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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 00:54

karamazov.jpgL'histoire en quelques mots : 

Les Frères Karamazov est le dernier roman de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski 
Il met en scène la vie tumultueuse de Fiodor Pavlovitch Karamazov jusqu’à son meurtre (et un peu au-delà). Fiodor a été  marié deux fois. Sa première femme le battait et l’a quitté, lui laissant un fils Dmitri en bas âge. Il a rendu folle sa deuxième épouse du fait de  mauvais traitements. C’est un homme vil, détestable qui ne s’est jamais occupé d’aucun de ses trois fils légitimes (Dmitri, Ivan, Alexeï) et encore moins de son fils  illégitime Smerdiakov (qu’il a eu avec une femme simple d’esprit qui meurt en couches). Ses fils élevés, par d’autres que lui, reviennent, adultes, dans leur ville natale. Sans surprise, cet homme horrible est assassiné (vers la moitié du livre) et la seconde moitié consiste à suivre l’enquête et le procès du présumé coupable.
Les personnages principaux :
Dmitri, le fils aîné (nommé aussi Mitia), 28 ans, est un ancien officier. Il déteste son père qui l’a selon lui spolié de l’héritage de sa mère. Il tombe amoureux de Grouchenka, une jeune femme aux mœurs prétendument légères. Celle-ci a été « perdue de réputation » pour avoir été séduite par un officier polonais qui l’a ensuite abandonnée. Pour Grouchenka, Dmitri est prêt à tout, il passe son temps en imprécations contre son père qu‘il rosse et menace de tuer à qui veut bien l’entendre. Inévitablement, quand son père est retrouvé mort, il devient le suspect idéal.D’autant plus que n’ayant plus un sou vaillant le jour de la mort de celui-ci, il se retrouve à faire une fête (très alcoolisée) avec Grouchenka et ses amis, en possession de plusieurs milliers de roubles en poche. Par jeu, Grouchenka séduit à la fois le père, Fiodor, et le fils Dimitri. Profitant de leur rivalité, elle se moque des deux hommes, elle les tourne en ridicule, se venge également de Katerina, la fiancée de Dimitri. Katerina s’est fiancée à Dimitri par reconnaissance, car celui-ci a un jour payé une grosse dette de son père. Extrêmement fière, Katia se veut loyale envers Dmitri mais aime secrètement Ivan. 
Ivan  est le second fils  de Fiodor. Il est ouvertement athée. A l’inverse de son frère Dmitri qui est  très expansif, Ivan déteste lui aussi son père mais sans l’exprimer ouvertement. Il souhaite lui aussi sa mort mais ne peut se l’avouer. Sa haine envers son père après son assassinat le ronge et il finit par se persuader qu’il a provoqué la mort de son père par son attitude envers  Smerdiakov (le fils illégitime). Ivan peu à peu perd la raison.
Alexeï (nommé aussi Aliocha ou Alexis), 20 ans, est le plus jeune des frères Karamazov. C’est de loin, le personnage le plus sympathique. Au début de l’action, Alexeï est novice au monastère local, sous l’oeil du père Zosime. A la mort de ce dernier, Alexeï abandonne l’église et se trouve impliqué dans les différends entre son père et Dmitri. C’est un jeune homme apprécié de tous, ouvert, généreux 
"Ce don d'éveiller la sympathie était par conséquent chez lui naturel, spontané, sans artifice." (p54)
Et aussi « Aussitôt qu'il se fut convaincu, après de sérieuses réflexions, que Dieu et l'immortalité existent, il se dit naturellement : "Je veux vivre pour l'immortalité, je n'admets pas de compromis". Pareillement, s'il avait conclu qu'il n'y a ni Dieu n immortalité, il serait devenu tout de suite athée et socialiste (car le socialisme ce n'est pas seulement la condition ouvrière ou celle du quatrième état, mais c'est surtout la question de l'athéisme, de son incarnation contemporaine, la question de la tour de Babel, qui se construit sans Dieu, non pour atteindre les cieux de la terre mais pour abaisser les cieux jusqu'à la terre). p 61
 
Smerdiakov, fils illégitime de Fiodor Pavlovitch,  est le domestique et le cuisinier de Fiodor Pavlovitch. Renfermé et épileptique, Smerdiakov est distant avec la plupart des personnes, mais admire  Ivan, discutant avec lui d'athéïsme et de socialisme.
De nombreux personnages secondaires viennent renforcer l’intérêt de ce drame que l’on sent arriver. Le père Zosime, starets du monastère, est le père spirituel d'Aliocha. Il est vénéré  par les habitants de la ville, parle avec sagesse et bienveillance : "Mes pères, je me demande : qu'est ce que l'enfer? " . je le définis ainsi : "la souffrance de ne plus pouvoir aimer" p437

Mes impressions : 
Ce livre m’a énormément intéressée. Tour à tour , on prend connaissance des motivations profondes des personnages, de leurs faiblesses, de leur réflexions, de leurs espoirs aussi.
Plusieurs digressions dans le récit apporte de la profondeur aux personnages (la vie du Tsaret Zozime, la vie du petit garçon Illioucha menacé par Dmitri et aidé par Aliocha)
Je suis passée à côté de plusieurs chapitres notamment « le grand inquisiteur » et la vie du Tsaret Zosime. Le roman met également en scène l'opposition entre des personnages athées (Fiodor, Ivan et Smerdiakov) et ceux qui sont croyants (Aliocha, Katia, Zosime et les moines). 

