarqué que je le suivais, lui et ses frères, et il s’est exclamé : « Regarde Joe, comme il est mignon. Et si on l’adoptait et qu’on l’appelait Rantanplan »
La consigne des Impromptus Littéraires
« Nous vous demandons d'emboîter le pas à Guillaume Apollinaire.
Que votre texte soit rédigé en prose ou en vers, son incipit doit obligatoirement être "Je suivis ce mauvais garçon qui sifflotait mains dans les poches", deux des vers du célèbre poème "La chanson du mal-aimé". »