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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 03:47

Bonjour tout le monde, c’est moi Lubie,, la jument, je suis de retour et je vous raconte les dernières nouvelles de la ferme.

 

Hier, Alfred était tout triste et a erré dans la ferme comme une âme en peine.

Il faut dire, que la veille, il était allé accompagner son ami Marcel Rastougnac dans sa dernière demeure, comme on  dit pudiquement. Pour ma part je suis moins pudique et comme dit ma chère maman «  le Marcel : il a bien bu et il a mourru »

Alfred et Marcel étaient très amis : ils s’étaient rencontrés à la communale et ne s’étaient jamais perdu de vus, il ont (avaient plutôt) une passion commune pour le bon vin.

Marcel, je l’ai rencontré plein de fois quand il venait discuter avec Alfred et je l’aimais bien. Ils partaient de bon matin, avec leur panier de pique nique, je tirais la carriole et je les écoutais. Le soir, je les ramenais, un peu éméchés.

Marcel, il a fait de belles études et il parle comme un livre, un vrai poète. Un jour il a dit une belle phrase d’un certain  Rainer Maria Rilke : «  Un seul vers. Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. »

 

J’étais tout à fait d’accord avec ce qu’il disait, Marcel, surtout sur les animaux, moins sur les villes, car Alfred et moi on n’est jamais parti de Havreberge sur Galur et pourtant on connaît la vie… et on sait être poètes à nos heures.

 

Une des discussions que j’ai préférée entre les deux acolytes est celle des Haïkus.

- Aïe coup ?  a dit Alfred, qui lui a arrêté ses études au certificat d’études, tu t’es cogné ?

- Mais non Alfred , haïku H A I K U : il s’agit d’un poème de forme japonaise : il faut trois vers : un de cinq syllabes, un de sept et pour finir un de cinq. Comme Alfred le regardait les yeux écarquillés, Marcel a poursuivi :

- Tiens je te donne un exemple de Basho, un grand poète japonais

 

Dans le vieil étang

Une grenouille saute

Un ploc dans l’eau !       

 

Là Alfred, a souri et il a dit : « ça y est j’ai compris ! » et il s’est entraîné avec Marcel, qui lui prodiguait des conseils. « De plus, en général, un Haïku vante la nature et les saisons et il n’y a pas à se soucier des rimes, bref de l’émotion à l’état pur ».

 

 

Depuis cette  sortie mémorable, de temps en temps Alfred lâche un haïku spontané

 

 

Vendanges commencées

Aux pieds foulés, le raisin

Bouteilles dégustées

 

Ou alors

 

Robe jaune mordorée

Un verre de monbazillac

Soleil retrouvé

 

 

Moi aussi je m’y essaie, (en toute modestie bien sûr) et je trouve mes haïkus pas mal, enfin pour des haïkus japoneys. En voici quelques uns :

 

Hiver

Flocons froids cette nuit

Pirouette quatre fers en l’air

Dès demain matin

 

Printemps

Semailles au printemps

Sillons bien tracés, engrais naturel

Odeur de fumier.

                                    

Eté

Cheval évadé

Jument séduite, caressée

Poulain dans le pré

 

Automne

Fraîcheur matinale

L’épouvantail frissonne et  

Enfile son champ d’ail

 

Et un dernier pour la route en clin d’œil d’un autre  Marcel  que j’aime beaucoup

 

Robe verte délavée

Grivoise et très coquine

La jument bavarde

 

Allez salut la compagnie, la prochaine fois je m’exprime en alexandrins : j’ai tout noté du cours de Marcel.

 

 

C’était ma participation au jeu d’Azacamopol du mois de mai où il fallait évoquer des souvenirs du regretté Marcel, et aussi au jeu de Rebecca où il fallait s’entraîner à écrire des Haïkus.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 03:47

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Salut c’est Lubie, vous me reconnaissez ?

 

 

Depuis que mon patron Alfred sait qu’il va emmener les mariés à l’église dans sa calèche, il est tout tourneboulé. Il passe son temps à passer le chiffon sur la calèche sous prétexte qu’elle est poussiéreuse, il aspire mon tapis de selle persan et cire  le harnais trois fois par jour. Pour tout dire il a l’air un peu perdu.