 

Pour finir, deux  extraits qui m'ont marquée  : 
Les pensées de Mitia quand il regarde son père par la fenêtre :
Fiodor Pavlovitch risquait de tomber en regardant vers la porte qui menait au jardin; il scrutait les ténèbres ; il allait certainement s'empresser d'ouvrir la porte, sans attendre la réponse de Grouchegnka. Mitia ne broncha point. La lumière éclairait nettement le profil détesté du vieillard, avec sa pomme d'Adam, son nez recourbé, ses lèvres souriant dans une attente voluptueuse. Une colère furieuse bouillonna soudain dans le coeur de Mitia. " Le voilà , mon rival, le bourreau de ma vie! " C'était un accès irrésistible, l'emportement dont il avait parlé à Aliocha, lors de leur conversation dans le pavillon, en réponse à la question : "Comment peux tu dire que tu tueras ton père? "
"Je ne sais pas, avait dit Mitia, peut être le tuerai-je, peut être ne le tuerais-je pas. Je crains de ne pouvoir supporter son visage à ce moment là. Je hais sa pomme d'Adam, son nez, ses yeux, son sourire impudent.. Il me dégoûte. Voilà ce qui m'effraie ; je ne pourrais pas me contenir...."
Le dégoût devenait intolérable. Mitia hors de lui sortit de sa poche le pilon de cuivre.
 
  
Le père parlant d'Ivan à Aliocha (p253) après avoir été battu par Dmitri la veille
"Pourquoi ne me parle t il pas ? Et quand il parle, il fait le malin: c'est un misérable ton Ivan ! j'épouserai tout de suite Grouchegnka, si je veux; car avec de l'argent , il suffit de vouloir Alexéi Fiodorovitch, on a tout. C'est ce dont Ivan a peur, il me surveille et pour empêcher mon mariage, il pousse Mitia à me devancer ; de la sorte, il entend me préserver de Grouchegnka (dans l'espoir d'hériter si je ne l'épouse pas!); d'autre part si Mitia se marie avec elle, Ivan lui souffle sa riche fiancée, voilà son calcul! C'est un misérable ton Ivan.

 

 Il s'agit d'une lecture commune partagée avec Denis  Heide et Nathalie

 lc-sapristi-mais-tu-nas-jamais-lu-ce-livre.jpg

 

 


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Published by Valentyne - dans Challenge
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commentaires

DENIS 31/01/2013 20:25

voici mon article
http://bonheurdelire.over-blog.com/article-les-freres-karamazov-de-fiodor-mikhailovitch-dostoievski-omnibus-114923097.html

allons-nous avoir été que deux à aller au bout de la lecture? belle expérience en tout cas

Valentyne 02/02/2013 12:21



oui belle expérience : une relecture pour toi .... bravo ;-)



laure 31/01/2013 13:50

Très intéressant ton article. Je me pencherai dessus ce livre un jour ;)
bises

Valentyne 02/02/2013 12:18



Il vaut le déplacement (une fois passé le vertige devant le nombre de pages ;-))



Asphodèle 31/01/2013 10:31

Quel mérite d'aller au bout de ce livre ! Rien que pour ça je le mettrais dans les romans-culte, lol !!! Je n'ai jamais pu le finir quelle que soit l'époque de ma vie, peut-être sur une île déserte
si je n'avais que ça à lire !!! Bravo pour ce billet ! :)

Valentyne 02/02/2013 12:10



Merci Asphodèle 


En fait au lycée , nous avions lu "La machine infernale" de Cocteau et la prof nous avait recommandé ce livre sur le parricide : il n'était pas dispo à la bibli , j'avais alors lu "crime et
chatiment) 


Cela faisait donc à peut près 20 ans que je me disais "il faut que je lise ce livre ... et sans cette LC j'en serai encore là je crois : un pavé .....) ;-)



DENIS 31/01/2013 10:03

je ferai mon article dans la journée ou en soirée. Il n'y a aps grand chose à rajouter à ce que tu as dit, si bien résumé et présenté
une longue lecture parfois fastidieuse mais riche et on sent toujous que les dialogues vont "déraper"

Valentyne 02/02/2013 12:04



tout à fait d'accord une lecture au long cours, qui vaut le temps passé ;-)



Métaphore 29/01/2013 21:49

Pas de soucis, c’était juste pour te l'indiquer ;)
Bonne soirée A bientot

Valentyne 02/02/2013 12:06



Merci Métaphore ;-)


Bon week end :) 



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