Moi, cela ne me fait ni chaud, ni froid. Pourtant, c’est moi la jument alezane, qui va la tirer cette carriole mais je suis très calme, sereine.

Enfin j’étais sereine jusqu’au début de la semaine. Depuis je commence à comprendre la situation particulièrement perturbante que va occasionner ce mariage. Figurez vous que depuis que ce mariage est connu, que la date est fixée, que les invités ont reçu leur carton d’invitation, c’est devenu un défilé permanent à la ferme.

 

Tout d’abord, on a eu la visite de Blanche,  la fleuriste, mardi je crois. Elle voulait voir Alfred, la calèche et bien sûr moi pour décider des fleurs qu’elle allait mettre dans la corbeille, pour l’harmonie des couleurs, et patati et patata. Elle disait qu’elle hésitait encore sur des pivoines, des pétunias ou des impatiences. Comme j’écoutais attentivement ce qu’ils disaient, les deux devant mon enclos, j’ai réagi tout de suite. Il n’est pas question que je me transforme, ni moi ni la calèche, en bouquet de fleurs. D’abord je suis allergique au pollen.

Pour leur montrer ma désapprobation au sujet de ces fleurs, je leur aie montré mes dents vertes. Comme  dit parfois ma copine Soène « Tu lui montres les dents vertes et ensuite tu as la paix ». Moi j’ai toujours les dents vertes, rapport à la belle herbe qu’il y a dans mon pré, surtout que c’est le printemps et que la nuit la pluie rafraîchit ma prairie. Mais je ferme cette parenthèse, qui n’a rien à voir avec mes préoccupations actuelles.

Ensuite, j’ai grignoté les fleurs de son chapeau, à la fleuriste ! Vous l’auriez vu repartir en courant, la péronnelle, en se tenant son chapeau de paille et en criant : « Finalement on va y aller avec parcimonie avec les fleurs sur la calèche et la jument ». Alfred lui courrait après en disant  « Pardon, pardon, vous savez, elle a l’air un brin excentrique, la Lubie, mais c’est une perle »

 

Après la fleuriste, le lendemain on a vu débarquer le photographe de la future noce. Il voulait m’habituer, avec Alfred, au déclenchement du flash. C’est terrible le flash, Paf ! au moment où on s’y attend le moins, cela éblouit : cela m’a mis sur les nerfs pour la journée. Le photographe était persévérant et il a attendu patiemment que je ne sursaute plus à chaque prise de vue. Heureusement, ce cher Alfred m’a parlé gentiment en me donnant des pommes à croquer et aussi en me disant qu’il allait embaucher un petit page pour la noce pour me chouchouter (et me donner des pommes)

 

Enfin le pompon, cela a été samedi. Je m’étais tranquillement évadée de mon pré pour aller goûter les plants de pommes de terre d’Alfred. Bonne pâte, je partageais même mon repas avec une horde de poules qui picoraient sur le mur, quand  je me suis trouvée nez à nez ou plutôt nez à museau avec un drôle de petit animal qui cavalait à quatre pattes à toute allure. Il était habillé bizarrement avec un petit chapeau ridicule surmonté d’oreilles de lapins. Mais j’ai vu tout de suite que ce n’était pas un lapin. Il n’avait pas de petite queue sur son derrière ! Je l’ai reniflé et là ça sentait pas la rose (d’ailleurs je m’y connais en fleur - y’a qu’à demander à la fleuriste).

 

J’allais passer mon chemin tranquillement, en l’ignorant ce pantin, quand soudain j’ai entendu de grands cris «  Mon Octave, cette jument va piétiner mon Octave !! », et la mère du bonhomme à quatre pattes est arrivée à toute allure, avec Alfred sur les talons. Les larmes faisaient de drôles de traces sur son visage poudré, pauvre femme. Pathétique ! j’ai jamais mangé de lapins, moi ! La malheureuse a récupéré son rejeton en me lançant un regard assassin. C’est là que j’ai compris que le lapin, en fait c’était un  bébé.

 « Alfred, a-t-elle dit, paniquée, mais que fait votre jument dans le potager ». Là Alfred était tout gêné et c’est Octave heureusement qui a sauvé la situation. Il donnait de vigoureux coups de pieds en l’air, comme s’il était sur un pédalo, et il a ouvert la bouche, avec deux quenottes de lapin très mimi. Il a postilloné un « DADA » tonitruant.

Je l’aime moi cet Octave, il sait parler aux juments !

 

 

Les mots collectés et les autres participants sont chez Asphodèle .

Poussiéreux(se) - pluie – pré - persévérante – parcimonie – picorer -  page - perdu(e) – pétillant(e) – pédalo – putréfaction- pollen -  pardon –persan – pivoine - partage – poudrer

 

Je n’ai pas mis procastination qui était facultatif

Je ne suis pas arrivée à mettre putréfaction

 

 

Ce texte est ma participation au jeu du mois d'avril d'azacamopol

 

Le texte de présentation de ABC pour Blanche, la fleuriste est ici  

Et celui du petit Octave de Cécile MDL est ici    

 

 

 

Je suis en congé juqu'au 2 mai, si je n'ai pas le temps de venir vous lire d'ici samedi, je viendrais vous faire un coucou à mon retour  

 

 

 

 

 

 

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 08:00

 

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Aujourd'hui je joue avec Azacamopol   (Cliquez pour voir  les règles )

 

Salut la compagnie, je m’appelle Lubie.

 

Oui oui vous avez bien lu, Lubie comme une lubie.

C’est Alfred qui m’a trouvé ce prénom.

Alfred ce n’est pas mon père, c’est mon patron, mon ami, mon confident, en un mot le propriétaire de la ferme où je suis née au mois de juin il y a sept ans.

Je suis arrivée par surprise avec trois semaines d’avance, et c’est pour cela qu’Alfred m’a appelé Lubie : je suis souvent en avance, mais aussi parfois en retard, en un mot un peu imprévisible surtout pour une jument normande. Enfin à moitié normande !

Les chevaux normands sont placides, prévisibles moi c’est tout l’inverse.  Ma mère, me dit souvent que je ressemble beaucoup à mon père, un anglo-arabe qui passait par là, et avec lequel elle a eu une formidable mais éphémère histoire d’amour.

Je suis donc métisse : Normande matinée d’anglo-arabe, alezane, de jolie chaussettes montantes, des balzanes dit on par ici. Des crins longs et délavés. Des grands yeux de biche ; ça c’est Alfred qui le dit car je n’ai jamais approché une biche d’assez près pour voir si c’est vrai ! c’est pas compliqué, moi, quand , je vois une biche, (un chevreuil ou un cerf me fait le même effet) je me mets dans tout mes états et j’essaie de montrer que je cours aussi vite que tous ces cervidés. Et alors Alfred dit : « cà y est Lubie a remis cela et a fait la nouba ! » d’un ton un peu fâché.

Mon boulot à la ferme, c’est  d’emmener les légumes au marché le dimanche matin avec la  charrette, ou alors je tire le cabriolet qui va chercher le médecin.  Je suis trop fine et pas assez résistante pour les travaux de labours que fait ma maman.

Un matin Alfred est venu me voir dans ma stalle, tout excité en agitant un papier rose et crème, que j’ai essayé de manger, car quand même, l’heure du petit déjeuner était bien passée depuis 5 minutes.

Il m’a lu précautionneusement le papier  en articulant bien, parce que j’ai parfois la comprenette un peu lente :

 

Joseph D’Etretat et Rose Yerville

Ont le plaisir de vous annoncer

leur mariage en l’église Saint Martin-pêcheur

De Veules les Roses

Le samedi 32 juin

 

Sur le coup, je n’ai pas compris pourquoi cette annonce le mettait dans un tel état d’euphorie l’Alfred. Et ensuite tout s’est éclairé : Alfred m’a raconté que les mariés lui avait demandé de les conduire de chez eux à l’église avec son cabriolet …. Et c’est donc moi qui vais amener les tourtereaux en calèche à l’église. « C’est une grande responsabilité, pour toi Lubie, m’a dit Alfred : il va falloir être à la hauteur. »

Là j’ai pas tout compris, bien sûr que la calèche est à la bonne hauteur, cela fait 5 ans que je la tire et puis çà veut dire quoi responsabilité ? Dès fois il est vraiment bizarre l’Alfred !

 

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Si vous voulez  mieux connaitre Rose et Joseph c'est par ici

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